La RTS salue le cinéma suisse
Pour commencer, saluons la SSR-SRG qui vient de décerner ses prix en espèces dites sonnantes et trébuchantes à l’occasion de la remise des prix du cinéma suisse 2014 qui se déroule à Zürich le vendredi 21 mars. Une condition : ces montants doivent être réinvestis dans une prochaine co-production avec la télévision ! Voir sur la page d’accueil de notre site : Succès artistique SRG SSR 2014
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Mais avant, parlons tennis tardif !
Quelle chance ils sont, les amateurs de sports télévisés ! D’abord, ils disposent d’une chaîne qui répond à leurs souhaits en direct, n’importe quel jour et à n’importe quelle heure – il s’agit bien sûr de RTS2. Voici que toute affaire cessante, le tennis est à nouveau prioritaire. Ainsi donc dimanche 16.03.2014 au soir, peu après 22heures, nous eûmes droit à une plutôt fort belle rencontre entre Djokovic et Federer, pleine de, suspens passant d’un six-trois à trois-six puis six-six conduisant à un tie-break. Gagné par le serbe : il était plus de minuit !
Depuis Genève, le commentateur qui n’en disait guère plus que ce que peut se dire le téléspectateur qui fréquente régulièrement le tennis a pris la peine de présenter des excuses à son public à cause de l’heure tardive de la retransmission. En les réitérant au début du final vers minuit! Plein de prévenances !

Une demi-finale d’un concours de miss chinoises organisé en Suisse romande, qui relève d’une réalité devenue fiction dans « Win-WIn » de Caudio Tonetti (Photo Frenetic)
La création audiovisuelle livrée à elle-même
Dans un autre domaine, personne ne vient regretter que les séries récurrentes les plus exigeantes, les films d’auteur, en particulier s’ils sont suisses, qui tiennent de la documentation et plus souvent de fiction soient souvent tardivement au rendez-vous. La création audiovisuelle n’a personne parmi les responsables de la programmation pour évoquer les heures de diffusion tardives et cocoller le public comme les « sportifs » savent le faire!
Et tant pis si je me répète. Surtout qu’il s’agit de virer sur l’aile, du moins durant la semaine en cours. Les anonymes responsables de la programmation viennent de proposer en premier rideau un exquis mais anodin film de divertissement local, « Win Win » de Claudio Tonetti (Lundi 17 à 20h45 dans « Box-office).
Une soirée thématique
La soirée du mercredi reste régulièrement, peut-être la plus excitante, la plus inventive de notre chaîne. Ce 19 mars propose une soirée thématique intitulée « Enfants placés, la Suisse doit-elle payer ? ». Dès 20h10,voici « L’enfance volée », un film suisse, solide, rude, troublant, éprouvant de Marcus Imboden, qui sert d’excellent tremplin à un débat d’ »Infrarouge » qui ne devrait pas conduire à des pugilats verbaux.
Les prix du cinéma suisse
Et vendredi 21, dès 21h20, encore un film suisse bien exposé, le magnifique « More than Honey » du vétéran Markus imhoof, qui met en garde contre le risque de la disparition des abeilles, dans le cadre cette fois de la « Nuit du cinéma suisse ». La remise des Prix 2014, qui se déroule à Zürich, sera expédiée en moins de trente minutes (entre 22h50 et 23h15). Viendra encore un film suisse, une comédie, « Bob et les Sex Pistaches » d’Yves Matthey que je vais découvrir ( 22h50) avant la présentation d’un film étrange et maladroit à minuscule budget, « Mangrove » de Frédéric Choffat ( 00h35), d’accès difficile.

More than honey de Markus Imhoof : non seulement un grand succès en Suisse, mais aussi à l’étranger (Photo Frenetic)
Une semaine ouverte sur la création audiovisuelle suisse, parfois à d’excellentes heures accessibles au grand public, voilà une rareté à saluer qui rend ainsi hommage à ceux qui, à la SSR et/ou la RTS, prennent des risques en soutenant le cinéma suisse.
A lire sur RTSR.ch, le communiqué de presse de La Nuit du Cinéma Suisse.

