Programmation de la documentation
On en arrive à oublier trop souvent ce que se passe dans le domaine de la documentation, surtout si elle se fonde sur une démarche de créativité, à travers le regard d’un auteur. Il faut reconnaître à la TSR qu’elle fait un excellent travail et pour ses achats et dans le choix des co-productions.
Les exigences de l’audimat sont telles que TSR 1 se doit d’atteindre le plus souvent possible des parts de marché proche de trente pourcent. Un goût personnel pour la fiction pousse à attirer l’attention sur un certain nombre d’émissions qui (me) séduisent. Il en va ainsi de ces séries américains «pointues». Sur TSR 2, les cibles en PdM sont plus modestes. C’est ainsi que la documentation peut y prendre assez facilement place.
Justement, cette programmation ? Il est une règle suivie le plus souvent possible par la TSR : lancer une émission avant la chaîne généraliste de France qui dispose des mêmes droits et a souvent pris en charge les frais élevés de l’adaptation en langue française. Mais cette volonté déborde aussi sur des documents de création d’origine française.
C’est ainsi que l’on vit sur TSR 2 «68» de Patrick Rotman au soir du dimanche 30 mars 2008 une dizaine de jours avant son passage sur France 2 (mardi 8 avril). On comprend pourquoi : la meilleure part de marché contribue à maintenir la moyenne annuelle la plus haute possible. Dans «68», l’auteur a bien traduit sa volonté d’insérer les évènements de France dans une vision globale, dominée dans plusieurs pays par des priorités politiques ( la lutte contre la guerre du Vietnam aux USA et ailleurs, la fin du «Printemps de Prague», etc).
A cette volonté de priorité de la TSR sur ses concurrentes, il y a au moins une exception. Nos programmateurs ignorent-ils volontairement ce qui se passe sur ARTE? «Ré-généris», une série canadienne de grande valeur à travers ses préoccupations écologiques, vue sur ARTE, n’a sauf erreur pas été présentée sur TSR 2. ARTE semble bien avoir su prendre de vitesse tous ses rivaux francophones avec la diffusion de la magistrale série «The war». ARTE n’est donc pas considérée à Genève comme un concurrent? A quand «The War» sur la TSR où la documentation de haut niveau est pourtant bien accueillie.
