François Truffaut
Ils furent nombreux, dans les années soixante, à apparaître dans le cinéma français, des très grands comme Resnais, Godard. Truffaut, d’autres assez proches, Rohmer, Chabrol, Rivette. Il y a ceux qui préféraient Godard à Truffaut, ou le contraire, place de Resnais peu contestée. Mais on peut apprécier les uns et les autres pour des raisons différentes.
François Truffaut est mort le 21 octobre 1982, à cinquante-deux ans. On ne devrait pas mourir à cet âge. Pour se souvenir de lui, la cinémathèque française propose une grande exposition, dont voici l’affiche :
L’hommage rendu par ARTE
Arte vient ainsi de rendre fort bel hommage à Truffaut, en reprenant entre autres quatre de ses films, « Tirez sur le pianiste », « La peau douce », « Le dernier métro », « Les quatre cent coups ». Revus avec plaisir et émotion : il aimait l’amour des femmes, mais si pudique – des jambes dénudées plutôt que des corps entiers ! Surpris par une sorte de violence sourde dans certains gestes et comportements : comme une brûlure ! Il « raconte » plus ou moins un certain Truffaut dans le «cycle » Doinel. Comme une série d’aujourd’hui dont les épisodes seraient cinq années d’une vie : Jean-Pierre Léaud se mit à ressembler au cinéaste, ou le contraire ! Invité à choisir entre la main droite ou la gauche, Antoine Doinel dit « Gauche » : son interlocuteur, adulte dans une froide colère, se sépare de sa montre bracelet et lui envoie une gifle magistrale ! C’était, bien sûr, dans « Les quatre cents coups ».

« Les quatre cents coups »:
Antoine Doinel et son instituteur. Mais est-ce vraiment le cadre du film ?
Seulement une gifle ?
Revu récemment une seconde fois la gifle, un court extrait, dans «C’était mieux avant » ( RTS1, mercredi 5 novembre 2014 : fort intéressante émission à laquelle il serait bon à l’occasion de rendre hommage ; voilà qui fait rapidement une première fois).
Cette gifle, serait-ce la seule contribution de la télévision romande à cet hommage rendu à Truffaut dont l’exposition à Paris est le point le plus fort ? Y fit-on quelque allusion nocturne dans « La puce à l’oreille » ? Alors il faut jouer au détective. Ce sera à l’aide de google, en tapant « X , François Truffaut ». Si X égale Arte, résultat rappelé plus haut; Tf1, un concours, pour gagner des DVD ou des entrées à l’exposition; M6, rien trouvé; France 2, plusieurs extraits et un entretien avec Laura Truffaut, qui parle avec douceur et émotion de son père.
Avec X égal RTS, tout de même trouvé deux petites minutes, non pas à l ‘antenne, mais dans le « Journal en continu » du petit écran. Bien sûr, il y a alors en archives des documents plus ou moins anciens, qui prouvent en passant qu’il y eut par le passé à la télévision des collaborateurs pour s’intéresser à Truffaut. On aurait pu profiter d’une des cases dévolues au cinéma pour proposer au moins un film de Truffaut, même sans le moindre mot de présentation ! Mais « Notre » télévision n’est pas tellement aimantée par ce qui risque de passer comme trop culturel pour être offert au « grand » public entre 18 et 23 heures.
Hommages bienvenus en radio
« Vertigo » aura au moins présenté « Truffaut cinéphile et mélomane ». « Arts visuels » a fait visiter l’exposition de la cinémathèque française. Pendant une bonne quinzaine de minutes, un réel plaisir d’en faire la découverte un peu tardive sur le site. La radio parle et donne au moins à écouter de belles choses justes, vraies. La télévision n’aura rien montré de Truffaut, du moins jusqu’à ce jour !
PS : Il faudrait mettre un peu plus d’imagination dans les programmes. « Télérama » a organisé un concours de la plus belle lettre envoyée par un spectateur à « La femme d’à côté ». Trois ont été publiés dans l’édition du 15 au 21 novembre : très beaux textes!

