Station Horizon : avant l’épisode « 3 »

Revu, les samedis 28 février et 7 mars 2015, les prometteurs épisodes 1 et 2, dans d’excellentes conditions, autrement dit devant un téléviseur, en spectateur «lambda» ( quoique à l’horizontale), sans prendre de notes, sans arrêter la projection, ni revenir en arrière, simplement dans la continuité de ce pourquoi est faite toute fiction, se laisser aller au rythme du récit, ici durant une cinquantaine de minutes.

Confirmation : c’est vraiment bien: bien écrit, bien dialogué, bien filmé, en général bien joué par de bons acteurs, bien monté, bien fignolé autour d’excellentes images, avec une bonne musique, des sons agréables.

Lavinia Longhi (Cheyenne)  (Photo RTS - Rebecca Browning)

Lavinia Longhi (Cheyenne) (Photo RTS – Rebecca Browning)

Auteurs et commanditaires ont tout lieu d’être satisfaits. La part de marché du premier épisode est mieux qu’acceptable, plus élevée qu’espéré, à trente-cinq pourcent. En principe, le premier épisode fait un score plus élevé que les suivants. Il sera donc intéressant de savoir comment se comporte l’audimate durant toute la série.

Juste en passant, une information: le plus récent des «Coups de cœur d’Alain Morisod» aurait retenu l’attention de cent mille romands un précédent samedi soir peu après vingt heures alors que le score du premier épisode de «Station horizon» tournerait autour des cent quatre-vingt mille.

Une certaine audace n’a pas fait fuir le grand public du premier rideau du samedi soir. Les actions se succèdent rapidement sans laisser aucune place à quelque temps d’arrêt qui imposerait au téléspectateur de s’interroger sur des comportements ambigus ou subtils de certains personnages. Occuper la case d’une chaîne de service public généraliste à l’heure de grande écoute du samedi soir impose une certaine prudence: l’action sans mort violente mais sans temps mort fait le compte avec un nombre de personnages intéressants dans des situations variées.

Jean-Marc Morel (Père Maurice, en activité, parfois aussi radiophonique9

Jean-Marc Morel (Père Maurice, en activité, parfois aussi radiophonique, assez inattendu personnage « secondaire »

A propos des acteurs

Les personnages principaux ou même secondaires qui ne sont pas réduits à une silhouette sont presque une vingtaine. Dans la distribution, on trouve un comédien d’origine albanaise vivant en Italie (Klaudio Hila – Elvis), une italienne (Lavinia Longhi – Cheyenne), des belges ayant parfois fait belle carrière en France ( Alexandra Vandernoot- Nicole Héritier/ Bernard Yrlès – Joris Fragnière), une majorité de suisses, romands, parfois partiels émigrés, certains ayant aussi travaillé hors de nos frontières. Voici un bon ensemble de bons acteurs.

Un grain de sable pourtant, avec Anna Piéri, qui joue le rôle de Suzy Fragnière, «mère de famille pimpante et bipolaire»; c’est ainsi qu’elle est présentée dans le dossier de presse. La crise qu’elle doit interpréter dans le deuxième épisode est assurément exagérée, frétillante plus que frémissante, avec une diction si pointue qu’on en a presque envie de baisser le son. On peut voir actuellement dans «Homeland» un personnage bipolaire, Carrie, avec Claire Danes qui porte cette maladie en finesse, avec nuances sans en masquer la violence qui s’installe sans brusquerie.

Anna Pièri (Suzy Fragnière) dans "Station HORIZON"

Suzy Fragnière (Anna Pièri, parfois un peu crispante dans ss colères)  (Photo RTS)

Chaque jour, pendant le tournage d’une série, il faut réaliser cinq/six minutes de rushes utilisables dans la version finale. C’est beaucoup plus que pour un film normalement financé, où la norme tourne autour de deux minutes utiles. Qui est en cause dans ce cas: l’actrice trop rageuse, le metteur en scène qui n’a pas eu assez de temps pour refaire une prise?

 Deux fois Bernard Yerlés

 Le samedi 7 mars 2015, vers 21h00, fin de l’épisode 2 de «Station horizon». Le même soir, dès 20h50, sur France 3, un téléfilm, «Meurtres à l’île d’Yeu». J’ai donc glissé, grâce à une proche plus attentive que moi, de RTS 1 sur France 3, pour y retrouver avec sa barbe Bernard Yerlès, l’ancien détenu devenu capitaine de police menant une enquête criminelle.

Bernard Yerlés dans "Meurtres à l'île d'Yeu"

Bernard Yerlés dans
« Meurtres à l’île d’Yeu » (Photo France 3)

Il est beaucoup plus intéressant, pour un acteur, d’interpréter un personnage qui reste à découvrir (pourquoi Joris était-il en prison?), qui ne se comporte pas tout d’une pièce (dans la relation amour/haine avec son frère), qui continue de surprendre par ses comportements, plutôt que dans le rôle d’un capitaine de police qui conduit une enquête criminelle tout en se sentant attiré par une navigatrice. Il «séduit» évidemment beaucoup mieux dans le rôle d’un personnage complexe que dans celui d’un enquêteur.

Bernard Yerlés (Joris) dans "Station horizon" (Photo RTS)

Bernard Yerlés (Joris) dans « Station Horizon » (Photo RTS)

Certes, intervient alors un problème de préférences personnelles. J’aime mieux une série faite sur un amoncellement d’actions successives sans meurtre qu’une enquête de plus sur un crime plus ou moins sordide. J’aime mieux voir évoluer des personnages qui surprennent que d’en suivre d’autres dont la personnalité est noyée dans un côté «polar» qui ne varie guère durant tout le récit!

 Episode 3 : Double jeu

“Station horizon” est fort bien mise en valeur par la RTS et aussi son service de presse, avec une triple présence à l’antenne

Samedi 14 mars 2015, sur RTS 1, à 20h10, pour grand public

Dimanche 15 mars, sur RTS2, à 01:40, pour noctambules

Lundi 16 mars, sur RTS 2, à 11:25, pour la ménagère de moins de cinquante ans préparant son repas ou pour pensionnaire d’EMS

Les épisodes restent ensuite encore accessibles sur le site

Voici comment le service de presse de la RTS résume le troisième épisode
Déstabilisé par le départ de Suzy, Charly commet des excès en tous genres. Joris, débordé, doit désormais s’occuper d’Axelle, de la station et préparer la course, lui qui développe une relation amoureuse avec Cheyenne, une danseuse qui lui fait tourner la tête. A la veille des hostilités, la relation entre les deux frères est plus tendue que jamais.

Jessy, une jeune fille en quête d’indépendance, est de plus en plus présente à la station. Eprise d’Elvis, elle le tire d’affaire en se mariant avec lui. Le matin de la course, alors que Charly est absent, Elvis prend les commandes de la voiture de Jessy et affronte Bernard et son bolide. Sur la ligne de départ, le regard que se lancent les deux hommes trahit des sentiments partagés. Sur la route des falaises, tout ne se passe pas comme prévu.

La poursuite en voiture, spécialité du cinéma de divertissement, on l’attend; au contour, bien sûr!

 

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