Trois soirées réussies

Fêtes de fin d’année: voici les humoristes réservés pour cette période. Ni bien ni mal à dire de Marie-Thérèse Porchet, pour cause d’allergie personnelle à sa forme d’humour. Les bêtisiers fleurissent un peu partout, mais diable comme ils se ressemblent! Mis en réserve depuis des mois, ils amusent en priorité leurs auteurs qui en rajoutent. À se demander si certains ne sont pas mis en scène en vue des fêtes de fin d’année, surtout si les rires d’un invisible et inexistant public sont ajoutés sur la bande sonore, «astuce» en forme de tricherie!

Scènes de ménage: M6

Soirée piquante réussie ( 31 décembre 2011)  par M6 avec les quatre couples de «Scènes de ménage» durant trois heures, dégustées par petites doses de deux/trois minutes, en grande majorité avec d’excellents gags. On peut se trouver seul devant son étrange lucarne: vous vous entendrez rire parfois même aux éclats trois fois que quatre! Un rire autocommunicatif! Alors, à plusieurs…

Les sexagénaires n’en ratent pas une l’un contre l’autre, mais avec une tendresse plutôt bizarre. Huguette ( Marion Game) et Raymond (Gérard Hernandez) les sexagénaires piquants et délirants de « Scènes de ménages2, le succès de M6

Et cette soirée n’est pas la seule raison d’attirer l’attention sur ces « Scénes de ménage ». Deux chaînes sont en France actuellement fort contentes d’elles, France 5 d’un bon niveau d’exigence culturelle et, parmi les généralistes commerciales ou de service public, M6: toutes deux annoncent une moyenne annuelle croissante en parts de marché. Certains commentateurs attribuent même une partie des progrès de M6 à ces « Scènes de ménage «   qui sont en concurrence avec les journaux de TF 1 et de France 2. On a même pu lire qu’un 0.3 pourcent de progression annuelle pourrait être attribué à cette émission aux quatre couples en bisbille à quatre âges de la vie. Une pleine page de publicité dans « Le Monde » ( édition du mercredi 11 janvier 2012) a pour sujet les horribles et exquis représentants du troisième âge, à la retraite. L’ex-gendarme Raymond dit à sa compagne: « Ma pauvre Huguette, on n’a pas fini de bosser ».

Il se pourrait que M6 qui ne vise pas uniquement « la ménagère de moins de cinquante ans » soit vraiment sur une pente légèrement montante alors que TF1 descend. Ce n’est pas un signe pour déplaire!

La saga des Perrochon ( TSr 1 – 28 décembre )

Le jour où sur proposition de Jean-Claude Chanel, la direction des programmes de la TSR accepta l’idée de tirer de trois anciens « Temps présent » consacrés à une même famille vaudoise qui émigra au Québec et finit par s’y trouver bien

( Les Vaudois du Québec – mai 1975 / Chronique d’un déracinement – janvier 1978 / Famille Perrochon – janvier 1989), c’était gagné d’avance. La présentation d’un téléfilm de montage de près de nonante minutes suivie d’un début sous la houlette d’ »Infrarouge » a cartonné autour de quarante pourcent de parts de marché. Les prochaines Journées du cinéma suisse de et à Soleure font une place à cette prestation destinée seulement à la télévision. On aurait même pu rêver d’une plus grande ambition pour en faire un témoignage sociologique destiné au grand écran comme au petit. Il ne faut pas trop demander! Cela eut posé un tout autre problème que celui du montage à partir de ces trois TP en tenant compte du matériel accumulé par Chanel pour son propre compte ou d’une semaine Perrochon dans le cadre du « Zig-Zag café » de Jean-Philippe Rapp. J.P.Rapp a su évoquer le rôle du disparu Chanel, l’importance de son amitié profonde et partagée avec les Perrochon depuis plus de trente ans.

Les Perrochon, au départ de Cheseaux en 1975 et aujourd’hui au Québec en 2011

Le montage n’aura guère apporté de surprises. Il aura mis en évidence la première génération avec le mal du pays du patriarche. On aura compris un peu comment la deuxième génération s’est finalement bien intégrée. À la fin du document, on aura insisté sur les épouses suisses alémaniques du  père et du fils. Lors d’un retour à Cheseaux, Mme Perrochon, mère et grand-mère,  a visité l’hôtel désormais installé richement dans la maison natale de feu son époux. Plutôt que d’assister à ce retour émouvant au pays, on aurait nettement préféré en savoir davantage sur la troisième génération qui est parfaitement intégrée dans leur nouveau pays, ce Québec  devenu aussi le pays de leurs parents et au moins un peu de leurs grands parents.

Siffert et Tinguely

Autre réussite, la soirée fribourgeoise documentée ( TSR 2, 2 janvier)  autour de  deux amis, Jo Siffert le fou du volant et de Jean Tinguely, l’amoureux des ferrailles devenant folles machines, suivie d’un splendide portrait de Tinguely seul et terminé par une pâle approche de Siffert.

Grands bonheurs festifs avec de telles soirées! Trop rares!

 

 

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