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Grand format dans les «Téléjournaux»

Avertissement: les cinq images qui illustrent ce texte sont des «Photo TSR». J’aurais voulu illustrer ce texte avec des images d’Alinghi 5 en rade de Gênes ou de la récente campagne en vue de l’élection d’un nouveau conseiller fédéral. Ou bien je n’ai pas su les trouver sur le site réservé à la presse, ou bien elles n’existent pas (pas encore?). Il se pourrait donc que le multimédia dont on parle tant s’arrête juste avant la mise à disposition par la TSR de photos destinées à la presse qui se réfugie sur internet. Alors, remontons le temps. (Fyly)

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Hypothèse: une épidémie met à plat les trois quarts du personnel de la TSR. Que se passerait-il à l’antenne? Abondance de séries, de feuilletons, de films, beaucoup en reprise! Pour les productions de l’entreprise? La météo, un bulletin de santé, des téléjournaux. C’est ce qui est prévu si la grippe frappe la masse! La TSR conçoit ainsi sa mission en cas de crise: l’information au quotidien prioritaire!

Oser dépasser les deux minutes

Presque partout, un téléjournal propose des sujets qui durent de soixante à cent vingt secondes; comme si tout se valait! Heureusement, en tenant compte de la multiplication des supports (l’«étrange lucarne» traditionnelle, en reprise sur internet, versions pour ordinateurs ou téléphones portables), on admet que la même information se décline en durées variables. On commence ainsi à rejeter le formatage tout puissant. Sous l’influence du nouveau chef de l’information quotidienne, Bernard Rappaz, le «19:30» accueille ce que l’on nomme «grand format», un sujet qui dépasse les deux minutes. Assouplir les durées est un net progrès!. «Couleurs locales» s’ouvre sur un sujet de trois/quatre minutes.

Ernesto Bertarelli et Darius Rochebin en mars 2003, en rade de Genève, après la première victoire d’Alinghi.

Que veut dire le «locales»?

«Couleurs locales» remplace depuis quelques semaines «Le Journal» de 19:00 qui était, à l’évidence, consacré à la Romandie et ravitaillé par les contributions des bureaux cantonaux. A qui appartenait le pouvoir de décision? Au début, aux bureaux régionaux qui disposaient de minutes cantonales. Ensuite, un partage devait s’effectuer entre les régions et la centrale de Genève. Il se pourrait bien que le pouvoir dépende maintenant de Genève, dès lors que le principe d’une heure d’informations presque continues s’impose de plus en plus. Est à l’étude une soirée dominicale qui irait de 18h30 – les sports – à environ 21h00 – «Mise en point» terminé. La coordination devient alors indispensable. A en juger sur quelques exemples parus dans «Couleurs locales» dans des modules dits «grand format» qui ne sont que des formats habituels «prolongés» jusqu’à quatre/cinq minutes, une question en tous cas se pose. Que faut-il entendre par le «locales» des couleurs?

Exemples plus ou moins troublants

Alinghi à Valence en 2007: c’était et c’est encore un beau bateau. Mais Alinghi 5, en rade de Gênes, en août 2009, c’est un bateau plus beau encore!

Quel lien avec le «local» quand on suit les évolutions d’Alinghi 5 aux environs de Gênes? (07.09.09). C’est un sujet qui se serait mieux inscrit dans le «19:30» avec amorce de développement dans «Mise au point».

En s’intéressant à la tournée du Cirque Knie (28.08.09) lors de sa première genevoise, ignorait-on la présence de cette entreprise nationale dans l’arc jurassien dès fin juin/début juillet? Le «local» vaut ici pour Genève! Le sujet est tout de même intéressant pour l’ensemble de la Suisse romande.

Sujet bien construit sur le co-voiture (17.09.09) entre Lausanne et Genève, pour éviter les trains encombrés et augmenter la moyenne des occupants d’une voiture, trois dans deux véhicules actuellement. Deux par voiture, cela éviterait peut-être bien des embouteillages. Prendre un exemple «local» où ce comportement sainement écologique entre timidement dans les mœurs est normal.

Tant à Genève qu’à Lausanne, crise du logement il y a, racontée par des étudiants qui passèrent des semaines à en trouver un, modeste, à leur convenance, prix y compris. (14.09.09). Sur les quatre universités romandes, deux sont prises en compte, Genève et Lausanne. Que se passe-t-il à Fribourg et Neuchâtel? Une réponse apparaît dans la presse régionale: tout de même moins mal que dans le bassin lémanique! Au point de se demander si le logement explique en partie la forte hausse des demandes d’accréditation à Neuchâtel. Belle occasion perdue pour couvrir l’ensemble de la Suisse romande dans un même sujet, amorce de synthèse! Mais «local» même coloré ne veut pas dire «régional». Il ne faut pourtant pas esquiver le point de vue romand surtout dans un «format allongé»?

Il se pourrait que le nom «Couleurs locales» ne soit pas très heureux.

Elections fédérales 1995: une équipe d’animateurs, Gaston Nicole, Jean Bovon et ElianeBaillif.

Accélérés et ralentis

Dans les années des débuts des contributions cantonales, l’équipe de Genève s’était fait une spécialité de cadrages penchés utilisés à quelques sauces pour faire jeune et donner un angle de vision inattendu à la réalité du quotidien. Inutile pour l’information.

On peut se demander si les accélérés plus nombreux que les ralentis dans certains sujets de «Couleurs locales» apportent vraiment un plus au plan formel, alors qu’ils n’ont strictement aucune valeur informative.

Amorce d’une histoire des TJ

Assurément, avec les formats allongés et les initiatives du vendredi, sous forme d’un petit pas accompli vers une «télévision d’auteur» par le «19:30», avec des durées semblables dans «Couleurs trois» et l’original regard de Massimo Isotta, qui animait avec sensibilité, humour et charme «Illico», apportent un lot de nouveautés. Avec une coordination plus étroite mais centralisatrice entre 19:00 et 20:00, en attendant l’extension dominicale, il se passe quelque chose d’intéressant et plutôt prometteur à la TSR.

Elections fédérales 2003: une invitée, Ruth Dreifuss, conseillère fédérale.

L’évolution des TJ en Suisse depuis les années 1980 a été marquée par des périodes placées sous le signe de l’urgence dans le désir de changement et de la lenteur tranquille pour les réalisations.

Il était urgent de remplacer le téléjournal national seulement commenté différemment pour chaque région par des journaux régionaux. Ce fut fait.

Il était devenu urgent de compléter les journaux linguistiques par des informations «cantonales». Avec l’ouverture de bureaux à Genève, Neuchâtel, Lausanne, Sion, Fribourg et Moutier, ce fut fait.

Et puis, le document télévisé devint accessible sur internet. Il fallait dès lors, au tournant du siècle, dire «tout sur tout tout de suite». Ce fut presque fait.

Aujourd’hui, devant la diversité des supports de diffusion, il est devenu indispensable de dire «tout sous toutes les formes dans tous les formats», immédiatement mais aussi en se donnant le temps de la réflexion. C’est en train de se faire.

Elections fédérales 2007 : un décor, celui de “Face aux partis”.

A quand la prochaine urgence et dans quel sens ?

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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