The Young Pope: lancé en « blockbuster »?

Prochainement: un survol de «Un village français», «Westworld», «The walking dead», «Person on interest», «Deutschland 83», «Les hommes de l’ombre», «Le mystère Endfield», séries toutes récurrentes! / Et ci-dessous, un PS du 29.10.16!

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 Jude Law, Diane Keaton, Cécile de France, Ludivine Sagnier, James Cromwell: tout de même une belle brochette d’acteurs! Une pièce d’eau en forme de croix, un jeune prêtre habillé de blanc énergique; au loin le Vatican: une affiche! Vous l’avez peut-être vue au cinéma, vous l’avez croisée sur un grand panneau d’affichage, dans votre quotidien ou votre hebdo s’ils ont une vocation culturelle. Vous avez ainsi subi un réel matraquage pour imposer un titre. Vous vous êtes posé quelques questions, avant même d’avoir trouvé des textes rédactionnels qui, eux, ensuite, sentent bon la curiosité, la nouveauté, l’originalité de la proposition: «The Young Pope»!

L'affiche

Paolo Sorrentino

Paolo Sorrentino, réalisateur italien, né en 1970, possède une honorable filmographie et une amorce de bonne réputation conquise dans des festivals. Mais comme le cinéma italien est hélas fort mal diffusé en pays francophones, il aura fallu un peu attendre pour retenir son apport: «La grande Bellezza» (2013) ou «Youth» (2015). Et qu’importe si, personnellement, j’ai passé à côté de l’originalité de son film de 2013!

Paolo Sottentino

Il y a un réalisateur assez exigeant à la tête de ce «The young pope», lancé sur le marché par une campagne de promotion assurément coûteuse, comme s’il s’agissait d’un «blockbusker».

Cinq duos

Seulement, voilà: pas question de le voir sur le grand écran d’une salle de cinéma! «The young pope» apparaît d’abord sous nos latitudes sur une chaîne de télévision payante, en l’occurrence «Canal+», depuis le 24 octobre 2016. Ce n’est pas un film. C’est une série, produite par des entreprises d’Italie, de France et d’Espagne, avec HBO,  un partenaire américain de poids qui doit bien être le poids lourd qui donne à ces dix épisodes un lancement puissant comme ceux que le cinéma hollywoodien était jusqu’alors presque seul à pouvoir s’offrir! Et ce seront cinq duos, selon cette habitude pesante qui revient à inscrire la présentation d’une série dans la durée d’un long-métrage de cinéma, coupé par un entracte.

Pie XIII (Leny Belardo), , clope au bec ( Photos HBO/Canal+)

Pie XIII, Leny Belardo, prêtre américain, clope au bec ( Photos HBO/Canal+)

Le téléspectateur ne réagit pas comme un spectateur qui sort de son domicile. Ce n’est probablement pas demain que la série sera proposée sur la RTS ou autres chaînes généralistes de service public. Aucune importance! Mais l’occasion est belle pour prendre acte de la confirmation presque éclatante de la place de plus en plus grande occupée dans l’univers audiovisuel par la notion de série, produit de consommation qui passe d’abord par les petits écrans fixes et mobiles. Et un jour, peut-être, ces séries imposantes finiront par apparaître sur un très grand écran, selon une pratique de plus en plus courante, dans les salles pour de grandes œuvres musicales, des opéras spectaculaires.

Au centre, Jude Law, en Pie XIII bien entouré ( Photos HBO/Canal+)

Au centre, Jude Law, en Pie XIII bien entouré ( Photos HBO/Canal+)

Sans la bénédiction de la «Curie»!

Voici un résumé, emprunté à Wikipédia, qui montre bien l’orientation du sujet et qui ne semble donc pas avoir comme commanditaire la Curie romaine:

Lenny Belardo est un jeune cardinal, doux et peu influent au sein de l’Église. Abandonné à l’orphelinat pendant son enfance, Lenny est continuellement tourmenté par son abandon et a développé un rapport très turbulent avec la foi et Dieu. De façon inattendue, il est élu pape par un collège cardinalice qui croit avoir trouvé un pantin manipulable. Néanmoins Belardo, sous le nom de Pie XIII, se révélera un pape controversé et peu enclin à se faire commander.

 A noter que les premiers commentaires parus dans la presse, celle qui a compris l’importance des séries, sont favorables à «The young pope», son sujet, ses acteurs, sa réalisation, sa portée.

PS: (samedi 29.10.16 à 09h00): exemple, proche: dans son supplément culture de ce jour, « Le Temps » consacre trois pleines pages (31, 32 et 33) au foisonnement des séries européennes mis en évidence à « Cinéma tous écrans » sous la signature de son spécialiste, entre autres, des séries, Nicolas Dufour. En page 38, c’est le spécialiste du cinéma, entre autres, Stéphane Gobbo, qui s’intéresse au  » pape qui voulait rester invisible ». Cinéma d’auteur, séries récurrentes: de plus en plus, « même combat »!!

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