La campagne est terminée !

Avant même la confrontation Hollande-Sakkozy du mercredi 2  mai sur TF1 et France 2, j’ai rédigé quelques lignes relues sans y changer une virgule. Il est « amusant » de savoir si ce que l’on pensait important a v a n t allait le rester a p r è s.  Ce n’est pas  intéressant de le reproduire ici.

Voici toutefois un autre texte, écrit le vendredi 4 et paru le lundi 7 en version imprimée dans deux journaux sous « Rétines ».

Et le gagnant est…

Le décor du grand débat du 2 mai 2012 sur TF1, France 2, etc( Photos rts)

Pour des raisons techniques, ces lignes étaient écrites le vendredi 4. La probabilité d’une surprise était faible, sondages en nombre et commentaires allant dans le même sens. Près d’un habitant de France sur trois aura suivi le grand débat, et un peu plus que un sur six de suisse romande. Nous  étions parait-il encore deux cent mille à 23h30 après cent cinquante minutes  durant lesquelles environ 137 « chiffres » furent avancés,  95 par S. et 42 par H. Ce fut un match de boxe sans KO plutôt qu’une vive partie d’un ping-pong plein de finesse. Aucune idée nouvelle : c’est sans surprise ! Hors antenne furent presque instantanément vérifiés certains faits chiffrés. Le journal de France 2, jeudi soir, a repris des exemples de contradictions liées à des sources différentes , selon le « fact checking » : des chiffres lancés sans mention des sources permettent de dire n’importe  quoi !

Les animateurs du débat, Laurence Ferrari (TF1) et David Pujadas (France2) se contentèrent de lire les temps de parole pour conserver la plus stricte égalité. Ce fut leur seule utilité! Mais comment aura-t-on comptabilisé les interruptions et le temps de parole quand S et H parlent d’un même élan ? L’un des participants utilisa assez souvent le mot « mensonge », uppercut venu de la droite.  Les limites de l’exercice,  spectacle à deux voix sur des variations connues, furent vite atteintes.

Tout fut préparé, donc formaté et bétonné en coulisses, par ces conseillers personnels discrets dont l’existence a été  racontée dans de récentes fictions , « Borgen », « The Hour » ou encore « Les hommes de l’ombre », bien plus intéressantes que l’affrontement.

Cependant, trois remarques …

1/ La guerre des chiffres.

S. a abondamment livré à H. une guerre des « chiffres ». Il existe donc un organisme qui vérifie la validité de ces affirmations numériques, sous le nom de « Fact Checking » qui a le mérite de se prononcer sur leur validité en citant les sources. Ainsi des informations contradictoires en apparence peuvent-elles provenir de sources différentes ou d’une interprétation différente de ces sources. Oui, mais la rectification intervient hors du lieu de l’entretien. Dommage qu’elle ne soit pas mise immédiatement à disposition sinon du journaliste à l’antenne, au moins de ses collaborateurs en coulisses. Il serait précieux que la validité des informations soient annoncées dans le débat en direct.

On dirait un décor comme celui qui précède, devant lequel deux jeunes fonctionnaires issus de l’ENA prennent la pose en préparant leur avenir…présidentiel, l’une en 2007 suivie de l’autre…

2/ L’emploi du mot « mensonge ».

A plusieurs reprises, devant les informations numériques données par H., S. a parlé de « mensonge » – combien de fois aura-t-il tourné autour de la notion, en y ajoutant celle de « menteur » ? Cette violence verbale n’aura pas été sa qualité la plus admirable de S. Elle frisait presque l’injure en parodiant le «  ferme-la pauvre con » !

S. sur le départ (photo arcinfo)

3/ Sondage ou Baromètre ?

Quatre cents sondages ont été commandés durant cette campagne de 2012.  Ils ne furent semble-t-il que trois cents en 2007 et deux cents cinq ans auparavant. En passant, combien çà coûte, un sondage, ou plutôt, combien çà coûte, cet ensemble de sondages ? Et qui sont les commanditaires ?

Autant, pourquoi pas ? Mais une condition n’est que rarement remplie, presque partout : fournir à leur propos les informations qui en garantissent la validité, l’origine et le commanditaire. Il y a tout de même souvent beaucoup de légèreté dans l’emploi du mot sondage, pour ne pas aller jusqu’à parler de tromperie.

Trois personnes donnent leur avis, un journaliste colle son micro sous le nez de six passants sur un trottoir, un cameraman filme cinq consommateurs à une table de bistrot, et on vous parle de « sondage » ;  abusivement ! Ici ou là, ces petits jeux qui n’ont aucune valeur informative sont prudemment nommés  « baromètre ». Manque de pot, un journal aussi sérieux que « Le Monde » se met parfois à employer « baromètre » pour donner des résultats de  « sondages ». Il est vrai qu’un « baromètre » donne toute de même une petite indication sur le temps qu’il risque de faire le lendemain. Mais les prévisions du temps, elles, reposent sur plus d’éléments qu’un sondage !

Monsieur H. encore jeune

L’heure des bilans

« Infrarouge », bien entendu, traite cette brûlante question d’actualité de la présidentielle française immédiatement ! Participeront au début MM Levrat, Lüscher, Attali, Schockenhoff, Blanc, Quatremer, Cayrol : heureusement, il y a aura une dame pour contenir les élans de ces sept messieurs, parmi lesquels manque  Freysinger ( ces lignes sont écrites au matin du mardi 8 ).

L’image choisie par la RTS pour annoncer le débat d’ « Infrarouge »

Excellente soirée sur France 3, lundi soir, avec un document résumant la campagne signé Serge Moati et surtout un « François Hollande, comment on devient président », survolant une carrière qui prit son élan en 1954 n’ayant guère de liens avec un navigateur sur pédalo : remarquable !

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