Aux urnes, citoyens (et citoyennes)…

Titre partiellement inexact : on peut voter sur internet ou par correspondance. Je m’en suis presque tenu à mes habitudes – listes manuscrite avec 50 pourcent de femmes. Sur six noms, cette fois, j’en ai inscrit quatre au masculin ! Mais la campagne électorale télévisée n’aura en rien influencé mon vote personnel par correspondance exprimé à peine l’enveloppe reçue. Ce n’est pas une raison suffisante pour ne pas suivre au moins de temps en temps le travail fourni par la télévision. Les principales organisations de la SSR-SRG, en radio et télévision, en direct, en différé, sur internet, sur les réseaux sociaux ont accordé beaucoup de temps à ces élections – trop ? Survol!

Une excellente surprise : Factchecking !

L’excellente surprise ne réside pas dans l’utilisation de l’anglais. D’ailleurs, une demande de traduction sur google aura conduit à factchecking traduit par … factchecking. Wikipédia aura confirmé qu’il s’agit d’une vérification par les faits, par exemple l’exactitude d’informations numériques, souvent appelées « chiffres » au lieu de « nombres ». En fait, il s’agit d’une courte rubrique intitulée «  A Dire Vrai » qui veut, à vrai dire, dire ce qu’elle a à dire.

Au lendemain du passage d’un parti, durant le « 12H45 », pendant deux/trois minutes, Emmanuelle Jacot reprenait une ou deux des interventions soit prêtant à hésitations frôlant la crédibilité d’une affirmation, soit mettant en cause la rigueur d’une information numérique. L’importance d’une telle rubrique ? La télévision, ainsi, prend une indispensable distance à l’égard d’affirmations péremptoires. Elle apporte des rectifications qui rappellent au téléspectateur l’importance de l’esprit critique, essentielle liberté.

Face aux partis - A Dire Vrai (RTS - septembre/octobre 2015)

Sur internet, on peut même offrir un vrai luxe : dire vrai un peu plus par des adjonctions écrites, des tableaux comparatifs, des images. Un exemple parmi d’autres : le syndic de Lausanne, Daniel Brélaz, espère retourner au conseil national. Il a affirmé que 100 kilomètres carrés de panneaux solaires pourraient remplacer toutes les centrales nucléaires de Suisse, fissurées ou non. Calculs faits, même en prenant les panneaux solaires les plus efficaces, ce serait quinze à vingt pourcent de plus. Différence pas très importante. Mais placer un carré de 10 ou 11 kilomètres de côté seulement sur Lausanne rappelle que cela ferait tout de même une bien grande surface à recouvrir de panneaux solaires. Ce « cent kilomètres carrés » peut aussi être traduit en quatorze mille terrains de football ! Un utile renvoi est aussi proposé vers une statistique de l’OFS sur les différentes sources d’énergies en Suisse ces dernières années. Ce n’est pas « trop de chiffres » qu’il faut déplorer, mais « pas assez » s’ils sont correctement accompagnés.

Un grand, très grand bravo à ceux qui ont eu l’idée de cette rubrique qui s’inscrit en faux contre toute forme de lavage insidieux du cerveau….

C’est ce que vous voulez, non ?

Extrait du « Bétisier » du dernier « Moi, candidat » (30 septembre), dans l’émission animée par Géraldine Genetti et Michel Zendali. Un candidat répond :« C’est ce que vous voulez, non ? On m’a dit que vous vouliez du spectacle ? Alors… » Une consigne donnée à des candidats devient donc une « bêtise » ! Il est pourtant possible de mettre sous le signe du «spectacle» une partie de la campagne à laquelle on vient d’assister.

Terminer par un « Bêtisier » plusieurs émissions qui apportaient quelques contributions intéressantes à un débat d’idées n’est pas une très bonne idée.. Mais c’est évidemment une manière de reconnaître, involontairement, ce désir de transformer en spectacle une campagne qui devrait permettre de savoir quelles sont les idées d’un parti et les attitudes de quelques-uns de ses représentants.

Infrarouge : le grand débat

Le mercredi 7 octobre 2015, en guise de couronnement pour l’ensemble des émissions consacrées aux élections fédérales, en près de trois heures, nous eûmes droit, chance incroyable, à cinq « Infrarouge » successifs, sur cinq sujets, l’asile, l’Europe, l’économie, l’énergie et le conseil fédéral.

29 invités, en tout – invités par la télévision ? désignés par les partis ? Probablement invités par la télévision ! Qui sont donc ces vingt-neuf éventuels futurs élus ou réélus ?

Représentation politique : Cinq UDC, cinq PLR, cinq PDC, cinq PS, égalité entre ce qui est considéré comme les quatre grands partis, avec encore 5 écologistes dont une verte libérale et les représentants de quatre partis ayant peu ou pas actuellement de représentants à Berne, deux à gauche et deux à droite. Un assez bon équilibre proche de la réalité des forces en présence !

Origine géographique : Dix vaudois, sept fribourgeois, cinq genevois, trois valaisans, deux neuchâtelois, un jurassien, un jurassien bernois. Cela n’est pas proportionnel à la population réelle, à cause de la forte représentation fribourgeoise. Tant pis. Heureusement, on évite le principe qui aurait dit : égalité entre délégations cantonales, autrement dit surreprésentation du petits cantons et sous-représentations des grands.

Femmes et hommes : aux chambres fédérales, il y a actuellement à peu près de 30 % de femmes, loin de l’égalité naturelle entre sexe. A « Infrarouge », cela fait sept femmes pour vingt-deux hommes, même pas le quart ! Besoin de commentaire ?

« Infrarouge » étant est une émission qui tient souvent du pugilat, ce pugilat étant un moyen de faire du spectacle avec du débat politique ( voir plus haut, « C’est ce que vous voulez, non ? »), préserve les « pauvres et faibles » femmes de la foire d’empoigne. Merci pour elles ! Esther Mamarbachi y tente souvent de diriger autoritairement les débats alors que David Berger s’efforce de les animer.

Vous rêvez d’une émission  « qui serait attentive à ce qui est dit et non à qui le dit », alors suivez « C… sans l’air » plutôt qu’ « Infrarouge ». (La citation est adaptée d’un message de François Hollande à Michel Rocard

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