Vieillir demain : le boom des séniors
La RTS dépasse donc largement la notion déjà précieuse de « Soirée à thème » avec un imposant programme en télévision, radio et internet sous le titre « Vieillir demain : le boom des séniors », boom du reste aujourd’hui déjà esquissé. Un remarquable effort de promotion est fait en cette occasion. On en trouve le chemin sur ce site en notre page d’accueil : rts.ch/vieillir demain ).
Les émissions y sont présentées clairement dans l’ordre chronologique. Mais il y a plus. On trouve sur la colonne de gauche la possibilité de revoir d’anciennes émissions sur ces troisième et quatrième âges. Précieuse offre, que de permettre de savoir comment, hier ou avant-hier, on abordait ces problèmes. Un regret toutefois : il serait fort intéressant de savoir quand ces différents documents sont apparus à l’antenne. Mais peut-être que je n’ai pas su trouver cette information chronologique…
Un grand bravo à ceux qui ont eu cette idée somme toute audacieuse de programmation multimédia, Françoise Ducret, Mario Fossati, Jean-Marc Bégiun et Romaine Jean (fyly – jeudi 16 octobre – 10h30)
Temps présent : « Alzheimer à visage humain » (Jeudi 16.10.14 – 20h15)
Remarquable, cet » Alzheimer à visage humain », de Marc Wolfensberger en collaboration avec Marcel Schüpbach, ancien co-responsable de « Temps présent », ce qui n’interdira pas un participant à l’émission de traiter cette maladie de « saloperie ». Et elle l’est assurément, pour les proches du malade qui le voient quitter peu à peu ce monde pour se réfugier dans un ailleurs reconstitué auquel ils n’ont pas accès. La souffrance des proches est une évidence. Quelques-uns, parfois,, acceptent un certain humour, quand son mécanisme repose sur le sens détourné des mots. D’ailleurs, cet humour fait par instants partie de l’émission, pas comme une forme de défoulement, jamais au détriment du malade qui se « trompe » : en amicale complicité
Les exemples choisis, deux institutions en Suisse romande, un village entier en Hollande, Hogeweyr », mettent en évidence la grande attention pour ces malades qui oublient de plus en plus leur vie ancienne. Dans le village, il ont le droit si tel semble être leur désir à des « journées-pyjama ». Une certaine « sagesse » s’installe en eux qui efface en partie la peur de mourir. Et cette mort, dans cet environnement, est plus soudaine que dans les institutions à vocations multiples.
Les soignants sont en contact quotidien avec les malades et avec les proches qui doivent accepter cet « ailleurs » parfois dans la souffrance. Retenir certains témoignages de ceux qui se mettent à « parler Alzheimer » fait comprendre la nature de leur engagement. « Pour nous, c’est ce qui reste qui est important ». Et tant mieux si Monsieur X et Madame Y pensent qu’ils sont mariés.
La vie à l’envers – Anne Giafferi (Jeudi 16.10.14 – RTS1)
« Téléfilm » ou « Film » ? Une différence peut-être : un film est encore destiné à faire si possible carrière sur grands écrans. Un téléfilm est en principe entièrement financé par une ou des chaînes de télévision.A part cela, il s’agit d’une fiction à aborder comme telle.
Nina (Marthe Keller), 67 ans, perd la tête, autrement dit donne les premiers signes d’Alzheimer. Elle a trois filles, l’une trompée par mon amant, la deuxième séparée de son mari, la troisième pas très contente de son psy. Il faut trouver une solution pour s’occuper de maman : le personnel auxiliaire n’est pas de premier choix. Ce sera l’institution spécialisée. Mais cela est coûteux. Vendre ou non les biens de la famille: telle devient la question !
On l’aura compris : le récit porte plus son attention sur les problèmes de trois soeurs que sur la malade elle-même. Il s’agit plus d’organiser un nouveau mode de vie pour quelqu’un qui n’en ressent pourtant pas vraiment le besoin que de tenir compte d’elle.
On peut se dire que si la réalisatrice avait vu « Temps présent*, elle aurait probablement fait un autre film, plus intéressant. Un tel divertissement prend place dans un ensemble de sujets traitant du vieillissement, à travers des observatrices certes touchées de près par la maladie de leur mère, mais centrées sur leurs propres problèmes.

