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Les Tudors, fin de la saison 3
Le troisième saison des « Tudors », une série canadienne, américaine et irlandaise, vient de se terminer sur la TSR. Par ses qualités, elle s’inscrit dans la lignée des meilleures séries historiques, celles des « Roma » et autres « Deadwood ». On peut même citer des séries qui survolent l’histoire plus récente comme « Mad men » qui se déroule dans les années soixante ou la prochaine production de Martin Scorsese, « Boardwalk Emprire », encore inédit qui évoque les temps de la prohibition. Une autre série, « Les Borgias » prend son élan sur la TSR le 9 septembre 2011. L’écriture de l’Histoire est enrichie par les séries, même si certaines d’entre-elles sont passées à la moulinette de la contestation par les partisans du papyrus.
Portraits de Barbe-bleue
Dans « Les Tudors », d’assez grandes libertés semblent bien avoir été prises avec des faits réels, mais ceci a servi probablement à renforcer ses qualités spectaculaires. Figure principale, Henri VIII d’Angleterre ( 1491 – 1547, son règne débutant en 1509), peint par Holbein, ce Barbe-Bleue raconté par Perrault eut six épouses et quelques maîtresses. Il fut prompt à occire certaines d’entre-elles, son principal souci étant d’avoir un héritier mâle. Il fut aussi efficacement secondé par Thomas Cromwell ( 1485-1540) qui le poussa à se séparer de l’Eglise catholique. Mais celui-ci aura la tête tranchée. Entre bals de cour et couches royales s’inscrivent des combats, des intrigues de palais, une vie de famille mouvementés. Henri VIII se comporte en dictateur sanguinaire assez souvent et parfois en amant sensuel et gourmand. La présence du logo rouge de mise en garde est tout à fait normale.
Le rôle de l’écriture
C’est là assurément du grand spectacle bien écrit par le véritable auteur de la série, Michael Hirst, à la tête d’une équipe de scénaristes. Le« show-runner » mène le bal. Pas moins de quatre réalisateurs se sont succédés pour réaliser chacun deux épisodes de la troisième saison, mais l’unité visuelle et de rythme subsiste dans la mise en scène. Avec ces séries de haut niveau et ambitieuses, la fiction audiovisuelle donne à l’écriture la place principale comme “auteur”, appuyée par la production et introduit un déroulement dans le temps sur la longueur qui permet le développement de personnages secondaires et beaucoup de subtilité dans les contradictions des principaux.
Des scènes efficaces
Des soldats achèvent des blessés à coups de pique. Des dizaines de gibets sont dressés dans un vaste espace herbeux pour mater une révolte des gens du nord qui refusent d’être pressurés par le fisc. Il s’agit alors d’un effet de multiplication numérique. La répulsion physique de la reine Anne de Clèves s’explique par la puanteur de la jambe blessée du roi. Le sensualité perverse de l’adolescente Catherine Howard introduit des moments troublants. Le bourreau mal dans sa peau doit répéter son geste maladroit pour parvenir à trancher la tête de Cromwell, mais la bande sonore décrit alors ce qui se passe en dehors du cadre. Ce sont là quelques fortes scènes. Leur efficacité violente est aussi une des caractéristiques de cette série. Mais l’Histoire même malmenée interdit ne permet pas de traiter les « Tudors » comme « Dexter ».





