Emissions RTS

De « 26 minutes » à « Mauvaise langue »

( Temps de lecture : environ trois minutes)

Depuis quelques semaines, les deux Vincent, « Veillon et Kucholl » ont quitté l’antenne du premier rideau du samedi soir pour se livrer à d’autres activités hors de la télévision. Le succès assuré de  leur « 26 minutes » un peu assagi sera assurément regretté par les programmateurs qui ont pour mission de maintenir les moyennes annuelles le plus haut possible, aux environs, pour l’ensemble de la RTS, de trente pourcent en part de marché.

La présence d’une émission vouée à l’humour est chose presque indispensable pour une chaîne généraliste. Ainsi est apparue depuis le 23 février 2018 une nouvelle émission, qui en est déjà à son troisième numéro, « Mauvaise langue », le vendredi soir vers 23h00, animée par un jeune romand qui a fait assez belle carrière en France, Thomas Wiesel. Tenir vingt-six minutes chaque semaine exige un travail presque à plein temps, d’autant que tout n’est pas terminé quand les textes sont écrits. Il faut encore enregistrer l’émission. Et quand le public est invité, l’enregistrement prend une certaine lourdeur.

Thomas wiesell (photo RTS)

« Utile », le public ?

On peut d’ailleurs se demander si ce public apporte quelque chose à l’émission. Les applaudissements assez nourris du début et de la fin sont en quelque sorte une manière de remercier la télévision de son invitation. Pendant l’émission, il y a des rires. Le texte joue parfois sur de discrètes allusions, les mots jonglent avec beaucoup de subtilité : il n’est guère étonnant, dès lors, que les rires se fassent un peu discrets, presque timides. Ils n’ont pas grand’chose de communicatif. Il faudrait oser prendre le risque de laisser rire le spectateur, seul dans son salon, sans lui imposer celui du public invité.

S’intéresser à une émission, en fait à toute émission, conduit à deux angles d’approche. On peut s’en tenir aux structures de l’émission, donc à la manière choisie pour atteindre le public. On peut aussi s’arrêter au contenu de l’émission, le comprendre puis l’analyser et porter un jugement à son propos. Les deux démarches sont très différentes. L’une traite de la forme, l’autre du fond. La réflexion critique devrait s’intéresser surtout à la forme. Retenir le fond, c’est entrer dans le « j’aime-j’aime pas » !

Le décor de « Mauvaise langue » est assez simple : un bureau, quelques sièges, un grand mur à l’arrière, sur lequel apparaissent deux ou trois images fixes successives. En cours d’émission, il est aussi possible d’insérer des documents préparés à l’avance.

Le droit de se lâcher

 L’animateur principal de la nouvelle émission est parfaitement conscient du problème. Dans « TV8 du 17 au 23 février 2018 », Thomas Wiesel écrit : Je reçois des insultes très régulièrement, des menaces plus rarement. On me reproche avant tout d’être « clivant » mais je ne sais pas faire de l’humour autrement qu’en donnant mon avis ». Situation claire pour lui : le fond s’inscrit dans la forme, sans prendre de précautions. C’est le droit de l’artiste que de procéder ainsi. C’est au chroniqueur d’éviter le mélange des genres. Certes, cette revendication est tempérée par une autre remarque : « Comme nous sommes diffusés en fin de soirée, nous avons le droit de nous lâcher ».

Thomas Wiesel et Blaise Bersinger animent l’émission « Mauvaise langue » ( Photo RTS)

 Et ce droit, Wiesel et ses chroniqueurs en usent avec gourmandise. Ils y vont assez fort, et sur des faits, et sur des personnes. A se transformer parfois en polémistes. Mais nous sommes dans une émission d’humour, pas dans un document d’information.

Oser en faire trop

 On pourrait leur reprocher d’employer du « bourbine » pour la traditionnelle comparaison entre suisses alémaniques et romands, regretter l’apparition d’un vocabulaire inutilement vert, se demander si certains allusions au dessous de la ceinture sont vraiment nécessaires. On le peut, mais ces quelques excès d’un goût parfois un peu douteux font partie du genre qui accepte le « lâcher tout ».

Aujourd’hui encore, chaque semaine, dans « Charlie hebdo », je réagis contre au moins un élément en me disant qu’ « Ils vont trop loin ». Pas loin d’avoir la même réaction après les trois premiers numéros de cette émission prometteuse. C’est donc bon signe que d’être choqué par le sentiment que leurs auteurs osent en « faire trop », dépasser certaines lignes rouges qui sont du reste personnelles.

A prendre, donc, le vendredi soir, même avec des « pincettes »…

Quartier des banques (III)

Très curieux et même impatient de découvrir les deux derniers épisodes de cette série, même si la programmation en duos me semble aller à contre-sens de l’esprit de la série faite pour être découverte épisode par épisode ( RTS 1 – jeudi 30 novembre 2017 dès 21h15 – Mais, en face, sur France 3, il y a la fin d’une admirable série, « Un village française » – du « play-tv » personnel dans l’air !!!)

Importante co-production romando-belge

Le RTS ne propose guère plus d’une série récurrente par année. Elle y consacre un budget important, trois millions environ, donc cinq cent mille francs par épisode, dix mille francs au moins la minute. Le prix à la minute consenti par des chaînes comme la RTS ou plus importante qu’elle est souvent plus élevé. A noter aussi que « Quartier des banques » a bénéficié d’une co-production avec la Belgique qui a permis de disposer d’un  budget de près des cinq millions. Il vaut la peine de s’arrêter sur cette série, poussé aussi par l’intérêt personnel porté à ce secteur de la création audiovisuelle.

Tournage au Grand Hotel Kempinski
Lauriane Gilliéron et Brigitte Fossey

Le service de presse de la RTS a donc réussi à provoquer un certain nombre d’articles de promotion, d’information complétés parfois par une appréciation qualitative appelée « critique ». La mise à disposition sur internet de certains épisodes avant diffusion permet cette réflexion, même si elle se fait rare. Les mesures de l’audimat servent aussi et trop souvent de jugement de valeur. Il faudrait que toute émission s’inscrive dans la moyenne, ce qui impliquerait que celle-ci augmente d’année en année…

Le choix des acteurs

 L’idée de la série est née à la RTS, l’écriture a été conduite sous direction romande. Le tournage a eu lieu à Genève et dans ses environs, avec une incursion au moins à Chypre (sauf erreur). La majorité du financement provient de Suisse. Le réalisateur est suisse. La RTS est à féliciter de s’être associée non plus à une grande chaîne française dominante, mais à une chaine belge un peu semblable à elle, la RTBF.

Dans l’ensemble, les acteurs font bien leur travail, appuyés par des dialogues simples et efficaces. Les personnages principaux, la famille Grangier et son conseiller juridique, Me Bartholdy, sont bien servis par leurs interprètes.

Bartholdy (Féodor Atkine) lors du gala de charité

Laura Sepul, dans le rôle d’Elisabeth, qui mène l’enquête et donc s’inscrit comme le vrai moteur de la série, est belge. La reine-mère, Blanche Grangier, est jouée par Brigitte Fossey, actrice française. Arnaud Binard, dans le rôle de l’étrange Alexandre Grangier, amant de la femme de son frère, est français. Féodor Atkine, le dominant et astucieux Me Bartholdy, est un français de lointaine origine russe et polonaise.

Certes, Paul Grangier, personnage dans le coma depuis son discours inaugural du premier épisode, permet de montrer un acteur suisse profondément endormi, Vincent Kucholl, à la verve qui fait le succès de « 26 minutes » ! Son épouse Virginia, jouée par Lauriane Gilliéron, est pour le moment plus connue comme ex-Miss Suisse » assurément séduisante que comme actrice.

Dans une série majoritairement suisse, la distribution, d’un fort bon niveau professionnel, n’est, pour les personnages principaux, guère romande mais même pas tellement belge, puisque tournée vers la France. Il y a là tout de même quelque chose d’un peu gênant !

En regardant une série, le téléspectateur ne voit pas le financement, ni l’écriture, encore moins le travail en coulisses des techniciens de l’image, du son, du montage, l’organisation de la production, etc. Peu lui importe que la production soit majoritairement suisse. Il voit surtout les lieux du tournage et les acteurs

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Mettre une note !

Etablir un échelle de valeur permet de « résumer » d’un « chiffre » une réaction personnelle face à tout « objet » audiovisuel quelle que soit sa nature.
0 : nul   / 1 à 3 : bas de gamme / 4 à 6 : milieu de gamme / 7 à 9 : haut de gamme / 10  : chef-d’œuvre
Vu d’abord sur ordinateur, les épisodes 1 et 2 : 7 pour le premier, 6 pour le second. Revus en survol les nos 1 et 2 ensuite le 3, sur ordinateur sur petit écran : 7 et 6 confirmés, 5 pour le troisième : tendance à la baisse ? Vu l’épisode 4, sur « play tv » : ce sera 6.
Moyenne : 6, donc clairement à ce stade dans le haut du milieu de gamme, là où se trouve aussi « Station horizon ». « Parmi les séries RTS de ces dernières années, « Dix » est la (ma) meilleure, avec un 7 : dans le bas du haut de gamme !

« Quartier des banques » : sur quatre axes

 Avant même de voir le premier épisode, un point très positif a déjà été mis en valeur : on quitte l’ambition cantonale du Tour de Romandie pour s’ouvrir à la co-production avec la RTBF. ( cf « Quartier des banques ? Mérite d’être vu ! » en ligne depuis le 12.11.17).

« Quartier des banques » est majoritairement suisse. La réciproque conduira certainement à une série majoritairement belge avec participation suisse romande minoritaire. La RTBF a tout de même un peu d’avance sur la RTS, aussi bien en quantité qu’en qualité : il suffit de rappeler l’existence de récentes séries belges comme « Beau Séjour », « La trève » ( saison 2 en cours de tournage), « L’ennemi public » ( saison 2 aussi en projet) pour s’en convaincre. Elles sont appréciées dans plusieurs pays, mais ce n’est pas sur la RTS, sauf erreur, que nous les avons rencontrées.

Pour mémoire, « L’ennemi public » : Chloé Muller (Stéphanie Blanchoud), enquêtrice efficace au passé mystérieux (Photo RTBF)

Les considérations qui suivent reposent sur une vision des trois premiers épisodes sur ordinateur personnel et d’une vision partielle lors du passage à l’antenne de deux premiers épisodes le jeudi 16 novembre 2017.

La série s’engage donc sur quatre axes :

1/ une saga familiale, celle des Grangier sur trois générations, enfants compris

La « Reine-mére » chez les Grangier ( Brigitte Fossey – photos RTS)

2/ une enquête d’esprit policier conduite surtout par Elisabeth qui ne croit ni à l’accident, ni à la tentative de suicide de son frère encore à l’hôpital dans le coma

3/ le fonctionnement d’une banque privée avec les flux d’argent qui vont et viennent, en particulier ceux d’une inquiétante cliente russe qui porte sur un bon nombre de millions

4/ les conséquences de la fin du secret bancaire sous la pression américaine, puisque nous sommes en 2012.

Le titre, « Quartier des banques », ne donne guère d’idée de ces quatre axes.

Sur chaque axe, on pourrait ou il faudrait s’interroger sur l’écriture, le jeu des acteurs et leur présence, sur la mise en scène qui se termine au montage pour finaliser l’organisation du récit. Mais peut-être est-ce s’imposer un trop complet chemin d’approche.

Laura Sépul (Elisabeth Grangier) et Féodor Atkine (Maître Bartholdy) : personnages forts interprétés par d’excellents acteurs…

Tout réside donc dans le poids de chacun des axes. Force est tout de même de constater, probablement dès l’écriture, que la saga familiale et l’enquête « policière » occupent plus de place, d’une manière assez lisible en général , que les flux d’argent et la disparition du secret bancaire. En même temps, les scènes « familiales » sont mieux conduites que les celles d’actions.

Détour par Berne

Une partie relative au secret bancaire est traitée au niveau fédéral, en particulier par des déplacements à Berne. La séquence de la rencontre avec une conseillère fédérale est assez peu crédible. On avait vu un « vrai » conseiller fédéral dans l’introduction, y compris alors qu’il faisait une déclaration. Fausse piste : difficile de penser même un peu à Mme Widmer-Schlumpff. Séquence peu crédible !

C’est évidemment se prononcer sur un choix fait déjà dans la phase d’écriture en regrettant que le secret bancaire et les flux financiers soient tout de même assez peu abordés alors que la saga familiale et l’enquête « policière » sont assez longuement traités et fort bien conduits. On en sait plus ainsi sur la famille et l’enquête que sur le fonctionnement d’une banque et la fin d’un secret qui aura fait le bonheur financier de « la » banque suisse.

Cette remarque qui reflète un regret personnel porte probablement sur des options faites au moment déjà de l’écriture.

Quartier de banques ? Mérite d’être vu!

 La série récurrente, un des secteurs où la télévision peut apporter beaucoup de créativité, n’est pas seulement américaine, anglaise, française, italienne ou allemande ( même si l’on connaît mal les deux dernières sous nos latitudes francophones). Elle nous vient aussi de chaînes de Belgique, d’Islande, de Finlande, de Norvège, de Suède, du Danemark, d’Israël, etc. La RTS est capable de proposer au moins une série ambitieuse par année, depuis 2010. Pour mémoire, citons (année du premier passage à l’antenne) : « Dix » (2010), « T’es pas la seule » (2011), « Crom » (2012), « L’heure du secret I » (2012), « Port d’attache » (2013), « L’heure du secret II » (2014), « A livre ouvert » ( 2014), « Station horizon » ( 2015), « Anomalia » ( 2016) : neuf séries en sept ans. Voici « Quartier des banques », six épisodes par duos, à voir les 16, 23 et 30 novembre 8 (RTS1- vers 21h00).

« DIX », série RTS 2010, Bruno Todescini

Tour de Romandie

Toute série originale est bien entendu destinée au public de son bassin de diffusion. La RTS s’efforce de satisfaire les différentes régions regroupées dans la RTSR. Elle a donc « promené » les personnages de ses séries à Genève(Dix), dans le vignoble de la côte vaudoise (T’es pas la seule), à Yverdon (Crom), dans le Jura neuchâtelois (L’heure du secret I et II), le Bas Léman (Port d’attache), Lausanne (A livre ouvert), le Valais (Station horizon) ou la Gruyère (Anomalia). Habile tour de Romandie, que ce savant mélange de cantons (auquel manque le Jura) ou de régions. Signe peut-être de « prudence » ou d’une certaine « timidité ».

Station horizon
Une moto, une station-service, un mas et deux drapeaux, le paysage de montagnes dites sublimes, le personnage principal, Joris Fragnière, à peine sorti de prison dans STATION HORIZON ( Photo Joy Louvin – RTS)

Tentative de meurtre ?

Avec « Quartier des banques », nouvelle incursion à Genève. Mais il se pourrait cette fois, et ce serait très bien ainsi, qu’il s’agisse d’une ambition plus large, pour pouvoir s’inscrire dans une sorte de compétition internationale qui permet aux uns de découvrir les autres. Le « quartier » est situé à Genève. Mais il va s’agir d’une banque « locale, alors qu’en 2012, le secret bancaire est en train de céder sous les coups américains. La famille Grangier est à la tête d’un établissement privé, alors que Paul, « banquier-de-l’année », est dans le coma, suite à une prise d’insuline exagérée. Accident, tentative de suicide ? Elisabeth, éloignée de sa famille, revient pour enquêter : elle pense son frère a été victime d’une tentative de meurtre. Mais pouquoi ?

La fratrie Grangier et Me Bartholdy (PHOTO RTS)

Co-production avec la Belgique

Premier signe de cette volonté d’ouverture : les producteurs romands, dont la RTS, ont pour partenaires la RTBF. Il s’agit donc d’une co-production dont le coût dépasse les quatre millions de francs – aux environs de quinze mille francs la minute, plutôt dans le haut pour une chaîne de télévision de l’importance de la RTS. La co-production a aussi le mérite de garantir un passage ans un deuxième pays. Elle pourrait ouvrir la voie à une prochaine co-production avec la Belgique majoritaire.

« Quartier des banques » s’inscrit assez bien dans la série des séries honorables produites ces dernières années par la RTS, même sans atteindre les sommets.

Tournage « Quartier des banques », avec Virginia Grangier ( Lauriane Gilliéron, Photo RTS)

Finance, banque et enquête

L’écriture permet de mélanger les questions financières internationales à travers une banque privée genevoise tout en donnant à une famille et à ses problèmes beaucoup de place, l’intrigue reposant aussi sur une sorte de « polar » avec enquêtrice non-professionnelle. Parmi les personnages importants, on citera Paul, qu’on ne voit guère puisqu’il est dans le coma dans les premiers épisodes, sa sœur Elisabeth avec sa curiosité, bien interprétée par l’actrice belge Laura Sepul. Forte présence aussi de Féodor Atkine, dans le rôle de Me Bartholdy, le conseiller juridique de la famille Grangier.

Quartier des Banques:

Paul et Virginia  Grangier (Photo RTS)

Voici quelques-unes des raisons d’être curieux. Bien entendu, nous y reviendrons après le passage à l’antenne de deux premiers épisodes, en premier rideau le jeudi 16 novembre 2017 vers 21h00, pour parler qualités … et défauts.

 

Tarik Ramadan!

 Beaucoup de lectures sur ce sujet, des pages entières dans « Le Monde » par exemple, des témoignages multiples, vannes ouvertes par Harwey Weinstein, autour de Tarik Ramadan; et même dans la très sérieuse presse calviniste, la « Tribune de Genève ». Curieuse réaction de ma part, ce lundi au matin du  6 novembre  2017: sur google taper : Tarik Ramadan, rts – la radio . Apparition rapide de quelques références :écouté celles de radio romande de service public. Etape suivante, idem avec télévision : apparition immédiate d’un « Infrarouge ». Bien: et moi qui allais m’indigner du silence tv, de la lenteur de la tsr à s’intéresser à ce sujet en dehors de ses journaux quotidiens divers avec de courts sujets.

Portrait trouvé sur le site de la RTS

Présomption de culpabilité

On peut écouter la radio même distraitement, tout en vaquant à d’autres occupations. Lors d’un débat en télévision, le visage et son expression qui porte les mots me semblent être un élément important du témoignage. Il faut écouter et regarder. On y aura beaucoup mentionné la « présomption » d’innocence : comme si la vérité ne pouvait surgir que du jugement d’un tribunal constitué. Pourquoi pas plutôt s’interroger sur la présomption de culpabilité : dans le cas Ramadan, je m’inscris parmi ceux qui pensent en effet qu’il n’y a pas de fumée sans feu, formule qui du reste permettrait de déraper.

Une « Une » de « Charlie Hebdo », version « censurée » (Novembre 2017)

Incompris ou dangereux

Romaine Jean reprend donc du service. Oui, mais avec deux invités près d’elle, Tariq Ramadan et Lionel Favrot. Il m’aura tout de même fallu quelques secondes pour comprendre qu’il y avait quelque chose de différent à « Infrarouge », pas de trois contre trois en pugilats verbaux et verbeux. Curieux de constater que pour parler de l’islam, le titre choisi était «  Tarik Ramadan, incompris ou dangereux », étrange personnalisation d’un problème de société. Cela se passait le 27 octobre 2004 !

Démasquer Ramadan

« Tarik Ramadan commenté par « Mix&Remix » quand la RTS osait insérer dans l’émission un « regard » de caricaturiste

Pris donc un peu plus d’une heure pour revoir cette émission vieille treize ans, avec un angle bien précis. Pouvait-on alors « deviner » certains aspects d’une personnalité qui se trouve aujourd’hui dans une position disons un peu désagréable. Lionel Favrot y avait été convié car Caroline Fourest s’était alors désistée. Peut-être savait-elle déjà une ou deux choses de la face cachée de M.Ramadan, elle dont elle vient d’écrire : « Démasquer Ramadan m ‘a coûté treize ans de calomnies et quelques menaces ».

 Ainsi noté au passage quelques remarques qui prennent un autre sens aujourd’hui ou éclairent une personnalité d’une étrange lueur:

+ l’ancien doyen d’une école du cycle obligatoire de Genève se refusait à regarder des films où il y a de la pornographie ;

+ la violence conjugale n’est pas islamique puisqu’elle est interdite ;

+ l’avis d’un grand muphti de Marseille n’a pas de valeur puisqu’il était alors mis en examen suite à des interventions de sa femme ;

+ chacun doit décider de ses normes de pudeur.

Etc… Et alors ? Pas de commentaire.

This is us

 Une accumulation de bonnes surprises, à travers cette série américaine qui s’installe tranquillement dans le haut de gamme. Pour un premier survol, des images pour présenter les personnages principaux,  des remarques qui devront être précisées au fur et à mesure que les personnages évolueront vers ce qu’ils tentent d’être.

Chaque personnage, ou presque, parfois solitaire, est à la recherche de ce qui lui manque. Kate souffre d’obésité, mais ne parvient pas à maigrir. Son copain, Toby, plutôt fort, la pousse à exposer en public la qualité de son chant. Kevin supporte mal son rôle sans nuances dans un sit-com populaire qui ne lui permet pas d’exprimer son talent. Rebeccca et Jack, parents des jumeaux, eurent peine à accepter l’enfant noir trouvé devant un hôpital qui servit alors de substitut au troisième bébé mort-né. Randall, pas très heureux dans l’exercice de son métier d’avocat, est à la recherche de son père adoptif. Ce sera William, qui finit par imposer au couple sa présence, mais révélera peu à peu une nature de grande richesse.

Les huit personnages principaux, de gauche à droite, Randall et Beth, Toby et Kate, Rebecca et Jack, Kewin et William

Les images insérées dans ce texte permettent de « faire connaissance » avec certains d’entre-eux. La première n’est pas tirée d’une scène de la série. C’est une photo de « famille », puisque six des huit personnages sont des Pearson, alors que quatre sont nés un 31 août, en 1944 ou 1980. 36 ans les séparent. Nous sommes en 2016, 36 ans plus tard!

D’autres remarques et images seront mises en lignes prochainement……

Votations tous azimuts

(Temps de lecture : environ deux minutes)

On votait beaucoup, ce dernier week-end : élections allemandes, votations fédérales suisses, cantonales et parfois locales. Comment les a-t-on vues et entendues sur la seule RTS dimanche dès 19h30 et lues lundi 25 septembre 2017 dans deux quotidiens, l’un régional, « L’Express » et l’autre romand , « Le temps » ?

« L’express » 

Cinq pages sur trois sujets cantonaux. Le peuple neuchâtelois refuse l’Hôtel judiciaire à la Chaux-de-Fonds : une « vengeance » après l’échec récent de l’hôpital principal qui eut été installé dans le Bas ? Deux pages sur les trois sujets fédéraux et un peu moins d’une page pour l’Allemagne, comme pour la victoire de Xamax contre Winterthour. Normal pour un quotidien régional.

« Le Temps » 

La « Une »pour résumer l’actualité, du local à l’Allemagne, avec un grand titre : « Retraites : et maintenant ? ».Votations fédérales, deux pages. Une page pour Neuchâtel, avec petite place pour « L’agriculture indigène » et « Nyon » qui refuse un emplacement pour construire un centre pour requérants d’asile. Une page pour le nouveau Théâtre de Carouge et le maintien de deux langues dont le français en primaire à Lucerne. Une page pour l’Allemagne. Normal pour un quotidien généraliste suisse romand.

RTS1/RTS2

Couverture des votations fédérales et certainement les autres en bonne partie comme d’habitude, c’est-à-dire en bonne quantité, probablement de bonne qualité. Un survol au « 19h30 »prolongé. Dans les avant-programmes de couleur verte parus il y a trois semaines, rien d’annoncé sur les élections allemandes pour la soirée du dimanche 24 septembre 2017.

Sur le site de la RTS, ce lundi matin encore, le programme de RTS 2 de dimanche est incomplet, passant de « Al dente » à 20h15 à « Che Guevara » à 22h40,( « Guide tv » annonce le passage à 21h10 !). Je n’avais rien trouvé annonçant que la RTS allait ce dimanche soir effectuer changement de programme, une collaboration réussie entre francophones. TV 5 Monde, la »RTBF » et la « RTS » ont mis sur pied, à Bruxelles, une émission commune qui aura duré près de nonante minutes, qui n’était pas improvisée en dernière minute ! Isabelle Ory était présente à Bruxelles. La RTS avait mis à disposition quelques chapitres de la vie de celle que d’aucuns nomment « mutti » !

Il aura fallu peu de temps aux différents invités pour saisir les conséquences du vote affaiblissant les socialistes allemands et le centre-droit traditionnel qui soutient Mme Merkel. La « grande » coalition qui disposait d’une confortable majorité ne sera pas prolongée, comme l’ont annoncé les socialistes. Il faudra bien en former une nouvelle, avec le parti de Mme Merkel, les libéraux qui refont surface et les écologistes qui sortent légèrement renforcés de ces élections. Les invités, allemand ou belges, français ou suisse ( le journaliste suisse Frank A.Meyer) qui s’expriment tous en français, se sont efforcés de poser les bonnes questions sur l’avenir en évaluant les solutions pour un nouveau gouvernement qui risque bien de ne pas être opérationnel avant plusieurs semaines.

On peut  donc se féliciter de cette collaboration entre francophones de TV 5 monde, de la RTBF et de la RTS. A Bruxelles, les tables du décor forment un triangle isocèle réunissant les animateurs et faisant place à deux groupes d’invités qui avancent dans la discussion sans le moindre esprit d’affrontement, qui n’interdit pas une vision personnelle appuyée d’arguments de la nouvelle situation politique en Allemagne. Un gros point d’interrogation, qu’un député invité grec aura contribué à bien poser : quelle Europe après ces élections allemandes qui ont vu l’extrême-droite « désagréable » progresser significativement? Entre-t-on, aussi en Allemagne, dans un repli nationaliste qui passe entre autres par le Brexit ou est, en France, solidement installé au Front National?

Une excellente soirée sur RTS 2, d’autant plus qu’elle fut suivie d’un portrait lucidement et amicalement tracé de la naissance du mythe « Che » Guevara.

Importance du décor pour un débat d’idées

Les images d’animatrices de débat sont plus nombreuses que celles des décors! (Temps de lecture : environ trois minutes).

Dans tout débat, il y a au moins deux personnes, celui ou celle qui interroge et l’invité(e), en face-à-face. Dès que le nombre augmente se pose un problème de pure organisation : comment disposer les intervenants, que faire du public composé d’invités qui n’interviennent pas ?

Des comparaisons sont intéressantes à faire entre « C..dans l’air » (France 5- Caroline Roux), « 28 minutes » ( Arte-Elisabeth Quin) et « Infrarouge » (RTS 1-Esther Mamarbachi), émissions quotidiennes ou hebdomadaire placées sous responsabilités éditoriales féminines. Seule la RTS accueille un public comme au spectacle, lequel applaudit au début et à la fin sans jamais intervenir. Il n’apporte rien à l’émission elle-même, mais peut-être sa présence conduit-elle certains intervenants à « amuser-la-galerie ». La RTS accomplit un geste certainement apprécié de relations publiques à l’égard de quelques dizaines de téléspectateurs, chaque semaine, espérons-le ravis de découvrir l’envers d’une émission et son décor, de croiser en coulisses les intervenants et d’entendre le lendemain les remarques du genre « On-t’a-vu-à-la-télé » !

L’animateur peut donc être seul ou accompagné de collègues (comme dans « 28 minutes » ) pour recevoir plusieurs intervenants, au moins quatre. Ceux-ci sont ou bien des « experts » qui apportent leur vision du sujet abordé ou des «combattants » regroupés en deux camps qui vont s’affronter, en particulier s’il s’agit de répondre par un oui ou un non lors d’une prochaine consultation populaire. L’organisation dans l’espace du décor va donner un sens à la tonalité du débat.

France 5

Le décor récent, Caroline Roux de dos (Photo France 5)

 «C..dans l’air », maintenant souvent animé par Caroline Roux, utilise le demi-cercle de la table ronde dont la partie manquante est occupée par le téléspectateur invité à assister au débat. Une table ronde ne conduit pas à des affrontements. C’est le lieu d’une discussion qui permet de faire le point, d’additionner des informations, de les interpréter, d’écouter les positions des uns et des autres qui ne cherchent pas à avoir raison. Le téléspectateur conserve sa liberté d’appréciation.

Caroline Roux,le 1511.2016, titre de l’émission, « Hollande/Trump : çà chauffe! »( Photo France 5)

28 minutes

« Elisabeth Quin, principale animatrice, est accompagnée pendant tout l’émission de deux journalistes de la chaîne, préparés pour intervenir sur un aspect du sujet principal. D’autres interventions s’inscrivent dans l’émission. Trois invités, issus de la société civile, leur font face. Les blancs et les rouges dominent. La table transparente, formant un polygone avec des angles « doux », s’inscrit dans un cercle sans heurter l’œil. Le décor est ainsi amical, reposant, convivial. Il convient à une émission où les avis s’additionnent.

Elisabeth Quin devant le 8 de « 28 minutes » qui en dure environ 40 (Photo Arte)

Un autre participant se fait discret, le dessinateur dans le studio, que l’on ne voit pas dans les plans d’ensemble. A plusieurs reprises, l’animatrice en appel à son ou ses dessins qui résument la discussion et surtout la commentent avec un humour indéniable et en frappant souvent juste : utile rappel d’indispensable esprit critique. Il y a fort longtemps, « Infrarouge » faisait appel à Mix&Remix. Son absence a appauvri l’émission.

Infrarouge

L’ensemble du décor d’Infrarouge (PhotoRTS)

« Infrarouge », dès son ouverture, offre un savant désordre de cercles parfois brisés, plus ou moins tordus qui s’inscrivent les uns dans les autres. De sièges rouges accueillent le public.Un rouge presque « rageur » est ainsi mis en valeur par les blancs. L’animatrice siège seule devant une surface blanche qui ressemble plus ou moins à un triangle isocèle. Mais au lieu d’un sommet, l’œil est attiré par deux segments brisés formant ainsi deux pointes presque agressives installées devant une base solide. Un groupe de deux ou trois personnes se trouve à droite de l’animatrice, un autre d’égale importance lui fait face.

Un détail tourmenté et coloré du décor d’Infrarouge,  24 juin 2o16 ( Photo RTS)

Le décor d’ « Infrarouge » est donc construit pour mettre en scène l’affrontement entre groupes si possible agressifs, qui obéissent plus ou moins à un arbitre qui donne des ordres pas toujours suivis ou des directives pas forcément écoutées.

Mais « Infrarouge » organise tout de même un certain nombre d’émissions dans ce décor pour  face-à-face conflictuel dans un esprit plus serein d’écoute réciproque beaucoup plus enrichissant pour le téléspectateur. L’émission du 6 septembre 2017, intitulée « Corée du Nord : vers une guerre nucléaire », fut d’un niveau remarquable, équivalent à celui de «  C.. dans l’air ».

Esther Mamarbachi et Alexis Favre, le duo de 2017 pour l’animation d' »Infrarouge »
( Photo RTS)

D’un sport à l’autre le même jour

( A suivre :il sera aussi question d’un remarquable document présenté par ARTE, « Plus vite, plus haut, plus dopés » – le mardi 04.07.17 et peut-être encore de « Monsieur Poutine »)

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 Forte offre sportive, le jeudi 6 juillet 2017, Et ce n’est même pas exceptionnel : il suffit d’utiliser la « zapette » ! Q’on en juge : dans la journée, Wimbledon et son herbe en train de disparaître (TSR 2 ) et le Tour de France ( RTS1) se partagent l’écran. On peut aussi en trouver sur des chaînes françaises par exemple. Et l’on se fait renvoyer sur internet pour en finir avec Federer quand apparaît « Athlétissima ».

Alors, trop de sports ? Ce n’est pas la question. Il y a assez de chaînes disponibles pour qui veut regarder autre chose. Mais il y a tout de même un problème exprimé dans un texte paru dans « Le Temps » ( 07..07.17 – page 13 ) : L’occasion pour la SSR de rappeler que son offre sportive reste, malgré tout, unique au monde. Les allusions répétées à  la SSR-SRG, championne du monde du « sport rassembleur », sont-elles indispensables ? A noter que certains de nos voisins français jouent aussi sur la vertu de « rassemblement » du sport. Plus il y a de monde, mieux cela apporte de regards sur les plages publicitaires. Il est probable qu’une minute du pub donne lieu à une facture plus élevée quand l’audience est forte que lorsqu’elle se glisse au milieu d’un film de long-métrage projeté à minuit quand les téléspectateurs se font rares. On ose avoir des doutes face à linsistance sur le « sport rassembleur » qui serait le ciment qui lie les Suisses entre eux dans leur amour de la patrie : c’est trop pour une agréable et plaisante offre de divertissement.

Le « Tour de France »

Le trio peloton, paysage, télévision ( Photo France 2)

 Il est clair aussi que l’on peut suivre une manifestation sportive sans lui consacrer son attention à cent pour cent, prêt à saisir l’image du parasol qui s’introduit au milieu du peloton. Le Tour de France ? La course elle-même perdrait beaucoup si les écarts de temps entre détachés, retardataires et peloton n’existaient pas. Les montées de col permettent de mieux observer l’effort que le passage du peloton compact. Par contre, la télévision, d’année en année, en profite pour mieux proposer un voyage touristique intéressant, avec des informations certes parfois brèves sur les paysages, les monuments, le pays aujourd’hui, l’Histoire même avec un « H ».

Chaque jour, deux heures de plus d’antenne…

Fabio Aru, premier vainqueur en montagne
( Photo Francce 2)

Importante nouveauté en 2017 : France 3 et France 2, l’une après l’autre, suivent désormais intégralement toutes les étapes , ce qui signifie au moins deux heures de présence à l’antenne en plus chaque jour. Pas forcément facile de meubler un si long voyage. Si la fin de course atteint le  30 % de part de marché, les débuts nouveaux seraient plus hésitants, dix ou à peine plus. Les premières heures sont souvent un peu mornes. Mais pratiquement chaque jour se produit une longue échappée qui prit plusieurs fois fin juste avant le sprint final! En principe, chaque cycliste porte promotion pour plusieurs marques. Les annonceurs sont peut-être les seuls qui bénéficient de cette longue exposition nouvelle presque privée pendant plus de deux heures. Une bonne affaire peut-être, surtout si les échappés représentent des équipes différentes chaque jour.

Le tennis

 Le grand attrait du tennis tient dans le jeu lui-même, très spectaculaire, qui permet de suivre la virtuosité avec laquelle les plus beaux coups sortent d’une raquette parfois « tranchante ». Chaque point joué prend un poids différent selon le joueur. Ce peut être le gain d’un set ou une relance, une fin de partie ou une prolongation. Bref, en plus d’un jeu souvent élégant, avec ses astuces, le « suspens » donne à certaines rencontres les qualités d’une histoire bien racontée.

Juste en passant : avec chaque service, tout joueur touche au moins deux balles avant de choisir celle qu’il va frapper. A-t-on souvent entendu le commentateur expliquer le sens de ce choix ?

Athlétisme

Joyeux relais féminin du 4×100 (Photo RTS/Sports)

 Les informations numériques – temps d’une course, longueur d’un jet, hauteur d’un saut – sont évidemment indispensables à toute épreuve. Comment saurait-on que le meilleur sur cent mètres est descendu au-dessous des dix secondes quand il ne s’agit que de quelques centièmes. Devinerait-on à quelle hauteur la barre est placée ? L’intérêt d’un « meeting » d’athlétisme réside dans la diversité des compétitions. On passe de l’une à l’autre, avec son attrait spectaculaire différent, assez souvent, pour éviter de s’ennuyer. Les techniciens sont de plus en plus habiles à proposer des ralentis, des reprises. Les journalistes peuvent interroger les athlètes qui viennent de terminer une épreuve, contents ou non de leurs performances.

Léa Sprunger, si près du record suisse, et si bien classée (Phoo RTS/Sports)

Voir Kariem Hussein gagner son 400 mètres haies, le relais féminin du 4×100 battre le record suisse, Léa Sprunger améliorer son record personnel et échouer à quatre petits centièmes du record national ne laisse pas indifférent, assurément. Mais je ne me sens pas pour autant plus proche d’un zougois ou d’une locarnaise…

« Ecran total » et Maïtena Biraben

 Une vague déferle dans la presse écrite romande ces jours, avec le portrait d’une « vedette » du petit écran, qui a commencé sa carrière sur la TSR pour la poursuivre en France et faire beaucoup parler d’elle actuellement à cause de son conflit avec un employeur qui a mis brusquement à son contrat.

Le « Guide TV » ( 17 au 23 juin) ne classe pas cette nouvelle émission dans ses « Immanquables », priorité donnée ce mardi 20 juin à un publicité. Idem dans « Téltop » : normal, puisque c’est presque la même chose !

« Tv 8 » ( 17 au 23 juin 2017) y va d’une double (page 8 et 9) pour un « Retour aux sources  de Maïtena Biraben à la radio puis la télévision de ses débuts, complété par un entretien avec Philippa de Roten, cheffe du département société-culture de la RTS.

« La tribune de Genève » y va d’une pleine page d’entretien avec la « guerrière du paf » dans son édition des 17 et 18 juin 2017. Le Matin-Dimanche double la dose : deux pages entières la 18 juin, avec rappel de six émissions « devenus cultes ».

Maïtema Biraben (Photo RTS)

Ces textes mettent en valeur la présentatrice qui va conduire des entretiens avec un invité par semaine pendant plus de deux mois dans un studio au concept « révolutionnaire » apte à mettre en valeur des documents anciens sous diverses formes.

On peut retrouver des anciennes émissions de la présentatrice ( « Oh les filles » ou « Cà colle et c’est piquant » ) dans les archives de la RTS sur son site. Je relirais volontiers ce que j’écrivais de ces émissions, si j’avais de l’ordre dans mes propres archives, ce qui n’est pas le cas.

Beaucoup parler du retour de la présentatrice est un effet un angle d’approche intéressant. Mais il y a plus : la RTS, comme d’ailleurs pratiquement toutes les autres chaînes, vivent sur les acquis, ravitaillent de jour en jour, de semaine en semaine, de mois en mois des émissions qui composent une grille répétitive. Les nouveautés sont rares : elles méritent donc d’être saluées à cause même de leur rareté. Une émission nouvelle, c’est l’espoir d’une bonne surprise !

Il faut faire part aussi d’une décision étonnante. La RTS propose donc enfin une émission nouvelle. Elle est fière de l’annoncer à son public, aussi sur ses propres canaux. Oui, mais : aux environs de 22h30, la moitié de ceux qui regardaient le petit écran entre 19h00 et 21h00 a disparu, à en croire un tableau d’audience moyenne qui date certes de 2011 mais qui n’est plus disponible pour les années suivantes. Et à 23h30, il ne reste que le quart à peine des fortes présences du premier rideau. Certes, les visions de rattrappage se font de plus en plus nombreuses.

Mais tout de même : quand on tient une nouvelle émission dont il semble juste de signaler l’originalité, on devrait la présenter à une heure de grande audience. Mais « Camping paradis » assure un bon audimate à 20h55 ! Et pour en rajouter, TSR 2, à la même heure, propose une autre forme d’émission originale, la version sous-titrée d’une série créée par la télévision de suisse alémanique, la troisième saison du « Croque-mort » ! Mais cette série n’est pas rassembleuse »….

Ce n’est hélas pas la première fois que les programmateurs sont timorés alors que des réalisateurs, des producteurs, des concepteurs de programmes prennent le risque de la nouveauté dont ils devraient oser être fiers.

J’aimerais beaucoup pouvoir aimer cette nouvelle émission, pour sa réussite espérée, pas seulement pour sa rareté….. On y reviendra!

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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