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« Jour J » : une fois par trimestre

Intéressants, les mercredis soirs de RTS Un par la variété de ses propositions  comme « 36,9 », « Spécimen ». « Zone d’ombre ».Voici un nouveau magazine de société, trimestriel, conçu par une équipe pour laquelle le  Jour J est celui de l’entrée en retraite de trois personnes, une directrice d’école de langues privée, Liliane Rossi, 65 ans, un sergent pompier de l’aéroport de Genève, Jérôme Jaquier, 60 ans, le notable, Josef Zizyadis, 56 ans. Un  choix clair pour la forme : pas de commentaire. Il eut été possible de présenter trois portraits successifs durant une vingtaine de minutes chacun. Là encore, un choix clair, lui aussi, risqué : proposer une  approche amicale en un puzzle de séquences alternées. La prise de risque, évidente, est chose positive.

En attente de retraite

Liliane Rossi (65 ans) est directrice d’une école de langues et fait un peu tout elle-même. On découvre son dynamisme quand elle est au milieu des enfants. Mais on comprend aussi la rudesse de son problème actuel : que deviendra son école ? Elle rencontre des successeurs, qui ne sont malheureusement pas des acheteurs.Et quand un acheteur se profile, venu de l’étranger, encore  faudrait-il que celui-ci puisse obtenir un permis de travail. Le jour J, pour elle, tarde à arriver.  L’école ?  Il suffirait qu’elle cesse son activité. Mais l’équivalent d’un deuxième pilier même modeste disparaît. Un futur pas forcément serein pour elle.

Départs anticipés

Jérôme Jacquier (60 ans ) est sergent du service de secours centré à l’aéroport de  Genève. Il a décidé de prendre une retraite anticipée. Ses collègues et amis préparent une large et belle fête pour ce départ anticipé, qui se charge ainsi d’émotion. Il pourra être plus souvent avec son épouse, avec son petit-fils, donner plus de place à sa passion, la pêche avec ses amis sur un bateau. Amusante  anecdote racontée en passant : sa maison est située dans l’axe des pistes de l’aéroport. Son chien aboie certains avions, mais pas tous, seulement ceux d’Easyjet ! Serait-il allergique à la couleur ?

Josef Zizyadis,56 ans, prend sa retraite de politicien professionnel et prouve aussi qu’elle ne signifie pas absence d’occupation. Il va donc retrouver ses racines grecques pour planter là-bas une vigne entre avec des amis vignerons vaudois. Le voici en colon dans son pays natal. Il pourra mieux encore qu’avant se laisser aller au plaisir que donne le goût du vin, de la bonne chère. Le gourmet politiquement d’opposition dans son pays d’adoption trouve aussi forme nouvelle d’engagement dans son pays d’origine.

Retraites à tous âges

Vingt minutes permettent de découvrir deux inconnus et d’en savoir un peu plus sur le troisième qui ajoute ainsi une facette à sa notabilité, à en faire oublier le politicien qui fut presque toujours dans l’opposition. Pour Mme  Rossi, la  retraite se fait attendre, qui pourrait bien se produire dans des conditions financières difficiles. Les deux messieurs semblent donc avoir pu anticiper la leur sans que cela leur pose de problèmes matériels. Il eut été intéressant d’en dire plus sur le problème du niveau de ceux qui ont franchi le Jour J.  Ni l’un, ni l’autre ne peut représenter une retraite «  normale » prise à  l’âge légal.

Quelle chronologie ?

Mais le jour J, est-il le même pour les trois invités ? Pas facile de le savoir. On  passe avec l’une le jour de la retraite qui se fait attendre en ayant suivi ce qui se passait avant elle. Pour le pompier, c’est le jourJ  des adieux qui est au centre du portrait. Le politicien fait ses adieux politiques et on le retrouve en partie après. Avant, pendant, après, en même temps ou à des dates différentes, On s’y perd un peu dans la chronologie. Mais ce n’est pas très grave.

Passer de l’un à l’autre

L’équipe responsable de « Jour J » Astrid Buecher, Isabelle Nussbaum, Christian Fargues Sabrina Nessi, Francesco Cesalli, et Forence Farion ( Photos RTS)

Les trois « retraités » n’ont en commun que le fait de figurer dans la même émission. Dès lors que l’on renonce à suivre l’un puis le l’autre, il faut trouver le moyen de faire coexister les trois formes d’immersion dans trois vies privées. Pour passer de l’un à l’autre, recours est fait à une astuce technique : une même image est coupée en deux, à gauche on  voit un moment de vie de l’un et à droite de l’autre. L’astuce est purement formelle.

Mais les soixante minutes ont au moins eu le mérite de ne pas générer d’ennui et de provoquer une amorce de « complicité » avec chacun des trois invités

Avertissement

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