Deux séries « historiques »
Voici deux séries qui se rattachent à l’Histoire, même avec un « H », qui ont le mérite de la plausibilité, avec peut-être une plus grande prise de liberté dans les Etats-Unis de la Prohibition des années 20 ( Boardwalk empire) que dans une petite ville du Jura français durant la guerre de 39-45 (« Un village français ») près de la frontière suisse. Une série qui s’inscrit dans le haut de gamme à forte valeur ajoutée, le divertissement ne masquant pas le témoignage historique, offre aussi le réel plaisir de suivre un récit bien troussé et de découvrir des personnages intéressants. Essentielle, cette notion rappelée de plaisir !!
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Je voulais ici aborder deux séries liées à l’Histoire, « Boardwalk Empire* et « Un village français ». Le premier sujet est traité ci-dessous. Le second ne l’est pas. L’actualité m’a conduit à y renoncer pour le moment. « Le village français » reste donc en « à suivre »… Que l’on ne me tienne pas rigueur de ce changement( fyly – 28.10.13 )
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1/ Broadwalk empire ( RTS – lundis soirs vers 23h00)
RTS1 propose, depuis le lundi 14 octobre 2013, la troisième saison de « Boardwalk empire », une série apparaît comme un véritable « blockbusker ». La quatrième saison est déjà en route. C’est HBO qui a pris en charge cette production imposante. Le pilote aurait coûté près de vingt millions de dollars. Une autre source affirme que la reconstitution de front de mer d’Atlantic City en 1920 serait revenue à vingt millions de dollars. Le même investissement rapporté à deux faits rapprochés ? Il y a beaucoup d’argent dans cette série, et cela se voit.

Pour les besoins du tournage, une grande paretie de la ville de l’époque, notamment le front de mer, a dû être reproduite. Une prouesse qui a coûté vingt millions de dollars. (Texte paru dans « Le Monde »,13-14 octobre 2013 (Photos HBO)
Steve Buscemi
La série est fortement marquée par la présence de Steve Buscemi, grand acteur s’il en est, mais pas seulement. Il a écrit et réalisé quelques films qui n’ont pas laissé de traces et quatre épisodes de la série des « Soprano », où il est aussi interprète. Dans son impressionnante filmographie, mentionnons ses collaborations avec de grands cinéastes comme Jim Jarmusch, Abel Ferrrera, les frères Coen, Quentin Tarantino. Détail : dans le générique de « Boardwalk Empire », il apparaît dans la moitié au moins des quara on abord « Boardwalk empire ». il y figure parmi les responsables de la production. Il a signé aussi la réalisation du premier épisode qui s’inscrit parfaitement bien dans son œuvre qui revient sur les mafias de l’histoire des USA. La période de la prohibition manquait dans sa filmographie. Elle s’y trouve désormais, série ou films placés au même niveau dans la production de fiction audiovisuelle contemporaine.
Le nom de Martin Scorsese revient souvent quand on abord « Boardwalk empire ». il y figure parmi les responsables de la production. Il a signé aussi la réalisation du premier épisode qui s’inscrit parfaitement bien dans son œuvre qui revint en plusieurs occasions sur les mafias de l’histoire des USA. La période de la prohibition manquait dans sa filmographie. Elle s’y trouve désormais, série ou films placés au même niveau dans la production audiovisuelle contemporaine.
Enoch L. Johnson devient Nucky Thompson
Enoch L. Johnson (1883-1968) fut homme politique et maffieux du début du XXe siècle à la seconde guerre mondiale. Durant les années vingt, Il fut maire d’Atlantic City un des hauts lieux du trafic d’alcool durant la prohibition. Que le Johnson devienne Thompson permet peut-être de prendre certaines libertés avec des faits réels.
Al Capone
La présence de l’Histoire à travers une démarche de fiction passe aussi par des membres de la mafia devenues personnages. Lors d’incursions à Chicago, on y rencontre Al Capone, surnommé Scarface, qui fit aussi fortune dans la prohibition. Dans les épisodes 3 et 4 de la 3ème aison, il apparaît en père de famille indigné que son fils se fasse tabasser à l’école. Il lui donne une leçon d’autodéfense en lui imposant de le frapper, ce qui terrorise l’enfant qui ose à peine pleurer. Plus tard, on verra ce père de famille attentif battre à mort avec une incroyable violence un adversaire. Réalisme ou réalité ? L’important est que ce soit plausible.
Margaret Thompson en dame patronnesse
Quel est le degré de réalité de Margaret Thompson, veuve Schoreder, que son mari Nucky trompe désormais allégrement ? Je ne sais pas y répondre. Mais c’est d’abord l’occasion de souligner une des qualités formelles de la série, celle de la reconstitution vestimentaire.

L’élégance vestimentaire dans « Boardwalk empire » : Nicky Thompson (Steve Buscemi) et son épouse Margaret,(Kelly Mac Donald)
D’origine pauvre, malmenée par Schroeder, son premier mari, Margaret finit par mener aux côtés de Nuck la grande vie, mais faite aussi par elle de générosité dans sa lutte pour une meilleure information des femmes qui mal informées sur certains aspects de santé quand elles arrivent dans l’hôpital dont elle s’occupe. Savoureuse, la séquence de la rédaction d’un texte promotionnel par une religieuse, mais il ne faut par appeler les choses par leur nom !
Elle se lancera aussi dans la distribution publique de tracts féministes. Elle imposera à son mari même éloigné d’elle de recevoir une décoration remise par un important dignitaire de l’église. Mais l’avenir ( de la série) dira si elle restera ce personnage désormais lucidement positif et généreusement humaniste.
2 /Un village français (France 3 – mardis soirs dès 20h45)
( A suivre, mais dans quelques jours )

