Etranges Couleurs Locales
Le téléspectateur a la chance de pouvoir choisir son canal parmi des dizaines de chaînes qui lui sont offertes, de naviguer sur internet et de regarder au volant son téléphone portable. Faute de pouvoir tout couvrir, le chroniqueur doit faire des choix, celui de donner bonne place à la TSR, mais aussi de rester attentif à ce qui lui semble intéressant ailleurs.
Renforcer l’information quotidienne
L’information quotidienne reste un des programme télévisé les plus suivis. Les téléjournaux et équivalents subissent des modifications fréquentes alors que les supports de diffusion augmentent. L’information dépend aussi des convictions de ceux qui s’en voient confier la responsabilité. Sur M6, par exemple, le « Six ! » est devenu le 19:45 pendant dix-huit minutes assez séduisantes. A la TSR, sous l’impulsion du nouveau chef de l’information, Bernard Rappaz, entre 19 et 20 heures, des choses changent.

Le duo de présentateurs de la nouvelle *Couleurs locales” qui remplace depuis le 23 août 2009 l’ancien ”Journal de 19 heures” ( pour les noms, voir plus bas).
Une réelle volonté existe de renforcer l’unité des deux plages informatives en semaine, entre 19h00 et 20h00, en les rendant complémentaires. Mais il faut en rester à deux émissions aux titres différents, afin de pouvoir glisser entre elles quelques messages publicitaires rémunérateurs et faire de la bonne autopromotion.
Quel rôle pour les bureaux régionaux ?
Je me suis donc efforcé de suivre le plus souvent possible cette information renouvelée. En principe, la production des différents sujets qui alimentaient l’ancienne émission de 18h55 dépendait des différents bureaux régionaux de Moutier, Neuchâtel, Fribourg, Sion, Lausanne et Genève. On pouvait alors reconnaître l’origine de la majorité des sujets. Dans la nouvelle mouture d’un peu moins de vingt minutes, qui débute à 19h00 tapante sous le titre Couleurs locales, un petit drapeau à la fin des sujets les plus brefs fait allusion à l’origine cantonale. D’autres sujets, l’un d’eux, celui du début occupant parfois cinq bonnes minutes, proviennent de sources cantonales pas immédiatement identifiables.
Qui est responsable des choix ?
Lorsque furent ouverts les bureaux, l’apport régional était identifiable, en soirées complètes ou plages de quelques minutes. La responsabilité du choix des sujets dépendait des rédactions régionales avec leurs équipes de terrain, information certes donnée à la centrale de Genève. Avec la disparition de la régionalisation minutée au profit d’une plus grande souplesse, il devenait difficile de savoir qui décidait qu’un sujet cantonal était intéressant. Avec la nouvelle formule, il est à peu près certain que le pouvoir appartient à la rédaction centrale de Genève, à la hiérarchie avec cadres renforcés depuis l’arrivée de Bernard Rappaz. Reste à savoir s’il s’agit vraiment d’un progrès. Un long sujet fut consacré récemment au cirque Knie, lors de la première à Genève. Aucune allusion au fait que Knie avait déjà passé dans l’arc jurassien à fin juin. La couleur locale était, en l’occurrence, genevoise.
Le titre même de l’émission évoque le local. Où est le local quand une équipe est expédiée à Gênes pour y suivre l’évolution d’un bel animal des mers, le nouvel Alinghi 5 ?
Un intéressant sujet sur le suicide qui tue plus que la route semble fondé sur des expériences valaisannes. Reste à savoir si l’information sur la proportion entre les suicides et les accidents mortels de la route est celle du Valais, de la Suisse romande ou même de la Suisse entière.

François Egger : dans l’environnement d’un studio, coincé par la technique de noir et violet stylisée.
Coincés dans des cabines de téléphone !
On peut se demander si l’idée de présenter les candidats au Conseil fédéral en les enfermant dans une cabine téléphonique surchauffée était vraiment une bonne idée pour habiller de spectacle les deux ou trois minutes permettant à celle ou ceux-ci de répondre à des questions censées résumer les grandes lignes de ses principales options.
Quelques bombardements en rafale de plans courts, des accélérés soulignent certains passages informatifs. Ces coquetteries formelles n’amènent strictement rien au plan informatif. Peut-être sont-elles destinées à appâter les jeunes spectateurs avec leur esprit clip!
Nouvelles formes pour plusieurs supports
Ces remarques pour le moment reflet d’une attitude réservée ne veulent pas être une condamnation après quelques jours seulement de croisière. Sous l’impulsion de Bernard Rappaz, la TSR veut procéder autrement et si possible mieux pour ravitailler en informations quotidiennes les différents supports, sur le téléviseur de salon, avec le report d’émissions sur le site www.tsr.ch , la déclinaison d’une même information pour internet ou même le téléphone portable. On part à la recherche de formes nouvelles. Les anciennes n’étaient pas toutes mauvaises.

Le logo de “Couleurs locales” : mais il n’y en a que deux ! Quatrième image, résultat du petit tour fait dans la photothèque du “service de presse de la TSR”. J’aurais volontiers illustré ce texte avec une image d’Alinghi 5 à Gênes ou celle d’un invité du cirque Knie. A part le logo bi-colore ci-dessus, il n’y a que les nouveaux présentateurs, du reste charmante et élégant. La personnalisation de l’information est un travers regrettable. On finit par croire que le choix des sujets d’une émission dépend de celui ou celle qui les présente. Ce qui est faux, mais s’inscrit dans la tendance “people” !

Etranges Couleurs locales ! En effet ! Mais oh combien « fraîches » ! L’équipe de « Nouvo » s’empare de l’information locale et ça fait du bien ! C’est sympa, coloré, intéressant. C’est l’information autrement, proche des gens ! Et un changement de ton qui est primordiale et surtout une mise en valeur différente des régions. Personnellement, si je veux une information très axée sur ma région, je regarde la diffusion (en boucle) du JT de ma télé locale. Par contre, si je suis curieux de découvrir les régions qui m’entourent, d’une manière originale, je mise sur « Couleurs locales ». ABE