Populaire & de qualité (ex: du Dîner à la ferme)

L’expression utilisée depuis quelques années par Nicolas Bideau, chef de la fédérale section du cinéma, ce «populaire & de qualité», fait le bonheur en télévision depuis fort longtemps. Mais l’important, c’est le &. Nouvel exemple réussi: «Le Dîner à la Ferme»!

Comment mesurer le populaire ?

Le populaire doit pouvoir se mesurer selon des critères à connaître. Ici règnent l’audimat et la part de marché, près de cent quarante mille spectateurs pour une pdm de près de quarante pourcent, supérieurs à la moyenne annuelle. Autres critères possibles: les réactions de l’ensemble de la presse romande. Oui, mais, depuis la disparition d’un document interne édité par la TSR – «Média Press», un seul moyen pour tout connaître: acheter chaque jour tous les journaux romands! Savoir aussi que les textes de promotion, souvent de complaisance, sont plus nombreux que les compte-rendu (comme en page 3 de L’Express et l’Impartial, le lundi 3 août 2009). Peuvent aussi être pris en considération les lettres, les sms, les courriels, souvent réduits à de courtes interventions du genre trop simple «j’aime», «j’aime assez», «J’aime peu» ou «J’aime pas»! Un bon souvenir après la mise en cause d’un «soap opéra»: ma mère qui me dit «Je suis d’accord avec tes arguments…. Mais j’aime quand même!»

Genève - transport ancien pour se rendre à la ferme

Alors, la qualité?

Le goût personnel, évidemment entre en ligne de compte. Mais il est essentiel alors de dire pourquoi, d’argumenter, d’user de son pouvoir de conviction.

D’emblée, le «Dîner à la ferme» mérite de retenir l’attention (cf Rétines du 20.06.09), meilleur que la contribution un peu semblable de M6, cinq fois par semaine «Un Dîner Presque Parfait» assurément très spectaculaire, mais envahie par un commentateur qui y ajoute ce qu’il pense être une pointe de sel. Tuant, de l’entendre décrire ce que l’on voit!

Le dîner à la ferme

Les visites de fermes, les unes après les autres, confirment et amplifient la satisfaction. A propos de la structure qui revient chaque semaine, un regret pour l’inutile accéléré lors de la mise en place des décorations de la table et une réticence sur les notations données des uns à l’autre pour l’accueil et le repas qui souvent dépassent les «sept»sur dix par prudence. Par contre, positif le fait de ne pas lancer dans ce divertissement informatif une clause d’expulsion!

Vaud - quand le tracteur remplace le cheval

A la découverte!

On fait rapide connaissance de la famille d’accueil. On apprend plein de choses sur différentes formes d’entreprises agricoles, de l’assez écologiquement modeste à l’industriel d’esprit familial. On visite chaque domaine pour découvrir ses caractéristiques. On entre dans les cuisines après avoir suivi les achats de produits régionaux et échangé quelques mots avec les fournisseurs. On prend l’apéritif en attendant le dîner du milieu de la journée. Pendant le repas, on sent monter l’eau à la bouche à maintes reprises. A table, l’hôte du jour est malheureusement absent, ce qui joue au détriment de la convivialité. En guise d’épices : quelques remarques en isoloir des uns et des autres.

Un geste devenu rare à la ferme

Favoriser la vente des produits du terroir

Cet éloge aux produits du terroir aurait-il favorisé les ventes directes de la ferme sans que la promotion devienne gênante pour les fournisseurs? Les observateurs attentifs des équilibres régionaux peuvent être contents. La présence à l’écran n’est pas proportionnelle au nombre d’habitants ou à celui des domaines agricoles. Un par canton plus la partie francophone de Berne: pour une fois, l’arc jurassien est sur-représenté, ce qui contribue à l’équilibre à long terme.

Tous réunis pour la 8ème et dernière: un peu décevante

Amicale complicité

Entre les sept participants semble bien s’être installée une réelle complicité amicale. Certes, on peut obtenir cet effet pas d’habiles choix au montage qui aurait omis d’éventuels moments de tension. Tous les participants ont certainement été promus au rang de vedette locale,cantonale ou romande durant quelques jours ou semaines. Parmi eux, un seul vrai «personnage» caractérisé par ses «tip-top» mais plus encore lors d’un grand moment de télévision, lorsqu’il fit l’éloge de la beauté du silence de la nature!

La caméra cache le caméraman mais ni la cave, ni Béatrice Barton.

Coup de chapeau à Béatrice Barton

On ne sent presque apte à oublier une série restée prise dans certaines gorges, les regrettables «Super seniors» qui dérapèrent. Chargée depuis quelques années de ces mini-séries estivales qui sont clairement inscrites dans une «téléréalité» presque toujours sans démagogie, la productrice Béatrice Barton peut être fière de sa cuvée 2009, peut-être encore meilleure que «Le mayen 1903».

 

2 réponses à to “Populaire & de qualité (ex: du Dîner à la ferme)”

  • Helvète:

    Bonjour,
    L’idée du « Dîner à la ferme » est excellente, mais n’oubliez pas qu’une émission semblable a été diffusée auparavant sur la chaîne suisse alémanique !…
    Ignorance ou plagiat ?

    • Mirdig:

      Pourquoi, à nouveau, critiquer »Les Super Seniors » et faire une comparaison avec « Le Dîner à la ferme » ? Vous oubliez que beaucoup de personnes ont adoré l’émission, tant les personnes âgées que même les enfants.

      N’avez-vous pas assez cassé du sucre sur Béatrice Barton et nous, à l’époque ?

      En ce qui me concerne, je n’ai eu que des félicitations et ce même encore à ce jour, soit 4 ans après la diffusion.

      Mireille, Super Senior

Avertissement

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