Encore la LRTV !
Avertissement: il ne s’agit pas ici de poursuivre l’élaboration d’une revue de presse, mais seulement de rendre compte de quelques réactions après des lectures personnelles qui ne recouvrent de loin pas l’ensemble de la presse romande. (Temps de lecture de ce texte sans illustration sur la base d’un peu plus de mille signes à la minute: environ quatre minutes)
12 Mai – « Le temps »
Alors que partisans du OUI répètent leurs arguments en faveur de la nouvelle LRTV qui propose une adaptation du système de prélèvement de la redevance, le cercle des adversaires s’agrandit. Parmi les invités du journal « Le Temps », M.Raphaël Baeriswyl, avocat genevois, signe en page 14 un texte intitulé « Nouvelle LRTV : une arnaque doublée d’un hold-up ».
Arnaque ? « Internet et les smartphones doivent conduire à la suppression de la redevance ». Hier, la redevance s’opérait par voie hertzienne, prélèvement considéré par l’invité du « temps » comme peut-être adéquat dans le lointain passé. La nature du vecteur a changé( câble, internet, etc). Mais l’arnaque n’est pas « nouvelle » : la LRTV des années récentes d’avant le vote de 2015 en était déjà une !
Hold-Up ? C’est le paiement d’une redevance par les entreprises qui permet d’en parler. L’auteur du «Hold-Up » n’est donc autre que l’Etat lui-même poussé par les politiciens qui ont voté la loi, pour Me Baeriswyl. Il parle donc d’un hold-up quand une entreprise qui atteint un milliard de chiffres d’affaires versera quarante-mille francs de redevance, quatre centimes pour mille francs. Un risque de ruine ?! Et si c’était tout simplement un acte de solidarité, même imposé à de grandes entreprises, pour permettre d’offrir aux publics des produits audiovisuels intéressants ?
Jamais de baisse ! En passant, lu ceci : Le montant de la redevance n’a jamais baissé en dépit de l’accroissement de la population (ce qui est déjà étonnant). L’accroissement des recettes aura permis, au cours des dernières décennies, d’enrichir considérablement l’offre, tant par le nombre de canaux que les heures de diffusions, la qualité souvent présente au rendez.-vous. Et le public romand suit massivement la télévision de 19h00 à 21h00 quand elle propose uniquement des émissions par elle produites !
11 mai: «L’Express-L’Impartial»
Une page entière, dans «L’Express» et «L’Impartial», propos recueillis par Philippe Castella à Berne, permet à Doris LEUTHARD de défendre avec précision et conviction la nouvelle loi en rappelant que «Nous votons uniquement sur un changement de système de perception de la redevance». La titre sur six colonnes résume le dérapage de la campagne: On assiste au matraquage de la SSR»! Mention est aussi faite au football, qui trouve largement place sur les chaînes de la SSR: «Regardez ce qui se passe dans les pays qui ont décidé de sortir le sport du mandat de service public. Il faut payer pour voir un match(…).»
10 mai – «Le Matin-Dimanche»
Dans le cahier sportif du «Matin-Dimanche», Christian Despont, Rédacteur en chef adjoint, s’en prend avec verve au commentateur de service sur RTS 2 lors de la rencontre Juventus-Real. Pour ma part, j’ai trouvé le commentaire de ce soir-là peu intéressant mais me suis contenté de baisser. Et l’éditorialisme de citer la Conseillère fédérale Doris Leuthard parlant de «notre offre sportive» qu’ «il ne faudrait surtout pas laisser aux privés».
Un commentaire jugé mauvais n’a aucun lien avec la prochaine votation. Le vote sur la redevance permet de savantes glissades!
Dans le même numéro, en page 2, lire « SSR, la stratégie victimaire« , l’édito d’Ariane Dayer, rédactrice en chef et en page 5, un texte de Christophe PASSER, « La redevance agite plus les Alémaniques que les Romands ». On y apprend en sous-titre que « Les sondages indécis augmentent la nervosité de la SSR ».
8 mai: «Vigousse»
Dans un éditorial, « Télé la question », Jean-Luc Wenger, constate que certains, comme Pietro Supino, patron de Tamedia, veulent faire maigrir la SSR-SRG en passant par le prétexte de la votation sur la redevance, sans donner de précision sur ce que serait une autre télévision généraliste. Savoureuse, la conclusion: Dès lors, le service public, mieux vaut ne pas en être privé.
8 mai: «Le Temps»
C’est une opération de démontage de la SSR » (page 11)
Yves Petitgnat, à Berne, interroge Raymond Loretan, président de la SSR, en formulant une bonne douzaine de (bonnes) questions, sur trois-quarts de page. Il faut une bonne dizaine de minutes pour lire ce texte, stylo en main pour en souligner des fragments.
Cette campagne se termine le 14 juin, mais il sera possible de voter bientôt par correspondance. Chaque camp peut fournir des arguments pour défendre sa position. Mais il est tout aussi important de s’interroger sur l’argumentation du camp opposé. Il va sans dire que M.Loretan n’a pas besoin de dire qu’il va voter OUI!
Le début de l’entretien porte sur les attaques des opposants, ce «démontage» qui est dans le titre. Il serait prétentieux de vouloir en faire un résumé en 160 signes! Par contre, il est important d’en signaler l’existence, puisque les opposants se sont volontairement éloignés de l’objet de la votation, le mode de prélèvement de la redevance.
Il doit être permis de s’interroger sur ces opposants? A première vue, ils semblent plus nombreux en Suisse alémanique qu’ailleurs. Certains sont proches de grands éditeurs. Il semble aussi que la participation de membres ou de proches de l’UDC soit assez importante. Ils veulent affaiblir la position de la SSR-SRG. Mais pour le moment, on ne sait pas tellement ce que serait « leur » télévision de remplacement, ni qui détiendrait le pouvoir. Les grands éditeurs? Une télé Blocher appuyée sur sa propre puissance financière?
Redevance ou impôt ? Page 14
Dans sa chronique régulière, Marie-Hélène Miauton se demande s’il s’agit de «Redevance ou impôt?». Temps de lecture: environ trois minutes, sur la base de mille signes la minute! Mme Miauton ne met pas en cause le fait de percevoir une redevance ou de faire payer un impôt à tous ceux qui peuvent recevoir une émission de radio ou de télévision, sur les supports les plus variés, pas seulement le « vieux » téléviseur.
Par contre, l’auteure met en cause la taxation des entreprises, citant en particulier les deux mille sociétés qui vont devoir s’acquitter, selon la nouvelle loi, d’«un impôt supérieur à 15’000 par an. Belle somme!»
Il est intéressant de se poser quelques questions au sujet du poids de ce nouvel impôt et de le rapporter au revenu.
Pour un ménage dont le gain annuel serait modestement de quarante mille francs, ce nouvel impôt de quatre cents francs représente dix francs mille francs. Pour un revenu de cent mille, ce sont quatre francs pour mille.
Pour une entreprise dont le chiffre d’affaires est de un milliard de francs, 39’000 francs arrondis par commodité à 40’000 francs , cela représente quatre centimes pour mille francs.
Autre exemple, celui de Mme Miauton: 15’000 francs pour une entreprise dont le chiffre d’affaires d’élève à 100 millions représentent quinze centimes pour mille francs.
Pas de quoi provoquer des faillites!!