D' »Elementary » à « Sous le dome »

« Unité 9 » sur TV5Monde FBS ( France-Belgique-Suisse)

Surprise que de trouver le lundi 28 octobre 2013 dans « Le Temps » aux deux éditeurs à égalité, mais vendeurs, une publicité adressée au public romand lui recommandant une « série québécoise événement », une plongée dans l’univers carcéral féminin, « Unité 9 », lundis soirs à raison de deux épisodes à la fois, à 23h10. Etrange que la RTS, qui affectionne les exclusivités, n’ait pas obtenu « Unité 9 » en avant-première ! Difficile pour l’admirateur fidèle de « Boardwalk empire » d’abandonner l’élan donné par Scorsese. Vu quelques minutes pendant la pub, présence pour une fois appréciée. Promenade faite sur internet, une certitude : « Unité ) » est une série très probablement intéressante. Ci-dessous une première image qui sert d’affiche :

"Unité 9", première saison d'une série du Québec présentée par TV5Monde FBS en première vision

« Unité 9 », première saison d’une série du Québec présentée par TV5Monde FBS en première vision

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 A un film intéressant je préfère désormais une série moyenne, à condition qu’elle soit partiellement récurrente, autrement dit qu’elle exige d’être vue en entier pour suivre l’évolution d’un récit ou des personnages. On a le droit de changer de priorités à tout âge !

 Certes, le cinéma continue d’apporter grandes satisfactions ces dernières semaines, avec « Blue Jasmine » de Woody Allen, « La vie d’Adèle » d’Abdellatif Kechiche, « Prisonners » de Denis Villeneuve,   « Gravity » d’Alfonso Cuaron ou encore le prochain délicieux « The LunchBox » de Ritesch Batra, et depuis le 30 octobre, « L’Expérience Blocher », de Jean-Stéphane Bron ( co-produit par la RTS),  films auxquels j’attribue une note supérieure à cinq ( sur 6 au maximum ).

 Mais c’est vers deux séries qui apparaissent sur le RTS à des heures abordables que je fixe ici mon attention, « Elementary » ( jeudis peu après 21h00) et « Under the Dome( samedis aux environs de 22h00) (fyly – 29.10.13)

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Elementary

 Le titre, d’emblée, se réfère à Conan Doyle, lequel prête à son personnage une formule victorieuse, le très « élémentaire, mon cher Watson », pour résumer les situations les plus complexes découvertes par la sagacité du détective britannique né à la fin du XIXe siècle. Mais Sherlock Holmès à New-York est d’apparence très éloigné de l’anglais qui se promenait dans les alpes bernoises ! Qu’importe, ne chipotons pas au nom de souvenirs de lecture que le temps efface.

La panoplie du Sherlock Holmès, un "classique" de fin du XIXe.

La panoplie du Sherlock Holmès, un « classique » de fin du XIXe.

 

La doctoresse Joan Watson !

Sherlock Holmès s’est ainsi installé à New-York où il est parfois consulté par l’inspecteur Tobias Gregson dont il fit connaissance à Londres alors que ce dernier étudiait les mesures prises en Grande-Bretagne contre le terrorisme international après les attentats du 11 septembre 2001. Il sort d’une cure de désintoxication. Son père le fait surveiller par une chirurgienne, la Doctoresse Joan Watson, devenue surveillante rémunérée d’anciens drogués. Holmès possède des tatouages qui sont paraît-il ceux que portent l’acteur John Lee Miller. La chinoise Lung Lie, que l’on vit en méchante dans un film de Tarantino, ne transige pas avec son mandat. Elle l’accomplit rigoureusement : il arrive même que des bribes de ses raisonnements soient utiles à Sherlock qui ne lui en veut même pas tellement.

Lucy Liu ( Dr Joan Watson) et Johnny Lee Miller (Sherlock Holmès ) dans ELEMENTARY

Lucy Liu ( Dr Joan Watson) et Johnny Lee Miller (Sherlock Holmès ) à New-Yprk

Il doit bien se trouver quelques puristes « conandoyliens » pour s’étonner de cette prise évidemment grande de liberté avec l’original. Les sériophiles ne manqueront pas de se livrer au petit jeu des comparaisons entre ce « Elementary » de la CBS et le « Sherlock » de la BBC lancé en 2010 et proche de sa troisième saison avec des épisodes de nonante minutes. Ma préférence va vers la série britannique avec sa transposition très réussie des enquêtes dans le présent du début de XXIe siècle. Un conflit devant la justice semble avoir opposé CBS et BBC.

Jouer au chat et à la souris Mais qui est le chat ?

Lucy Liu ( Dr Joan Watson), Johnny Lee Miller (Sherlock Holmès ) et, au centre, Aidan Quinn ( Tobias Gregson ) dans ELEMENTARY

Lucy Liu ( Dr Joan Watson), Johnny Lee Miller (Sherlock Holmès ) et, au centre, Aidan Quinn ( Tobias Gregson, l’inspecteur américain)

Chaque épisode d’ « Elementary » dure 42 minutes, contre 90 donc au « Sherlock » de la BBC. La situation est claire : l’enquête du jour est forcément mieux traitée dans un épisode long que dans un court où il est difficile d’installer de subtiles nuances. L’intérêt se déplace vers les personnages. Comment vont-ils se comporter l’un à l’égard de l’autre dans ce qui est un jeu de chat et de souris ? Mais qui est la souris ? Le manège de Joan pour amadouer Sherlock est assurément amusant à suivre, dans les premiers épisodes. Tant le scénario que la réalisation prennent des libertés qui font sourire, telle l’obligation pour Sherlock de participer à des réunions de Drogués Anonymes sur le schéma utilisé par les AA ( Alcooliques Anonymes). Pour le moment, observons une bienveillante attention envers une série dont les débuts sont intéressants !

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Sous le dome

Trois bonnes fées : King, Spielberg, Vaughan

A l’origine, un pavé de mille pages au moins signé Stephen King, né en 1947 romancier, scénariste, survolant l’horreur, la science-fiction, le fantasque, qui aurait vendu plus de 350 millions de ses livres de par le monde. Stanley Kübrick a fait de son « Shining » un très grand film. Libre à King de le détester.  Co-scénariste de « Sous le dome », il a admis de nombreux  changements lors du passage de l’écrit à l’audiovisuel, la durée même du récit par exemple qui passe de la semaine à plusieurs mois.

Stephen King, auteur de "Under the dome", so-scénariste de la série du même nom

Stephen King, auteur de « Under the dome », so-scénariste de la série du même nom

A la production, deux partenaires pour CBS, Dreamks Work télévision et Amblin Entertainement : normal alors de lire en au générique le nom de Steven Spielberg, associé de près à l’opération.

Brian K. Vaughan est donné comme créateur principal de la série avec Stephen King. Selon certaines sources, il aurait travaillé sous la direction de J.J.Abrams pour la série « Lost ». Cette série imposante suivait une communauté d’une quarantaine de naufragés coincés sur un île qui semble d’abord déserte après la chute d’un avion. La petite ville de Chester’s Mill est brusquement enfermée sous un immense cloche transparente qui l’isole complétement du monde.

L'affiche de UNDER THE DOME / une certaine ressemblance avec l'affiche de UN VILLAGE FRANCAIS

L’affiche de UNDER THE DOME

Faire connaissance avec des personnages

La construction, qui mettait dans plusieurs épisodes de « Lost » en évidence un personnage du présent face à son passé et parfois son avenir,  pourrait se retrouver dans « Sous le dome ». Les deux premiers épisodes permettent de faire connaissance avec quelques personnages, Dale « Barby » Barbara, un ancien combattant qui se trouve par hasard dans la ville quand elle est coupée du monde, Big Jim, le seul membre du conseil municipal présent quand la dome s’installe, complice du révérend Coggins dans une histoire de trafic de propane. « Junior », le fils de « Big Jim », jaloux maladif, psychopathe, séquestre sa petite amie Angie. Julia, journaliste curieuse, semble garder les pieds sur terre, mais la disparition de son mari brise sa sérénité.

Parmi les belles idées, notons-en une qui concerne le son. Le mur invisible ne laisse passer aucun bruit, si bien que les prisonniers n’entendent pas ce qui se passe en dehors de leur dome.

 

Alex KOCH (JUNIOR) et Angie (Brit Robertson) dans UNDER THE DOME

Alex KOCH (JUNIOR) et Angie (Brit Robertson) dans UNDER THE DOME

Séance de rattrapage sur M6

Il se pourrait que « Sous le dome » soit une série qui s’installe dans la bonne moyenne du haut de gamme à intéressante valeur ajoutée. L’avenir le dira, le samedi soir sur RTS 1, aux alentours de 22 heures. Et pour qui aurait manqué un épisode, après un premier et, espérons-le, unique trio, une séance de rattrapage est possible sur M6, laquelle démarre le jeudi un peu avant 21h00.

 

 

 

 

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