A Locarno, les vedettes, ce sont les films…

Locarno, an 60, SSR et TSR

L’image de Cannes donnée il y a quelques mois par le TJ était à tout le moins contestable. Nous l’avions écrit en accompagnant le texte mis en ligne d’un message complémentaire personnel, resté sans réponse.

Dans les années soixante, Vinicio Beretta, Sandro Bianconi et Freddy Buache auraient pu dire s’ils ne l’ont pas fait ce que le directeur d’aujourd’hui, Frédéric Maire, proclame à juste titre haut et fort, même s’il y a à Locarno une autre vedette largement saluée, le cinéma en plein air de la Piazza Grande : « A Locarno, les vedettes, ce sont les films ».

Site officiel du Festival de Locarno : http://www.pardo.ch

Pour rencontrer ces vraies vedettes, les films, donc, ceux de la compétition en particulier qui furent d’abord tous présentés dans les années septante sur la Piazza, encore modeste par le nombre des spectateurs, la programmation pour un lieu pouvant accueillir maintenant plus de 8’000 personnes étant bien différente, il faudra attendre l’après-festival pour savoir quels titres sont déjà ou vont être distribués dans notre pays.

Pour le moment, nous allons examiner quelques aspects de la communication proposée par la TSR à propos de Locarno.

Aux TJ

Le 60ème impose une présence particulièrement bonne. Du 1er au 7 août 2007, pour trois interventions au 12:45, on note une dizaine de sujets traités au 19:30, occupant une trentaine de minutes, ce qui permet de commencer à bien développer certains aspects qui caractérisent un festival et le cinéma suisse, fortement présent à Locarno, peut-être plus dans les débats et les « joies » annexes (subventionnement des festivals; dix ans du Pacte audiovisuel – voir ci-dessous ; sortie du «Cinq kilos», les deux volumes consacrés à 1’200 films partiellement ou entièrement suisses entre 1966 et 2000; anniversaire du festival) que pour présenter les films de la compétition. La part réservée aux films suisses, peu nombreux à Locarno cette année, est exagérément bonne.

Le lecteur intéressé par ce bilan des offres des TJ se référera avantageusement au site tsr.ch dans sa rubrique « Locarno 2007 » avec de nombreux textes complémentaires développant ce qui déborde des limites des modules du TJ, excellent exemple du reste de la complémentarité antenne/internet.

J’en ai apprécié tout particulièrement les contributions du vendredi 3 août avec Freddy Buache, Frédéric Maire, lien entre générations amoureuses du cinéma avec un ancien co-directeur et le nouveau d’une part, Francis Reusser et Lionel Baier, avec une agréable dose de non-conformisme rappelant l’importance de la jeunesse de et à Locarno de l’autre.

Pacte audiovisuel

Le pacte audiovisuel est un accord qui lie la SSR avec les milieux du cinéma, dont on vient de fêter à Locarno le dixième anniversaire. Un document publié par le service de communication d’entreprise de SRG SSR idée suisse à Berne, Update 3/07, fait le point sur cet ensemble de problèmes. Durant la période 2003-2005, ce sont 50,4 millions qui auront été investis dans le cinéma par SRG SSR idée suisse. Et l’on annonce un montant de 57.9 millions pour la période 2006-2008.

Dans l’édition du TJ du lundi 6 août, Esther Mamarbachi proclame : «On l’oublie parfois, le plus fort soutien au cinéma suisse ne vient pas de la Confédération, mais bien de la SSR». Au 19:30 du 7 août, la même affirmation est reprise par la même personne. Dans l’opuscule cité plus haut, on lit en page 2 que les 19.3 millions investis par SRG SSR en moyenne entre 2006 et 2008 représentent « une somme qui la place en seconde position derrière la Confédération, mais avant les cantons. ».

Alors, qui a raison, SRG SSR idée suisse dans sa publication ou Mme Mamarbachi en son TJ ? On pourrait bien se trouver devant une de ces petites imprécisions propres à tout TJ qui doit tout dire tout de suite tout le temps mais en peu de temps.

Durant le même sujet de deux minutes et trois secondes, Gilles Marchand, directeur de la TSR, soulève un intéressant problème : les séries télévisées peuvent-elles être subventionnées par la Confédération ou le pacte audiovisuel ? On semble en effet le souhaiter à la TSR. Mais le Ciné-Bulletin, (dans son no 8/2007 – La loi des séries – Françoise Dériaz) de fournir quelques éléments pour une discussion ouverte qui ne sera pas forcément facile à mener à bien pour concilier des positions antagonistes.

Les séries télévisées d’origine américaine ou anglo-saxonne connaissent de beaux succès depuis quelques années. Cette forme vivante de fiction est même une des plus riches innovations dans la création audiovisuelle contemporaine, toutes formes de supports techniques et de moyens de diffusion confondus.

Alors, des séries suisses financées aussi sur les budgets de la Confédération et du Pacte Audiovisuel? Pourquoi pas ! Resterait tout de même à savoir si la télévision veut des séries un petit peu meilleures que la récente et honorable « Marilou : une sitcom romande » comme devrait l’être la nouvelle version d’Heidi ou si l’ambition se dirige plutôt vers l’équivalent ambitieux et somme toute courageusement non-conformiste des Lost, Prison break, Soprano, Heroes, Nip/Tuck, Six feet under, The Nine, Dr House, Twin Peaks, etc…

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