Fictions

« Westworld » : dans le bas du haut !

Allait-on pouvoir inscrire la première saison de la nouvelle série ample de HBO dans le haut de gamme: la question était posée dès le titre de la précédente contribution à ce blog. La réponse est assez facile à donner après les trois premiers épisodes: c’est oui, mais il y a un mais: «Westworld» s’inscrit plutôt dans le bas du haut de gamme.

L’utilisation dans l’espace ne pose guère de problème. Il y a la fabrique de robots, avec son personnel, surtout des cadres supérieurs, qui vont se servir de leurs produits pour animer un parc d’attraction, une bourgade de western du XIXe fort minutieusement reconstituée, sise dans de splendides et vastes paysages pour le moment sans indiens.

La fabrique et le parc d’attractions

Les machines qui fabriquent les robots sont ultra-modernes. Là, nous sommes là au XXIe siècle. Le XIXe fait donc l’objet d’une reconstitution dans des paysages. Mais le passé n’existe pas puisqu’il est reconstitué en parc d’attraction au présent. La fabrique semble tout de même s’ouvrir sur les mêmes paysages que ceux qui entourent la bourgade. Donc continuité dans les espaces. Ce n’était pas forcément la cas dans «Games of Thrones», avec ses maisons souvent royales, une dizaine, semées sur un vaste continent; à s’y perdre parfois.

Une affiche promotionnelle (Photo HBO)

Une affiche promotionnelle (Photo HBO)

Le petit monde de la fabrique est facile à cerner, y compris dans ses rapports avec les «humanoïdes» qu’il faut réparer presque toujours après les affrontements dans le «décor» qui laissent des traces. Mais certains éléments commencent à troubler les ingénieurs, qui risquent de modifier le comportement de «machines» pourtant bien programmées pour jouer leur rôle. Des «acteurs» à l’apparence pleinement humaine se questionnent sur eux-mêmes: sont-ils vraiment ce qu’ils sont ou autre chose, cet «être ou ne pas être» qui rattache à l’interrogation shakespearienne.

Mise en scène altra-violente

Dans le parc, les «industriels» ne s’y rendent pas. Les responsables de la mise en scène restent en coulisses. Mais les «Hôtes» et les «Arrivants», les acteurs et leur public ne sont pas séparés par la rampe. Ils partagent mais les mêmes espaces. Mais comment reconnaître les «arrivants»?

Il est à peu près évident que les échanges de tirs, du genre «une balle – un blessé ou un mort», ne concernent que les acteurs qui jouent un rôle. La mise en scène du spectacle est souvent fondée sur l’exagération, et dans les scènes, et par leur répétition. Référence peut alors être faite à Tarantino. Dans cette ultra-violence, la série trouve ses limites qui conduisent à ne la classer pour le moment que dans le bas du haut de gamme.

La précision du geste.. et l'efficacité du tir (Photo HBO)

La précision du geste.. et l’efficacité du tir, hors-champ (Photo HBO)

Douce, fragile et séduisante Dolorés

Il y a d’autres indices qui annoncent que les «robots» vont dépasser leurs créateurs, pour des raisons qui échappent à ces derniers. Les plus subtils résident peut-être dans l’apparition de souvenirs, par exemple avec la répétition d’une main qui saisit une canette tombée au sol. Et puis, elle est si douce, si fragile, si séduisante Dolorès, que l’on peine à croire qu’elle soit vraiment un produit sorti de la fabrique, même quand elle est mise sur la sellette par un de ses créateurs.

Dolorès dans le paysage (Photo HBO)

Dolorès dans le paysage (Photo HBO)

Mais cette difficulté d’identification, acteur ou spectateur, est l’un des ressorts qui incitent le «téléspectateur» à participer, en quelque sorte, à l’écriture du scénario de la série. Il peut aussi se souvenir d’une excellente série suédoise, «Real humans» qui ne jouait pas, elle, sur la violence des armes à feu.

Répétons-le: un épisode par semaine, c’est l’esprit même de la série. La RTS, comme la RTB, a choisi la version originale sous-titrée pour s’inscrire dans la suite immédiate de la sortie américaine. C’est un précieux retour aux sources de la série: oser jouer sur l’impatience de l’attente de la suite, sans en revenir à la durée de long-métrage de cinéma «imitée» avec les épisodes en duos.

Cinéma suisse partout…et sur RTS Deux

A Locarno, plein de films suisses. Parmi ces films suisses, plein de films co-produits par la SSRSRG ou  la RTS. Dans cette offre, une première mondiale, « Moka » de Frédéric Mermoud, co-production entre la France et la Suisse (Bande à part). Et dès le 17 août, sortie dans les salles. Une première image:

 

 

Nathalie Baye et Emmanuelle Devos dans "Moka"

Nathalie Baye et Emmanuelle Devos dans « Moka » (Frénetic – Zürich)

Et une autre, à  Locarno puis sur les écrans suisses à mi-septembre 2016:

Le carnaval avec les boilles aiu sinistre contenu en la présence de l'interprète de Jacques Chessex ( Photo Vega film)

Un carnaval avec les boilles au sinistre contenu en la présence d’André Wilms, interprète de Jacques Chessex dans « Un juif pour l’exemple » de Jacob Berger : première à Locarno le mercredi 3 aoûr 2016 (Photo Vega Film)

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 14 juillet 2016, peu après 21h30, sur la deux: «Mérette» de Jean-Jacques Lagrange, le 21 «La dentelière» de Claude Goretta, le 28, «La salamandre»  d’Alain Tanner, le 4 août, «Romands d’amour» de Jean-Louis Roy: chaque réalisation audiovisuelle, pour éviter de distinguer «Film» et «Téléfilm» qui ne différent que par leur mode de diffusion, (la carrière sur grand écran commencée avant de rejoindre le petit) aura été suivie sur RTS Deux d’un ou de deux documents consacrés aux auteurs-réalisateurs. En fin de soirée, après minuit, combien encore de spectateurs?

Hommage au « Groupe 5 »

Ainsi la RTS rend hommage au «Groupe 5», en oubliant «Michel Soutter». Dès 1969 et pour une assez courte période, Lagrange, Goretta (alors employés de la jeune télévision romande), Tanner, Roy et Soutter, collaborateurs réguliers, forment un groupe uni par une idée efficace de production: la télévision sous l’égide de René Schenker accepte d’investir le prix d’une soirée dramatique (soixante mille francs) dans une production qui reste sous l’entière responsabilité du réalisateur qui est souvent aussi producteur.

Michel Soutter (1932-1991) devant l'affiche des "Arpenteurs" (1972) © ERLING MANDELMANN

Michel Soutter (1932-1991) devant l’affiche des « Arpenteurs » (1972) © ERLING MANDELMANN

Rappeler quelques titres du «Groupe 5», c’est souligner son importance: «Charles mort au vif» (Tanner), «James ou pas» (Soutter), «Le fou» (Goretta), «Black out» (Roy), «La salamandre» (Tanner), «Les arpenteurs» (Soutter), «Retour d’Afrique» (Tanner), «L’invitation» (Goretta). Ces films ont presque tous en commun d’avoir fait belle carrière en festivals, accumulé de précieux dossiers de presse. Certains ont rencontré un large public international.

Le rôle de la télévision dans l’opération? Le risque pris par le directeur d’alors et ses plus proches collaborateurs d’avoir osé dire «Oui» à une proposition qui revenait à passer un budget de théâtre filmé à la co-production d’un film.

La télévision  d’aujourd’hui rend hommage à quatre seulement des cinq, Michel Soutter oublié! Mais le «nouveau cinéma suisse» des années soixante n’est pas né avec le «groupe 5». Il y eut déjà des auteurs de films en Suisse romande avant, Henry Brandt, assurément. Michel Soutter, Claude Goretta, Jean-Louis Roy, Alain Tanner étaient de bons « cinéastes » avant la création du «Groupe 5» et Lagrange grand « téléaste »

Un coffret DVD

La cinémathèque, en co-production avec la RTS, vient de préparer un coffret DVD qui comprend deux longs-métrages de fiction restaurés à partir des originaux, «L’inconnu de Shandigor» de Jean-Louis Roy et «Les arpenteurs» de Michel Soutter et trois documents assez peu connus, mais rares et précieux, «Docteur B, médecin de campagne» d’Alain Tanner, «Les motards» de Claude Goretta et «La dernière campagne de Robert Kennedy» de Jean-Jacques Lagrange. Ces documents audiovisuels ont le mérite de rappeler qu’il n’y a pas de hiérarchie entre le cinéma et la télévision quand l’œuvre repose sur une volonté de créativité en toute liberté. Des bonus et des textes accompagnent les films numérisés.

Marie-France Boyer dans "L'inconnu de Shandigor" de Jean-Louis Roy, qui connait une nouvelle jeunesse dans sa version renovée par la cinémathèque

Marie-France Boyer dans « L’inconnu de Shandigor » de Jean-Louis Roy, qui connait une nouvelle jeunesse dans sa version renovée par la cinémathèque

On peut se procurer ce coffret auprès de:

www.cinematheque,ch/boutique

ou de:

https://boutique.rts.ch/35-dvd

pour le prix de 42 francs ( port en sus)

La promotion faite par la cinémathèque

 Dans le numéro 288, septembre/octobre 2016, en un petit format, avec des caractères souvent petits, la cinémathèque consacre une dizaine de pages à cette «Rétrospective». Sa publication pourrait prendre le chemin d’une intéressante revue historique sur le cinéma, dans laquelle on aimerait lire plus souvent des citations de critiques suisses.

Il était juste de profiter de l’occasion pour attirer l’attention sur des acteurs pas forcément déjà «célèbres» au début des années 7o, les Jean-Luc Bideau, François Simon, Bulle Ogier, Miou-Miou, Isabelle Huppert, Gérard Depardieu, Jean-Louis Trintignant, Jacques Denis, Michel Robin, Juliet Berto, Philippe Léotard ou Maurice Garrel. Ils furent parmi les «complices» de ce «Groupe 5» important mais éphémère dans sa durée, quelques années, mais qui ne s’oublie pas.

Jean-Luc Bideau et Jacques denis dans "La salamandre* d'Alain Tanner (1971)

Jean-Luc Bideau et Jacques Denis dans « La salamandre* d’Alain Tanner (1971)

Dans une sorte d’éditorial, Gille Pache, alors encore directeur des programmes de la RTS et Frédéric Maire, directeur de la cinémathèque, prennent la peine de signaler que l’hommage rendu à cinq «pionniers» genevois qui ont su trouver une reconnaissance internationale ne doit pas ignorer d’autres qui, parfois restés discrets, appartiennent à la même génération de cinéastes en suisse romande, les Yersin, Reusser, Edelstein, Butler, Amiguet, Champion, Schüpbach, Gonseth, etc.

Texte sur les sites de la RTSR et de la RTS

 Sur la page d’accueil de notre site RTSR, on trouve en bonne place une mise en valeur du programme actuel du «cinéma suisse à l’affiche de cet été», qui a donc un lien étroit avec le coffret DVD dédié au Groupe 5.

En cliquant sur:

http://www.rts.ch/fiction/7878083-le-groupe-5-nouvelle-vague-romande.html

on trouve quelques lignes intitulées en gros caractères

Il était une fois…

 L’introduction tend à faire croire qu’ils ne sont que cinq, désormais nobles représentants du troisième âge, en seuls “pères” du “nouveau cinema Suisse romand” des années soixante. C’est aller vite en besogne de citer les noms de ceux qui, quadragénaires ou proches de l’être, représenent la relève, les Ursula Meier, Lionel Baier, Jean-Stéphane Bron et Frédéric Mermoud, plutôt quadragénaires. Comme s’il n’y avait eu personne entre les deux générations, que la cinémathèque cite et que la RTS oublie.

Isabelle Huppert (Pomme) dans La dentelière - Claude Goretta (1977)

Isabelle Huppert (Pomme) dans La dentelière – Claude Goretta (1977)

La présentation, ensuite, de Jean-Louis Roy, d’Alain Tanner, Claude Goretta, Michel Soutter (pour le moment oublié par sur les écrans de la RTS), Jean-Jacques Lagrange est d’un meilleur niveau que l’introduction qui ressemble beaucoup à une “brève” dans l’esprit du “téléjournal” ou d’un réseau sur internet.

Et sur les différents écrans, que se passe-t-il?

( à suivre)

Et que dire de ces «vieux» films?

(A suivre)

« Marseille » sur internet avec « Netflix »

Tout produit audiovisuel terminé doit trouver son public. Le chemin traditionnel passe – passait – par le grand écran et le petit. Oui, mais il faut de plus en plus tenir compte d’un nouveau canal, internet, décliné aussi sur portables et tablettes. «Netflix», installé sur internet, est une entreprise américaine qui diffuse moyennant finances films et séries dans bon nombre de pays, en revendiquant près de septante millions d’utilisateurs au début de 2016. A dix francs par mois, cela donne un chiffres d’affaires annuel qui frôle les dix milliards (six fois le budget total de la SSR-SRG, trois fois celui du groupe France-Télévision)!!!

Promotion pour la Ville

Promotion pour la Ville

Le hasard veut que, ces dernières semaines, un habitant de Moscou dont on ne sait plus s’il paie encore une partie de ses impôts en Belgique, Gérard Depardieu, tenait en effet le rôle principal de «The End», un film de Guillaume Nicloux, diffusé en e-cinéma (VOD) depuis le 8 avril 2016. On ne sait pas si le film a rencontré un public!

Et revoilà Gérard Depardieu dans une opération d’une considérable envergure, maire de «Marseille» qui est en ligne depuis quelques jours sur Netflix, série de huit épisodes de cinquante minutes.

 

Le maire et son adjoint : Gérard Depardieu et Benoit Magimel

Le maire et son adjoint : Gérard Depardieu et Benoit Magimel (Image Netflix)

Sur le grand écran, la fiction passe par le divertissement populaire qui évidemment se nourrit des grands spectacles qui attirent les foules (James Bond, Batman et les autres) plus que par le cinéma d’auteur. La fiction télévisée, celle des séries, passe soit par les unitaires (un récit complet dans chaque numéro) qui tient du divertissement populaire et les récurrentes, qui peuvent être assimilées au cinéma d’auteur qui impose au consommateur un élan d’exigence.

Les «blockbuskers», ces produits à grand spectacles, font aussi leur apparition dans l’univers du petit écran et sur internet. On vient de faire grand cas de la sixième saison de «Games of Thrones». Et l’on aura croisé un peu partout des informations à propos de la première série européenne produite par Netflix qui est en ligne sur le site avant la présentation des deux premiers des huit épisodes sur TF1, le jeudi 12 mai 2016, pour découvrir la série. Et l’opération internet/Tf1 a probablement pour mission d’être un pompe-à-abonnés pour Netflix! Réussira-t-elle?

«Marseille» à première vue

De lectures de pages presque entières à doubles, parues dans des journaux «sérieux» comme «Le Monde», «TéléObs», «Télérama» ou même «Le Temps», la «Tribune de Genève» ou «Dimanche Matin», on peut retenir que cela se passe à Marseille, qu’il s’agit en principe beaucoup de politique puisque le maire en charge (Gérard Depardieu) va entrer en conflit avec son ambitieux poulain et adjoint (Benoît Maginel). De nombreuses intrigues secondaires accompagneront cet affrontement, y compris avec intervention de personnages féminins.

Encore "Lui"

Encore « Lui »

L’investissement est de l’ordre de un millions d’euros par épisode (vingt mille francs la minute, ce qui n’est pas énorme – une série romande comme «Station horizon» tournait autour de treize mille francs). L’écriture est due à Dan Franck et la réalisation signée Florent Siri et Thomas Gilou (au cinéma, «La vérité si je mens!»)

Deux autres « séries »

 Bien entendu, Marseille va se trouver au centre de l’action, dans sa diversité. Rien de nouveau sous le soleil du midi. La trilogie de Pagnol («Marius», «Fanny», «César») reste dans certaines mémoires, pas seulement pour la saveur de l’accent. L’épisode no 3000 de la série de France 3, «Plus belle la vie», est apparu le 22 avril 2016. Mais cette fois, belle sera probablement faite la part en extérieur.

Toujours "Lui"

Toujours « Lui »

Une série politique?

 Probablement, surtout quand les lectures préalables mentionnent presque toutes l’américaine «House of cards» où le combat politique dégénérait en affrontements personnels violents. Etonnant tout de même de ne pas avoir croisé de référence faite à une autre série tout aussi centrée sur la politique, la danoise «Borgen».

Dans le sillage de la promo

 Tout cela pour dire que Netflix aura su conduire à l’américaine une campagne de promotion obligeant assez largement la presse a signaler son existence. Et sur le petit écran, «Marseille» aura trouvé sa place. Silence radio puisque celle-ci n’est pas dans mes sources d’information!

Mais qui dit «promo» dit au plus information, pas encore réflexion à propos du produit attendu. A se demander d’ailleurs si ceux qui font de la promo ont eu l’occasion de juger sur pièces.

Une petite phrase tirée du «Temps» (Edition du 4 mai 2016), signée Nicolas Dufour, particulièrement attentif aux séries télévisées, peut surprendre: «Depuis quelle façonne ses contenus, Netflix a déjà soumis aux internautes le meilleur et le pire, Orange is the New Black» ou Marco Polo». «Marseille» relève du pire. « Le Temps» y reviendra.

 De lectures en promenade sur internet, j’aurai rencontre le site de «Télérama» :

http://www.telerama.fr/series-tv/video-que-vaut-marseille-la-serie-netflix-made-in-france,141985.php

On y trouve une rubrique «Têtes de série» où sont exprimées les premières appréciations qualitatives sur bon nombre de série, pour permettre à l’auditeur internaute de s’y retrouver. En quatre minutes, Pierre Langlais («Télérama»), Pierre Serisier («Le Monde»), Marjolaine Jarry («Lobs»), et Maxime Bordeau («Hufflington Post») n’y vont pas de main dite morte.

Malgré tout, je reste curieux de découvrir cette série, lors de son passage sur TF1. Le programmation s’inscrit dans un mode de diffusion qui finira par nuire à des chaînes généralistes comme la nôtre, la RTS ayant en plus pour habitude d’offrir son premier rideau à des séries unitaires pour rejeter bon nombre de récurrentes en fin de soirée.

 

 

 

Autour de « Bouboule » de Bruno Deville

Mercredi 27 avril 2016, revu des bouts « Bouboule » : plaisir intact, que de retrouver déjà le souvenir d’un film à tout le moins intéressant. Générique de fin coupé. Le revoici, rapide, en final du débat d’ « Infrarouge » : bizarre!

Bonne idée que le principe d’une soirée thématique : faire suivre un film d’un débat sur ce qui apparaît comme son sujet principal, l’obésité chez les ados. On y évoque le pourcentage croissant de personnes en surpoids ou obèses dans certains pays, dont le nôtre. Mais pas un mot sur le calcul de l’Indice de Masse Corporelle (IMC, le poids divisé par le carré de la taille en mètres – trop compliqué pour le public en principe nombreux de 21h30 ?).

Pas de politiciens, que des « experts » : pas d’engueulades. Pour une fois, un « Infrarouge » qui ne donne pas envie de fuir. Evidemment, à sept, cela fait beaucoup. Evidemment, aucune allusion au « Temps présent » du jeudi précédent qui avait comme sujet un régime amaigrissant. Evidemment, il n’aura été que peu question du film lui-même, comme on pouvait le prévoir.  

Intéressant tout de même de comprendre que le réalisateur avait été un enfant en surpoids. Etonnant de savoir que le jeune acteur venu de Bruxelles va entreprendre, trois ans après le film, une sorte de cours pour perdre du poids.

Et puis, finalement, dommage de consacrer la seule vraie case en premier rideau pour un débat d’idée sur un fait de société dont on peut parler presque n’importe quand alors qu’il y a tant d’autres sujets d’actualité immédiate qu’il vaudrait la peine de chercher à mieux comprendre…

Donc, oui sans hésitation au principe de la soirée thématique. Mais partielle insatisfaction pour la concrétisation !

(jeudi 28.04.16 / 20h15)

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Jeudi 21 avril 2016, « Temps présent » s’arrête sur obésité, problème de société qui tend à prendre de plus en plus d’importance à se demander s’il existe une corrélation entre le surpoids et une chaîne mondiale d’alimentation. Mais le magazine de reportage n’a pas choisi « Macdo » pour son enquête organisée autour d’une expérience : l’invité se nomme « Weight Watchers », donnée comme une puissante société américaine dont le succès repose sur un régime assez draconien qui remet en cause son bénéfice (perte de poids, bien sûr !). En effet, quand on s’éloigne du régime, les kilogs perdus tendent à revenir. Un brin sectaire, l’organisation ! Il eut été intéressant de savoir davantage sur sa situation économique.

bouboule_lobby_28_5x19_0cm_300dpi_5413Bouboule  de Bruno Dcville

(Photo Filmcoopi/CabProduction)

Toujours est-il que le duo surpoids-obésité devient ainsi le sujet de plusieurs émissions concentrées de la RTS. Le mercredi 27 avril, dans la case tournante des magazines non-hebdomadaires, voici une des inventions récentes de la RTS. On prend un film, parfois co-produit par la RTS, et on le fait suivre par un débat à son propos. Enfin, ce n’est pas tant du film, de documentation ou de fiction, qu’il sera question, mais de son sujet. Et bien sûr, comme l’équipe d’ « Infrarouge » est presque la seule à être autorisée à animer régulièrement un débat, vogue la galère : on va ensuite parler obésité, en présence du réalisateur et de son acteur. On peut prendre sans trop de risque le pari qu’il ne sera guère question de cinéma et de la manière dont on procède pour faire un film permettant au final de traiter de manière intéressante un sujet, qui n’est du reste dans « Bouboule » de Bruno Deville pas seulement l’obésité, loin de là. L’idéal serait de perdre ce pari : on pourrait alors rêver de l’introduction de la culture (cinématographique) dans une soirée thématique s’appuyant sur l’insuffisant « Infrarouge ».

Chacun pour soi

« Temps présent » parle obésité, mais dans la présentation de l’émission, rien n’est dit de la soirée thématique « Bouboule » de la semaine suivante. Y aurait-il quelqu’un à la RTS qui puisse signaler aux responsables d’un secteur ce qui se passe chez l’autre ? Chacun pour soi : c’est ainsi que l’on ajoute parfois que les vaches sont bien gardées ! Mais les seconds mentionneront peut-être les premiers ! (Même pas! 04.05.16!!)

Roland Vouilloz dans *"La minute kiosque", une série mise en scène par Bruno Deville pour la RTS en 2007.(Photo RTS)

Roland Vouilloz dans * »La minute kiosque », une série mise en scène par Bruno Deville pour la RTS en 2007.(Photo RTS)

Alors, pour une fois, évoquons au moins un peu cinéma, avec deux textes signés fyly, le premier paru dans « L’Evènement syndical » ( page cinéma du 12 novembre 2014), le second dans « Le Médiatic » de la RTSR( 187- juillet/août 2015)

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Bouboule – Bruno Deville – Suisse/Belgique

 Bouboule est un très bon exemple de co-production réussie entre deux pays plurilingues , la Belgique (Versus production) et la Suisse (Cab production), avec passage en France pour la chanson de M.(Matthieu Chédid) et deux acteurs dans des rôles importants, Julie Ferrier et Swan Arlaud. Bruno Deville, proche de la quarantaine, est bi-national. Sa participation à deux séries de la RTS, « La minute kiosque » et surtout « Crom », la réalisation de plusieurs courts métrages lui ont permis de signer une première fiction de long-métrage d’excellent niveau. Le tournage s’est déroulé en Belgique, où est né David Thielemans, alors que l’écriture et les finitions eurent pour centre la Suisse.

Roland Vouilloz (Oscar) dans "Crom", une série mise en scène par Bruno Deville pour la RTS (2010)

Roland Vouilloz (Oscar) dans « Crom », une série mise en scène par Bruno Deville pour la RTS (2010)

 

Bouboule, douze ans, est obèse. Les cent kilos et les bourrelets mesurés sont montrés d’emblée, le risque de santé signalé : faire fonctionner un char d’assaut gros comme un éléphant avec un moteur de mobylette ! A cause du Nutella, entre autres (un « placement » de produit comme on l’écrit pudiquement à la télévision ?), Bouboule, à la fin du film, n’a pas perdu de poids. Mais il a changé, profondément, en gagnant l’estime de soi et le droit de s’approcher de la joie de vivre. L’obésité, qui a une origine autobiographique assumée, n’est pas le seul sujet du film.

Kevin vit avec sa maman, qui aime bien son « dindonneau », et ses deux sœurs pas particulièrement « gentilles » avec lui. Sa mère le tient éloigné de son père dont elle est séparée. Il a une petite amie, mais elle est suicidaire. Et même son plus proche copain, un temps, se détache de lui. Il va faire une rencontre importante, celle de Patrick, vigile de son état, qui dresse un chien d’attaque auquel il parle en allemand, langue qui convient bien à la donnée d’ordres !

Patrick serait un ancien « légionnaire » qui combattit en Côte d’Ivoire. Kevin se sent à l’aise en sa présence, prêt à le croire, s’adressant à lui d’un très respectueux « Monsieur » Il sera aussi poli avec le « Chef » de Patrick, d’un poids respectable, qui lui apprendra à boire de la bière et faire le guet lors d’un casse. Et Kevin ne saisira pas le second degré du nom du chien « Rocco », quand Patrick lui avoue son admiration pour un grand acteur, Rocco Siffredi.

Bouboule de Bruno Deville (Photos Filmcoopi-Cab Productions)

Bouboule de Bruno Deville
(Photos Filmcoopi-Cab Productions)

Dans chaque séquence du film, il se produit quelque chose, qui tient aussi d’une poésie empreinte de tendresse et de douceur. Mais beaucoup d’autres événements se déroulent entre les séquences. On devine bien le comment des pansements aux poignets de l’amie de Kevin. On n’a pas besoin de voir le casse plutôt minable organisé par Patrick et le chef pendant le guet nocturne effectué par Kevin. Il n’est pas nécessaire de montrer pourquoi la sœur de Kevin veut rentrer rapidement à la maison après un tête-à-tête dominical avec Patrick.

Paradoxe peut-être : mais quand un film est bien écrit, bien dialogué, quand les acteurs sont naturellement bons et bien dirigés, quand la bande sonore est porteuse d’une musique à la fois discrète et présente, quand le montage est fluide, il y a place aussi pour ce hors-champ qui vient compléter le récit de sa force de suggestion enrichissante contribuant à transformer le spectateur en un amical co-scénariste.

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Bouboule à la SRT-Neuchâtel

« Bouboule » est une co-production entre la Suisse majoritaire et la Belgique, tourné en Belgique et réalisé par un double national, Bruno Deville, formé et installé en Suisse. Il a du reste dirigé une intéressante série de la RTS, « Crom(2012). Pour voir le film, mardi 9 juin 2015: une centaine de personnes au cinéma BIO.

bouboule de Bruno Deville

Bouboule de Bruno Deville

Pourquoi offrir aux membres d’une SRT la une vision gratuite, ouverte aussi au public ?  Pour faire plaisir aux spectateurs, d’âge moyen plutôt élevé, composé en majorité de membres et en recruter de nouveaux. Pour mettre en contact ce public avec des professionnels du cinéma et de la télévision, éventuellement enrichir son information, l’entendre poser des questions et recevoir des réponses.

Première question, c’est quoi, un producteur ? Gérard Ruey et Jean-Louis Porchet, de CAB, ont parlé de l’organisation pour le tournage d’un film, des problèmes liés à son financement puis à sa diffusion. Ils ont en particulier souligné l’importance de la télévision comme partenaire d’une production indépendante, en présence de Françoise Mayor, responsable des fictions produites par la RTS.

Une œuvre audiovisuelle doit être un divertissement à valeur culturelle ajoutée. L’aspect économique et financier mérite d’être signalé. Information : CAB produit actuellement un film de fiction « historique » destiné à la télévision, tourné dans les montagnes neuchâteloises, abordant l’horlogerie, « Le temps d’Anna » de Greg Zglinski, déjà auteur du remarquable « Tout un univers sans feu ». En cash et en prestations, la RTS y investit environ deux millions deux cents mille francs, exemple rare de transparence dans l’information !

Séries : plus qu’une mode

Illlustrations reprises de l’un des 103 textes consacrés aux séries qui subsistent sur ce blog. Pour le plaisir de se souvenir ! True Detective. (Temps de lecture, trois/quatre minutes)

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Assisté, mercredi 13 avril 2016, à un brutal match de catch verbal durant quinze minutes parsemées dans soixante. Revu ce jeudi matin « Infrarouge » : impression inchangée. C’est inadmissible ! C’est décidément la formule qui est en cause ( cf en particulier de la minute 5 à la minute 12). Il faudra ou il faudrait y revenir ! (fyly- 10:57)

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Un peu partout dans le monde, la série, unitaire ou récurrente, occupe de plus en plus de place. Un peu partout, on a compris que les différences formelles s’effacent entre le cinéma et la fiction télévisée

Laura Palmer, dans « Twin Peaks »

Twin Peaks – Laura Palmer

Intéressante lecture, dans « Le Monde des 10 et 11 avril » : deux pages, « La télévision est a son apogée en termes de créativité » et « « Tapis rouge pour les séries », signées Martine Delahaye. Dans la première, parole à John Truby, consultant auprès de grands studios américains, en particulier HBO, lors de la sortie d’un livre « Anatomie du scénario ». On y prend élan à partir de ce qui tend à devenir un tissu d’évidences : « Depuis les années 2000 environ, la télévision est à son apogée en termes de créativité, et ce partout dans le monde » car « une bonne série peut être aussi bien filmée qu’au cinéma, et avec tellement plus de dramaturgie que n’importe quel film ». Pour atteindre l’audience la plus large possible, « il fallait que l’on s’attache au personnage principal pour que le spectateur revienne chaque semaine vers lui, (..) ce qui impliquait qu’il soit positif. Un réseau câblé s’appuie sur le nombre de ses abonnés, pas sur le maximum de spectateurs devant chaque émission. « L’apparition des chaînes payantes du câble a mené à la situation actuelle : même au-delà des Etats-Unis, les séries font preuve d’une très grande créativité, et souvent beaucoup plus que le cinéma.

Peggy ( Elisabeth Moos) la petite secrétaire montée en grade, de moins en moins timide. Voici un pâle reflet de la qualité des images projetées sur le petit écran.Mad Men :Elisabeth Moss

 Quelques noms

 Pour atteindre une grande qualité d’écriture, il faut donc un « Showrunner », qui dirige une équipe de scénaristes et supervise l’ensemble du processus de création, tels, cités par « Le Monde » Vince Gilligan (Breaking Bad), Nic Pizzolatto (True Detective), Mathieu Weiner (Mad Men) ou David Chase (Les sopranos).

Pour les cinéphiles de la grande époque des ciné-clubs, des années 50 à 80 du siècle dernier, nourris au biberon du cinéma d’auteur, d’autres noms confirment la « politique-des-auteurs » mise à mal par les « show-runners » : Maurice Pialat « La maison des bois », David Lynch « Twin Peaks », Lars von Trier, « L’hôpital et ses fantômes », Jane Campion « Top of the Lake », David Fincher « House of cards », etc.

Encore Robin(Elisabeth Moos) cette fois un peu comme prisonnière de la végétation, dans la forêt inquiétante où se cache Tui Top of the lake

Top of the lake /Elisabeth Moss

A qui attribuer « Borgen », « The killing », « Downton Abbey », « Un village français », »Boardchurch », « Luther » etc ?

Sidse Babett Knudsen (Brigitte Nyborg), la magnifique actrice en présidente de "Borgen"Borgen

Le vieux « cinéphile » et peut-être même le jeune « sériophile » ne sait peut-être pas très bien qui est le véritable responsable de « Broadwalk empire », de Martin Scorsese, co-producteur qui a signé le premier épisode dans un décor que l’on retrouvera régulièrement, celui du bord de mer d’Atlanta City, ou de Terence Winter, responsable de l’écriture. Pour « Vinyl », on retrouve les deux mêmes noms en responsables de la démarche créative.

Sarah Lund (Sofie Gräbel) ) plus souvent en pull qu'une arme à la mai dans The KIlling

The KIlling

Les offres de Netflix

Et puis, aux grandes chaînes de télévision généralistes, commerciales ou de service public, au câble par abonnement s’ajoute désormais un autre vecteur porteur de produits audiovisuels de création. Sur internet, Netflix, parmi d’autres comme Amazon, propose films et séries en flux continu, à des prix abordables, sans passer par le traditionnel « petit écran ». Leur puissance grandit. ! Une nouvelle industrie mondiale se met en place. La série devient un produit audiovisuel : il faut renoncer à y ajouter « télévisée »

Et la Suisse ?

 « Le Monde » explique pourquoi la série, accueillie déjà dans des sections aux festivals de Berlin ou Toronto, devrait trouver une manifestation importante qui lui serait consacrée. Certes, un peu partout, certaines manifestations font depuis assez longtemps place à des séries « télévisées », comme « Tous écrans » à Genève. Une série ambitieuse doit se faire remarquer dans un festival, qui permet d’ouvrir des marchés internationaux. C’est une nouvelle industrie audiovisuelle qui se met en place. Certaines séries scandinaves connaissent une bonne diffusion internationale.

P'tit Quinquin .

P’tit Quinquin

En Suisse, dans l’audiovisuel, il y a trois régions, presque trois « pays » qui peinent à collaborer, Tessin, Suisse alémanique et Suisse romande. On ne voit guère de séries tessinoises, s’il en existe, ou alémaniques sur le petit écran romand. « Le croque-mort » zurichois fit récemment exception, sans avoir attiré l’attention du grand public. Et si des séries de la RTS sont adaptées pour « Zürich », on n’en parle guère.

Robin Renucci, le maire, une fonction délicate à occuper en courant le risque de finir par être "collaborationniste"

Un village français

Un survol du catalogue de « Netflix » n’a pas permis d’y rencontrer le titre d’une série produite en Suisse. Les séries romandes récentes s’ouvrent parfois des marchés étrangers, sur les réseaux de TV5 Monde par exemple. On n’entend guère parler de la présence de séries suisses dans les manifestations spécialisées. Il faut remonter à « Dix » qui reçut un prix à la Rochelle en 2010.

Et pendant qu’en effet, un peu partout dans le monde, la série se développe et triomphe, la RTS qui pouvait jusqu’ici produire trois séries en deux ans n’en propose plus qu’une par année, économies obligent. Dans la navigation à contre-courant, on ne fait pas mieux !

Cinéma « suisse »

Esen Isik, née en 1969, est double nationale turque et suisse. Elle vient de tourner «Köpek» uniquement à Istanbul un film qui couronné du quartz meilleur film «suisse» de l’année.

Mano Khalil, né au kurdistan syrien, vit en suisse et vient de tourner dans le kurdistan irakien «L’Hirondelle», un excellent film «suisse».

Bon, alors, c’est quoi un film «suisse»? La nationalité est en général associée à la nature de sa construction financière. L’argent venu majoritairement du marché suisse, le film est considéré comme suisse en premier!

 

"Köpek" d'Esen Isik, "quartz" du meilleur film suisse 2016

« Köpek » d’Esen Isik, « quartz » du meilleur film suisse 2016, sur les écrans en juin 2016 (Photo Cineworx)

L’argent? C’est sous sa suprématie que «Frame magazine», publication associée au Festival du Film de Zürich et à la très sérieuse NZZ publie une long texte traduit par «L’Hebdo» dans son édition du 17 mars 2016, probablement pour être en concordance avec la récente remise des quartz du cinéma suisse le 18 mars 2016.

Subvention et investissement

Première page de la traduction: «Les films les plus subventionnés sont alémaniques». Enquête. La Confédération, la SSR et la Fondation zurichoise soutiennent aujourd’hui les productions suisses à hauteur de 60 millions de francs par an. Voici les réalisateurs qui touchent le plus. Au-dessus, une image du téléfilm «financé à hauteur de 5,73 millions par la SSR: Gothard».

 Une page plus loin: trois visages de Sabine Boss, Tobias Ineichen et Markus Imboden avec des millions «glanés» : 15,34 puis 10,81 et enfin 7.09 pour le «Top 3 des réalisateurs suisses qui ont le plus reçu». Quatre réalisateurs romands sont loin derrière, Ursula Meier la meilleure avec 3,69 millions.

Isabelle Huppert dans Home

Isabelle Huppert dans Home d’Ursula Meier

Certes, la Confédération par son Office fédéral de la culture subventionne le cinéma, tout comme la Fondation zurichoise. Mais les participations de la SSR-SRG sont d’une autre nature: ce sont des investissements, qui reviennent à effectuer l’achat d’un droit de diffusion. Pour le producteur, car c’est lui qui est responsable de la gestion financière d’un produit audiovisuel, l’argent de la SSR-SRG est «commercial».

La SSR-SRG et ses entreprises se sont engagées, le 8 mars 2016, à investir annuellement ces prochaines années un peu moins de trente millions dans l’audiovisuel suisse de création, un apport important en cofinancement commercial mais qui, notons-le en passant, représente le 2 % du budget global de la radio et télévision de service public.Donc mieux vaudrait ne pas confondre subvention qui vient de la Confédération et du Fonds zurichois et investissement issu de la SSR-SRG

Plus de deux milions investis par la télévision dans un film qui sera va en Chine, mais pas dans les salles suisses ! Isabelle CAILLAT - Elisabeth Grimm

Plus de deux millions investis par la télévision dans un film qui sera vu en Chine, mais pas dans les salles suisses ! Tout de même un peu étrange ! Isabelle CAILLAT – Elisabeth Grimm

Comparaisons régionales

 Entre 2006 et 2015, l’étude reprise par l’Hebdo publie un tableau pour la répartition des subventions par régions linguistiques de 351 millions donnant  à la Suisse alémanique 65%, à la Suisse romande 25.9% à la suisse italienne 8,5 et 0,6 à la Suisse romanche.? C’est le résultat d’observations pendant dix ans portant sur 3835 paiements! Un très grand travail.

La comparaison est faite avec les pourcentages de population: 65,6 + 22.8 + 8.4 ce qui donne 96,8. Il y aurait donc 3,2 romanches! Bizarre. On peut d’ailleurs s’interroger sur ces pourcentages, comme si les frontières entre régions linguistiques étaient rigides.

Mais il y a plus grave. Le cinéforum romand, qui distribue actuellement environ dix millions de subventions annuelles, existe depuis mai 2011 seulement. Certes, on trouve bien une allusion à son existence: pour dresser un bilan complet, il aurait fallu intégrer Cinéforum. Les enquêteurs de Frame expliquent la raison de leur abstention: nous voulions que nos observations portent sur une période de dix ans, afin qu’elle soient pertinentes.

 Ne pas tenir compte de 30 à 40 millions de subventions du Cinéforum, de 2011 à 2015, rend l’enquête beaucoup moins «pertinente». Il est fort probable que les interventions du Cinéforum ont joué en faveur de producteurs et de réalisateurs romands. Manque de sérieux ou reflet d’une sorte d’ «orgueil» zurichois traduit par «L’hebdo» sans le moindre sens critique?

Films et téléfilms

 Au niveau de la démarche créatrice, il n’y a plus guère de raison de distinguer le film qui serait d’abord vu sur grand écran dans une salle avant de passer sur le petit de celui passerait uniquement sur le petit écran de la télévision et ses désormais multiples diffusions annexes (internet, réseaux sociaux).

Mais économiquement, la diffusion mérite d’être prise en compte. Là encore, le texte paru dans «L’Hebdo» provoque une nouvelle surprise. Un tableau donne le «top 10» des films les plus subventionnés: en tête un inédit, «Gothard», une production qui ne sera présentée qu’en décembre 2016 sur les petits écrans suisses. Seront-ce nonante minutes subdivisées en deux parties ou fois nonante minutes ?

Parmi les dix films cités, il n’y a qu’un romand: «Le temps d’Anna» et ses 2,37 millions qui ne sera pas montré sur grand écran. Et on y trouve six fois «Tatort», une série policière germanophone, Allemagne et Autriche associées, ayant renforcé leur collaboration avec la Suisse à travers la DRS depuis 2011.

TATORT aujourd'hui en Suisse. Une jeune fille est mort. Les enquêteurs font leur travail. Foto: ARD Degeto/SRF/Daniel Winkler

TATORT aujourd’hui en Suisse. Une jeune fille est morte. Les enquêteurs font leur travail.
Foto: ARD Degeto/SRF/Daniel Winkler

Et c’est ainsi que neuf des dix productions audiovisuelles suisses, la plus ancienne datant de 2011, les plus coûteuses sont suisses alémaniques. Et seules deux ont passé sur un grand écran (Schellen-Ursli en 2015 et Stärke en 2012).

Les séries romandes «oubliées»

Or, ces dernières années, la RTS a apporté au moins le 75 % du financement d’opérations audiovisuelles de grande envergure, des séries comme «Station horizon», «Port d’attache», «A livre ouvert» ou encore «L’heure du secret» I et 2, chaque fois avec des budgets aux alentours de quatre millions, destinées pour le moment au seul petit écran romand. Ces séries romandes ont-elles été reprises à Zürich et au Tessin? Ou vont-elles l’être? Un marché international est-il en train de s’ouvrir pour elles? Pour l’industrie audiovisuelle et par la qualité de leur réalisation, ces séries n’existent pas dans l’étude faite à Zürich et reprise aveuglément par un grand hebdomadaire romand. Dommage!

photo de famille des personnages de STATION Horizon ( RTS)

Photo de famille des personnages de STATION Horizon ( RTS). La série romande n’existe pas dans l’enquête de Frame!

Pourquoi «Le croque-mort», série suisse alémanique reprise par la RTS, c’est-à-dire ayant franchi la fameuse barrière de «roesti» qui semble bien existante dans le domaine audiovisuel vu de Zürich, n’apparaît-il pas dans les dix «films» les plus subventionnés ?

Avec la confusion entre subvention et investissement, sans s’intéresser à la nature de la diffusion, en omettant l’importance du Cinéforum romand, l’enquête de Frame traduite pour L’Hebdo donne une image fortement déformée de la réalité du monde audiovisuel suisse, avec oubli presque total du Tessin, souligne l’existence de grandes différences entre régions linguistiques, le fossé hélas bien réel entre Suisse alémanique et Suisse romande.

 

« Le temps d’Anna »: attachant téléfilm

C’eut pu être une série. Mais il faut quatre millions pour tourner six à huit épisodes de quarante minutes au moins (autour de quinze mille francs la minute). La RTS ne peut plus en produire actuellement qu’une par année ; c’est fort regrettable.

 Photos RTS / Philippe Cristin ; Anne Bichsel ; Anne Kearny

Photos RTS / Philippe Cristin ; Anne Bichsel ; Anne Kearny

Petit écran prioritaire

Ce projet s’est mué en un téléfilm de nonante minutes : aux alentours de vingt mille francs la minute, avec solide participation de la télévision (RTS, SSR, ARTE). C’eut pu être un film qui serait parti à la recherche d’un public de base dans les salles. Ce n’est pas le cas ; c’est peut-être regrettable. Parce que « Le temps d’Anna » est un beau film attachant. Un film d’auteur, certes, à rythme calme. Mais ce ne sont pas là éléments qui attirent aujourd’hui les foules dans les salles. Va d’abord pour une sortie sur le petit écran de RTS1 le mercredi 16 mars 2016, à une excellente heure, en premier rideau (20h15), avec risque heureusement pris de surprendre le public par un excès de délicatesse!

Tournage à Colombier, juin 2015

Tournage à Colombier, juin 2015

De Schaeren en Schaeffer

La scénariste et actrice, Noémie Kocher, a découvert l’existence d’une arrière grand-mère et d’un arrière grand-père horloger, créateur d’une entreprise, Mido, qui entre autres choses fit progresser l’horlogerie de la montre-bracelet étanche. Elle y raconte sans s’interdire d’être inventive une belle histoire d’amour entre Jean Schaefer et Anna von Rohr. qui aurait pu ne pas commencer, mais qui commence bien, entre autres avec quatre enfants, Louis, Emma, Charles et Marguerite, pour glisser vers des temps difficiles, ceux de la maladie d’Anna. Le fondateur de Mido, aujourd’hui dans le groupe Swatch, s’appelle Georges Schaeren. Schaeren, Schaeffer ? Entre similitude et différence, c’est peut-être signe de la famille découverte par la scénariste et de la vie réinterprétée. La mère du réalisateur d’origine polonaise Greg Zglinski était psychiatre, ses grand-mère et arrière grand-père horlogers. Une addition scénariste – réalisateur heureuse, avec un bel apport de sensibilité différentes pour revivre ce temps d’Anna et Jean.

Isabelle CAILLAT - Elisabeth Grimm

Isabelle CAILLAT – Elisabeth Grimm

Reconstitutions minutieuses

Du projet initial, la série, subsiste la durée, puisque le récit se déroule durant nonante minutes entre 1917 et 1933. Et l’histoire d’un couple s’appuie aussi sans ambiguïté sur une amie commune, Elisabeth Grimm. Costumes, intérieurs de fabrique, appartements confortables sont reconstitués avec minutie et fidélité souvent en décors réels. Avec Anna, qui monte son cheval avec facilité, on passe à la calèche tirée par aux automobiles décapotables. Dans chaque plan ou presque apparaît la minutie sans lourdeur de la reconstitution d’une époque.

Mathieu Simonet

Mathieu Simonet – Jean Schaeffer

Les silences d’Anna

Par quelques allusions en scènes plus ou moins longues, l’histoire est présente : contrebande de charbon contre des montres bracelets en 1917, allusion à des luttes ouvrières avec une réaction fort brutale d’un patron, difficultés financières des années trente. On y ajoute une allusion aux événements du 9 novembre 1932 où l’armée tira sur les ouvriers ( c’était à Genève). Il y a un peu de maladresse dans cette dernière intervention qui repose sur le montage. Les soins donnés à Anna permettent de fournir quelques indications sur la médecine associée à sa thérapie. La bande sonore associe d’étranges croassements sur l’image reprise d’un arbre solitaire, les accents du jazz accompagnent les débuts des années trente. Etranges, ces silences d’Anna, plus ou moins inquiétants, ou de brusques élans qui sont les premiers signes discrets de la maladie.

Le temps d'Anna Réalisation Greg Zglinski Avec Gaëlle Bona

Gaëlle Bona – Anna von Rohr

Un bouchon de champagne

La volonté de Jean, inventeur doué, la finesse de son acharnement de minutieux d’horloger permettent enfin d’obtenir une montre vraiment étanche et fiable, même s’il faut en passer par la forme d’un bouchon de champagne. La conquête du progrès par la recherche ne va pas sans douleur. Elle repose sur de nouvelles méthodes, la beauté et l’élégance des gestes. Effet collatéral inattendu : des milieux d’affaires chinois vont se servir du film pour faite connaître l’horlogerie dans leur pays !

Raconter un couple avec enfants, une recherche industrielle, un milieu médical, les suivre pendant près dans de vingt ans en évoquant des événements qui plongent le récit dans l’histoire demandait de s’appuyer sur une écriture solide, des paysages séduisants pour que la conduite du récit avec ses rebonds temporels offre une continuité sans heurts.

 

« Je suis femen » sur RTS1 à minuit !!

Les « femen »? Elles font partie de l’histoire récente de l’Ukraine, tout de même avant les violences d’une guerre. Le film d’Alain Margot est proposé par RTS 1 ce jeudi 19 novembre à 23h45, quand le public est à tout le moins clairsemé. Voici un texte paru dans « L’événement syndical » du 14 mai 2014 dont je suis l’auteur. Remarques sur la programmation suivent : entre minuit et deux heures du matin, combien de divisions – c’est la question que se posait Staline, sauf erreur, à propos du Vatican! (fyly-17.11.15-16h23)

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 Les rectangles jaune et bleu du drapeau de l’Ukraine sont transformés en cercles pour suggérer des yeux peints sur du carton, représenter un symbole sur une affiche, recouvrir des seins nus. Le mouvement « Femen » s’est assurément fait connaître par ces poitrines montrées devant des foules parfois nombreuses, appuyé du slogan « Nudité-Liberté » pour que cela se trouve « dans tous les journaux » puisque « on n’est pas habitué à voir un objet sexuel protester ». Pas d’exhibitionnisme, mais on peut être choqué, à tout le moins surpris ! Assurément, de la provocation : et volontaire !

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Au début, en 2011, elles étaient quatre pour former leur association, Oxana, aux cheveux sombres, Anna, la rouquine, Sasha et Inna, en toute blondeur, pour défendre la démocratie dans leur pays. Puis elles furent plus nombreuses et sortirent d’Ukraine pour s’en aller en Biélorussie, à Moscou, dans d’autres pays d’Europe. Elles veulent contribuer à refaire le monde, protester un peu tous azimuts, contre le comportement de la direction d’un zoo, devant la direction zurichoise de la ligne internationale de hockey-sur-glace soutenant le dictateur Loubachenko qui reçoit actuellement des championnats du monde. La politique est bien présente, contre des dictateurs (Poutine), des politiciens contestés (Victor Ianoukovytch l’enrichi ou Ioulia Tymochenko).

Je suis Femen - Caravel films

Cinéaste neuchâtelois, Alain Margot, sensible à l’univers féminin, la citation de Cioran en début de film en témoigne, a commencé de tourner en 2011 avec le quatuor, durant certains préparatifs, lors d’apparitions en public. Il se met à saisir des visages dans la foule, des témoignages admiratifs ou agressifs, des policiers qui traînent Sasha qui se laisse aller mais crie le plus fort possible sa réprobation. En équipe réduite, il s’immerge dans les actions publiques des « femen », peu à peu accepté dans leur vie privée, avec l’aide d’une traductrice amie d’Oxana qui devient son assistante. Au fur et à mesure du temps qui passe, l’une d’elles va même s’adresser à la caméra, autrement dit à Margot. Les heures enregistrées s’accumulent. Un « Temps Présent » de 26 minutes donne une première idée du mouvement.

Je suis femen - Oxana

Mais il est impossible de montrer ce qu’il advint à Moscou ou en Biélorussie où les « Femen » furent malmenées, battues, obligées mains liées de tenir des panneaux sur lesquels furent dessinées des croix gammées. Il restera de ces violences racontées un visage tuméfié, le plâtre sur un bras cassé.

Il faut tirer de ce matériel abondant un film. Cela se fera forcément au montage. Des heures et des heures d’images et de son numériques va émerger la colonne vertébrale, Oxana, qui accepter de parler d’elle, suivie par le cinéaste lorsqu’elle rend visite à sa mère ou dans son lieu de vie où elle travaille, observée dans les plus quotidiens de ses gestes, prendre un crayon pour faire fonctionner un interrupteur en mauvais état, peut-être le même crayon qui lui servit d’épingle à cheveux. Oxana finit par sourire à la caméra. Parfois, on la voit parler en direct, mais d’autres images se substituent à son visage, pas forcément celles de l’instant du dialogue.

Je

On va découvrir son enfance, les liens avec sa mère qui a peur pour elle à cause de ses engagements. De son père elle se souvient qu’il tombé au chômage après la chute de l’empire soviétique, au point de « sombrer dans l’indifférence ». Sa sensibilité artistique lui fait dessiner minutieusement des icônes, alors qu’elle s’imaginait entrer dans un couvent. Sa présence est alors si forte, si juste, si lucide que c’est elle qui finit par dire « Je suis femen ». Elle est devenue celle qui fait le passage entre les actions et les engagements des « femen » et le spectateur. C’est un très beau portrait d’une femme.

Entre des séquences différentes, un même thème musical fait parfois le lien. Un déplacement en train permet de mieux découvrir les membres du quatuor initial. Les informations sur la date d’un événement, les lieux où il se déroule ne sont peut-être pas assez nombreuses. « Je suis Femen » et Oxana méritent ce coup de cœur. Le reportage initial par immersion s’est transformé en document de création.

 

Sortie de « La Vanité » en Suisse romande

La télévision, la SSR-SRG nationale, en Suisse romande la RTS, est assez souvent co-productrice de films destinés d’abord au grand écran, qu’il s’agisse de documentation, d’animation ou de fiction. Ces interventions jouent un grand rôle dans le financement de certains projets. La télévision a donc parfaitement raison de signaler qu’elle aide le cinéma suisse.

On a pu voir et on continuera peut-être encore de voir parmi les spots publicitaires un message qui attire l’attention sur « La Vanité » dixième long-métrage de Lionel Baier. Le coût-minute d’une publicité sur petit écran est assez élevé. On peut même aller jusqu’à faire remarquer que les diffuseurs qui peuvent s’offrir le support publicitaire qu’est le petit écran sont peu nombreux. Ils sont très souvent américains, car Hollywood sait mettre à disposition de la promotion de ses produits des sommes considérables. Ce n’est que rarement le cas pour des productions d’autres pays.

La pub pour un film sur petit écran ne signifie donc pas automatiquement qu’il s’agisse d’un de ces « blockbuskers » qui attirent les spectateurs par dizaines de milliers. Le film de Lionel Baier est une œuvre de qualité et de finesse qui pourrait être populaire, mais modestement. Son style n’est pas tapageur comme le sont la grande majorité des films qui drainent les foules. C’est un film qui sait être gai sur un sujet grave, la mort volontaire que veut se donner dans des conditions d’aide légale, un architecte âgé. On est presque dans un récit qui respecte les trois unités du théâtre classique, de sujet, de temps et de lieu. Et le titre ne frôle pas l’orgueil ou l’auto-satisfaction. Il fait allusion à une forme d’art pictural qui rappelle souvent par la présence d’un crâne que la mort est inéluctable pour l’homme et ses préoccupations.

La vanité -Lionel Baier

Derrière Esperanza (Carmen Maura) et Patrick Lapp (David Miller), on aperçoit l’oeuvre de Hans Holbein le jeune, « Les Ambassadeurs » reproduits ci-dessous.

La télévision a raison de rappeler ou de faire savoir qu’elle aime le cinéma suisse, en proposant aussi des films qui ont pour ambition d’être plus que de simples divertissements.

"Les Ambassadeurs" de Hans Holbein le jeune, 1533

Au début du film, on entrevoit dans une chambre d’un motel qui semble s’éloigner des riches années de sa construction, au temps de l’Expo 64, une toile célèbre de Hans Holbein le jeune, « Les Ambassadeurs », œuvre considérée comme un parfait exemple de « vanité » picturale. L’étrange objet en oblique au bas du tableau devient un crâne quand on le regarde obliquement depuis la gauche du tableau, à la « Tate Gallery » à Londres, effet d’anamorphose plus facile à produire avec des miroirs déformants ou en numérique qu’en peinture en 1533.

« The affair » : à double sens ?

A voir, probablement avec grand plaisir, sur RTS 1, dès le mercredi 1 juillet aux environs dès 22h30, la première saison d’une nouvelle série récurrente de dix épisodes offerte en duos.

Lu plusieurs textes élogieux, par exemple dans « Télérama » en octobre 2014, mais aussi dans « TV8 » dans le numéro 26 du 27 juin au 3 juillet ; vu des extraits titillants sur internet; entendu même quelques compliments oraux.

Voici certaines raisons d’espérer que cette première saison soit réussie :

+ showtime, chaîne à péage américaine, a produit parmi d’autres des séries comme « les Borgias », « Californication », « Dexter », « The L world », « Les tudors », « Weeds »et préparerait une nouvelle saison de « Twin peaks » pour 2016. Le non-conformisme est bien présent dans ces choix ;

+ c’est une série récurrente, le titre anglais semblant bien prendre un double sens, celui de la « liaison » amoureuse tout autant que d’enquête dont semble-t-il on ne saura qui est le mort ou le disparu et le coupable, par meurtre ou accident, seulement vers la fin de la saison ;

Dominique West et ruth Wilson dans "The affair" (photo showtime)

Dominique West et Ruth Wilson
(photo showtime)

+ Doit-on au scénariste israélien Hagaï Levy la structure du récit qui relate les mêmes événements vécus ou vus par le professeur Noah Solloway, marié et père de quatre enfants et la serveuse Alison Lockhardt qui vient de vivre un drame ? C’est une démarche en double regard plutôt assez rare. Ose-t-on  évoquer le très lointain « Rashamon » de Kurosawa ?

+ la présence d’acteurs britanniques comme Dominique West et Ruth Wilson pourrait bien introduire une subtilité inhabituelle dans l’interprétation;

+ enfin, la RTS n’aime guère proposer des séries récurrentes qui risquent de s’inscrire dans le haut de gamme en premier rideau. Il y a donc de bonnes chances qu’une série qui débute après 22h30 puisse intéresser le public qui se raréfie naturellement à autre chose qu’une enquête policière unitaire et simpliste en donnant place aux émotions, aux sentiments et à la mise en scène créatrice.

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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