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“24 heures chrono” : c’est fini !
Un grand succès ?
Huit saisons, vingt-quatre épisodes par saison, deux cents fois une heure, Bauer chaque fois présent : sur la TSR, fin de la 8ème . Il n’y aura pas de 9ème. Aux USA, l’audience moyenne évoluait entre onze et douze millions. Autrement dit, sur cent Américains, quatre pour la série. Sur deux millions d’habitants, cela donnerait quatre-vingt mille en fin de soirée : c’est beaucoup.
Google comme instrument de mesure ? »
Peut-être devrait-on « apprendre » à se servir d’un autre indice de succès. A plusieurs jours d’écart, tapé sur « Google » un simple « 24heures chrono ». Reçu chaque fois pour les pages en français environ un million deux cents mille. Passé à « pages suisses, « on s’en tire aux alentours de quarante mille. Ces résultats semblent bien, par leur ordre de grandeur, être indépendant du jour. Il doit y avoir une indication dans cette régularité. Une piste à suivre pour comprendre le sens des réponses.
Joué aussi d’un « 24 heures chrono – lexpress – retines », aussi à quelques jours d’écart : autour de neuf cent réponses. Il faudrait beaucoup de temps pour passer en revue ces nonante pages. Bornons-nous trois premières : cela fait tout de même une douzaine de citations, y compris en passant par l’indication « rtsr ».
L’histoire en quelques lignes

Et voici la photo de famille, Jack Bauer, bien entendu, au premier rang devant les autres et New-york
Des terroristes attaquent sous diverses formes les USA. Leurs origines ? Russes, chinois, islamistes, arabes, africain (un dictateur) ; et des ennemis intérieurs américains ! Le gouvernement résiste, autour de la présidence, qui fut noire (avant Obama), féminine (ressemblance avec Hillary Clinton), traîtresse (Logan fait penser à Nixon), généreuse ( Kennedy pas oublié, à travers David Palmer ou Allison Taylor) . Une partie de la protection du pays est assurée par la Cellule antiterroriste, aux cadres parfois modifiés pour des raisons politiques. Parmi eux, un électron libre, Bauer, qui a presque toujours raison contre tous.
Le temps réel comme un match de football en direct!
Une idée de génie : construire chaque épisode comme s’il se déroulait en temps réel, soixante minutes avec génériques de début et de fin et emplacements pour la pub aux USA. Il en reste quarante pour le récit. Cela ressemble à une mi-temps de foot en direct ! Tout est mis en œuvre pour que ce temps réel semble plausible, à force de haute technologie ou d’image relatant en simultané, deux, trois, quatre scènes différentes, l’heure indiquée à la seconde près. Au dernier top, le suspens est à son comble ! Si bien que l’on devra revenir l’heure suivante..
Le règne de la fiction
Mais il se passe tellement de choses en une heure « réelle » qu’un sentiment de complète fiction s’installe. Chaque numéro permet de retrouver Bauer en action, les enquêtes de la Cellule, la situation politique selon la présidence, le comportement des terroristes. Les images multiples parent au plus pressé pour rappeler ces quatre niveaux du récit.
Sur le grand écran, il faudrait un long-métrage pour entrer dans le détail de ce qui se déroule sur le petit en une heure. Et le film serait du genre trop dense. Bauer est souvent malmené, même physiquement. Dix minutes du temps réel plus tard le voici à nouveau totalement efficace, comme si rien ne s’était passé. Miracle de la volonté des scénaristes plus que de la plausibilité médicale !
Ou bien, durant les huit saisons, une bonne centaine de personnages d’une importance non négligeable se seront succédés. Mais la moitié d’entre-eux est décédée. Donc dans ce temps réel, en huit jours, il y a cinquante morts, six ou sept par jour. Immense hécatombe, de pure fiction.
Mais cette combinaison du temps réel comme celui d’un match de football en direct et d’une accumulation d’événements plus spectaculaires les uns que les autres est une des réussites de la série qui fascine par son rythme sans épuiser.
Le justicier solitaire
Dans la réalité, le justicier solitaire est un marginal. Dans la fiction, il représente celui qui ne connaît aucune limite à son action, toute entière tendue vers ce qu’il décide être juste, envers mais surtout contre tous. Dangereux, cet électron libre !
Un observateur a relevé une soixantaine de séances de tortures diverses durant cinq saisons. Douze par saison, une toutes les deux heures. Autrement dit, la torture au quotidien à haute fréquence : encore une preuve de pure fiction. De plus, ces scènes de torture sont souvent efficaces. Donc l’efficacité pour sauver des vies ou protéger la patrie justifie la torture ! Pas très moral, tout cela. En plus, cet éloge de la torture efficace ne correspond pas à la réalité, surtout si elle se déroule dans un très court laps de temps. Il faut du temps pour arracher des aveux. Ceux de « 24heures » arrivent en général au bon moment pour relancer l’action.
Force est dès lors de prendre grande distance à l’égard de Bauer, comme des auteurs de la série qui se laissent aller à cette éloge de l’efficacité. Moralement inacceptable. Seule excuse dès lors : nous naviguons en pleine fiction.
Mais « 24 heures chrono »,, c’est de la grande, très grande télévision spectaculaire haletante.



