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Serpent venimeux inattendus….

 ((Temps de lecture : environ trois minutes. Les images sans légende qui illustrent ce texte proviennent du site de France 4))

J’ai une sorte d’allergie aux serpents, parfois avec une amorce presque physique de froid dans le dos en en voyant l’un ou l’autre en mouvement sur le grand écran d’une salle comme le petit d’un salon ( Suivre la télévision sur un téléphone portable n’est pas possible.. puisque je continue de vivre sans portable !).

Cela vient de très loin, de l’enfance, d’une rencontre sur une route avec un serpent dont j’imaginais qu’il était dangereux, courageusement écrasé, puisque ce devait être une vipère, avant d’apprendre que j’avais occis un pacifique orvet ! Quel lien entre cet « meurtre » gratuit et inutile et l’allergie à l’image de n’importe quel serpent ? Ce sentiment désagréable, à la vue de l’image de n’importe quel serpent, subsiste.

Au hasard du « pitonnage »

 Ce samedi 19 août 2017, il y avait « Les coups de cœur d’Alain Morisod » (RTS1), des « Voice kid » ( TF1), les exploits de « Fort Boyard » ( France 2), « NCIS » ( M6) ! J’ai failli, comme souvent le samedi, passer un début de soirée avec le sujet historique d’ARTE, toujours porteur d’un potentiel informatif qui permet de ne pas éprouver le sentiment d’avoir perdu son temps. Mais je n’ai pas résisté à la tentation de savoir si mon « froid-dans-le-dos » à la vue de serpents persistait. France 4 proposait une mini-série en rafale, quatre numéros de quarante minutes environ avec comme titre « Les dix serpents les plus dangereux » à découvrir au Costa-Rica, aux Etats-Unis, en Afrique du Sud et en Chine. Ce ne fut du reste pas un succès d’audience en France, à peine une part de marché de 1.3%, équivalent à 226.000 personnes ( source www.toutelatele.com qui affiche dans la matinée les audiences du jour précédent- pas en Suisse, en France !).

Territoire non desservi !

Oh miracle personnel : pas le moindre frisson dorsal ! Une émission magnifique, qui rend même presque supportable la rafale de quatre épisodes alignés les uns après les autres. Trois heures de suite avec, dans chaque pays, le dix plus dangereux serpents venimeux. A un détail près : vu seulement trois serpents de Chine, le dernier apparaissant fort tardivement à 23h40.

Je me proposais de voir la fin le lendemain, grâce aux reprises. Chose faite dimanche matin : « Pour des raisons de droits concédés à France Télévisions, cette vidéo n’est pas disponible depuis votre position géographique. Qui est le responsable de cet accès impossible ? Le détenteur des droits qui veut pouvoir vendre son produit en Suisse ? La RTS qui, ayant acheté les droits, ne veut pas se faire brûler la politesse par le voisin? Mais à qui donc s’adresser pour connaître le réponse ? A la médiatrice de la RTSR, pour porter plainte contre ce qui revient à une interdiction d’accès à une émission proposée par une chaîne généraliste d’un service public étranger ? Reste à faire un autre contrôle : par le « replay qui permet de tout revoir sur son propre téléviseur. Contrôle pas encore fait lors de la mise enligne de ce texte

Nigel Marven, un vrai « conteur »

Il faut alors dire le pourquoi de ce qui fut cette surprise conduisant à un véritable plaisir. Voici un autre souvenir lointain, celui d’André Voisin, de l’ORTF, qui animait une émission, « Les conteurs », donnant la parole à des « anonymes » habités par leur don de raconter leur vie, leur quotidien, avec leurs mots, leurs accents, leurs rythmes. Nigel Marven, producteur de télévision et zoologiste, aurait très bien pu être l’un de ces conteurs parfaitement à l’aise pour employer le verbe qui presque sans interruption appuie sa présence.

Il y a donc le Verbe, précis dans l’information sur les caractéristiques de chaque serpent parfois découvert sous nos yeux à l’aide d’un crochet habilement manipulé. Il exprime, dans sa langue maternelle, l’anglais, son admiration lucide pour la beauté des animaux qu’il montre. La traduction en français respecte respecte la diction de la langue originale.

Des plages contemplatives

La construction de chaque épisode respecte le parti-pris initial, montrer dix serpents venimeux, remontant du dixième au premier, du moins au plus dangereux. Des arrêts permettent de résumer la situation et d’ouvrir des parenthèses contemplatives. Puisque certains reptiles se nourrissent d’oiseaux , voici certains d’entre-eux. La tête de ce serpent ressemble à celle d’une tortue, on en rencontre une vraie. Une vipère aux couleurs vives est accompagnée d’un dicton populaire : rouge sur jaune tue la faune.

Nigel Marven emporte l’adhésion parce qu’il parle bien de ce qu’il aime transmettant ainsi son plaisir. Un conteur parle de ces reptiles qui font parfois « froid-dans-le-dos », avec des images fascinantes autant que belles. Il se met en scène avec son enthousiasme qui ne nuit pas à l’information scientifique. Des moments rares offerts par le petit écran…..

De la concession au plaisir….

Le direct pour les sports sur petit écran est un impératif qui joue contre la volonté de respecter un horaire strict, parfois à la seconde près (lancement à 19 :30 :00 du « Téléjournal » RTS). Les « fans » de sports sont gâtés par la SSR-SRG donc la RTS, qui se proclament fières de consacrer autant de temps aux sports. Ces jours, à force de regarder du football européen féminin, de l’athlétisme mondial, j’en oublie de « nourrir » ce blog ! Regretter le trop-plein de sports n’interdit pourtant pas de prendre plaisir à suivre certains d’entre-eux.

L’inattendue équipe gagnante, la Holande : tout simplement le plaisir offert par du très beau football !(photo rtssporrts )

Les quatre pôles de la concession

Il est bon de se rappeler ce que l’on peut attendre du petit écran et de ses multiples autres supports de programmes, selon la concession qui est accordée à la SSR-SRG par la Confédération qui n’impose rien dans le domaine du sport:

La SSR contribue:

  1. à la libre formation de l’opinion en présentant une information complète, diversifiée et fidèle, en particulier sur les réalités politiques, économiques et sociales;
  2. b)  au développement de la culture, au renforcement des valeurs culturelles du pays et à la promotion de la création culturelle suisse, en tenant particuliè- rement compte de la production littéraire, musicale et cinématographique suisse, notamment en diffusant des émissions émanant de producteurs suisses indépendants et des émissions produites par elle;
  3. c)  à la formation du public, notamment grâce à la diffusion régulière d’émissions éducatives;
  4. d)  au divertissement.

Le divertissement le plus populaire est celui qui obtient les meilleures parts de marché. Certains sports s’inscrivent parmi les divertissements les plus appréciés.

L’équipe suisse, qui échoue avant les quarts de finale : le plaisir inattendu  d’un  football de qualité un peu irrégulière- (photo RTS SPORTS)

Une bonne place est accordée à l’information, de la brève du quotidien (les téléjournaux) aux soirées thématiques consacrées à un même sujet (les mardis d’ARTE, certains mercredis soirs de la RTS) en passant par les magazines de réflexion relativement courts (Mise au point) au plus développés(Temps présent). Les émissions éducatives sont plutôt rares.

Reste parfois un peu de temps d’antenne pour des émissions culturelles, y compris celles qui abordent l’information alors replacée dans son contexte. Les plus intéressantes jouent sur la sensibilité du propos, sur l’élégance de l’expression, la valeur ajoutée par la beauté. Les heures de grande écoute sont rarement réservées à l’enrichissement culturel.

Pour la culture, la radio, plus souple, sans publicité, moins soumise au grand nombre, fait mieux que la télévision. Mais comme j’ai choisi depuis presque toujours de donner la priorité à l’audiovisuel, je ne marque pratiquement pas de temps d’arrêt radiophonique, autrement qu’en étant assez fidèle au « Mezzo » du petit écran.

Prendre plaisir…

Le plaisir de (re)voirJeanne Moreau, forcément sublime en Célestine, et qui le restera, ne serait-ce que pour les bottines que Bunuel lui fit porter dans « Le journal d’une femme de chambre » ( photo ARTE)

Donner une priorité personnelle à la valeur culturelle et à l’information sans mépriser le divertissement conduit forcément, pour suivre les programmes tels qu’ils sont officiellement proposés par les chaînes, pour à se transformer quelque peu en « oiseau de nuit ». Bien sûr, la multiplication des accès à une émission, par les « play tv » et les « replay » sur internet donne la liberté de l’heure d’accès. Mais je me libère alors mal de l’étrange sentiment d’être seul à voir une émission qui n’est pas accessible à d’autres au même moment.

Une exigence dépasse le divertissement, l’information, l’enrichissement culturel: c’est le plaisir que l’on à éprouve à suivre un développement audiovisuel avec la richesse de son propos, les qualités de sa présentation. Ecrire dans un blog sur la télévision, c’est aussi le plaisir de partager son propre plaisir et parfois d’expliquer les raisons d’un rejet plus ou moins violent. Reste à souhaiter que le lecteur prenne plaisir à voir ces images et à lire  leurs légendes….

« Tour de France » : encore en 2023!

(Temps de lecture, entre deux et trois minutes )

 « Bonne nouvelle », selon un communiqué de la SSR-SRG, paru le vendredi 21 juillet 2017 : en 2023, la SSR-SRG et ses unités d’entreprises pourront encore et toujours diffuser un direct le « Tour de France » et un bon nombre d’autres grandes classiques du cyclisme en Europe.

Une petite phrase peut retenir l’attention : Les parties ont convenu de ne pas divulguer les détails des contrats. Autrement dit, ne posez pas une question pourtant intéressante : combien çà coute ? C’est France télévision qui assure l’image et le son direct qui lui est associé pendant la course. Et comment cela se passe-t-il entre l’entreprise qui produit les images et celles qui les reprennent dans le monde entier?

Warren Barguil, un français à pois pour faire plaisir  aux Français en 2017 (Source: RTS sports)

Le cyclisme, une longue tradition

Est-ce là chose importante? Avec qui « Unit Sport SSR » signe-t-elle ces contrats discrets, via l’Union Européenne de Radio-Télévision (UER)? C’est un motif de satisfaction d’Adrian Ehrbar, responsable de « Marketing et Communication Business Unit Sport SSR »:

«Le cyclisme en Suisse jouit d’une longue tradition et occupe une place importante dans l’offre Sport de la SSR. C’est pourquoi je suis ravi que nous puissions continuer à faire vibrer notre public suisse en direct devant le Tour de France et toutes les grandes classiques.»

L’étape Pontarlier-Verbier en juillet 2009 : une présence suisse évidente! (Source : RTS sports)

Faut-il vraiment en passer par la SSR pour « vibrer » durant le Tour de France ? Les responsables des sports de la SSR-SRG font bien leur travail d’administrateurs de flux financiers discrets. Mais après ? Quelle est la contribution non-financière de notre télévision nationale à un événement comme le Tour de France? Il n’est pas évident d’offrir systématiquement le direct dont on comprend tout de même que cela se paie. Souvent l’apport se limite au commentaire, qui, lui, est fait « maison ». Il est clair qu’un tel commentaire  prend un poids différent puisque on se trouve dans un système où des Suisses parlent de Suisses ! Durant le Tour de France, peu d’occasions d’attirer l’attention sur des cyclistes suisses : Albasini et Kung sont apparus dans les dix premiers de deux des dernières étapes. Il serait surprenant de justifier les heures et les heures consacrées au « Tour » pour ces  rares apparitions!

Pas de Mont Ventoux en 2017, mais déjà Christopher Froome en jaune en 2013 ( source : France télévision)

Notons en passant que le Tour de France, c’est aussi la promotion de certaines marques. On sait que Tissot fabrique montres. Mais même en ayant vu beaucoup de maillots blancs portant les mots « SKY » ou rouges avec « AG2R », je ne sais toujours pas ce qui se cache derrière eux. Ce n’est pas grave.

Un journaliste et un consultant

Ainsi donc l’apport romand à ce direct cycliste réside dans le seul commentaire. II est intéressant dès lors de s’en aller pitonner entre différents directs pour comparer le travail des commentateurs. Avec son consultant Daniel Atienza, la RTS tient un bon collaborateur externe, tout aussi intéressant que ceux que l’on entend sur France 3 puis France 2 chaque jour pendant trois semaines. Une différence tout de même : France Télévisions peut faire intervenir pendant et après la course plusieurs autres invités, ce qui a un mérite d’ouvrir d’autres « regards » sur la course et ses rebondissements.

Triomphe du tourisme

Le tour de France c’est aussi l’occasion de faire de la promotion touristique au sens large, des paysages, des montagnes, des lacs artificiels mais aussi des bourgades, des belles demeures, de splendides châteaux, de monastères. France Télévision peut déléguer d’autres commentateurs hors course qui permettent tout de même de caresser l’oreille avec des dictions plus variées que celles du duo suisse.

Deux vainqueurs du Tour de France dans les années cinquante, Ferdy Kübler et Ugo Koblet. Oui, mais s’y trouvèrent-ils ensemble une même année ? (Source : RTS sports)

L’apport de la RTS au direct proposé par la SSR-SRG est donc réduit au presque au seul commentaire, apport modeste intéressant. La RTS n’introduit guère, à l’intérieur du direct, comme le fait France Télévision, des documents préparés à l’avance, hormis les indispensables plages publicitaires. Pitonner d’une chaîne à l’autre offre donc un peu d’agréable variété pour accompagner les mêmes images.

Tour de France ? Pas sûr. Mais pour le souvenir de Ferdy Küblier, vainqueur dans les années cinquante.. Jolie, la « topo » suiveuse… (source RTS sports)

Les commentateurs romands remercient souvent les téléspectateurs romands d’être fidèles à la télévision romande. Comment mesure-t-on cette fidélité? Il faut les croire sur parole.

« O.J.Simpson :Made in America »

Temps de lecture : environ trois minutes !

O.J.Simpson est né en juillet 1947 dans un quartier pauvre de San Francisco. Il est devenu célèbre surtout par sa rapidité, comme joueur d’un club universitaire de Los Angeles, dans le football américain, qui tient un peu du rugby, avec son numéro 32. La gloire est confirmée par le cinéma, même s’il n’a pas laissé d’impérissables traces comme acteur, mais aussi par la publicité où il incarnait des marques comme Chevrolet ou Herz. C’était peut-être une des premières fois qu’un « acteur » devenait représentatif d’un produit comme le fait aujourd’hui par exemple Georges Clooney.

D’une première union, avec une jeune noire, Marguerite, il a trois enfants. Après un divorce, il épouse une blonde blanche, Nicole Brown. Ils auront deux enfants. Il mène grande vie, se montre possessif, jaloux et violent. En 1994, son ex-épouse est assassinée en même temps qu’un de ses amis. Le procès dure plusieurs mois en 1995 : il est acquitté par une instance pénale mais condamné au civil à des amendes qui se comptent en millions. En 2008, il est puni d’une peine ferme de 33 ans pour un enlèvement et vol à main armée. Cette condamnation sévère de 2008 peut être comprise comme une sorte de compensation de l’acquittement plutôt inattendu de 1994.

Le couple Nicole Brownm- OJ (Made in america- photo fx/arte)

OJ est-il coupable ou non du meurtre de sa femme qui pouvait passer pour une exécution, y compris celle d’un témoin ? Ce n’est pas la question que se pose le réalisateur. Et même si c’était le cas, force est d’ajouter qu’il n’y a pas de réponse claire, face à des indices contradictoires. L’intérêt de cet étrange « objet » audiovisuel réside ailleurs, installé qu’il se trouve entre le cinéma, qu’il faut encore voir sur un grand écran dans une salle obscure avec d’autres personnes durant un temps imposé et limité et la télévision, qui se consomme par doses volontaires de durées très variables, dans une certaine solitude sur plusieurs supports.

Une occasion manquée

 Le public américain s’est passionné pour le procès, les blancs jugeant OJ coupable et les noirs innocent, en grandes majorités. Une série de fiction « American crime story », lors de sa première saison montrée en 2016, entre autres à la RTS durant l’été, intitulée « The people vs. O.J.Simpson » semble bien, d’après quelques lectures fiables, avoir été d’un assez bon niveau. Je regrette de ne pas l’avoir vue. Les résumés des dix épisodes font apparaître les mêmes personnages et faits que ceux qui survolent « Made in américa ». L’occasion eut été belle de se livrer à une démarche comparative entre la fiction portée par des acteurs et la documentation reposant sur des documents et reportages appuyés par des entretiens récents.

La gloire du sportif ( Made in america – photo ARTE)

Tout vient du montage

 Le titre de la série récente, «J.Simpson : Made in america », donne une première indications sur le double contenu , la personnalité de JOSimpson, certes, mais aussi son enracinement dans une société précise, l’Amérique qui peut « fabriquer » un tel personnage. Les cinq numéros, par leur titre, fournissent, eux aussi, une indication précieuse sur le contenu :

+ Je ne suis pas un noir. Je suis OJ

+ Dans cette ville de violence policières

+ Une défense sans scrupule

+ Un gant tient le monde en haleine

4ème partie : la preuve par le gant : Made in America
(PHOTO ARTE / FX)

+ Un acquittement par étapes

On saisit ainsi assez bien la structure qui part de Simpson en gloire, s’installe dans une ville marquée par des violences policières racistes puis observe le fonctionnement de la justice conduisant à un acquittement contesté. On passe ainsi d’un individu à une société, laquelle finit par être en quelque sorte responsable par son comportement d’avoir réservé une place à un tel personnage.

Cinéma et télévision

 Le cinéphile a une exigence de base devant le cinéma : il se fonde, dans la mouvance qui l’aborde comme un art, sur la notion d’auteur, généralement celui ou parfois celle qui donne vie à des personnages par des acteurs ou organise des documents avec son regard personnel. Pour le cinéphile, le cinéma de divertissement qui s’appuie sur des acteurs et la virtuosité du spectacle n’est pas souvent pris en compte comme « cinéma d’auteur ».

Il n’existe pas encore, en télévision, l’équivalent du cinéphile. On pourrait le nommer « téléphile » qui rechercherait prioritairement l’auteur de l’émission. On s’en approche dans le domaine des séries, le responsable du spectacle ( le showrunner) de plus en plus fréquemment mis en évidence comme raconteur d’histoire et organisateur chargé de maintenir l’unité des épisodes entre eux.

Un film de cinéma se regarde dans les meilleures conditions dans une salle obscure, avec d’autres spectateurs, durant en moyenne deux heures, des exceptions étant possible sans  dépasser trois heures.

Parmi les offres de la télévision, la série occupe une place originale. Elle apparaît de de plus en plus fréquente, sans aucune obligation dans la durée, allant de quelques petites minutes à plus d’une heure par épisode, le nombre de ceux d’une saison et de ces dernières variable eux aussi. Mais une série se consomme en solitaire, devant un petit écran ou les supports qui s’y rattachent, comme le portable par exemple.

Huit heures de projection

OJ SIMPSON est une série de cinq épisodes, chacun d’environ 9o minutes. Les premiers textes parus à son propos mentionnent un nom Erza Edelman, comme le responsable unique de la série. Le 26 février 2017, « OJSimpson, Made in America » obtenait l’Oscar du meilleur documentaire, dans une compétition assurément vouée au cinéma. Cette série, mais on pourrait tout aussi bien écrire ce film de 7h57 minutes, commandée par une chaîne sportive est une production pour le cinéma qui trouve son chemin à la télévision beaucoup plus souple avec le temps de projection.

«  OJSimpson : Made in America » est une œuvre audiovisuelle d’auteur que l’on peut considérer aussi bien comme un très long film que comme une série télévisée récurrente, issue de la documentation qui repose sur un montage créatif.

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D’un sport à l’autre le même jour

( A suivre :il sera aussi question d’un remarquable document présenté par ARTE, « Plus vite, plus haut, plus dopés » – le mardi 04.07.17 et peut-être encore de « Monsieur Poutine »)

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 Forte offre sportive, le jeudi 6 juillet 2017, Et ce n’est même pas exceptionnel : il suffit d’utiliser la « zapette » ! Q’on en juge : dans la journée, Wimbledon et son herbe en train de disparaître (TSR 2 ) et le Tour de France ( RTS1) se partagent l’écran. On peut aussi en trouver sur des chaînes françaises par exemple. Et l’on se fait renvoyer sur internet pour en finir avec Federer quand apparaît « Athlétissima ».

Alors, trop de sports ? Ce n’est pas la question. Il y a assez de chaînes disponibles pour qui veut regarder autre chose. Mais il y a tout de même un problème exprimé dans un texte paru dans « Le Temps » ( 07..07.17 – page 13 ) : L’occasion pour la SSR de rappeler que son offre sportive reste, malgré tout, unique au monde. Les allusions répétées à  la SSR-SRG, championne du monde du « sport rassembleur », sont-elles indispensables ? A noter que certains de nos voisins français jouent aussi sur la vertu de « rassemblement » du sport. Plus il y a de monde, mieux cela apporte de regards sur les plages publicitaires. Il est probable qu’une minute du pub donne lieu à une facture plus élevée quand l’audience est forte que lorsqu’elle se glisse au milieu d’un film de long-métrage projeté à minuit quand les téléspectateurs se font rares. On ose avoir des doutes face à linsistance sur le « sport rassembleur » qui serait le ciment qui lie les Suisses entre eux dans leur amour de la patrie : c’est trop pour une agréable et plaisante offre de divertissement.

Le « Tour de France »

Le trio peloton, paysage, télévision ( Photo France 2)

 Il est clair aussi que l’on peut suivre une manifestation sportive sans lui consacrer son attention à cent pour cent, prêt à saisir l’image du parasol qui s’introduit au milieu du peloton. Le Tour de France ? La course elle-même perdrait beaucoup si les écarts de temps entre détachés, retardataires et peloton n’existaient pas. Les montées de col permettent de mieux observer l’effort que le passage du peloton compact. Par contre, la télévision, d’année en année, en profite pour mieux proposer un voyage touristique intéressant, avec des informations certes parfois brèves sur les paysages, les monuments, le pays aujourd’hui, l’Histoire même avec un « H ».

Chaque jour, deux heures de plus d’antenne…

Fabio Aru, premier vainqueur en montagne
( Photo Francce 2)

Importante nouveauté en 2017 : France 3 et France 2, l’une après l’autre, suivent désormais intégralement toutes les étapes , ce qui signifie au moins deux heures de présence à l’antenne en plus chaque jour. Pas forcément facile de meubler un si long voyage. Si la fin de course atteint le  30 % de part de marché, les débuts nouveaux seraient plus hésitants, dix ou à peine plus. Les premières heures sont souvent un peu mornes. Mais pratiquement chaque jour se produit une longue échappée qui prit plusieurs fois fin juste avant le sprint final! En principe, chaque cycliste porte promotion pour plusieurs marques. Les annonceurs sont peut-être les seuls qui bénéficient de cette longue exposition nouvelle presque privée pendant plus de deux heures. Une bonne affaire peut-être, surtout si les échappés représentent des équipes différentes chaque jour.

Le tennis

 Le grand attrait du tennis tient dans le jeu lui-même, très spectaculaire, qui permet de suivre la virtuosité avec laquelle les plus beaux coups sortent d’une raquette parfois « tranchante ». Chaque point joué prend un poids différent selon le joueur. Ce peut être le gain d’un set ou une relance, une fin de partie ou une prolongation. Bref, en plus d’un jeu souvent élégant, avec ses astuces, le « suspens » donne à certaines rencontres les qualités d’une histoire bien racontée.

Juste en passant : avec chaque service, tout joueur touche au moins deux balles avant de choisir celle qu’il va frapper. A-t-on souvent entendu le commentateur expliquer le sens de ce choix ?

Athlétisme

Joyeux relais féminin du 4×100 (Photo RTS/Sports)

 Les informations numériques – temps d’une course, longueur d’un jet, hauteur d’un saut – sont évidemment indispensables à toute épreuve. Comment saurait-on que le meilleur sur cent mètres est descendu au-dessous des dix secondes quand il ne s’agit que de quelques centièmes. Devinerait-on à quelle hauteur la barre est placée ? L’intérêt d’un « meeting » d’athlétisme réside dans la diversité des compétitions. On passe de l’une à l’autre, avec son attrait spectaculaire différent, assez souvent, pour éviter de s’ennuyer. Les techniciens sont de plus en plus habiles à proposer des ralentis, des reprises. Les journalistes peuvent interroger les athlètes qui viennent de terminer une épreuve, contents ou non de leurs performances.

Léa Sprunger, si près du record suisse, et si bien classée (Phoo RTS/Sports)

Voir Kariem Hussein gagner son 400 mètres haies, le relais féminin du 4×100 battre le record suisse, Léa Sprunger améliorer son record personnel et échouer à quatre petits centièmes du record national ne laisse pas indifférent, assurément. Mais je ne me sens pas pour autant plus proche d’un zougois ou d’une locarnaise…

Conversations avec Mr. Poutine

 Lundi 26 juin 2017, France 3 présentait les deux premiers épisodes d’une série de documentation/information tournée par un grand cinéaste, Oliver Stone en premier rideau, de 20h55 à 24h00, avec deux épisodes complétés par une première réflexion d’invités en fin de soirée.

Les épisodes 3 et 4 sont inscrits sont inscrits au programme des mercredi 28 à 23h30 et jeudi 29 juin à 23h40, comme s’ils n’étaient destinés qu’aux plus courageux des téléspectateurs insomniaques. Une fois de plus, une chaîne de télévision cherche à faire glisser ses « clients » vers internet accessible à toute heure.

Oliver Stone

 Oliver Stone est un grand réalisateur américain né en 1946, à la riche filmographie, une vingtaine de longs-métrages, comme « Wall street » ( 1987 et 2010), « Platoon », « Né un a juillet », « JFK ». Il a aussi emprunté la voie du cinéma de documentation pour « Comandante » (des entretiens avec Fidel Castro – 2002 ), « Looking for Fidel » (2004- même interlocuteur, diffusé sur le petit écran). L’ensemble de son œuvre aborde, dans une totale liberté, des sujets qui concernent son pays dans un esprit critique assez sévère.

Photo France 3

Comment un réalisateur américain parvient-il à obtenir du président d’un grand pays comme la Russie une douzaine d’entretiens de parfois plusieurs heures chacun, pour récolter plus de vingt heures d’images et de sons qui vont servir en bonne partie à élaborer une série de quatre épisodes d’une heure ?

Le réalisateur, qui maîtrise son montage, peut construire sa série en complétant les entretiens par différents documents américains ou russes qui s’en viennent corroborer des éléments des conversations. La structure centrale de ce que l’on pourrait appeler « témoignage audiovisuel » est fondée sur le verbe.

Le parti- pris

 L’attitude du réalisateur qui ne prétend pas être journaliste est simple : il pose des questions autour de quelques grands thèmes, écoute les réponses qui amènent d’autres remarques. Au montage, il respecte l’unité de lieu. Il glisse d’un sujet à l’autre sans ajouter de commentaire qui lui permettrait de mettre en doute la réponse. Il ne s’agit donc pas d’un débat.

Poutine parle russe, Stone anglais. Entre eux, un troisième homme, discret, le traducteur. Sur la bande sonore, on entend sans avoir besoin de chercher à les comprendre, les interventions de chacun. La version proposée par France 3 restitue en français, avec une subtile fluidité, une conversation qui se tient dans deux autres langues.

Une idée de la slpendeur de certains décors (Photo Franc 3)

Pour enregistrer ces conversations, il met en place un dispositif assez lourd : il dispose d’au moins deux caméras et micros. L’entretien s’effectue sous différents angles. A plusieurs reprises, on voit le trio principal entouré d’une équipe technique, dont la présence semble n’avoir aucune influence sur le trio formé du président, de son interlocuteur et du discret traducteur. Cet environnement technique ne gêne personne.

De la première à la deuxième partie, on sent une certaine évolution : plus le temps passe et plus les images se rapprochent des visages, les plans rapprochés remplaçant souvent ceux d’ensemble. Comme si on partageait une sorte de climat de confiance réciproque – de complicité même ? Le recours au montage de documents extérieurs ne nuit pas à la priorité attentive portée à la conversation.

Aux USA, reproche aurait été adressé au cinéaste questionneur d’une trop grande connivence frôlant l’obséquiosité avec son interlocuteur. Stone voulait donner à écouter ce que le Poutine dit de son pays et des relations avec les USA qui ne sont ni au beau fixe, ni à l’orage permanent. Il ne lui appartient pas de commenter les réponses qui lui sont données. Il se refuse à toute forme de polémique.

Un utile débat

 Sylvie Kaufmann ( journaliste au « Monde »), Bernard Quetta ( « France Inter), Renaud Girard ( « Le Figaro », partenaire de France 3 pour cette série pour cette mini-série), Hubert Védrine ( ancien ministre des affaires étrangères ) et Oliver Stone ont participé vers 23 heures à un fort intéressant premier débat complétant sur plusieurs points la conversation, choisissant des angles d’approches différentes. « Conversations avec Mr Poutine » est tout simplement un excellent document audiovisuel, présenté en priorité et peut-être uniquement sur de petits écrans.

Une telle minisérie contribue peut-être à mieux comprendre la place de la Russie nouvelle dans le monde d’aujourd’hui. Il pourrait être intéressant d’y revenir….

« Ecran total » et Maïtena Biraben

 Une vague déferle dans la presse écrite romande ces jours, avec le portrait d’une « vedette » du petit écran, qui a commencé sa carrière sur la TSR pour la poursuivre en France et faire beaucoup parler d’elle actuellement à cause de son conflit avec un employeur qui a mis brusquement à son contrat.

Le « Guide TV » ( 17 au 23 juin) ne classe pas cette nouvelle émission dans ses « Immanquables », priorité donnée ce mardi 20 juin à un publicité. Idem dans « Téltop » : normal, puisque c’est presque la même chose !

« Tv 8 » ( 17 au 23 juin 2017) y va d’une double (page 8 et 9) pour un « Retour aux sources  de Maïtena Biraben à la radio puis la télévision de ses débuts, complété par un entretien avec Philippa de Roten, cheffe du département société-culture de la RTS.

« La tribune de Genève » y va d’une pleine page d’entretien avec la « guerrière du paf » dans son édition des 17 et 18 juin 2017. Le Matin-Dimanche double la dose : deux pages entières la 18 juin, avec rappel de six émissions « devenus cultes ».

Maïtema Biraben (Photo RTS)

Ces textes mettent en valeur la présentatrice qui va conduire des entretiens avec un invité par semaine pendant plus de deux mois dans un studio au concept « révolutionnaire » apte à mettre en valeur des documents anciens sous diverses formes.

On peut retrouver des anciennes émissions de la présentatrice ( « Oh les filles » ou « Cà colle et c’est piquant » ) dans les archives de la RTS sur son site. Je relirais volontiers ce que j’écrivais de ces émissions, si j’avais de l’ordre dans mes propres archives, ce qui n’est pas le cas.

Beaucoup parler du retour de la présentatrice est un effet un angle d’approche intéressant. Mais il y a plus : la RTS, comme d’ailleurs pratiquement toutes les autres chaînes, vivent sur les acquis, ravitaillent de jour en jour, de semaine en semaine, de mois en mois des émissions qui composent une grille répétitive. Les nouveautés sont rares : elles méritent donc d’être saluées à cause même de leur rareté. Une émission nouvelle, c’est l’espoir d’une bonne surprise !

Il faut faire part aussi d’une décision étonnante. La RTS propose donc enfin une émission nouvelle. Elle est fière de l’annoncer à son public, aussi sur ses propres canaux. Oui, mais : aux environs de 22h30, la moitié de ceux qui regardaient le petit écran entre 19h00 et 21h00 a disparu, à en croire un tableau d’audience moyenne qui date certes de 2011 mais qui n’est plus disponible pour les années suivantes. Et à 23h30, il ne reste que le quart à peine des fortes présences du premier rideau. Certes, les visions de rattrappage se font de plus en plus nombreuses.

Mais tout de même : quand on tient une nouvelle émission dont il semble juste de signaler l’originalité, on devrait la présenter à une heure de grande audience. Mais « Camping paradis » assure un bon audimate à 20h55 ! Et pour en rajouter, TSR 2, à la même heure, propose une autre forme d’émission originale, la version sous-titrée d’une série créée par la télévision de suisse alémanique, la troisième saison du « Croque-mort » ! Mais cette série n’est pas rassembleuse »….

Ce n’est hélas pas la première fois que les programmateurs sont timorés alors que des réalisateurs, des producteurs, des concepteurs de programmes prennent le risque de la nouveauté dont ils devraient oser être fiers.

J’aimerais beaucoup pouvoir aimer cette nouvelle émission, pour sa réussite espérée, pas seulement pour sa rareté….. On y reviendra!

« The night of »: mieux sans coupe pub!

Dimanche 4 juin 2017 : pris plaisir à revoir, même sur TF1, quelques moments d’un film d’animation délirant et très en couleurs, « Rio2 » de Carlos Saldanha. Au milieu de n’importe quelle séquence, coupe pub ; longue : normal pour une chaîne qui vit uniquement de recettes publicitaires. Mais difficile à supporter…

La victime, qui n’est pas au centre de la série…(photos HBO/RTS)

Vendredi 26 mai 2017 : RTS 1 proposait donc « The night of », série inédite, qui débute peu après 23h00. Vers 23h30, coupe publicitaire, assez longue, bien entendu placée n’importe où, dans une série tendue, fondée sur le comportement des personnages, non sur de multiples actions bondissantes. Est-elle acceptable, cette coupe, pour une chaîne qui certes trouve le 30 % environ de son financement à travers la pub et le sponsoring ? Encore une touche de pub, très brève, entre les deux numéros de la série. A 23 :30, le public se fait rare ; et plus encore peu après minuit. Insupportable coupe dans une fiction, qui plus est de plus de haute qualité ! Mais le principe serait le même pour une émission courante… Facture-on la seconde de pub proportionnellement à l’audience ?

Faut-il vraiment gâcher le plaisir d’une minorité de téléspectateurs par une interruption publicitaire mal placée? Il est regrettable qu’une émission, même en projection nocturne,  soit interrompue par une plage publicitaire. Mais à qui s’adresser pour que cesse ce qui est simplement de l’incorrection à l’égard du téléspectateur?

Bonne impression confirmée

L’inspecteur Dennis Box ( Bill Camp)

Vu les épisodes 3 et 4 de la série, non pas vendredi 2 juin, mais sur site de la RTS, en « replay », sans risquer d’interruption. Bonne impression initiale confirmée : le style de la mise en scène ne change pas, ni celui de l’écriture. Bien entendu, il ne s’agit pas de mettre l’accent sur la recherche du coupable, puisque celui-ci est en principe tout trouvé, comme le spectateur le sait. Plutôt que de résoudre une énigme, il s’agit d’observer comment fonctionne la société, avec coupable ou faux coupable dans son entourage familial, quel est le comportement de la police et de la justice, d’entrer dans une prison. Il y a aussi un avocat qui rode avec son exzéma !

Conseils ont été donnés à Nasir de dire la vérité, toute la vérité devant le tribunal. Et il dit exactement ce qui s’est passé. A la grande surprise de ses conseillers. Il raconte donc ce que le spectateur a vu durant le premier épisode. C’est aussi un exemple de la haute qualité de l’écriture et de la mise en scène, à travers le jeu des acteurs, malgré un doublage pourtant bien fait qui ne « sonne » pas toujours très juste, ne serait-ce que par son principe même.

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 PS qui n’a rien à voir : il y avait grand vent, mardi 6 juin 2017 dans l’après-midi, sur Roland-Garros. Et de la pluie. Baczinszky-Mladenovic longuement remplacées par la reprise de Wawrinka-Monfils…. Il n’y a presque que le sport qui ose bousculer les horaires…Normal puisqu’il est « rassembleur »……

« The night of » : Une série à suivre!

A l’origine de cette mini-série ( huit épisodes d’environ soixante minutes, ce qui fait tout de même près de huit heures de diffusion), un série britannique, « Criminal Justice » dont on peut ignorer l’existence ce qui n’empêche pas de la mentionner.

Naz (Riz Ahmed), étudiant issu d’un milieu d’origine pakistanaise, « emprunte » un soir le taxi jaune (62P4) de son père. Une jeune femme s’installe sur le siège arrière et lui « ordonne » de se rendre au bord de la mer. Mais la soirée finit chez elle, avec alcools, drogues et rageuse relation sexuelle. Par jeu et défi, elle aura planté un couteau entre les doigts de sa main. Il en fait autant mais blesse ensuite sa compagne. Quelques heures plus tard, Naz se réveille et quitte l’appartement en oubliant la clef de la voiture. Il revient sur ses pas et découvre le cadavre de la jeune femme (court plan du corps presque totalement ensanglanté).

Un inspecteur et un avocat

Il commet une faute de conduite et se fait arrêter par une patrouille. Conduit dans un commissariat, il sera interrogé par le l’inspecteur Dennis Box (Bill Camp). John Stone (John Turturro), avocat, se trouve au bon endroit au bon moment, par on ne sait pas très bien quel hasard et si c’en est vraiment un. L’homme de loi s’impose à lui comme défenseur. Il lui inculque une règle difficile à respecter : silence total avec tout le monde.

L’avocat John Stone (John Turturro.( photo HBO)

Naz est très mal pris. Il finit par affirmer son innocence. Mais l’est-il vraiment ? Que s’est-il passé avant son réveil. Peut-être est-il coupable, même sans le savoir. Dennis reste très calme, tout en croyant probablement Naz coupable en lui laissant entendre le contraire. Stone gravite dans ce monde des avocats qui espèrent tirer de l’argent de n’importe quelle cause, avec cynisme.

Une série sobre et retenue

Pas d’actions retentissantes. Pas de rebondissements spectaculaires. Plus de silences que de cris. Cela se passe comme si le réalisateur cherchait à saisir les pensées, les émotions, les élans, les peurs plutôt que de décrire les événements. Tant de calme et de retenue dans la mise en scène, à part quelques rares accélérations, incite le cinéphile à se demander s’il ne se trouve pas dans un film de Robert Bresson, entre « Pickpocket » et « Le journal d’un curé de campagne ».

Un exemple de sobriété, celle du décor d’un poste de police réaliste

Référence insolite, voire accablante? On se trouve devant une série tendue, grave, sobre ( comme le fut « True detective » ), qui donne en vie de parler de mise en scène, et pas seulement des richesses et subtilités de l’écriture. De telles séries sont rares. Elles s’inscrivent aussi dans la lignée de David Lynch (« Twin Peaks ») ou Jane Champion (« Top of the lake ») tous deux présents à Cannes il y a quelques jours.

Eléments de mise en scène

Alors voici quelques exemples de mise en scène qui donnent à « The night of » une certaine originalité. Au volant de la voiture qu’il vient de débarrasser d’un PV, Naz est si nerveux qu’il tourne brusquement à gauche là où il est interdit probablement de le faire. Il attire ainsi l’attention d’un duo de policiers de la route, qui oublient pourtant de contrôler son degré d’alcool.

L’affiche (Photo HBO)

Au poste de police, il doit se déshabiller complétement et subir une fouille corporelle intime en partie suggérée. On lui tend ensuite une combinaison « officielle » de détenu mis en garde à vue. D’une voix timide, il dit « merci ». Alors qu’il ne comprend pas ce qui se passe, il surprend en disant tout à coup :« Je veux un avocat » ! Et cette attitude défensive prend ainsi valeur d’aveu.

L’avocat est embarrassé par un exzéma aux pieds. Dans un autobus, il s’en occupe en se grattant. Une voisine se lève et va s’asseoir, sans un mot, sur une place encore libre loin de lui. Avertis des ennuis de leur fils avec la police, ses parents se rendent d’abord dans à une fausse adresse. Le policier qui mène le premier interrogatoire est tout de même surpris par la présence de l’avocat qui est venu imposer ses services à Naz. L’inspecteur Stone semble donner à Naz des conseils presque amicaux sans que l’on sache quelle est son intime conviction? Il finira par dire à un collègue qu’il n’a aucun doute, alors qu’on croyait pouvoir deviner le contraire.

Cette énumération de petites scènes apparemment un peu anodines donne une première idée de l’esprit de la série, qui montre ce qui se passe entre les événements. Cet entre-deux finit pas être plus intrigant, plus passionnant à deviner, dans le temps qui s’écoule en silences que des actions multiples brutalement accumulées.

Diffusion (trop) tardive!

Les six prochains épisodes pourront-ils se maintenir au niveau des deux premiers ? Ce serait la confirmation d’une impression initiale très favorable à cette série. Qu’elle soit proposée par RTS 1 entre 23h00 et 01h00 finit par être un signal : les responsables de la programmation de « notre » télévision ont un don assez développé pour repousser les séries récurrentes les meilleures à des heures tardives, comme si le public n’était apte qu’à apprécier des séries unitaires qui apportent la solution à une enquête faite d’actions violentes, de coups de feu avec beaucoup de sang.

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PS1 à suivre: à propos du logo rouge

PS2, à venir aussi : une publicité incongrue!

 

Temps d’antenne doublé pour « TTC »

 « TTC » lundi 22 mai 2017 et sur internet : voici quelques-unes des formules parlées ou écrites d’avant, pendant ou après l’émission: « Le duel Brabeck- Ziégler », « Emission spéciale », « L’internationale face à la multinationale », « Le grand patron de Nestlé face à l’homme de gauche qui voulait la Révolution », « Portraits croisés », « Un face-à-face inédit et en direct », 83 ans pour l’un et 72 pour l’autre, une émission de 57 minutes alors que « TTC » s’en tient habituellement à 27. Un événement ? L’eau mise à la bouche par l’allongement du temps d’antenne, une fois bue, était-elle rafraichissante ?

De gauche à droite : Peter Brabeck, Patrick Fischer, Jean Ziègler (Photos RTS)

Déroger à la rigidité d’un horaire qui accorde d’une semaine à l’autre assez exactement le même temps d’antenne lors d’une émission qui fait apparaître régulièrement les petites fourmis jaunes qui vont dans tous les sens, c’est de l’iconoclastie. Voici donc une bonne raison d’y aller voir et même revoir sur internet : la TSR change ses habitudes, ne respecte pas ses sacro-saints horaires, comme si une émission d’information retrouvait le temps de la liberté comme n’importe quelle banale rencontre du sport roi rassembleur.

Un dialogue, pas un duel

Le duo en marche et en coulisses

L’idée de l’affrontement était donc assumée. Un duel, historiquement, pouvait aller jusqu’à la mort ! Mais il n’y eut pas de vainqueur, ni même de blessé. Point n’était-on dans le sillage Marine (Le Pen) – (Emmanuel) Macron, battue par elle-même. Pierre Brabeck n’aura pas souvent fréquenté les plateaux de télévision lors que Jean Ziègler compte parmi ceux qui peuvent se vanter d’un bon score annuel depuis bien des années d’années. Qu’importe : l’un n’était là pour démolir l’autre, ni l’animateur pour arbitrer un match de boxe avec vainqueur par KO ou aux points. Ce fut très bien ainsi sans tomber dans la suavité de l’indifférence. Un dialogue, avec parfois des éléments d’une surdité probablement volontaire, aura remplacé le duel annoncé pour « titiller » le client en l’incitant à améliorer la part de marché habituelle de TTC. Il serait intéressant de savoir si ce TTC allongé a atteint une part de marché au-dessus de sa propre moyenne annuelle.

Le duo en noir-blanc

Pas 27 minutes, mais 57 : donc un événement, au point de faire regretter que cette sortie de routine ne soit pas plus fréquente. On risquait donc la bonne surprise, comme on devrait les aimer. On y aura entendu plein de choses fort intéressantes, entre autres que l’un et l’autre aura été attiré par l’Amérique du Sud, que les bonus du premier ne furent pas en espèces sonnantes et trébuchantes mais en actions qui reflètent la valeur de l’entreprise, que le dettes du second restent imposantes, qu’ils sont tout deux locataires, le second dans la maison de sa femme, etc

Documents préparés

 

 Une demi-douzaine de documents préparés à l’avance furent introduits dans l’émission, au détriment du direct, puisqu’ils occupèrent à peu près le quarante pourcent du temps d’antenne, ce qui est beaucoup pour une émission en direct. Pourquoi cela ? Pour apporter une valeur « spectaculaire » à l’émission ou un moyen de faire preuve de prudence, l’insertion du document permettant éventuellement d’éviter un dérapage durant le dialogue redevenu duel ?

Une improvisation sur « Macron » ?

On est en droit de supposer que la première question était improvisée, d’autant que la préparation de l’émission aura pris du temps pour obtenir l’accord de l’ancien patron de Nestlé : que pensez-vous d’Emmanuel Macron ? Que Jean Ziégler n’en pense que pis que pendre ne surprit point : un laquais de l’oligarchie ; le peuple français mené par le bout du nez, roulé dans la farine ; six millions de chômeurs, vingt millions de pauvres, c’est la faute à Macron, responsable de ces catastrophes ; tout cela était aussi dû à la presse qui a réussi à le faire passer pour celui de la rupture du système. Une telle intervention eut été excellent tremplin pour « Infrarouge ». Ce dérapage initial est resté sans conséquence. Pendant ce temps, un sourire de Peter Brabeck, amusé et calme.

«  TTC », durée allongée, donc hors de son schéma habituel, aura proposé un duel devenu dialogue d’un réel intérêt. Précieuse sortie de rout..ine.

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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