Jacques Neirynck et les séries débiles

La SSR souhaite pouvoir accéder à la publicité sur ses sites internet. Les éditeurs de journaux et dans une moindre mesure les chaînes privées de radio et de télévision s’y opposent. Dans la dernière parution de « L’Hebdo », Jacques Neirynck adresse une lettre ouverte au nouveau président de la SSR, M.Raymond Lorétan.

Pour lui, il y a trop de chaînes publiques – 7 en télévision, 17 en radio. Il oublie que service public ne signifie pas que tout le monde en même temps doit se trouver devant la même émission. Au contraire : le service public s’adresse à tous les publics, même ceux qui vivent dans des niches minoritaires. Une chaîne sportive, pourquoi pas, comme deuxième chaîne pour l’ensemble de la Suisse serait un véritable service public. Chaque région pourrait alors nourrir un troisième canal par des reprises, des émissions à petit potentiel public et par des adaptations aux autres régions de certaines émissions d’une des régions linguistiques.

Neirynck raisonne alors autour de la redevance. Si celle-ci subsiste, écrit-il : « A la SSR toute la redevance sans aucune publicité ; aux privés toute la publicité sans rien de la redevance ». Pour la SSR ce seraient trois cents millions de moins (recettes publicitaires) et soixante de plus (le 4 % de la redevance qui va aux privés). Instantanément, écrit encore le pamphlétaire, la qualité des programmes de télévision s’améliorera. Vrai peut-être pour les privés dont la qualité déjà existante est parfois en hausse, mais ce ne sera pas instantané. Faux pour la SSR.

La publicité agit seulement sur des « gogos attirés par des émissions débiles », lesquelles émissions ne sont faites pour des « nuls fascinés par des séries débiles » que tout le monde peut voir presque partout. Comme si toute émission à succès s’adressait seulement à des débiles – cf les « téléjournaux » ou la « Météo » ! Un pareil mépris pour le grand nombre est inélégant!

Une série de haute qualité, sensible et intelligente, « Boardwalk Empire » est très tardivement présentée par la TSR le dimanche soir. Alix Nicole, responsable des acquisitions de fiction promue programmatrice, explique cette heure tardive par la peur d’un mauvais audimat. ( Cf à ce propos lire l’article de ce blog « Programmation trop tardive »). On peut regretter que M.Neirynck ignore que l’audiovisuel contemporain connaît actuellement des sommets à travers certaines séries souvent américaines, cinéma et télévision confondus. Dire des séries qu’elles sont toutes débiles est un peu simplet.

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