Desintox !

C’est le titre d’une rubrique qui apparaît régulièrement dans la fort intéressante émission quotidienne de débats d’ARTE, le «28 minutes» d’après 20h animé par Elisabeth Quinn et au moins deux «complices» maison avec en principe trois invités qui ont tous quelque chose à dire sur le sujet du jour, ne serait-ce que pour avoir écrit un livre à son propos.

En fin d’émission apparaît un court sujet, «Desintox», à partir d’une déclaration publique d’un représentant du milieu politique. On y passe une affirmation à la moulinette pour constater que les informations numériques annoncées triomphalement à l’appui d’une thèse sont au minimum sujettes à cautions. C’est là opération de désintoxication, selon «Larousse», action de débarrasser des effets nocifs de la propagande. Les lignes qui suivent sont donc un amical salut à «Desintox».

La LRTV et les entreprises

Dans «Le Temps» des 16 et 17 mai 2015, en première page, Stéphane Benoit-Godet, rédacteur en chef, écrit : (..) la redevance va s’étendre à tous, notamment à l’ensemble des entreprises.

En page 7, Yves Petitgnat, de Berne, rappelle qu’avec la nouvelle loi (..) plus que 75 % d’entre elles, les plus petites, seraient exonérées de la redevance.

D’un document de l’OFCOM, on tire ce qui suit (voir La LRTV en 2h) :

Actuellement, 114 mille entreprises annoncées sur 655 mille, le 18 %, versent près de 45 millions de redevance, environ 400 francs par entreprise. 541 mille entreprises non-annoncées sont ainsi « exemptées »,

Avec la nouvelle loi, 143 mille entreprises sur 572 mille, le 25 %, paieront ensemble un peu plus de 200 millions. Il reste assez mince, «L’ensemble des entreprises»!

Le coût pour mille francs

Avec la nouvelle loi, à une entreprise dont le chiffre d’affaires est de cinq cent mille francs, il en couterait 400 francs: 80 centimes pour mille francs.

Pour un chiffres d’affaires de 5 millions, ce serait 2’500 francs: 50 centimes par mille francs; pour 20 millions, soit 6’300, on descend à 30 centimes par mille. Pour cent millions, 15’600 francs représentent 15,6 centimes. 40’000 francs pour un milliard, c’est 4 centimes par mille francs,

Pour un ménage dont le revenu est de cent mille francs par an, la redevance à 400 francs représente 4 francs par mille.

Pour les entreprises, la charge est une brigade de plus en plus légère et à tout le moins supportable.

Le combat mené par l’USAM et en Suisse romande Jean-François Rime repose sur une question de principe – faire payer des entreprises – qui aurait pu être mis en cause depuis près de quinze ans au moins. S’y lancer en 2015 cache autre chose.

 La défense de «Billag»

Pirouette: le texte du «Temps» signé Yves Petitgnat cité ci-dessus a pour titre: «Quand Jean-François Rime veut sauver Billag». Billag? Cette société qui prélève la redevance et pourchasse les mauvais payeurs occupe, à Fribourg, près de deux cents personnes. S’opposer à la nouvelle forme de paiement de la redevance permettrait donc de sauver des postes de travail dans le canton de Fribourg. Dans «L’Express-L’Impartial» et  «La Liberté» du vendredi 15 mai, Philippe Castella met aussi en avant Billag, ses emplois fribourgeois et la campagne assez « personnelle » de J.-F. Rime.

Comme légende pour une image, il est écrit (L’Express-L’Impartial): Il faut voter non à la nouvelle redevance radio-TV pour empêcher la perte de places de travail à Fribourg. Tel est l’étrange argument avancé par Jean-François Rime dans un courrier des lecteurs publié par les «Freiburger Nachrichten»!

D’un seul coup, on assure la protection du 75 % des entreprises qui n’ont pas besoin de l’être de la redevance et l’on sauve des places de travail à Fribourg. Les élections fédérales approchent….

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