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Mikhael Gorbachev

Dimanche 1 janvier 2012, vers 13h00 : ils sont deux, pour animer « Pardonnez-moi », Darius Rochebin et son patron, Bernard Rappaz. Un visage connu, en face d’eux : quelques secondes d’hésitations devant la tache sur le front et avant la confrontation du présent avec l’image des années 90. C’est Mikhael Gorbatchev, sa fondation, la croix verte. L’homme admiré en Occident, et peut-être bien dans le monde entier, qui reste méconnu, rejeté, dans son pays, là-bas étranger à lui-même. L’homme qui, s’il pouvait retrouver un disparu, choisirait une fois encore Raissa, sa femme presque toujours présente à ses côtés, elle qui, comme sa fille, détestait tant la politique.

Dimanche 1er janvier 2012 Pardonnez-moi avec Mikhael Gorbachev, Darius Rochebin et Bernard Rappaz

Les questions fusent, pertinentes plus qu’impertinentes. Une des premières posées voulait entendre l’avis de l’invité sur Poutine. Ce n’est pas alors une dérobade, mais une esquive : refus d’entrer dans une polémique électorale. Les enjeux sont plus importants : Mikhael Gorbatchev cite alors deux exemples d’événements annoncés pour un futur lointain, qui ne mirent que quelques mois à se produire, la chute du Mur de Berlin (1989) et la Révolution soviétique (1917). Débat intéressant ; un scoop d’importance européenne ou mondiale ? Peut-être ; peut-être pas. Des extraits déjà vus au « 19 :30 » !

Quelques heures plus tard, dans une solitude somme toute volontaire, le moment de la lecture heureuse d’un « Nouvel Observateur » tiré d’une pile qui devait cesser de grandir. Jean Daniel évoque les années soixante, importantes, pas seulement pour lui. Il salue un « passeur de liberté » qui vient de disparaître, Vaclav Havel, président de la Tchécoslovaquie puis de la Tchéquie non communiste, de 1989 à 2003. Havel annonça à Prague, en 1991, la dissolution d’une puissante coalition militaire organisée par l’URSS, le Pacte de Varsovie. Il fut d’abord écrivain, dramaturge, influencé dans son œuvre par l’absurdité de Kafka et de Beckett, dissident trois fois emprisonné.

Pardonnez-moi avec Mikhael Gorbachev

Pourquoi ? Pourquoi cette confiance mondiale placée en Gorbatchev, sauf en  Russie nouvelle? Révélatrices, lucides, ces lignes signées Vaclav Havel, citées dans le NO  : Gorbatchev est pour moi une figure tragique. Il a essayé de soulever le couvercle soviétique. La marmite lui a explosé au visage. Ses mérites historiques sont cependant énormes. Sans lui, le communisme se serait sans doute effondré. Mais peut-être dix ans plus tard, et Dieu sait de quelle manière sauvage et sanglante. Il avait rêvé de réformer le système. Il a entrouvert une porte sans imaginer que tout le monde allait s’y engouffrer…et tout bousculer sur son passage.

Un intéressant complément au témoignage de Mikhaël Gorbatchev, résolument socialiste et démocrate !

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