« The affair »: belle et subtile réussite
« The affaire » ? Episodes 3 et 4, le mercredi 8 juillet dès 22h30, jusqu’à minuit trente, programmation presque « méprisante » pour cette série qui est une belle réussite.
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Pour y passer des vacances d’été, la famille Solloway, Helen et Noah, quatre enfants, se rend à Montauk. Alison, occasionnellement serveuse, et Cole Lockhardt y tiennent à bout de bras un centre équestre un peu désuet. Les deux couples sont plutôt unis, apparemment bien ensemble, bien sûr avec quelques grains de sable. Noah et Allison vont se rencontrer.
Adultère il y aura : sans surprise ! Dès le début du premier épisode, alors qu’il nageait dans une piscine, Noah a croisé une jeune femme inconnue mais tentatrice discrète. Terrain préparé ! Un excellent et intrigant générique va suivre.
Dans les deux premiers épisodes, au milieu et à la fin, un inspecteur de police interroge Noah et Allison à tour de rôle. Sur quoi ? Un accident qui est peut-être un meurtre ? On n’en sait pas plus que l’un et l’autre, qui ne sont peut-être pas seulement témoins. Et qui est la victime ? Ceci pour le « suspens » !
Mais cette histoire d’adultère avec enquête policière va éviter tout banalité par les décisions des auteurs de la série, Sarah Treem et Hagai Levi, lesquels sont crédités de la « création » et participent à la « production » pour « Showtime ».
Le temps du récit ? Ce pourrait être celui des interrogatoires de l’inspecteur de police, Noah et Allison en alternance. On suit d’abord Noah pendant la moitié de l’épisode puis on privilégie Alison. Ce n’est pas vraiment le récit fait par l’un puis l’autre. Si un même événement est abordé différemment, il peut aussi être interprété comme un désir ou un souvenir plus ou moins « flatteur » ! Les mots des réponses que chacun fait à l’enquêteur semblent glisser entre le dialogue pour devenir une voix qui exprime des sentiments intérieurs. Riche ambiguïté !

The affair : les deux couples (Shotime/RTS)
De gauche à droite : les Lockhartt, Cole (Joshua Jackson) et Alison (Ruth Wilson) et les Dolloway, Noah (Dominic West) et Helen (Mura Tienry)
Alison et Noah sont les figures centrales du récit. Mais d’emblée on sent d’emblée la volonté des « auteurs » de la série d’accorder toute attention aux proches, mari et épouse, enfants, beau-frère d’Alison ou beaux-parents de Noah. Entre autres….
Ce principe d’alternance n’est pas nouveau. Mais il est utilisé ici a avec une grande subtilité. Un même événement peut être mis en scène de la même manière dans chaque récit tout en conduisant le spectateur à s’interroger sur les différences pas toujours faciles à repérer tant elles sont nombreuses mais parfois volontairement insignifiantes. Certes, une partie des événements ne concerne l’un sans que l’autre n’en ait connaissance : forme traditionnelle de récit.
Voici pour premier exemple un dialogue qui se déroule au milieu du deuxième épisode . Alison et Noah ont fait connaissance. Alison va partir adressant comme au revoir un « Noah Solloway ». Noah répond seulement « Alison » laquelle ajoute « Lockhardt » qui amène une relance du premier par « comme le manège ? ». Fin travail d’écriture bien porté par les acteurs et monté avec efficacité pour faire surgir ce qui était connu sans avoir été dit.