Séries : l’embarras du choix !

De plus en plus nombreuses, les séries envahissent les programmes « officiels » des petits écrans, à peu près toutes chaînes confondues.

Au soir du jeudi 30 novembre 2017, que peut bien faire l’amateur de séries qui préfère la série récurrente à l’unitaire, qui a déjà vu des épisodes de certaines d’entre elles et qui, pour les nouvelles, s’en réfère à des « intuitions » qui proviennent parfois de lectures. J’ai une forte tendance à accorder de l’attention aux présentations critiques proposées par « Télérama », « Le Monde » et parfois « Le temps », qui me permettent de prévoir avec plus ou moins de bonheur qu’elle sera ensuite ma réaction.

L’amateur de séries, ce jeudi 30 novembre, ne sait trop que faire. Pour ma part, j’ai décidé de suivre intégralement la fin d’« Un village français », deux derniers épisodes et surtout un documentaire sur la genèse de cette série qui connaît un succès international considérable.

Une simple liste suffit pour montrer l’embarras dans lequel se trouve l’amateur de séries. Pour ce survol, choix est fait de suivre l’ordre dans lequel TV8 propose les chaînes, le seul magazine romand qui offre quelque intérêt à lire certains textes associés aux programmes et aux contenus de différentes séries.

Font exception ce jeudi soir, France 2 avec sa grande émission politique autour de Jean-Luc Mélenchon, plus intéressant à écouter quand il doute que lorsqu’il assène ses certitudes et M6 qui flatte son public en lui confirmant entre 21h00 et 01h40 que la France à un incroyable talent, cocorico !

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Au choix, sur sept chaînes !!!

Rappelons tout d’abord le sens d’un « chiffre » qui permet de résumer la place accordée, dans une échelle de valeurs, à une série, unitaire ou récurrente, bien sûr reflet d’une appréciation personnelle qui n’est pas forcément partagée :

0 : nul  / 1 à 3 : bas de gamme / 4 à 6 : milieu de gamme / 7 à 9 : haut de gamme / 10 : chef-d’œuvre

Entre 6 et 7 : « Quartier des banques »– RTS 1 ( de 21h00 à 23h00 ) – Vus et revus les épisodes 1 à 4 / Episodes 5 et 6 en « replay » : ce sera pour vendredi. Priorité donnée à un grande, très grande série, « Un village français » (France 3, voir plus bas).

??? : « Rush » – RTS 2 ( fin d’une série de dix épisodes, entre 22h50 et 00h20

4 ou 5 – « Le tueur du lac » – policier – France 1 – ( de 21h00 – 22h55) – Vus partiellement quelques épisodes, confirmant une certaine allergie au tout-venant d’une généraliste commerciale dont la vocation est de vendre des plages publicitaires au meilleur prix devant le plus grand nombre possible de spectateurs !

4 – « Esprits criminels » – polars unitaires très américains- France 1 ( 22h55 à 01h25) – voir remarque ci-dessus, un 4 tout de même pour la qualité professionnelle de la réalisation, mais c’est un minimum.

9 – « Un village français » : saisons 1 à 7 ( France 3 ). Certains épisodes de la saison 7 parfois un peu difficiles à suivre avec les sauts temporels, une seconde d’attention impliquant une remise à l’ordre temporel. Très impatiente attente pour le « Mémoires dans les coulisse » qui joue en quelque sorte le rôle d’une « critique » de la démarche accomplie, contribution solide à l’Histoire de la France sous l’Occupation allemande, dénuée de moindre cliché, indispensable élément de haute valeur « universitaire »

entre 6 et 7, plutôt 7 ! – « Sherlock » – Conan Doyle bien adapté, avec son personnage incontournable, ici un acteur inattendu et sidérant, Benedict Cumberbach. Peut-on encore parler d’unitaire, quand un personnage occupe si bien la place principale, comme le « bon » Docteur House par exemple.

??? « King rising : au nom du roi », un téléfilm de deux heures précédant un autre téléfilm de deux heures, différenciés par 1 et 2 ( RTL 9 – entre 20h40 et 00h35)

7 au moins, espéré !!! : pas vu. « Le quatrième homme » est proposé en rafale, selon une mauvaise habitude d’ARTE, entre 20h50 et 23h55 ! Mais si une série scandinave, ici suédoise, n’entre pas dans le haut de gamme, c’est qu’il y a eu dérapage :

8 au moins : Excellente idée d’ARTE que de reprendre, même tardivement ( dès 23h50) les épisodes du « Top of the lake » saison 1,de la grande cinéaste australienne Jane Campion, donc on attend avec impatience la deuxième saison, urbaine, cette fois, dès le jeudi 7 décembre, sur ARTE.

Une preuve de plus que la différence de qualité entre le cinéma et la télévision des séries n’existe plus. Une série haut de gamme apporte le même plaisir que les plus grands films, ce que certains cinéphiles purs et durs peinent à admettre.

Quartier des banques (III)

Très curieux et même impatient de découvrir les deux derniers épisodes de cette série, même si la programmation en duos me semble aller à contre-sens de l’esprit de la série faite pour être découverte épisode par épisode ( RTS 1 – jeudi 30 novembre 2017 dès 21h15 – Mais, en face, sur France 3, il y a la fin d’une admirable série, « Un village française » – du « play-tv » personnel dans l’air !!!)

Importante co-production romando-belge

Le RTS ne propose guère plus d’une série récurrente par année. Elle y consacre un budget important, trois millions environ, donc cinq cent mille francs par épisode, dix mille francs au moins la minute. Le prix à la minute consenti par des chaînes comme la RTS ou plus importante qu’elle est souvent plus élevé. A noter aussi que « Quartier des banques » a bénéficié d’une co-production avec la Belgique qui a permis de disposer d’un  budget de près des cinq millions. Il vaut la peine de s’arrêter sur cette série, poussé aussi par l’intérêt personnel porté à ce secteur de la création audiovisuelle.

Tournage au Grand Hotel Kempinski
Lauriane Gilliéron et Brigitte Fossey

Le service de presse de la RTS a donc réussi à provoquer un certain nombre d’articles de promotion, d’information complétés parfois par une appréciation qualitative appelée « critique ». La mise à disposition sur internet de certains épisodes avant diffusion permet cette réflexion, même si elle se fait rare. Les mesures de l’audimat servent aussi et trop souvent de jugement de valeur. Il faudrait que toute émission s’inscrive dans la moyenne, ce qui impliquerait que celle-ci augmente d’année en année…

Le choix des acteurs

 L’idée de la série est née à la RTS, l’écriture a été conduite sous direction romande. Le tournage a eu lieu à Genève et dans ses environs, avec une incursion au moins à Chypre (sauf erreur). La majorité du financement provient de Suisse. Le réalisateur est suisse. La RTS est à féliciter de s’être associée non plus à une grande chaîne française dominante, mais à une chaine belge un peu semblable à elle, la RTBF.

Dans l’ensemble, les acteurs font bien leur travail, appuyés par des dialogues simples et efficaces. Les personnages principaux, la famille Grangier et son conseiller juridique, Me Bartholdy, sont bien servis par leurs interprètes.

Bartholdy (Féodor Atkine) lors du gala de charité

Laura Sepul, dans le rôle d’Elisabeth, qui mène l’enquête et donc s’inscrit comme le vrai moteur de la série, est belge. La reine-mère, Blanche Grangier, est jouée par Brigitte Fossey, actrice française. Arnaud Binard, dans le rôle de l’étrange Alexandre Grangier, amant de la femme de son frère, est français. Féodor Atkine, le dominant et astucieux Me Bartholdy, est un français de lointaine origine russe et polonaise.

Certes, Paul Grangier, personnage dans le coma depuis son discours inaugural du premier épisode, permet de montrer un acteur suisse profondément endormi, Vincent Kucholl, à la verve qui fait le succès de « 26 minutes » ! Son épouse Virginia, jouée par Lauriane Gilliéron, est pour le moment plus connue comme ex-Miss Suisse » assurément séduisante que comme actrice.

Dans une série majoritairement suisse, la distribution, d’un fort bon niveau professionnel, n’est, pour les personnages principaux, guère romande mais même pas tellement belge, puisque tournée vers la France. Il y a là tout de même quelque chose d’un peu gênant !

En regardant une série, le téléspectateur ne voit pas le financement, ni l’écriture, encore moins le travail en coulisses des techniciens de l’image, du son, du montage, l’organisation de la production, etc. Peu lui importe que la production soit majoritairement suisse. Il voit surtout les lieux du tournage et les acteurs

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Mettre une note !

Etablir un échelle de valeur permet de « résumer » d’un « chiffre » une réaction personnelle face à tout « objet » audiovisuel quelle que soit sa nature.
0 : nul   / 1 à 3 : bas de gamme / 4 à 6 : milieu de gamme / 7 à 9 : haut de gamme / 10  : chef-d’œuvre
Vu d’abord sur ordinateur, les épisodes 1 et 2 : 7 pour le premier, 6 pour le second. Revus en survol les nos 1 et 2 ensuite le 3, sur ordinateur sur petit écran : 7 et 6 confirmés, 5 pour le troisième : tendance à la baisse ? Vu l’épisode 4, sur « play tv » : ce sera 6.
Moyenne : 6, donc clairement à ce stade dans le haut du milieu de gamme, là où se trouve aussi « Station horizon ». « Parmi les séries RTS de ces dernières années, « Dix » est la (ma) meilleure, avec un 7 : dans le bas du haut de gamme !

« Quartier des banques » : sur quatre axes

 Avant même de voir le premier épisode, un point très positif a déjà été mis en valeur : on quitte l’ambition cantonale du Tour de Romandie pour s’ouvrir à la co-production avec la RTBF. ( cf « Quartier des banques ? Mérite d’être vu ! » en ligne depuis le 12.11.17).

« Quartier des banques » est majoritairement suisse. La réciproque conduira certainement à une série majoritairement belge avec participation suisse romande minoritaire. La RTBF a tout de même un peu d’avance sur la RTS, aussi bien en quantité qu’en qualité : il suffit de rappeler l’existence de récentes séries belges comme « Beau Séjour », « La trève » ( saison 2 en cours de tournage), « L’ennemi public » ( saison 2 aussi en projet) pour s’en convaincre. Elles sont appréciées dans plusieurs pays, mais ce n’est pas sur la RTS, sauf erreur, que nous les avons rencontrées.

Pour mémoire, « L’ennemi public » : Chloé Muller (Stéphanie Blanchoud), enquêtrice efficace au passé mystérieux (Photo RTBF)

Les considérations qui suivent reposent sur une vision des trois premiers épisodes sur ordinateur personnel et d’une vision partielle lors du passage à l’antenne de deux premiers épisodes le jeudi 16 novembre 2017.

La série s’engage donc sur quatre axes :

1/ une saga familiale, celle des Grangier sur trois générations, enfants compris

La « Reine-mére » chez les Grangier ( Brigitte Fossey – photos RTS)

2/ une enquête d’esprit policier conduite surtout par Elisabeth qui ne croit ni à l’accident, ni à la tentative de suicide de son frère encore à l’hôpital dans le coma

3/ le fonctionnement d’une banque privée avec les flux d’argent qui vont et viennent, en particulier ceux d’une inquiétante cliente russe qui porte sur un bon nombre de millions

4/ les conséquences de la fin du secret bancaire sous la pression américaine, puisque nous sommes en 2012.

Le titre, « Quartier des banques », ne donne guère d’idée de ces quatre axes.

Sur chaque axe, on pourrait ou il faudrait s’interroger sur l’écriture, le jeu des acteurs et leur présence, sur la mise en scène qui se termine au montage pour finaliser l’organisation du récit. Mais peut-être est-ce s’imposer un trop complet chemin d’approche.

Laura Sépul (Elisabeth Grangier) et Féodor Atkine (Maître Bartholdy) : personnages forts interprétés par d’excellents acteurs…

Tout réside donc dans le poids de chacun des axes. Force est tout de même de constater, probablement dès l’écriture, que la saga familiale et l’enquête « policière » occupent plus de place, d’une manière assez lisible en général , que les flux d’argent et la disparition du secret bancaire. En même temps, les scènes « familiales » sont mieux conduites que les celles d’actions.

Détour par Berne

Une partie relative au secret bancaire est traitée au niveau fédéral, en particulier par des déplacements à Berne. La séquence de la rencontre avec une conseillère fédérale est assez peu crédible. On avait vu un « vrai » conseiller fédéral dans l’introduction, y compris alors qu’il faisait une déclaration. Fausse piste : difficile de penser même un peu à Mme Widmer-Schlumpff. Séquence peu crédible !

C’est évidemment se prononcer sur un choix fait déjà dans la phase d’écriture en regrettant que le secret bancaire et les flux financiers soient tout de même assez peu abordés alors que la saga familiale et l’enquête « policière » sont assez longuement traités et fort bien conduits. On en sait plus ainsi sur la famille et l’enquête que sur le fonctionnement d’une banque et la fin d’un secret qui aura fait le bonheur financier de « la » banque suisse.

Cette remarque qui reflète un regret personnel porte probablement sur des options faites au moment déjà de l’écriture.

Quartier de banques ? Mérite d’être vu!

 La série récurrente, un des secteurs où la télévision peut apporter beaucoup de créativité, n’est pas seulement américaine, anglaise, française, italienne ou allemande ( même si l’on connaît mal les deux dernières sous nos latitudes francophones). Elle nous vient aussi de chaînes de Belgique, d’Islande, de Finlande, de Norvège, de Suède, du Danemark, d’Israël, etc. La RTS est capable de proposer au moins une série ambitieuse par année, depuis 2010. Pour mémoire, citons (année du premier passage à l’antenne) : « Dix » (2010), « T’es pas la seule » (2011), « Crom » (2012), « L’heure du secret I » (2012), « Port d’attache » (2013), « L’heure du secret II » (2014), « A livre ouvert » ( 2014), « Station horizon » ( 2015), « Anomalia » ( 2016) : neuf séries en sept ans. Voici « Quartier des banques », six épisodes par duos, à voir les 16, 23 et 30 novembre 8 (RTS1- vers 21h00).

« DIX », série RTS 2010, Bruno Todescini

Tour de Romandie

Toute série originale est bien entendu destinée au public de son bassin de diffusion. La RTS s’efforce de satisfaire les différentes régions regroupées dans la RTSR. Elle a donc « promené » les personnages de ses séries à Genève(Dix), dans le vignoble de la côte vaudoise (T’es pas la seule), à Yverdon (Crom), dans le Jura neuchâtelois (L’heure du secret I et II), le Bas Léman (Port d’attache), Lausanne (A livre ouvert), le Valais (Station horizon) ou la Gruyère (Anomalia). Habile tour de Romandie, que ce savant mélange de cantons (auquel manque le Jura) ou de régions. Signe peut-être de « prudence » ou d’une certaine « timidité ».

Station horizon
Une moto, une station-service, un mas et deux drapeaux, le paysage de montagnes dites sublimes, le personnage principal, Joris Fragnière, à peine sorti de prison dans STATION HORIZON ( Photo Joy Louvin – RTS)

Tentative de meurtre ?

Avec « Quartier des banques », nouvelle incursion à Genève. Mais il se pourrait cette fois, et ce serait très bien ainsi, qu’il s’agisse d’une ambition plus large, pour pouvoir s’inscrire dans une sorte de compétition internationale qui permet aux uns de découvrir les autres. Le « quartier » est situé à Genève. Mais il va s’agir d’une banque « locale, alors qu’en 2012, le secret bancaire est en train de céder sous les coups américains. La famille Grangier est à la tête d’un établissement privé, alors que Paul, « banquier-de-l’année », est dans le coma, suite à une prise d’insuline exagérée. Accident, tentative de suicide ? Elisabeth, éloignée de sa famille, revient pour enquêter : elle pense son frère a été victime d’une tentative de meurtre. Mais pouquoi ?

La fratrie Grangier et Me Bartholdy (PHOTO RTS)

Co-production avec la Belgique

Premier signe de cette volonté d’ouverture : les producteurs romands, dont la RTS, ont pour partenaires la RTBF. Il s’agit donc d’une co-production dont le coût dépasse les quatre millions de francs – aux environs de quinze mille francs la minute, plutôt dans le haut pour une chaîne de télévision de l’importance de la RTS. La co-production a aussi le mérite de garantir un passage ans un deuxième pays. Elle pourrait ouvrir la voie à une prochaine co-production avec la Belgique majoritaire.

« Quartier des banques » s’inscrit assez bien dans la série des séries honorables produites ces dernières années par la RTS, même sans atteindre les sommets.

Tournage « Quartier des banques », avec Virginia Grangier ( Lauriane Gilliéron, Photo RTS)

Finance, banque et enquête

L’écriture permet de mélanger les questions financières internationales à travers une banque privée genevoise tout en donnant à une famille et à ses problèmes beaucoup de place, l’intrigue reposant aussi sur une sorte de « polar » avec enquêtrice non-professionnelle. Parmi les personnages importants, on citera Paul, qu’on ne voit guère puisqu’il est dans le coma dans les premiers épisodes, sa sœur Elisabeth avec sa curiosité, bien interprétée par l’actrice belge Laura Sepul. Forte présence aussi de Féodor Atkine, dans le rôle de Me Bartholdy, le conseiller juridique de la famille Grangier.

Quartier des Banques:

Paul et Virginia  Grangier (Photo RTS)

Voici quelques-unes des raisons d’être curieux. Bien entendu, nous y reviendrons après le passage à l’antenne de deux premiers épisodes, en premier rideau le jeudi 16 novembre 2017 vers 21h00, pour parler qualités … et défauts.

 

Tarik Ramadan!

 Beaucoup de lectures sur ce sujet, des pages entières dans « Le Monde » par exemple, des témoignages multiples, vannes ouvertes par Harwey Weinstein, autour de Tarik Ramadan; et même dans la très sérieuse presse calviniste, la « Tribune de Genève ». Curieuse réaction de ma part, ce lundi au matin du  6 novembre  2017: sur google taper : Tarik Ramadan, rts – la radio . Apparition rapide de quelques références :écouté celles de radio romande de service public. Etape suivante, idem avec télévision : apparition immédiate d’un « Infrarouge ». Bien: et moi qui allais m’indigner du silence tv, de la lenteur de la tsr à s’intéresser à ce sujet en dehors de ses journaux quotidiens divers avec de courts sujets.

Portrait trouvé sur le site de la RTS

Présomption de culpabilité

On peut écouter la radio même distraitement, tout en vaquant à d’autres occupations. Lors d’un débat en télévision, le visage et son expression qui porte les mots me semblent être un élément important du témoignage. Il faut écouter et regarder. On y aura beaucoup mentionné la « présomption » d’innocence : comme si la vérité ne pouvait surgir que du jugement d’un tribunal constitué. Pourquoi pas plutôt s’interroger sur la présomption de culpabilité : dans le cas Ramadan, je m’inscris parmi ceux qui pensent en effet qu’il n’y a pas de fumée sans feu, formule qui du reste permettrait de déraper.

Une « Une » de « Charlie Hebdo », version « censurée » (Novembre 2017)

Incompris ou dangereux

Romaine Jean reprend donc du service. Oui, mais avec deux invités près d’elle, Tariq Ramadan et Lionel Favrot. Il m’aura tout de même fallu quelques secondes pour comprendre qu’il y avait quelque chose de différent à « Infrarouge », pas de trois contre trois en pugilats verbaux et verbeux. Curieux de constater que pour parler de l’islam, le titre choisi était «  Tarik Ramadan, incompris ou dangereux », étrange personnalisation d’un problème de société. Cela se passait le 27 octobre 2004 !

Démasquer Ramadan

« Tarik Ramadan commenté par « Mix&Remix » quand la RTS osait insérer dans l’émission un « regard » de caricaturiste

Pris donc un peu plus d’une heure pour revoir cette émission vieille treize ans, avec un angle bien précis. Pouvait-on alors « deviner » certains aspects d’une personnalité qui se trouve aujourd’hui dans une position disons un peu désagréable. Lionel Favrot y avait été convié car Caroline Fourest s’était alors désistée. Peut-être savait-elle déjà une ou deux choses de la face cachée de M.Ramadan, elle dont elle vient d’écrire : « Démasquer Ramadan m ‘a coûté treize ans de calomnies et quelques menaces ».

 Ainsi noté au passage quelques remarques qui prennent un autre sens aujourd’hui ou éclairent une personnalité d’une étrange lueur:

+ l’ancien doyen d’une école du cycle obligatoire de Genève se refusait à regarder des films où il y a de la pornographie ;

+ la violence conjugale n’est pas islamique puisqu’elle est interdite ;

+ l’avis d’un grand muphti de Marseille n’a pas de valeur puisqu’il était alors mis en examen suite à des interventions de sa femme ;

+ chacun doit décider de ses normes de pudeur.

Etc… Et alors ? Pas de commentaire.

Broadchurch, saison 3 : la grande forme

 Les deux premières saisons de cette excellente série britannique connurent un immense succès. La saison 1 fut proposée par la RTS fin 2013, début 2014 et la saison 2 projetée du 3 au 17 avril 2015. Surprise : pas de saison 3 sur la RTS, qui n’a ainsi pas su «prendre de vitesse » France 2, sa concurrente française comme si souvent elle parvient à le faire. Il serait intéressant de savoir pourquoi la RTS ne présente pas en avant-première cette troisième saison, annoncée par son producteur britannique comme la dernière. Elle se déroule trois ans après la deuxième.

D’une saison à l’autre

Première saison : meurtre d’un enfant. Deuxième saison : procès du meurtrier au dénouement inattendu et apparition de certaines révélations sur le passé d’Alec (David Tennant), capitaine de police qui forme un duo avec Elie Miller (Olivia Colman), lieutenant, parfaitement intégrée à Broadchurch, petite ville imaginaire du Dorset, au sud de l’Angleterre, en bord de mer proche de falaises qui dominent des plages de sable.

Elie et Alex : aussi pour la falaise ( Photos Fr 2)

Dans les deux premières saisons, l’affaire policière puis sa composante judiciaire, bien conduites, ne forment pas la composante principale du récit. Bien sûr, meurtre il y a, d’un enfant qui plus est, puis procès avec coupable qui se déclare non coupable. Le centre de l’intérêt se porte le duo d’enquêteurs, mus par leur professionnalisme et une amorce de respect mutuel, sur plusieurs habitants de la petite ville provinciale et ses superbes falaises maritimes.

La troisième saison commence par la découverte, un mardi matin, d’une femme hagarde, qui se tait . On comprend peu à peu qu’elle a subi une violence sexuelle en pleine nature. Mais le viol a eu lieu le samedi soir, lors d’une fête organisée dans une grande maison à l’écart de la ville. Les dix premières minutes se bornent à suivre une longue conversation entre les deux inspecteurs de police. Mais dès que l’enquête commence, on retrouve la ville, ses alentours, des personnages, comme clergyman et son église presque vide, la journaliste du quotidien local qui va cesser son activité, la famille Latimer qui reçoit une indemnité financière dérisoire après la mort de Danny, etc. Le téléspectateur ne se trouve pas en terre inconnue… Apparaissent aussi de nouveaux personnages, comme l’assistante de police, Katie (Georgina Campbell).

Deux jours de silence

Première démarche des enquêteurs discrets : pourquoi la victime, Patricia Winterman, attend-elle deux jours avant de se faire connaître. Sa mémoire est-elle obscurcie par la violence de l’acte ou masque-t-elle un comportement personnel bizarre ? Elle avait consenti le matin même du samedi à une relation sexuelle avec un partenaire dont elle refuse de donner le nom. Et elle décrit avec une précision éprouvante son viol du dimanche matin.

La victime de la saison 3

Certains des collaborateurs à l’écriture du scénario ont consulté des thérapeutes spécialistes du viol et de ses conséquences sur les victimes, sujet dont on parle beaucoup à l’heure actuelle. La série existait avant la vague qui déferle actuellement. Sa rigueur informative est à porter à son actif.

Un acte prémédité

Dans un premier temps, le viol n’est pas rendu public par les enquêteurs qui peuvent ainsi amorcer leur travail avec une certaine sérénité, avec des effectifs réduits. Mais il se passe des choses bizarres. Alec, avant Elie, acquiert assez rapidement la conviction que le violeur assistait à la fête du samedi soir, que son acte était prémédité, comme certains détails de son exécution le font penser. Il y a risque de récidive, donc nécessité d’être efficace. De ce qui s’est passé, certains ne sauront que ce que la police voudra bien dire dans une conférence de presse. Les enquêteurs suivent plusieurs pistes. Le téléspectateur finit par soupçonner un peu tout le monde. Cela fait partie du « plaisir » pris à « fréquenter » certains personnages souvent attachants.

Tournage

Les interprètes, et ce n’est pas une surprise, sont dans l’ensemble excellents. La mise en scène, souvent concentrée, dans certaines séries récurrentes, sur des dialogues, connaît aussi le poids d’un silence, le sens d’un geste, la richesse d’un regard. La deuxième saison, un peu dramatiquement dispersée, ne fut pas tout à fait au niveau de l’excellente première. La troisième, après ses deux premiers épisodes, semble bien rejoindre la première.

This is us

 Une accumulation de bonnes surprises, à travers cette série américaine qui s’installe tranquillement dans le haut de gamme. Pour un premier survol, des images pour présenter les personnages principaux,  des remarques qui devront être précisées au fur et à mesure que les personnages évolueront vers ce qu’ils tentent d’être.

Chaque personnage, ou presque, parfois solitaire, est à la recherche de ce qui lui manque. Kate souffre d’obésité, mais ne parvient pas à maigrir. Son copain, Toby, plutôt fort, la pousse à exposer en public la qualité de son chant. Kevin supporte mal son rôle sans nuances dans un sit-com populaire qui ne lui permet pas d’exprimer son talent. Rebeccca et Jack, parents des jumeaux, eurent peine à accepter l’enfant noir trouvé devant un hôpital qui servit alors de substitut au troisième bébé mort-né. Randall, pas très heureux dans l’exercice de son métier d’avocat, est à la recherche de son père adoptif. Ce sera William, qui finit par imposer au couple sa présence, mais révélera peu à peu une nature de grande richesse.

Les huit personnages principaux, de gauche à droite, Randall et Beth, Toby et Kate, Rebecca et Jack, Kewin et William

Les images insérées dans ce texte permettent de « faire connaissance » avec certains d’entre-eux. La première n’est pas tirée d’une scène de la série. C’est une photo de « famille », puisque six des huit personnages sont des Pearson, alors que quatre sont nés un 31 août, en 1944 ou 1980. 36 ans les séparent. Nous sommes en 2016, 36 ans plus tard!

D’autres remarques et images seront mises en lignes prochainement……

Votations tous azimuts

(Temps de lecture : environ deux minutes)

On votait beaucoup, ce dernier week-end : élections allemandes, votations fédérales suisses, cantonales et parfois locales. Comment les a-t-on vues et entendues sur la seule RTS dimanche dès 19h30 et lues lundi 25 septembre 2017 dans deux quotidiens, l’un régional, « L’Express » et l’autre romand , « Le temps » ?

« L’express » 

Cinq pages sur trois sujets cantonaux. Le peuple neuchâtelois refuse l’Hôtel judiciaire à la Chaux-de-Fonds : une « vengeance » après l’échec récent de l’hôpital principal qui eut été installé dans le Bas ? Deux pages sur les trois sujets fédéraux et un peu moins d’une page pour l’Allemagne, comme pour la victoire de Xamax contre Winterthour. Normal pour un quotidien régional.

« Le Temps » 

La « Une »pour résumer l’actualité, du local à l’Allemagne, avec un grand titre : « Retraites : et maintenant ? ».Votations fédérales, deux pages. Une page pour Neuchâtel, avec petite place pour « L’agriculture indigène » et « Nyon » qui refuse un emplacement pour construire un centre pour requérants d’asile. Une page pour le nouveau Théâtre de Carouge et le maintien de deux langues dont le français en primaire à Lucerne. Une page pour l’Allemagne. Normal pour un quotidien généraliste suisse romand.

RTS1/RTS2

Couverture des votations fédérales et certainement les autres en bonne partie comme d’habitude, c’est-à-dire en bonne quantité, probablement de bonne qualité. Un survol au « 19h30 »prolongé. Dans les avant-programmes de couleur verte parus il y a trois semaines, rien d’annoncé sur les élections allemandes pour la soirée du dimanche 24 septembre 2017.

Sur le site de la RTS, ce lundi matin encore, le programme de RTS 2 de dimanche est incomplet, passant de « Al dente » à 20h15 à « Che Guevara » à 22h40,( « Guide tv » annonce le passage à 21h10 !). Je n’avais rien trouvé annonçant que la RTS allait ce dimanche soir effectuer changement de programme, une collaboration réussie entre francophones. TV 5 Monde, la »RTBF » et la « RTS » ont mis sur pied, à Bruxelles, une émission commune qui aura duré près de nonante minutes, qui n’était pas improvisée en dernière minute ! Isabelle Ory était présente à Bruxelles. La RTS avait mis à disposition quelques chapitres de la vie de celle que d’aucuns nomment « mutti » !

Il aura fallu peu de temps aux différents invités pour saisir les conséquences du vote affaiblissant les socialistes allemands et le centre-droit traditionnel qui soutient Mme Merkel. La « grande » coalition qui disposait d’une confortable majorité ne sera pas prolongée, comme l’ont annoncé les socialistes. Il faudra bien en former une nouvelle, avec le parti de Mme Merkel, les libéraux qui refont surface et les écologistes qui sortent légèrement renforcés de ces élections. Les invités, allemand ou belges, français ou suisse ( le journaliste suisse Frank A.Meyer) qui s’expriment tous en français, se sont efforcés de poser les bonnes questions sur l’avenir en évaluant les solutions pour un nouveau gouvernement qui risque bien de ne pas être opérationnel avant plusieurs semaines.

On peut  donc se féliciter de cette collaboration entre francophones de TV 5 monde, de la RTBF et de la RTS. A Bruxelles, les tables du décor forment un triangle isocèle réunissant les animateurs et faisant place à deux groupes d’invités qui avancent dans la discussion sans le moindre esprit d’affrontement, qui n’interdit pas une vision personnelle appuyée d’arguments de la nouvelle situation politique en Allemagne. Un gros point d’interrogation, qu’un député invité grec aura contribué à bien poser : quelle Europe après ces élections allemandes qui ont vu l’extrême-droite « désagréable » progresser significativement? Entre-t-on, aussi en Allemagne, dans un repli nationaliste qui passe entre autres par le Brexit ou est, en France, solidement installé au Front National?

Une excellente soirée sur RTS 2, d’autant plus qu’elle fut suivie d’un portrait lucidement et amicalement tracé de la naissance du mythe « Che » Guevara.

Importance du décor pour un débat d’idées

Les images d’animatrices de débat sont plus nombreuses que celles des décors! (Temps de lecture : environ trois minutes).

Dans tout débat, il y a au moins deux personnes, celui ou celle qui interroge et l’invité(e), en face-à-face. Dès que le nombre augmente se pose un problème de pure organisation : comment disposer les intervenants, que faire du public composé d’invités qui n’interviennent pas ?

Des comparaisons sont intéressantes à faire entre « C..dans l’air » (France 5- Caroline Roux), « 28 minutes » ( Arte-Elisabeth Quin) et « Infrarouge » (RTS 1-Esther Mamarbachi), émissions quotidiennes ou hebdomadaire placées sous responsabilités éditoriales féminines. Seule la RTS accueille un public comme au spectacle, lequel applaudit au début et à la fin sans jamais intervenir. Il n’apporte rien à l’émission elle-même, mais peut-être sa présence conduit-elle certains intervenants à « amuser-la-galerie ». La RTS accomplit un geste certainement apprécié de relations publiques à l’égard de quelques dizaines de téléspectateurs, chaque semaine, espérons-le ravis de découvrir l’envers d’une émission et son décor, de croiser en coulisses les intervenants et d’entendre le lendemain les remarques du genre « On-t’a-vu-à-la-télé » !

L’animateur peut donc être seul ou accompagné de collègues (comme dans « 28 minutes » ) pour recevoir plusieurs intervenants, au moins quatre. Ceux-ci sont ou bien des « experts » qui apportent leur vision du sujet abordé ou des «combattants » regroupés en deux camps qui vont s’affronter, en particulier s’il s’agit de répondre par un oui ou un non lors d’une prochaine consultation populaire. L’organisation dans l’espace du décor va donner un sens à la tonalité du débat.

France 5

Le décor récent, Caroline Roux de dos (Photo France 5)

 «C..dans l’air », maintenant souvent animé par Caroline Roux, utilise le demi-cercle de la table ronde dont la partie manquante est occupée par le téléspectateur invité à assister au débat. Une table ronde ne conduit pas à des affrontements. C’est le lieu d’une discussion qui permet de faire le point, d’additionner des informations, de les interpréter, d’écouter les positions des uns et des autres qui ne cherchent pas à avoir raison. Le téléspectateur conserve sa liberté d’appréciation.

Caroline Roux,le 1511.2016, titre de l’émission, « Hollande/Trump : çà chauffe! »( Photo France 5)

28 minutes

« Elisabeth Quin, principale animatrice, est accompagnée pendant tout l’émission de deux journalistes de la chaîne, préparés pour intervenir sur un aspect du sujet principal. D’autres interventions s’inscrivent dans l’émission. Trois invités, issus de la société civile, leur font face. Les blancs et les rouges dominent. La table transparente, formant un polygone avec des angles « doux », s’inscrit dans un cercle sans heurter l’œil. Le décor est ainsi amical, reposant, convivial. Il convient à une émission où les avis s’additionnent.

Elisabeth Quin devant le 8 de « 28 minutes » qui en dure environ 40 (Photo Arte)

Un autre participant se fait discret, le dessinateur dans le studio, que l’on ne voit pas dans les plans d’ensemble. A plusieurs reprises, l’animatrice en appel à son ou ses dessins qui résument la discussion et surtout la commentent avec un humour indéniable et en frappant souvent juste : utile rappel d’indispensable esprit critique. Il y a fort longtemps, « Infrarouge » faisait appel à Mix&Remix. Son absence a appauvri l’émission.

Infrarouge

L’ensemble du décor d’Infrarouge (PhotoRTS)

« Infrarouge », dès son ouverture, offre un savant désordre de cercles parfois brisés, plus ou moins tordus qui s’inscrivent les uns dans les autres. De sièges rouges accueillent le public.Un rouge presque « rageur » est ainsi mis en valeur par les blancs. L’animatrice siège seule devant une surface blanche qui ressemble plus ou moins à un triangle isocèle. Mais au lieu d’un sommet, l’œil est attiré par deux segments brisés formant ainsi deux pointes presque agressives installées devant une base solide. Un groupe de deux ou trois personnes se trouve à droite de l’animatrice, un autre d’égale importance lui fait face.

Un détail tourmenté et coloré du décor d’Infrarouge,  24 juin 2o16 ( Photo RTS)

Le décor d’ « Infrarouge » est donc construit pour mettre en scène l’affrontement entre groupes si possible agressifs, qui obéissent plus ou moins à un arbitre qui donne des ordres pas toujours suivis ou des directives pas forcément écoutées.

Mais « Infrarouge » organise tout de même un certain nombre d’émissions dans ce décor pour  face-à-face conflictuel dans un esprit plus serein d’écoute réciproque beaucoup plus enrichissant pour le téléspectateur. L’émission du 6 septembre 2017, intitulée « Corée du Nord : vers une guerre nucléaire », fut d’un niveau remarquable, équivalent à celui de «  C.. dans l’air ».

Esther Mamarbachi et Alexis Favre, le duo de 2017 pour l’animation d' »Infrarouge »
( Photo RTS)

Un peu plus de séries suisses?

Bilan romand : trois tous les deux ans !

(Temps de lecture : environ trois minutes / Quatre images du tournage de « Quartier des banques », série RTS -Point Prod à l’antenne en novembre 2017)

Pour mémoire, citons les séries récurrentes de fiction de la RTS depuis 2010 ( année de projection) :

2010 : « 10 », « En direct de notre passé »

2011 :   « T’es pas la seule »

2012 : « Crom », « L’heure du secret I »

2013 :« Port d’attache »,

2014 : «  L’heure du secret II »,   « A livre ouvert »

2015 : « Station horizon »

2016 : « Anomalia »

2017 : « Quartier des banques »

En huit ans, onze séries ont été produites par la RTS, ce qui donne un rythme de trois séries tous les deux ans, mais une seule par année depuis 2015. Le budget d’une série d’origine entièrement romande peut dépasser les trois millions.

A noter que le Tour de Romandie des lieux d’action est à peu près complet : Vaud la Côte ( T’es pas la seule), Yverdon (Crom), Jura surtout neuchâtelois, deux fois (L’heure du secret), Lac de Genève (Port d’attache), Lausanne ( A livre ouvert), Valais (Station horizon), Fribourg ( Anomalia), Genève (Quartier des banques).

Faire des économies

 Serpent de mer au rendez-vous, décidément presque annuel, les économies : (« Le temps » – 23 août 2018 – dans un texte de Nicolas Dufour, intitulé « La RTS veut se rapprocher de son public » :

« Chargée de faire des économies, la RTS a notamment réduit son rythme de production de fictions. Cette année, une seule série sera lancée, mais sur laquelle la chaîne, avec des partenaires belges, mise beaucoup « Quartier des banques », drame familial en milieu financier ». (sortie probable le 9 novembre  2017)

 Booster la fiction

 En novembre dernier, au cours d’en entretien paru dans la « Tribune de Genéve » ( 26/27 novembre 2016), le futur patron de la SSR-SRG, Gilles Marchand disait :

J’aimerais booster notre offre de fiction, faire plus de films, plus de séries. C’est la capacité d’un pays à se raconter. Les Scandinaves ont réussi à développer une culture de la série. Mais cela demande des moyens, des partenaires. Je suis prêt à collaborer avec les cablo-opérateurs et les entreprises de télécoms pour y arriver(..) L’objectif serait d’avoir un peu moins de séries étrangères et un peu plus de fictions suisses.

 Entre le moment où la décision est prise de mettre en production une série, parfois après une longue période préparatoire, et l’apparition du résultat à l’écran, trois années au moins peuvent passer. Il n’y a pas de contradiction entre une seule série nouvelle sur l’écran de la RTS en 2017, toutes décisions à son propos prises par son directeur, et une déclaration d’intention pour le futur, qui ne peut pas être concrétisée avant 2018 ou même 2019. Il n’en est pas moins important de rappeler les intentions du patron de la SSR-SRG à moyen terme.

Viser l’international

 La production de séries, depuis assez longtemps déjà, prend une place de plus en plus grande dans le monde télévisuel de l’imaginaire. Mais une série peut aussi connaître une carrière économique intéressante, par des ventes ou des échanges avec d’autres chaînes.

 

Les USA, dans la fiction spécifiquement télévisuelle donc la série, dominent le monde, comme le fait le cinéma hollywoodien. Mais le petit écran et ses dérivés, avides d’heures de fiction, font bon accueil à d’autres fournisseurs. On connaît assurément mieux les séries venues d’Islande, d’Israël, de Belgique, tant francophone que flamande, d’Israël, de Norvège, de Suède et surtout du Danemark que le cinéma issu de ces pays.

Une série exportable finit par contribuer au financement d’une autre série. Les pays que nous venons de citer sont tous exportateurs. Les séries suisses, avec ses trois chaînes nationales basées sur trois langues, peinent à trouver des diffusions à l’étranger.

On peut donc, en prenant acte du « désir » de fiction exprimé par celui qui est désormais le patron de la SSR-SRG, souhaiter qu’une série suisse (romande) puisse conquérir non seulement le public régional en premier rideau le samedi soir, mais aussi des chaînes de diffusion dans beaucoup d’autres pays. Ce serait un moyen de « booster » la fiction produite par notre télévision.

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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