« Borgen »: saison 3

 

 

Sous le titre « Diversités en séries », Le Temps publiait, le 30 septembre 2013, plusieurs textes signés Nicolas Dufour et un entretien avec Matthieu Béguelin, président du conseil du public, consacré aux séries majoritairement américaines programmées par la RTS. Le jeudi 12, en page 11 du même journal, le directeur de la RTS, Gilles Marchand, signe un texte intituté « Programmer des séries américaines, c’est aussi défendre le service public », qui est aussi une réponse aux contributions du 30 septembre. Accès direct au texte au centre de la page d’accueil du site rtsr.ch

Le débat n’est pas clos. Dans le domaine de la programmation, y compris de séries américaines à forte valeur ajoutée et du cinéma d’auteur, suisse en particulier, la RTS peut – d o i t – faire mieux ! ( Fyly – 12.09.2013 – o7:52)

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Sages, ces danois : ils ne vont pas surexploiter leur mine d’or. « Borgen » s’arrête à la fin de la troisième saison. Son auteur principal, Adam Price, appartient à la famille des meilleurs « showrunners », ces responsables de la structure d’une série qui dirigent des équipes de scénaristes et de dialoguistes.

Le plaisir des retrouvailles

Il y a d’abord un plaisir au premier degré, celui de retrouver une bande de « copains », et parmi eux d’y compter quelques amies  ou amis. C’est un des effets positifs de la série récurrente qui se développe comme une imposante saga. Content de vous retrouver, Birgitte, Katrine, Kasper, Ulrik, Torben, Philippe, Layra, Magnus et les autres.

BORGEN Saison 3-3 Débat politique entre Svend Åge Saltum (Ole Thestrup) et Birgitte Nyborg (Sidse Babett Knudsen) modéré par les journalistes Juul (Pilou Asbæk) et Torben Friis (Søren Malling). [Mike Kollöffel - RTS]

BORGEN Saison 3-3
Débat politique entre Svend Åge Saltum (Ole Thestrup) et Birgitte Nyborg (Sidse Babett Knudsen) modéré par les journalistes Juul (Pilou Asbæk) et Torben Friis (Søren Malling). [Mike Kollöffel – RTS]

Contre une loi trop sévère

Depuis sa défaite électorale, Birgitte parcourt le monde en conférencière. Layra et Magnus grandissent. L’ancienne cheffe du gouvernement a gardé un plutôt bon contact avec son ex-mari Philippe, tout en ayant un nouveau compagnon. Mais elle n’arrive pas à oublier la politique, elle qui s’est refusée à faire des compromis sur les droits de l’homme. Or le parlement danois s’apprête à voter une loi sévère qui devrait permettre d’expulser plus facilement des étrangers considérés comme indésirables. Cela, Birgitte la centriste ne le supporte pas. Elle penche vers la gauche humanitaire plutôt  que la droite sécuritaire. Elle veut donc reprendre le combat.

Candidate à la présidence de son parti du centre, elle est battue par 59 voix contre 51. Rentrer dans le rang ? Pas question. Elle décide, seule d’abord, de fonder un nouveau parti. Katrine, la journaliste de la première chaîne, qui élève plus ou moins seule un enfant en bas âge, prendra le risque de la rejoindre. Elle ne restera pas seule. Ses anciens amis vont devoir se définir par rapport à elle.

Anecdote : un certain Grabre !

 Birgitte se présente à l’entrée de la télévision. L’entrée lui est d’abord interdite, car elle doit décliner son identité comme n’importe quel quidam. Et puis, un gardien n’est pas censé avoir mémorisé les visages du tout le personnel politique du pays, surtout deux ans après un retrait du pouvoir.

BORGEN  SAISON 3 - 4 Brigiette avec ses deux enfants Magnus et Leyra

BORGEN SAISON 3 – 4
Birgitte avec ses deux enfants Magnus et Leyra

Exagération de scénariste ?  Une anecdote m’est revenue, qui circulait à la TSR à la fin des années soixante. Un monsieur d’un certain âge se présente à l’entrée où il est sommé de patienter. Le gardien prend son téléphone interne, appelle Monsieur Dumur pour lui demander ce qu’il doit faire avec « un certain msieur Grabre » qui veut le rejoindre. Pierre Graber était alors président de la Confédération s’en attendu, sauf erreur, à « Table ouverte »!

Politique d’accueil

Fonder un nouveau parti national pour lutter contre une politique d’accueil des demandeurs d’asile jugée trop sévère, n’est-ce pas utopique ? Oui, c’est de la fiction. Mais tout de même, pour appuyer  Madame Widmer-Schlumpff rejetée pour crime de lèse-majesté blocherienne, en 2008 en Suisse fut créé un nouveau parti, le certes modeste PDB.

BORGEN Saison 3 - 2 Johan Philip Pilou Asbaek (Kasper Juul),  Katrine et le bébé

BORGEN Saison 3 – 2
Johan Philip Pilou Asbaek (Kasper Juul),
et Birgitt Hjort Sorensen (Katrine Fonsmark) et le bébé

La vie politique suisse de 2008 présente quelque ressemblance avec la fiction danoise. « Borgen » est le reflet réinventé de certaines réalités politiques qui se restent pas confinées dans un petit territoire. Mais on pourrait faire un « Borgen » suisse, en s’inspirant en partie de nos réalités. Regarder« Borgen » en pensant à notre propre situation ouvre un nouvel angle d’approche sur cette série qui reste donc parmi les meilleures que l’on puisse voir actuellement.

Un plaisir gâché…..

 

BORGEN / Saison 3 - 1 Sidse Babett Knuden (joue Birgitte Nyborg Christensen) Mikael Birrkjaer (Philip Christensen)

BORGEN / Saison 3 – 1
Sidse Babett Knuden (Birgitte Nyborg Christensen) et Mikael Birrkjaer (Philip Christensen)

Je vais rabâcher au risque d’énerver  le lecteur !! Il faut être au rendez-vous proposé par  RTS 1, le vendredi 6 septembre 2013 à 23 :50, une demi-heure plus tard que pour les quatre autres duos d’épisodes présentés à 23h20. La fin de l’épisode 4, c’est pour 01h50 – mais oui, deux heures du matin! « Passe-moi les jumelles » qui a vingt ans mérite bien deux heures de fête en premier rideau. Les fanatiques du « Mentaliste » peuvent, ce soir-là, se plaindre de n’avoir eu qu’un numéro de leur série préférée. Les noctambules qui aiment « Borgen » pourront se taper comme d’habitude deux numéros successifs d’une série pourtant conçue pour être proposée épisode par épisode. Il faudra revenir aussi sur ce principe de programmation qui imite servilement les généralistes de France, commerciales mais hélas aussi de service public, qui accumulent parfois trois ou quatre  épisodes le même soir. Un incroyable non-sens!

Cette programmation tardive est tout simplement un défi à la qualité, une provocation faite contre ceux qui rêvent d’une mise en valeur de ce que la fiction offre actuellement de meilleur parmi les séries récurrentes. Incompréhensible ! Inexcusable ! Mais pourquoi diable les responsables de la programmation sabotent-ils (faudrait-il écrire « elles ») le travail des créateurs ? Et où va se cacher l’esprit du « Siècle des Lumières » auquel le PDG de la SSR-SRG, Roger de Weck, se référait  en accédant à sa nouvelle fonction?

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