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La belle aventure Romans d’ados
Cette belle aventure a commencé il y a plus de huit ans. D’importants soutiens financiers lui ont été accordés, dont ceux de la Confédération et de la TSR. Celle-ci dispose d’une série qui pourrait connaître une certaine diffusion internationale, à commencer par Arte. La documentation apporte une eau bienvenue au nouveau moulin des séries ambitieuses, politique qui trouve actuellement succès avec « 10 » ou « En direct de notre passé ». La présentation à Nyon l’an dernier aura précédé la sortie en salle.
Même structure pour les trois premiers épisodes
Les trois premiers films sont liés à l’âge des protagonistes, 12 à 14, 14 à 16 et 16 à 18. Le temps s’arrête de fuir au moment où l’on souffle les dix-huit bougies sur des gâteaux Voit-on sept fois le souffle du jubilaire éteindre les dix-huit bougies entre l’intimité d’un trio et la large invitation dans un établissement publique ? Il faudrait recompter !
Mais l’ « Infrarouge » qui suivit le dernier épisode aura permis de faire une mise au point. Certes, atteindre les dix.-huit ans, c’est devenir juridiquement majeur, disposer de responsabilités et de droits nouveaux. Mais cela ne signifie pas que chacun entre dans l’âge adulte à l’instant de son dix-huitième anniversaire. On s’éloigne un peu de la structure initiale qui jouait sur des coupes temporelles. Même si chacun rencontre plus ou moins les mêmes problèmes, connaît joies et difficultés assez semblables, la vie familiale n’est pas tout à fait la même pour des enfants de couples plus ou moins unis que dans des familles séparées ou reconstituées. Mais cela ne range pas la société en bons et méchants ados.

Les sept ados de Romandie, réunis sur l’affiche du numéro 3, lors de la perte des illusions. Un indéniable succès préparé depuis 2002 et qui peut être récupéré aujourd'hui comme un exemple ” populaire et de qualité”
Souffler des bougies à dix-huit ans
Un autre élément confirme la modification de l’angle d’approche du quatrième film comparé aux trois premiers. Par des effets de montage, on peut entendre des remarques faites par les ados quand ils étaient encore dans leur scolarité obligatoire.Viennent alors leurs appréciations de jeunes adultes sur ce qu’ils ont dit parfois une bonne demi-douzaine d’années auparavant. Il peut y avoir aussi bien harmonie que différences, cohérence que contradictions..
Un angle d’approche assez différent
Le groupe passe à des moments différents au travers des mêmes problèmes, le choix et la réalisation d’un métier, la découverte de la vie amoureuse y compris dans sa composante sexuelle. Mais chaque individu vit ces étapes avec sa sensibilité personnelle. Le silence s’installe chez les uns alors que le dialogue est ouvert pour d’autres. Ce changement d’angle d’approche aura peut-être surpris une partie du public. Mais il ne faut pas en conclure que le dernier épisode trahit les trois premiers. Il fallait bien mettre fin à la série.
On peut même alors dès lors à se demander si, avec la richesse de la documentation accumulée au travers des années, on aurait pas pu avoir deux séries différentes, celle qui aura été présentées dans les salles faisant alors place sur le petit écran à une série de sept films d’une heure, un par ado, avec introduction et conclusion. L’amorce de la seconde attitude est inscrite dans le quatrième film. Imaginer ces deux cheminements différents ne veut par porter un jugement de valeur préférence donnée à l’une plutôt que l’autre. Cela permet d’insister sur la richesse pas entièrement exploitée de l’expérience.
Vingt deux mille spectateurs en salles
Plus de vingt-deux mille romands ont vu les quatre films. C’est beaucoup : un peu plus de un pourcent de la population francophone. Un même pourcentage appliqué à la France aurait représenté sept cent mille spectateurs ! Le public du premier rideau, le mercredi 12 janvier par exemple, aura légèrement dépassé les cent cinquante mille téléspectateurs. L’impact quantitatif de la télévision dépasse largement celui du cinéma : rien de nouveau, bien sûr, mais utile à rappeler ! Avec un débat d’ « Infrarouge », la TSR aura apporté un plus qualitatif à un vaste public et des compléments d’information. prend la peine d’inscrire à la fin d’une série, elle contribue à améliorer le qualitatif. C’est ainsi qu’un interlocuteur de Jordann suivit un conseil de ce dernier.
Le succès passage écran
Il existe entre le cinéma et la télévision suisses un accord général connu sous le nom de « pacte audiovisuel ». Un système de « récompense » financière permet, une cible préalablement fixée atteinte, d’ajouter quelques monnaie pas menue du tout aux revenus existants. La télévision a institué un certain nombre de classement par points qui fixe la hauteur du son « Succès passage antenne ».Il est bon, pour le producteur, ici Troubadour, la société de la réalisatrice et de son mari, que l’opération soit aussi une réussite financière. Cela ne se produit pas souvent dans le cinéma suisse.
L’argent qui remonte des salles
Sur les quinze francs environ qu’un spectateur débourse à l’entrée d’une salle de cinéma, entre quatre et cinq remontent jusqu’au producteur, une fois prélevées les taxes locales là où elles existent encore, la part de l’exploitant et couverts les investissements du distributeur. Le solde contribuer au retour sur investissment et peut forger parfois un bénéfice, ce qui assure la continuité de sa production audiovisuelle.
De cinq films récents et d’une partie de la critique
Les cinq films cités ici ont tous été soutenus par « Berne » sous la règne Nicolas Bideau et par la TSR. Cela ne suffit pas pour en faire des succès publics et garantir de grandes qualités, mais c’est nécessaire.
« Cleveland contre Walt Street » de Jean-Stéphsne Bron et « Romans d’Ados » de Béatrice Bakhti, deux approches documentaires, attirent chacun environ vingt-deux mille spectateurs devant de grands écrans de Suisse romande ( peu ou pas en Suisse alémanique et au Tessin pour le moment ). « Sauvage » de Jean-François Amiguet et « Impasse du désir » de Michel Rodde s’en sont allés après de modestes petits tours réunissant environ de deux mille spectateurs. « La petite chambre » de Stéphanie Chuhat et Véronique Reymond devrait rencontrer son public. Nous venons de voir que « Cleveland contre Wallstreet » et « Romans d’Ados » peuvent être classés dans une catégorie de succès en salles fort honorbles. Alors, pourquoi deux films de fictions de sexagénaires qui ont pris parfois une bonne partie de cinq années de travail connaissent-ils un si grave échec public ? Ils ne sont pas nuls, loin de là, mais ce me sont pas de grandes réussites. Il y a toujours un risque à faire du cinéma minimaliste, soit par manque d’argent, soit par choix. Dans les deux cas, il n’y a que deux personnages importants pour tenir la route pendant une centaine de minutes. Les silhouettes secondaires sont ou absentes ou inexistantes. Amiguet comme Rodde ont fait des choix de mise en scène et s’y sont tenus. Il fallait du courage pour croire qu’un vieil ermite rébarbatif , tout Jean-Luc Bideau soit-il et une jeune femme révoltée allaient séduire leur public (Sauvage), qu’un psychiatre jaloux pouvait finir par revêtir l’obsession d’un malade aussi peu séduisant que lui ( Rodde).
La distance est grande entre ces deux films pas très réussis et quelques critiques lémaniques qui écrivent et d’autres qui n’écrivent pas ce qu’ils disent en coulisses. Ils parlent, entre autres gentillesses, de catastrophes! Pourquoi ces deux films, comme d’autres hier et comme demain d’autres encore, se sont-ils attirés tant de haine ?
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Le producteur de « Romans d’ados », la mini-série de quatre films de cent minutes chacun de Béatrice Baktchi, fait la fête à Genève au moment où la dernière projection du quatrième film se déroule dans cette ville. Le film poursuit ailleurs sa carrière en Suisse romande. A ce jour, seize mille personnes l’on vu.
Romans d’ados est aussi un succès commercial
Il est évident que la consommation audiovisuelle globale est plus importante devant la multiplication des petits écrans que celle qui se décline sur les grands. Dans quelle proportion ? On manipule souvent des informations numériques sans prendre la peine d’en faire comprendre le sens. Un moyen existe de savoir si ces « seize mille » spectateurs pour « Romans d’ados », c’est oui ou non beaucoup. Pour 1,6 millions d’habitants en Suisse romande, il y en a 65 millions en France : quarante fois plus. Les 16 mille romands sont équivalents à près de 650 mille spectateurs. C’est beaucoup. »Romans d’ados » est aussi un succès commercial. Mérité du reste !
Chronologie prioritaire
L’aventure de « Romans d’ados » a donc duré presque dix ans. La TSR seule aurait-elle osé se lancer seule dans une si longue entreprise ? La mini-série existerait-elle sans la prise de position de principe de la TSR ? Le concubinage cinéma/télévision est ici harmonieux, un peu de manière inattendue, hors de routes aux lignes blanches bien tracées. Il est probable que l’accord sur la structure de l’ensemble n’a pas posé trop de problèmes. La chronologie y prend le dessus. Ainsi les sept participants finissent un peu par s’effacer au profit du groupe auquel ils appartiennent, lequel n’a pas la valeur d’un échantillon scientifique.
La psychologie au lieu de la sociologie
Au lieu de quatre fois cent minutes, il eut été possible de faire sept fois environ soixante minutes. La tranche d’age aurait ainsi fait place à des portraits successifs. Cette structure mettrait en évidence l’évolution des comportements personnels. La sociologie eut fait place à la psychologie.
En salle obscure ou dans son salon : pas la même chose !
Est-ce vraiment faire de la bonne programmation que d’aligner deux et même souvent trois numéros d’une série dont le principe de base est le numéro qui commence par un résumé du précédent ? Une heure enfermé dans une salle obscure crée un lieu solide entre le spectateur et l’œuvre. Une heure devant un petit écran que l’oreille ou l’œil peut quitter n’est pas très intense. L’attention vaut mieux que la distraction.
PS : “Dernières” à Genève et “Succès médiatique unanime” !
A Genève, dans quelques minutes, ce dimanche 03.10.10, une dernière projection des quatre parties de « Romans d’Ados » débute dans le plaisir d’une fête avec brunch offert et rencontre entre public, réalisatrice et protagonistes. Autre mérite encore que ces discussions qui ont eu lieu un peu partout en Suisse romande. Mais « dernière » à Genève ne veut pas dire dernière en Suisse romande : le film poursuit sa carrière sur d’autres écrans non-genevois mais lémaniques et non lémaniques.
La production a parfaitement raison d’être heureuse du succès public et culturel de cette véritable saga chronologique. Elle s’est donc fait un petit plaisir supplémentaire : celui de la citation d’opinions favorables au film.
Voici son échantillon :
Succès médiatique unanime !
_«C’EST FASCINANT, BRUTAL ET SENSIBLE, TRAGIQUE ET DRÔLE, PRENANT.» L’HEBDO_«… UNE ŒUVRE ESSENTIELLE A DÉCOUVRIR D’URGENCE. » LE COURRIER_«UNE EXPÉRIENCE SOCIOLOGIQUE ET CINÉMATOGRAPHIQUE INCOMPARABLE… » LE MATIN _«JUSTE, BEAU… UNE RÉUSSITE » LE TEMPS _« … IL S’AGIT LA, D’UN DES FILMS DE L ‘ANNÉE. » LA TRIBUNE_«UNE AVENTURE AU COEUR DE L’ INTIMITÉ D’ ÂGE, UNE EXPÉRIENCE TOTALE, BOULEVERSANTE» GUIDELOISIRES_«TOUCHANT, PERCUTANT, INSTRUCTIF ET INTRUSIF… » 24 HEURES_«DES ADOS DÉSARMANTS DE NATUREL ET DE SINCÉRITÉ… » FEMINA_«ÉPATANT ! LE FILM, QUI SE REGARDE COMME UN FEUILLETON, FORCE L’ADMIRATION.» 20 MINUTES_«ÉVÈNEMENT… PURES MERVEILLES D’OBSERVATION ET DE VÉRITÉ » AVANT PREMIÈRE_« … PLUS PASSIONNANT QUE BIEN DES FICTIONS A GRAND BUDGET. » 24 HEURES
Sauf erreur, les rédactions qui saluent ce « Succès médiatique unanime » sont toutes situées dans le bassin lémanique. Il n’y a rien qui vienne d’ailleurs, dans ce choix. Et pour l’avoir signalé, je me suis délicieusement fait « engueuler » ! Dommage!
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Evénement audiovisuel suisse assez important : l’apparition d’abord sur grands écrans de Lausanne, Genève et Yverdon d’une série de quatre films de cent minutes environ, fruits d’une alliance entre le cinéma et la télévision. Troubadour film doit certainement beaucoup à la TSR d’avoir soutenu cette vaste opération audiovisuelle, une co-production qui obéit à certaines règles contractuelles : priorité aux grands écrans de salles avant passage sur le petit et ses diverses déclinaisons.
Une expérience passionnante
Dès 2002, la réalisatrice Béatrice Bakhti et ses proches prennent contact avec des adolescents qui vivent à Yverdon. Ils en retiennent d’abord une quinzaine afin de n’en garder que sept pour effectuer plusieurs tournages annuels entre 2003 et 2008. 2009 et 2010 permettent de faire les finitions et de préparer la diffusion en salles.
Résultat : quatre films de cent minutes environ, « La fin de l’innocence », « La crise», « Les illusions perdues », « Adultes mais pas trop » permettent à Aurélie, Jordan, Mélanie, Rachel, Thys, Virginie et Xavier d’illustrer des thèmes comme « Grandir », « Rêver », « Souffrir », « Haïr », « Aimer ». Aujourd’hui, ils ont vingt ans. A l’origine, ils avaient en commun leur âge, pas forcément des liens personnels au quotidien. Ils sont observés dans leur milieu familial, parfois perturbé par des séparations, divorces et recompositions. On suit aussi leur travail scolaire, leurs loisirs, leur formation, leurs comportements personnels.
Trois formes d’approche
Les qualités de cette mini-série sont d’abord celles de son principe mais aussi de la réalisation et du lien qui s’établit entre l’équipe et les ados. L’approche est de trois ordres. 1/ Pas de commentaire, seulement une voix hors-champ qui pose des questions alors que sont filmées et enregistrées les réponses. 2/ Reportage traditionnel par une équipe qui observe le quotidien des ados, entre eux et surtout en famille, réussite qui dépend de la confiance que les seconds accordent aux premiers et du respect des premiers pour ces seconds. 3/ Les ados peuvent s’exprimer seuls devant une petite caméra individuelle. Si les images sont alors moins nettes que les précédentes, une sincérité vibrante et parfois une réelle émotion surgissent de ces confessions sans complaisance.
Ordre chronologique et unité thématique
Ordre chronologique et unité Comment trouver l’unité à travers un groupe disparate ? Filmer la petite ville en sa place principale, avec la statue de Pestalozzi. Choisir l’ordre chronologique, du passage de douze à dix-huit ans, en créant au montage une continuité thématique. Donner la parole aux uns et aux autres. La diversité des comportements subsiste. Les quatre filles et trois garçons sont suffisamment en confiance pour rester naturels, sincères, éclater de rire, installer de longs silences, laisser couler des larmes, crier leur révolte, exprimer des regrets.hématique
Le temps qui passe s’inscrit sur les visages, sur les corps qui se transforment, sur les comportements qui s’affirment des sept ados. Il n’est pas toujours évident de savoir avec exactitude le moment où s’est déroulée une séquence. La production rend ainsi un hommage marginal au partenaire en recourant à son « Téléjournal » qui mentionne des événements dates. Mais en même temps, on risque de croire que le TJ est la seule source d’information des ados sur le monde extérieur. Dommage, surtout si c’est réellement le cas.
Peu de musique, en général celle que font ou entendent un ou des ados. Une remarquable utilisation des silences qui en disent souvent beaucoup. Associée au temps qui passe et à des thèmes, la mini-série suit son chemin, tranquille et convaincante qui ne laisse pas de place à l’ennui : il y a constamment de quoi nourrir la curiosité de spectateur.
Imaginer une autre structure
La structure en quatre films fait passer des uns aux autres sans permettre de bien connaître chacun. Ces ados qui sont si rarement en présence les uns des autres ne forment donc pas un groupe. Ils restent des individus. Chacun à son tour revient, mais on n’a pas forcément en mémoire le sens de ses interventions précédentes. Connaître leur aspect physique et leur prénom ne suffit pas pour constituer un portrait. Les pièces du puzzle qui permettrait de faire plus ample connaissance sont difficiles à assembler. Tel est le prix à payer avec la chronologie et le montage thématique
La TSR aurait peut-être pu négocier avec la production une autre structure, celle de série qui, en fiction comme en documentation, est un gage pour retenir l’attention à long terme. L’ensemble des quatre films serait devenu une série de seize fois vingt-cinq minutes environ. Un premier sujet de présentation pour faire connaissance du septuor aurait été suivi de sept portraits chacun en deux parties, pendant la fin de la scolarité obligatoire puis durant les années de formation, le film se terminant par une réunion des nouveaux pas encore trop adultes, par une rencontre effective ou par les finesses du montage. La projection sur le petit écran se serait ainsi déroulée en huit séances d’environ une heure qui aurait suivi dans le temps l’évolution de chacun, permettant de privilégier le cheminement personnel, certes dès lors au détriment des thèmes qui sont liés à l’âge. Car il se pourrait que le téléspectateur s’attache plus facilement à des personnes qu’à des thèmes.









