Un « Château » au Danemark : « Borgen » sur ARTE

Amis de séries de haut de gamme, réjouissons-nous. Voici, cinq jeudis durant, dès 20h35, deux fois une heure d’une fiction pointue, haut de gamme, le « Château » ainsi nommé une bâtisse où siège le gouvernement et le parlement.

Non, ce n’est pas sur la TSR, qui ne place généralement pas les meilleures séries en premier rideau. C’est sur ARTE, cette chaîne dont tout le monde parle et que personne ne regarde ! Non, ce n’est pas une série policière de plus : c’est une saga humaine, sociale, politique qui traite un sujet par heure, avec les mêmes personnages, sans suspens à la fin. Ce n’est pas de  l’américain produit par une chaîne à péage, c’est le résultat des efforts de la télévision d’un petit pays, le Danemark, à peine six millions d’habitants. Un danois sur quatre aura suivi, en moyenne, chaque épisode de la première saison qui vise haut sans concession. A se demander une première fois pourquoi pas nous ? Oui, mais la TSR s’adresse à deux millions de francophones dans un pays de sept millions avec trois diffuseurs chacun dans sa langue.

Sur papier et sur le web

Arte présente une version doublée en français. Son service de presse vient de mettre en ligne sur internet un remarquable dossier que google ou un autre vous offre d’un simple BORGEN – ARTE. La presse spécialisée française, le Monde radio tv par exemple, en aura fait bien meilleure présentation que les hebdos tv romands qui consacrent pourtant bonne et parfois intéressante place à la série. Vous qui emprunterez le web pourriez tomber sur Télérama et son développement illustré pour présenter « Borgen »,avec extraits, bandes de lancements et musique. Ces riches informations complètent  le texte paru dans le journal (NO 3238 du 01.02.2012 ) : du beau travail  sur deux supports !

Remarquable promotion d’Arte

Arte fait une excellente communication. Gasper, dans « Borgen » , est un personnage de fiction chargé de la communication pour son parti, avec efficacité lui aussi !

Première saison tournée en 2010, deuxième en cours de diffusion au Danemark, troisième au stade de l’écriture. Succès au FIPA à Biarritz, l’an passé, meilleure série, meilleure musique. La série a déjà été achetée dans une dizaine de pays en vue de sa diffusion :une série ambitieuse est parfois aussi chose vendable. Mieux : une chaîne américaine se propose d’en faire une adaptation en l’inscrivant dans l’univers politique des USA. Bref, cette amorce de succès international met l’eau à la bouche.

Sur le web, ARTE a mis en ligne les vingt-cinq premières minutes de la version française du premier épisode de la saison 1 : de quoi se faire une première idée. Les qualités racontées sur papier ou internet se trouvent déjà dans ce long extrait. Voilà qui permet de recommander la vision de « Borgen ».

Adam Price, le « showrunner »

On montre rarement la tête de l’écrivain qui joue les maîtres d’œuvre : voici celle du conducteur de spectacle, dit aussi « Showrunner, Adam Price » !

« Showunner » ? Le conducteur du spectacle, le maître de l’œuvre. Celui qui conçoit le tout, contribue à l’écriture, supervise l’ensemble du travail, entouré d’un petite équipe de trois scénaristes.  Adam Price raconte l’histoire d’une femme, Birgitte Nyborg, secrétaire d’un parti centriste, en campagne législative. La voici qui oublie en direct un discours préparé par son conseiller en communication pour lui préférer un langage de vérité, qui conduit à un changement de la politique de son parti trois jours avant le vote. D’emblée, la fiction s’inscrit dans le domaine de la politique.Dans une fiction, la priorité est donnée à l’imagination, qui peut parfois reposer sur des faits réels regroupés arbitrairement, donc sans les rendre conformes à la stricte réalité. Une fiction  reste plausible inspirée par le passé, le présent et pourquoi pas le futur. Exemple : Le premier épisode de « Borgen », « Une femme au pouvoir »,  a été diffusé en 2010, peut-être même tourné ou écrit en 2009. En septembre 2011, la sociale-démocrate Helle Thorning-Schmidt accédait au poste de Première Ministre au royaume du Danemark. Le« showrunner » se laisse inspirer par l’air du temps.

 

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