« 1992 » à « Made in Europe »

«Made in Europe», c’est une case régulière réservée aux séries européennes en principe chaque vendredi sur RTS Un, en fin de soirée, aux environs de 23 :00. On y trouve en général des séries récurrentes qui proviennent, doublées, de différents pays d’Europe. La programmation consiste, selon une habitude que l’on peut ne pas apprécier, à présenter deux épisodes à la fois, ce qui ressemble beaucoup à une séance de cinéma présentant un long-métrage d’une centaine de minutes avec entracte. Seulement en nocturne, l’entracte à minuit pour la publicité, c’est peut-être le signal donné de l’indispensable «dodo». Pour qui sont les «inédits» de minuit? Cela revient à jeter l’argent par les fenêtres nocturnes pour peu de spectateurs!

Véronica Castella (Miriam Leone), la maîtresse de Mainaghi

Véronica Castella (Miriam Leone), la maîtresse de Mainaghi

Premières impressions

Oui, mais au soir du 29 avril 2016, j’ai pris le train «Made in Europe» par intérêt pour la case sans rien savoir du contenu. Peut-être suis-je ainsi devenu téléspectateur moyen regardant ce qui coule du robinet à images sans connaître la qualité de l’eau. Voici mes observations du lendemain: c’est italien, pas très agréablement doublé, cela se passe à Milan. Il s’agit de politique, alors que la montée de la télévision d’un certain Berlusconi est dans l’air. II y a de jolies femme. On saute d’un personnage à l’autre, sans avoir tellement le temps de comprendre qui est qui. On manque de temps pour saisir certains comportements. Qui donc se fait si brutalement tabasser dans une rue en pleine nuit? Une scène de sexe, qui n’a rien à voir avec le manque d’affection, n’est pas piquée du derrière, au point d’être surpris de l’absence du logo rouge dont on fait tout de même un large et prudent usage à la RTS. A se demander si quelqu’un a préalablement visionné la série. Mais tout de même, tout cel semble assez intéressant.

Linspecteur Lucas Pastore (Domenico Piele)

L’inspecteur Lucas Pastore (Domenico Piele)

Pour en savoir davantage

Comment est-il possible de ne pas avoir fait attention à une bande de lancement? Pour la fiction, la promotion ne se fait pas sur l’antenne: il n’y en a que pour les sports qui permettent de parler des prochains quarts, demis et autres finales ou des si passionnants Vaduz contre Lugano! Alors, pour le rattrapage, il y a internet, par exemple:

 http://www.rts.ch/emissions/series/toutes-les-series/7679417-1992.html

http://television.telerama.fr/television/1992-quand-l-italie-s-attaquait-a-la-corruption,130609.php

http://www.lemonde.fr/m-actu/article/2015/02/04/corruption-en-series_4569518_4497186.html

http://seriestv.blog.lemonde.fr/2015/06/29/1992-litalie-observe-son-passe-politique/

https://www.letemps.ch/culture/2016/04/29/1992-serie-raconte-guerre-contre-mafia-hauteur-hommes

Dans le récent «Médiatic» (no 191 / mai-juin 2016), on trouve en page deux une excellente présentation de cette série.

Observation finalement paradoxale: à force de chercher sur internet et de lire des textes à propos de «1992 », force est de constater que j’aurai passé au moins deux heures depuis une semaine pour des lectures, et une autre seulement pour revoir le premier épisode, «Les sangliers».

Trois saisons, dix épisodes par saison

 La production est assumée par «Sky Italia», bouquet de télévision par satellite du groupe «21st century Fox» dirigé par un magnat de la presse Rupert Murdoch. Il s’agit d’une production audiovisuelle qui dispose de gros moyens. Dans l’empire Murdoch, on s’autorise de faire une série qui évoque des magouilles politiques et des méthodes de manipulation du public par la télévision pour le plus grand bien de la fortune privée. Sont à venir, «1993» et «1994»,  trois saisons avec dix épisodes de cinquante-deux minutes.

Photo de la famille Mainaghi

Photo de famille Mainaghi

Vers le haut de gamme

Il y a évidemment un mélange entre les faits de la réalité économique et politique en utilisant les noms de personnes réelles. On y invente autour du vrai juge Antonio di Pietro des personnages qui sont de pure fiction, sans vraiment savoir ou commence la fiction, où finit la réalité (certainement pas dans le VIH qui atteint l’inspecteur Luca Pastore provoqué par un remède de qualité douteuse). Peu importe, puisque au moins la plausibilité est indiscutable qui raconte ce temps où l’Italie tenta de sortir de multiples magouilles. Encore que la Ligue du Nord, et Berlusconi et sa télévision de démagogie populaire, quelques années plus tard, confirmèrent que le recommencement est possible, mais autrement!

Intéressant, assurément. Mais la structure même du récit reste difficile à suivre oscillant entre reflet de la réalité politique italienne et fiction avec multiplication des situations anecdotiques. Une demi-douzaine de personnages d’égale importance ne facilitent pas la compréhension d’un récit qui va recouvrir tout l’histoire de l’Italie de «mains propres» de 1992 à 1994. On est bien dans le haut de gamme, mais plutôt dans le bas de ce haut!

 

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