Un village français
La notion même de série rappelle celle du feuilleton qui paraît chaque jour en laissant à la fin de chaque épisode un point d’interrogation. Pourquoi diable faut-il que bon nombre de chaînes francophones continuent de présenter, semaine après semaine, en soirée, ces épisodes en duos ? Pour que cela rappelle la durée habituelle d’un film de long-métrage ? Il semble bien qu’aux USA l’habitude soit mieux ancrée d’un épisode par semaine. La RTS vient d’expérimenter la présentation de « The knick » un épisode après l’autre, sans perdre la fidélité de son public. Dans le domaine de l’information, rares sont les émissions qui durent plus d’une heure ( cf chez nous « TTC », « Temps présent »m « Mise au point »). Cette manière de transformer une série construite épisode par épisode en un long-métrage cinématographique est regrettable. Les chaînes commerciales comme TF1 ou M6 proposent souvent même plus de deux épisodes d’une série le même soir.
Dans sa nouvelle et heureuse formule, « TéléOBS » consacre plus de place aux textes qu’aux programmes détaillés. C’est ainsi que la livraison qui recouvre la période allant du 15 au 21 novembre 2014, six pages sont consacrées à la sixième saison d’ « Un village français » en donnant la parole à huit collaborateurs différents. C’est chose rare et précieuse que de prendre connaissance du témoignage du chef décorateur ou du créateur des costumes, pas seulement de ceux du réalisateur et de certains interprètes.
De l’introduction de Marjolaine Jarry, ceci : « Un village français explore, sur la durée, le politique et l’intime, et fouille, avec une virtuosité parfois insoutenable, l’inextricable écheveau de la morale humaine. Rarement a-t-on approché, de façon aussi palpable, ce qui hante notre (mauvaise) conscience collective. » « Un village français » est …la série française la plus audacieuse que l’on connaisse ». Le compliment est mérité, d’autant que la série ne tient ni du « polar » avec crimes, ni du « médical » unitaire!

Un village français – saison 6 – scène de tournage
(photo Fr3) avec Audrey Fleurot (Florence Larcher)
Les responsables de RTS ont su tisser des réseaux avec certaines chaînes françaises pour faire bénéficier les téléspectateurs romands d’une priorité sur la France. Cela fonctionne mieux avec TF1 qu’avec Fr3. Pour cette série assurément de haut de gamme, ce sera à 20h45 sur Fr3, dès mardi 18 novembre 2014, avec deux épisodes !
