Megaphone : un bon concept plutôt bien appliqué
Avertissement : les images qui illustrent ce texte sont tirées du « dico » de service de presse de la TSR. Au prénom, nous ajoutons le nom de famille. ( Les photos TSR sont de Cédric Louis, le réalisateur polyvalent!)
Mieux que « Desesperate Electrices » !
Bon titre, qui caractérise bien la nouvelle émission politique de la RTS pour les élections fédérales de 2011 ! Le mégaphone, qui permet d’amplifier la voix, apparaît dans l’image, posé sur une table ou porté en bandoulière par le journaliste. On aura vu Romaine Jean mégaphone à hauteur de tête en première d’un hebdomadaire spécialisé en tv. Mais ce « mégaphone » doit en bonne partie sa réussite au duo Peter Berni, journaliste et Cédric Louis, réalisateur. Dommage qu’il soit resté symbolique sans emploi réel. Mais selon le concept de l’émission, il permet de donner vraiment une parole enfin entendue à des « anonymes ». A première vue, il semble bien que « Mégaphone » soit supérieur à l’émission qui avait tout de même fait parler d’elle il y a quatre ans, une « adaptation » plutôt maladroite de « Desesperate Housewives » devenue « Desparates Electrices » qui n’étaient parfois pas du tout désespérées.
Des questions plus intéressantes que les réponses
Le duo Berni/Louis responsable en partie de ce bon concept, choisit quelques personnes qui poseront en direct des questions à des politiciens connus. Un portrait de quelques minutes permet de faire connaissance avec chacun d’eux et l’entendre s’exprimer sur le sujet qu’il abordera lors du direct. Faire poser une question par un « anonyme » finit par être plus intéressant que d’entendre la réponse plus ou moins improvisée d’un milicien mais professionnel de la politique.
Politiciens lémano-centristes
Voici qu’un petit groupe de romands, venus de chacun de nos canton totalement ou partiellement francophones, ce qui avantage les régions peu peuplées, vont devenir plus intéressants que les notables de la politique, eux bien connus qu improvisent des réponses, certaines du genre slogan de propagande électorale déjà répétitif. Le groupe issu du peuple respecte la diversité romande. Celui des politiciens obéit à une autre règle. L’équilibre géographique donne alors Valais trois, y compris la présentatrice, Vaud deux et Genève un !
Des femme plus solides que les hommes
Point fort pour « mégaphone » : donner le droit de questionner à des inconnus qui viennent d’horizons fort différents. Point faible, en face d’eux un groupe d’habitués géographiquement restreint. Et à l’intérieur des deux groupes se détachent des figures féminines. Plus encore qu’une Isabelle Moret, Géraldine Savary ose évoquer la prise de conscience un peu tardive de son parti sur les problèmes de sécurité. Parmi les anonymes, Alessia Lorenzini, bien préparée, est si tranquillement sûre de ce qu’elle dit qu’en face d’elle,pour une fois, Oskar Freysinger bénéficie de la douceur en général attribuée aux moutons blancs qui est bien éloignée de son habituel comportement spectaculaire et répétitif.
Un sondage comme habillage
La télévision est ainsi retombée dans ses habitudes dans la phase des débats. Un sondage portant sur un échantillon de mille et huit personnes en Suisse romande peut ainsi fournir des pourcentages qui ont un sens, même si la marge d’erreur n’a pas été citée, une fois de plus. Elle ne dépasse pas les plus ou moins quatre pourcent. Une certaine satisfaction apparaît dans l’ensemble des médias sur la situation actuelle en Suisse, économie saine, monnaie forte, chômage en baisse. Le sondage, mais plus encore les invités par leurs questions, témoignent de certaines attentes insatisfaites et d’inquiétudes.

Pour avoir su transformer Oskar F de l’UDC en un mouton blanc de douceur, encore une fois Alessia Lorenzini !
Reçus dans un hôtel de luxe
Maladresse : les « anonymes » ont été reçus par la télévision dans le cadre luxueux d’un haut lieu bernois, l’Hôtel Bellevue. Une visite certes élégante, mais dans un lieu politiquement snob ! Chassez le naturel, le revoici dans le milieu des intrigues lors des nuits qui précèdent les coups de force pour les élections au conseil fédéral. Dommage que l’ouverture sur quelque chose de nouveau n’ait ainsi faite qu’à moitié. On ira peut-être en un établissement plus « populaire » lors de la seconde émission imposante prévue pour septembre.
Conclusions
Les anonymes plus intéressants que les politiques, leurs questions plus percutantes que les réponses. Des apports féminins qui se font remarquer mieux que les masculins. Une télévision qui ose rencontrer des anonymes et faire oublier cet anonymat par la qualité de certains portraits, qui semblaient devenir plus courts en fin d’émission.



