Retour sur « Madam Secretary »
A ne pas manquer ce lundi 20 février 2017, sur RTS Un, vingt-quatre heures après la sortie aux USA, en version doublée, hélas un peu tardivement (22.40), une nouvelle série qui devrait s’installer dans le haut de gamme, « Big Little Lies », inscrite avec parait-il plus de noirceur dans la ligne de « Desperate Housewiwes », suivie du début de la troisième saison d’une série déjà installée dans le haut de gamme, « Les Américains », à une heure décidément maladroite ( 23h30!). Très bons choix, sauf les heures de diffusion. Presque comme d’hab! (Fyly)
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Le 3 janvier 2017, après les onze premiers épisodes sur les vingt-deux de la saison un, j’étais prudent mais bienveillant, relevant les atouts d’un sujet en principe bien traité. Dans l’échelle personnelle qui va de un, le bas du bas de gamme, à neuf, le haut du haut, j’étais à la hauteur six, au haut du milieu. Le 9 février 2017, RTS1 propose les deux premiers épisodes de la deuxième saison qui en comprend 23 ! Aux Etats-Unis, CBS proposait l’épisode 13 de la saison 3 le dimanche 29 janvier 2017 ( un par un, contrairement à la RTS qui imite par petites rafales ce qui se fait à Paris !). Conclusion : increvable la série. Et l’avenir pourrait bien être à elle : il suffira de procéder à une nouvelle élection présidentielle fictive pour que tout se poursuive autrement qu’avant. Ne vient-on pas dans un récent épisode de s’interroger sur les difficultés pour la mise en place de l’accord commercial entre pays qui bordent le Pacifique, alors que le nouveau président aura du moins pendant quelques jours fait savoir que cet accord devait être jeté à la poubelle.
Or donc le sujet permet de couvrir le vaste monde à travers la diplomatie conduite par la Secrétaire d’Etat, parfois en situation de conflit quand le rude proche collaborateur personnel du président Dalton, Russel Jackson, fait obstacle. Plausible historiquement ? La politique menée par le président de la série, est-ce celle de Bush ou d’Obama ? Plutôt celle de Bush ! Oui, mais on ne va pas demander à une série de divertissement « grand public » d’être une contribution entièrement fidèle à des événements politiques ou diplomatiques. On peut se contenter de croire que la réalité n’est pas totalement étrangère à ce que l’on voit. Mais il a bien fallu reconstituer les décors réels en studio, comme si la Maison Blanche était à disposition de la télévision ou du cinéma, pour éviter des frais de tournage ! Va donc pour la plausibilité, sans poser d’exigence d’exactitude. Le plausible fait affaire !
Après : faut-il rechercher si chaque personnage à un « modèle » dans la réalité. Y a-t-il un peu d’Hillary Clinton dans le personnage d’Elisabeth McCord ? Qu’importe. Toujours est-il que madame la secrétaire d’Etat de la fiction rencontre dans une courte scène, un jour de découragement, une certaine Madeleine Albright, dans le rôle d’une très sage conseillère, elle qui fut vraiment secrétaire d’Etat sous Bill Clinton de 1997 à 2001.
Il y a les politiciens en place, avec des intrigues, des crocs-en-jambe, même une mort mystérieuse. A coté du gouvernement, il y a une sorte de « cabinet de l’ombre » composé par la famille McCord et certains de ses proches, très au courant les uns et les autres de toutes les affaires traitées par maman, même si on est dans ce qui devrait tenir du secret d’Etat. Parfois, la réflexion sur la politique américaine se prolonge au lit dans les élans amoureux d’un couple d’âge mûr. Stevie, la fille ainée, largement adulte, a un petit ami qu’elle doit protéger d’une rechute dans la drogue, lequel n’est autre que le fils du président Conrad Dalton. Pourquoi pas ! Peut-être y a-t-il, dans le fait que cela ne gêne en rien notre adhésion au récit, une approche de la vraie réussite de la série, l’attention que l’on porte à tout ce qu’on nous raconte en allant des décisions sur l’avenir du monde au moindre petit détail d’une vie familiale.
Tout cela est non seulement bien construit, mais aussi bien joué, bien rythmé, bien filmé, bien mis en scène, à travers parfois quelques moments plus touchants que vraiment émouvants. Voici pourquoi on peut classer la série dans le bas du haut de gamme. Mieux vaudrait peut-être écrire « pourquoi JE classe la série…
« Infrarouge » versant débat informatif
Résumé en un « Trump » de 146 signes: (temps de lecture : environ 4 minutes)
Dans un débat comme celui du 01.02.2017, quand les gens s’écoutent, c’est plus intéressant qu’un « pugilat » qui n’est que spectacle superficiel.
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«Infrarouge», l’émission hebdomadaire de discussions tous azimuts de la RTS oscille entre le «pugilat» politique qui oppose deux camps où chacun est d’abord préoccupé de mettre en cause les idées de l’adversaire et le débat informatif où il s’agit de faire comprendre un problème de société. Le spectacle du «pugilat» est-il pour autant source d’une bonne part de marché? Une réponse positive ne serait pourtant pas une justification pour cette forme d’émission. Remarques à propos de l’émission du 01.02.2017
(Photos RTS)
Pro-européen et anti-UDC
On peut heureusement, de temps en temps, saluer d’intéressantes contributions à la compréhension d’un phénomène de société. Ainsi en aura-t-il été de l’émission consacrée à la disparition brutale de «L’Hebdo». La rencontre se serait-elle déroulée dans la ligne des «pugilats» politiques que l’indispensable invité tendance UDC, par exemple Ivan Perrin, aurait fait part de sa satisfaction devant la disparition d’une publication pro-européenne et anti-UDC comme l’était pour lui «L’Hebdo».
Coupes «papier»
«L’Hebdo» perdait de l’argent depuis des années. Pourquoi son éditeur l’a-t-il longtemps porté à bout de bras et assez brusquement laissé tomber? Sur ce point, les invités d’ «Infrarouge» sont restés discrets. Une grande entreprise multinationale ne peut-elle plus supporter l’existence d’une branche déficitaire qui contribue à donner une meilleure information dans une petite région éloignée de son centre de décision? Tamédia, Ringier, finalement, même combat: on coupe dans les rédactions «papier». Sans entendre ceux qui avaient des propositions à faire….
Fenêtres ouvertes vers la Suisse
La presse écrite a vu ses recettes publicitaires fortement diminuer ces dernières années. Les investissements se sont déplacés vers l’audiovisuel et les réseaux sociaux. La télévision suisse maintient ses recettes publicitaires à un niveau plutôt stable. Les annonceurs suisses investissent près de 350 millions de francs par an dans des fenêtres de chaînes allemandes et françaises vers la Suisse (on n’aura pas parlé de l’Italie). Gilles Marchand s’est battu, en solitaire, contre cette situation qui n’a aucune valeur informative pour la Suisse. En vain! La loi du pays émetteur prime sur celle du pays receveur. On peut changer des lois, a-t-il rappelé. Mais pas tout seul, même demain à la tête de la SSR SRG.
L’info coup de poing
L’un des invités, Geoffroy Moret, présent sur un réseau social avec une offre qui porte le nom de «Kapaw», a choisi le coup de poing dans ce paysage médiatique. En une minute, voici un résumé de la première semaine du président Trump: des images, des textes écrits, aucun son original, sinon un accompagnement musical. Un peu comme certaines contributions de «Nouvo», le survol de la semaine à «Mise au point», ou encore un sujet des deux Vincent dans «26 minutes». Ce sont là des exemples de la montée en puissance de l’équivalent des messages de cent soixante signes dont use le président Trump! C’est là une forme d’information parmi d’autres, plus développées. Et ce n’est pas en sept-huit minutes d’équivalent info-tv que l’on fait de l’investigation!
Subventionner la presse écrite?
Subventionner, d’une manière ou l’autre, la presse écrite? Pourquoi pas. Et de citer la France où «Le Figaro» et «Le Monde» bénéficieraient de seize millions d’euros d’aide étatique. Que représentent ces 16 millions sur le chiffres d’affaires de ces deux grands quotidiens français. Qu’en est-il des autres, comme «Libération» ou les hebdos comme «L’Express», «Le Point», «L’Obs»,etc? Et en Suisse?
Un lecteur n’est pas forcément un abonné
Du désormais feu «Hebdo» romand, on a appris qu’il avait cent cinquante mille lecteurs. Mais ces lecteurs n’étaient pas tous des abonnés, ni même des acheteurs numéro par numéro. Le nombre des abonnés tournait autour des trente-cinq mille. Cent cinquante mille, cela fait beaucoup. Trente-cinq mille, ce fut finalement tout de même un peu court.
Une émission de débat dans son versant informatif débouchant sur des questions qui restent ouvertes est finalement plus réussie que celle qui n’apporte que le spectacle de gens qui ne s’écoutent pas. Ce 1 février 2017, «Infrarouge» à inscrire dans la liste des «réussites» qui restent trop rares.
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En PS futile: Esther et Gilles
Dans un débat, règle généralement admise, les participants, animateurs y compris, utilisent le «vous» alors que parfois ils se tutoient hors-antenne. Mais comment s’adresser directement l’un à l’autre? Gilles Marchand l’a fait en interpellant «Esther» laquelle a semblé à la fois surprise et empruntée d’utiliser un «Gilles» dans sa réponse à son directeur régional et bientôt national!
La dix-huitième !
(Temps de lecture – environ 90 secondes/ survol en prenant l’ascenseur : 20 secondes)
Enorme succès d’audience, le dimanche 28 janvier 2017, pour Federer battant Nadal. Une occasion de plus, pour la SSR-SRG, de faire remarquer que le sport est rassembleur. Ce qui veut donc dire: excellente sinon énorme part de marché: pointe à plus de 400.000!! Et dire aussi: excellentes recettes publicitaires, en fonction de l’audience?
Un mot aura été utilisé, depuis assez longtemps déjà, sous diverses formes: maître. Il y a ceux qui écrivent «Maître» avec guillemets et majuscule et ceux qui se contentent d’insérer le mot maître dans une phrase. Ce n’est pas tout à fait la même chose. Dans un commentaire parlé, la diction a aussi ses majuscules et ses guillemets!
Melbourne aura offert quelques belles et passionnantes rencontres, comme par exemple la demi-finale entre Wawrinka et Federer, le premier maîtrisé par le second (on pourrait écrire *par le « Maître »*). Mais une rencontre en cinq sets, c’est long. Alors, on peut aussi se laisser aller à une lecture pas trop exigeante pendant les temps morts, assez fréquents en tennis. Heureusement, la voix du commentateur a le mérite de nous rappeler au bon ordre du regard complice.
Le tennis a une vertu qui renforce l’intérêt du spectacle: le poids du point en jeu change constamment, source d’un précieux suspens. Il peut par exemple, gagnant, abréger la partie, ou perdant l’allonger considérablement.
Une grande rencontre, c’est quoi, somme toute? Une esquisse de réponse: les coups gagnants doivent être plus nombreux que les fautes directes. Cela, on le «sent» en cours de rencontre. Une statistique de coups gagnants et de fautes directes serait intéressante à suivre en cours de jeu. Une victoire est nettement plus spectaculaire si elle repose sur des coups gagnants plutôt qu’une accumulation de fautes directes.
Je me demande bien pourquoi j’ai tendance à croire que le plus élégant doit aussi être le meilleur. Nadal avec ces gestes furtifs qui font le tour, actuellement, de son visage avant de servir, c’est tout de même un peu exaspérant. Dimanche, le meilleur, mais pas tellement de beaucoup, a gagné.
Après tout: on a bien le droit d’être un peu «chauvin»…
« Message » au Président du Conseil du Public
Le président du Conseil du public, Matthieu Béguelin, par ailleurs membre du comité de la SRT-NE, vient de prendre une excellente initiative. Il s’est adressé par courriel à plus de 200 membres de la section de Neuchâtel dont l’adresse mail est connue pour les inviter à se prononcer éventuellement sur les deux sujets qui seront prochainement traités par le conseil qu’il préside, le « Le 12 :30» radiophonique et « Magnétique ». Les réactions seront-elles nombreuses ? Espérons-le. Mais c’est surtout un appel direct à participer à la réflexion sur la radio et la télévision, qui n’est que rarement amorcée par des membres de la « base ». La RTSR s’efforce de recruter de nombreux nouveaux membres qui restent trop souvent muets et passifs comme les anciens.
Dans son texte, rappel est fait de la possibilité d’évoquer la « grille des programmes » en s’intéressant en particulier à « la forme (..) des sujets traités ».
Ce blog aura été composé l’an dernier d’une quarantaine d’interventions, chacune permettant parfois d’évoquer plusieurs sujets qui se ressemblent (par exemple des considérations sur des séries ou des manifestations sportives).

Caroline Roux dirige « C…dans l’Air » depuis septembre 2016. Le succès de l’émission susbiste aprè le départ d’Yves Calvi. L’audience moyenne annuelle dépasse largement la moyenne annuelle de la chaîne. Pour une fois, la qualité « rapporte »…
Je me proposais ce jeudi matin 12 janvier 2017 de relater une assez longue soirée occupée à pitonner de « C..dans l’air » et « C..à vous » (France5) à « La nouvelle vague berlinoise » (Arte) en passant par « Le 19 :30 » (RTS1), une amorce de « Chérif » (RTS1), « Phoenix » (ARTE – remarquable film d’un jeune cinéaste allemand) et une prise de train en marche intitulé « Infrarouge » (RTS1).Et de tomber dans l’émission romande sur un de ceux assez nombreux débats où deux ou trois invités renforcés par l’animatrice parlent en même temps, à se rendre, bien sûr inaudibles, encore qu’il soit possible de deviner que certains sont en train de se répéter. Le conseil du public s’est déjà penché sur « infrarouge » sans pouvoir prendre acte d’autre changement que de l’horaire de diffusion, du découpage en tranches avec des rubriques incontournables, la structure et l’esprit de l’émission inchangés. Lors des débats « politiques », (au moins une fois sur deux), on en reste à la mise en scène d’affrontements entre deux camps opposés sans nuances, la majorité des participants plus occupés à démonter les arguments du ceux d’en face qu’à décrire le bien-fondé de leur position.

Anne-Sophie LAPIX, Elisabeth Lemoine, Pierre Lescure, Maxime Switek, Mathieu No!el, Patrick Cohen: l’équipe de « C…à vous ». Tout à gauche, l’ancien patron du « Festival de Cannes… dans un rôle de « modeste » chroniqueur au quotidien…
J’aurais pu me contenter de livrer quelques comparaisons entre
« Quatre débats dirigés par quatre femmes »
sans aborder les sujets traités pour m’en tenir à la forme et au « climat » dans lequel se déroulent quatre émissions. Ainsi soit fait !
Caroline Roux dirige désormais « C..à vous » à quatre invités (exceptionnellement le mercredi 11 janvier 2016, trois femmes) comme d’habitude, allant jusqu’à demander qu’on lui pardonne certaines questions insistantes qui ne trouvent pas leur réponse dans une ambiance où chacun des invités écoute les autres et explique sa position sans chercher la confrontation. Anne-Sophie Lapix ( C…à vous ») passe avec finesse la parole à ses collaborateurs qui interrogent l’un après l’autre l’un ou l’autre des invités qui se succèdent sur le plateau, dans la bonne humeur ou l’émotion. Le climat fait belle place à la qualité d’écoute et au respect de l’autre, même lorsque les questions conduisent à certaines tensions.
Le « 28 minutes » d’Arte, qui en dure 45, est conduit par Elisabeth Quin avec la même attention que ses deux « rivales » de France 5. S’y ajoute une pointe d’humour qui ose être impertinent sans devenir gênant, même si parfois se profile une certaine tension. Dans « C…à vous » et « 28 minutes » apparaissent souvent des sourires. Et l’on ose même y rire franchement.
L’ambiance sur le plateau d’ « Infrarouge » ? On se prend de bec en tentant de bloquer la parole de l’adversaire. Inutile d’écouter l’autre.
Bref, et si, une fois, mais avec insistance, le « conseil du public » parvenait à provoquer une sérieuse réflexion sur le principe même d’ « Infrarouge » qui tient encore et toujours du pugilat.
PS : la partie en vert comprend 140 signes, espaces compris !! C’est trumpien !!!
Madame la Secrétaire d’Etat
Le titre est clair en français. Il est plus court en anglais, «Madam Secretary», mais moins clair. Cette série de trois saisons et près de soixante épisodes est produite par CBS, une des grandes chaînes commerciales américaines. Elle est écrite sous la direction de Barbara Hall, paraît-il fort connue à Hollywood: repéré dans sa filmographie sa participation à l’écriture de «Homeland», saison 3.
Vu le jeudi 8 décembre sur RTS 1 les trois premiers épisodes, de 20h15 à 23h45, avec entr’actes publicitaires et saluts répétés aux sponsors. Intéressants et intéressé, mais sans plus. Première impression d’alors: on se trouve dans le haut du milieu de gamme (dans un système allant du «bas-du-bas» au «haut-du-haut», le haut du milieu étant ainsi au sixième étage.
Une structure habile
Bien entendu, il s’agit d’une pure fiction, avec des personnages aux noms inventés, qui ne cherchent même pas à faire ressembler à un quelconque «modèle». La Secrétaire d’Etat américaine, donc la ministre des Affaires Etrangères, est naturellement amenée à avoir des contacts avec des délégations étrangères qui se trouvent aux USA, éventuellement pour une session de l’ONU et à entreprendre de multiples voyages à l’étranger. Dans les onze premiers épisodes, on se rend ou rencontre des diplomates de nombreux pays: Syrie, Yemen, Pakistan, Chine et Japon, Iran, Afrique Occidentale, Inde, Irak, Venézuéla: presque un par épisode! Ensuite, on va passer par la Turquie, le Mexique, le Brésil d’Amazonie, la Bolivie, la Grèce, la Russie (sans les probables oublis de résumés survolés). On comprend comment il sera possible de tourner plus de soixante épisodes. Que voilà un sujet habilement choisi pour permettre de tenir la longueur et de faire du «tourisme» international.
Après la mort qui ne se révélera pas accidentelle de Marsch, le président Conrad Dalton, que l’on ne voit guère, nomme une nouvelle secrétaire d’Etat, Elisabeth Faulkner McCord (Téa Leoni), ancienne de la CIA qui enseignait à l’Université comme son mari qui continue de le faire. Elle n’appartient donc pas au sérail politique et dispose ainsi d’une belle indépendance. «Madam Secretary» met en place le milieu familial d’Elisabeth, trois grands enfants adolescents, l’entourage de la Secrétaire, avec ceux de la nouvelle équipe qui vont affronter les anciens, l’enquête sur la mort de Marsch, la vie quotidienne des uns et des autres inscrite dans les événements de la politique du pays, les intrigues tous azimuts, les surveillances réciproques, les alliances d’un jour défaites le lendemain, et ainsi de suite. On ne peut dès lors que s’incliner devant la multiplicité des situations rendues possibles par le choix du milieu dans lequel évoluent une bonne dizaine de personnages importants. On y trouve bien sûr, personnage central, celle qui donne le titre à la série, mais elle n’est pas constamment présente.

Elizabeth (Téa Leoni ) et Henry McCord(Tim Daly) avec Michael Boatman , Directeur du FBI (Keith Doherty (Photo RTS)
Le scénario de «Madam Secretary» est porteur de multiples promesses d’actions et de confrontations bien menées, sans temps morts. Mais se produisent assez souvent des événements trop prévisibles. Il manque à la mise en scène des moments de gravité, d’émotion dans la délicatesse, de vraies surprises, des gestes inattendus. Tout ce qui était dans le «Borgen» venu du Danemark. Peut-être la différence de ton entre le service public généraliste d’un petit pays et une chaîne commerciale d’un géant de ce monde.
Cruels choix du jeudi soir!
Pour qui s’intéresse aux séries, le jeudi, c’est cruel: trois épisodes le jeudi 8 décembre 2016 avec «Madam Secretary» sur RTS1, trois de «Profilage» sur TF 1, cinq «Murder» sur M6 (de 21h00 à 01h15), trois de «Cannabis» sur Arte. Idem les jeudis 15: «Léo Mattei» remplace «Profilage» sur TF1. Le 22, M6 fait une pause informative, Arte passe à «L’héritage empoisonné». Le 29, RTS 2 propose cinq épisodes de «Outlander» (de 22h30 à 03h20!!), France 3 ouvre «The Collection» ( «The», c’est plus attirant que «La» !!). Et le 5 janvier 2017, cela continue sur «RTS1», RTS2 ( avec cinq épisodes en reprise de «The Knick» – de 22h00 à 02h10 ), «Section de recherches» en trio sur TF1, M6 en pause.
On devrait parler plus souvent des programmatrices et programmateurs, dont on ne parle pas assez souvent, qui imposent le tir en rafale, trois épisodes (au moins) l’un après l’autre. C’est une absurdité par rapport à l’esprit même de la série récurrente qui devrait, comme sur le continent américain, jouer sur l’impatience de suivre le récit d’une semaine à l’autre, épisode par épisode. La RTS s’aligne sur ses voisins, les chaînes généralistes françaises, en s’efforçant de les précéder, ne serait-ce que de quelques jours. Il est dès lors impossible de respecter le principe même de la série récurrente: le «un-par-un»!
Le «sériophile» doit choisir? Pour tout voir, il doit être retraité survolté et surmené, pour supporter les «trois-par-trois». Il peut revenir à l’unité en profitant de la mise en ligne sur internet ou enregistrer la série. Pour ma part, je suis de plus en plus lassé par les enquêtes policières, les enlèvements, les agressions, les meurtres. Préférence, en alternance, pour «Madam Secretary» (politique) et «The collection», (la mode avant les années cinquante), faute de trouver actuellement du haut de gamme actuellement. Il doit bien y bien «The Young Pope»: mais où?
Gothard : le soufflé retombe!
Le «Vieux chalet» de la chanson a été reconstruit là-haut mieux qu’avant. Le vieux tunnel de St-Gothard a été remplacé par un autre, beaucoup plus bas et plus beau (techniquement, car pour le paysage, les tunnels hélicoïdaux de Wassen restent irremplaçables): l’inauguration officielle a eu lieu le 1er juin 2016, avec force discours, force discours, larges invitations et quelques émissions spéciales de télévision, entre autres. Puis vint encore le 11 décembre 2016: ouverture commerciale. Juste en passant: que deviendra l’ancienne ligne du Gothard? Un agréable circuit touristique Fluelen-Faido comme le Furka-Oberalp, Bâle-Chiasso ou Zurich-Milan comme le St-Moritz-Zermatt?
«Hollywoodien»?
Et sur le petit écran, c’est reparti: nouvelles aux «JT», émissions spéciales, reportages et documents. Plus un sommet jamais atteint par la SSR-SRG: deux films de nonante minutes, le 11 et 12 au Tessin et en Suisse alémanique en premier rideau, le 12 en premier et deuxième sur la RTS, pas loin de douze millions dépensés avec des partenaires allemand et autrichien. Un film «hollywoodien», comme je l’ai entendu, mais pas lu: donc c’était à la télévision.
Revu au soir du lundi 26 décembre, quelques dizaines de minutes parmi les 175 d’origine, de «La chute de l’empire romain» d’Anthony Mann ( USA, 1963): là, le «hollyoodien» est sur l’écran et certainement dans le budget d’alors. «Hollywoodien» pour notre «Gothard», pour quelques scènes à forte figuration ou étincelante explosion, c’est tout de même un peu beaucoup écrire.
Quelles parts de marché?
Mieux vaut le prendre dans le sens financier: au-dessus de la moyenne du cinéma national. Mais être au-dessus de la moyenne suisse, ce n’est pas être très haut dans l’échelle américaine. Ou même française! Un exemple différent: « The Crown », la série américaine de Peter Morgan consacrée à la Reine Elisabeth, vaut douze millions de nos francs par épisode.
Puis voilà: le 12 décembre est passé. Il n’y a pas de dossier de presse à constituer le lendemain, faute de combattants. Oubliée par la presse, la télévision du soir avant; peut-être aussi par le public!
La seule information qui serait intéressante à connaître est relative à l’audimate, en pourcents ou parts de marché. Reste à savoir comment il faudrait s’y prendre pour obtenir les informations du Tessin, de la Suisse alémanique ou de Suisse romande: la SSR-SRG reste discrète sur ces informations numériques trop difficiles à interprêter par le commun mortels, si tant est que celui-ci s’y intéresse. Et pourtant, ce n’est pas sans intérêt, en lisant la page deux de l’assez pauvre en textes de réflexion qu’est «Télétop matin» que «Swiss Sports Awards» issus de Zurich, de savoir que 26 mille romands sur RTS 2 (18 de moins que les années précédentes!) ont fait cette audience qui ne semble pas particulièrement reflet du sport pourtant si rassembleur en général.
Onze millions pour « Gothard », oublié après son apparition sur les trois chaînes nationales, huit peut-être pour « Ma vie de courgette », déjà vu par au moins quatre-vingt mille romands, acheté dans quelques dizaines de pays. Pourquoi en parler? Pour le plaisir de glisser une photo…
Trop tard pour y revenir?
Et bien, ce n’est pas ce mardi soir que je trouverai le temps d’y revenir…. Manque de souffle personnel: c’est peut-être dommage. Oui, mais, voici largement dépassés, une fois de plus, les cent quarante signes espaces compris qui sont la norme de la communication de base sur internet: nombre de signes, trois mille; temps de lecture, deux minutes!
« GOTHARD » en rafale!
«Gothard», deux fois nonante minutes, est un fort bon produit audiovisuel, un gros investissement financier, qui a pour personnage principal le premier tunnel des années 1880. Il soulève de multiples questions, donne certaines réponses, qu’il faut parfois s’en aller chercher dans des compléments d’informations proposés sous la forme de documents télévisés. Jamais jusqu’ici, la SSR-SRG n’avait consenti un tel effort financier. Abordons d’abord les conditions de son existence, avant de s’arrêter plus tard à son apport historique et à son intérêt audiovisuel.

« Souvenir » mitigé de l’étrange, insolite et peu compréhensible ballet inaugural du 1 juin 2016 – Photo RTS
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Lundi 28 novembre 2016, «Histoire vivante» propose «Les hommes du Gothard» d’un duo tessinois, Maria Casella et Paul Nicol, adapté en français par la RTS. Ce document est le résultat du suivi de quelques mineurs pendant plus de dix ans, pour s’arrêter, bien sûr, à juin 2016, alors que l’inauguration officielle réunissait plus de notables que de travailleurs de l’ancien chantier. Efficace simplicité, avec ses chapitres annoncés en sous-titre : d’une belle richesse humaine, un grand respect pour les personnes interrogées, une excellente manière de préparer la rafale suivante.
Dimanche 11 décembre, RTS 2 offre «Tunnel du Gothard, le chantier du siècle». Encore un excellent document, mais cette fois il s’agit de l’autre, le «vieux», celui de 1880 ou 1882, déjà le «plus long du monde», avec quelques centaines de mètres de plus que son aîné du Fréjus- Mont-Cenis. Petit miracle: apports fort intéressants d’historiens de trois origines linguistiques, appuyés par des photos: presque passionnant pour qui rend tient aussi à apprendre des choses qu’il ne savait pas. Etrange: de belles images d’aujourd’hui, en couleurs apparaissent à l’appui de certaines déclarations. Elles «sentent» le neuf.
Pas d’aujourd’hui (11 décembre), vraiment de demain: lundi 12 décembre 2016, voici la plus coûteuse production de fiction de la SSR-SRG, commandée par Zürich, fortement appuyée de Lugano, avec Genève un peu en retrait. Presque en même temps sur les trois chaînes qui forment la SSR-SRG. Chose rare, dans notre paysage télévisuel qui ne sait guère travailler en commun!
A Chacun sa programmation
«Gothard» est donc un téléfilm de 180 minutes environ, en deux parties de 90. Le réalisateur, Urs Egger, a signé des dizaines de contributions surtout pour la télévision.
Au Tessin, «Gothard» a été présenté le dimanche vers 20h40 et le lundi peu après 21h00. En Suisse alémanique, deux premiers rideaux aussi, dimanche et lundi, juste après 20h00. La RTS fait preuve d’originalité: le lundi 12 la projection commence à 20h45 pour se terminer juste avant minuit, Il y aura bien sûr entre les deux parties un entracte, alors que remonte dans certaines mémoires «Entracte, le moment de fumer une bonne Laurence». Enfin, la pub!
La solution romande n’est pas la meilleure des manières de mettre en valeur un duo de téléfilms qui méritaient mieux: combien de personnes à 21h00, à 22h00, à 23h00, pour combien encore à 23h45? Il sera intéressant de le savoir!!
La solution romande n’est probablement pas la meilleure. Mais on peut s’interroger sur le principe même des deux épisodes de nonante minutes.
En télévision, l’unité la plus naturelle, c’est l’heure, qui permet d’y glisser une ou plusieurs plages publicitaires. En fiction, la série est construite pour le «un-par-un», même si les duos sont de mises à tout le moins sur les chaînes francophones que nous suivons. On peut se demander si «Gothard» n’aurait pas pu être construit comme une mini-série de quatre épisodes d’une cinquantaine de minutes proposés quatre soirs de suite en milieu de premier rideau – après 20h et avant 21h? Il n’y a plus aucune raison pour que la télévision continue de faire des complexes face à cinéma! Surtout quand elle ose un investissement élevé!
Le poids de l’investissement
«Gothard» est-il destiné à ne passer que sur le téléviseur et ses dérivés ou pourrait-il être vu sur grand écran. La toute première projection publique et gratuite eut lieu le mardi 2 août sur la «Piazza grande» le jour précédant l’ouverture du festival, pour quelques milliers de spectateurs. Après? Pas de nouvelles de la présence de Gothard sur grand écran.
Le coût de l’opération: onze millions de nos francs. La SSR-SRG et ses trois unités d’entreprises ont pris en charge 5,7 millions de francs. Les partenaires allemand et autrichien couvrent le 30%, soit 3,3 millions de nos francs. Ce partenariat implique que «Gothard» sera ou aura été vu en Allemagne et en Autriche.
Deux millions proviennent de différents soutiens au cinéma. Lesquels? Il y avait dans le temps une émission qui s’appelait «questionnez, on vous répondra!». Il y a des moyens peut-être de la faire revivre. Nous y reviendrons, informations demandées…
Pour un téléfilm à prétention «hollywoodienne», expression employée sauf erreur dans un téléjournal, en comparaison internationale, ce n’est pas très élevé. Au plan suisse, c’est beaucoup, en télévision, c’est donc donné comme un record. Le moyen de mesure à disposition, c’est celui du coût à la minute d’antenne. Une série américaine amortie sur son marché national vaut à l’achat en général cent francs la minute. Un «Temps présent» de 5o minutes oscille entre deux mille et trois mille francs la minute. Une série comme «Station horizon» tourné autour de treize mille francs. Avec «Gothard», onze millions pour 180 minutes, en trois versions différentes, cela donne environ soixante mille francs la minute. C’est en effet beaucoup!
Il y a des scènes tournées en studio ou en décors naturels. Un village entier à été adapté pour faire revivre Goeschenen. L’entrée du tunnel a été organisé dans une carrière en Tchéquie. L’intérieur du tunnel, sur une centaine de mètres, a été construit dans une halle immense en Allemagne. Les figurants, donc les costumes, se comptent par centaines. Même sur le seul petit écran, on voit l’argent investi. Et la SSR-SRG a su associer les trois régions, à des degrés divers, pour une réalisation «commune». Opération économiquement réussie…. Opération culturelle assez réussie… Nous y reviendrons…
Gothard : un « blockbusker » suisse?
Le lundi 12 décembre 2016, après la projection du téléfilm « Gothard » sur RTS Un à 20h40, vous pourrez tout savoir sur le film avec son making of, sous-titré en français, à 23h15 sur RTS Deux.
Impatient de découvrir ce « blockbusker » qui semble bien aussi faire place aux « anonymes » de la construction….Intercalées dans le texte, quelques images « SSR-SRG » qui, même petites, doivent donner une idée de la qualité du film sur lequel nous reviendrons dès mardi 13.
Le tournage le plus imposant jamais fait par la télévision suisse, une co-production à 70 % SSR-SRG et 30 % entre ZDF ( Allemagne) et ORF (Autriche) ! Il aura duré douze semaines, pour un film de deux fois nonante minutes ( entre deux et trois minutes utiles par jour). La présence d’une co-production avec l’Allemagne et l’Autriche garantir une sortie au moins télévisée dans ces deux pas. Au générique, mention est aussi faite d’un partenaire à Prague, ce qui vaudra peut-être au film une sortie en Tchéquie.
Le tunnel ? Reconstitué à Cologne! Son portail nord? Construit dans une carrière près de Prague! Coùt total pour la SSR-SRG? 5,73 millions (selon une source unique, le « Le Matin-Dimanche » du 11.12.16.). Donc en tout 8,2 millions environ, pour 180 minutes : 45 mille francs la minute! A comparer avec le coût d’une série comme « Station horizon », aux environs de 13/14 mille francs la minute. En comparaison internationale? Confortable! Pour le Suisse? Un gros effort!
Dans la partie «rédaction» du générique, on note la présence, côté suisse, de la SRF (Zürich), RSI (Lugano). Pas de mention faite à la RTS, malgré une présence romande, celle de Carlos Léal, pour interpréter le romand Louis Favre, personnalité relativement importante pour la construction du tunnel. Pas d’ouverture vers la moindre chaîne française et italienne. Le tunnel du Gothard en télévision réunit la suisse alémanique, le Tessin, l’Allemagne et l’Autriche.
Le film a été présenté à Locarno l’été dernier en avant-première. Ensuite? Pas de grand écran! Seulement le petit et ses déclinaisons. La première sur les chaînes nationales le jour même où le nouveau plus long tunnel ferroviaire du monde, celui de 2016, commence sa véritable exploitation. Pourquoi pas une sortie sur grand écran? Voici l’image soignée, le son attentivement construit réservés au seul petit écran du téléviseur et aux miniaturisations sur tablettes et autres des portables. Il est vrai que se poser la question de la beauté des images et des sons ne touche que quelques vieux «crocodiles» attardés préoccupés par l’esthétique.
Mais évidemment, l’important, c’est le nombre. Les centaines de milliers de spectateurs, c’est devant les petits écrans qu’on les rencontre. Rarement au cinéma. Même pas pour une histoire de tunnels ferroviaires, le plus long du monde de 2016 qui était déjà le plus long en 1882.
D’un bon usage des « sondages »
Il y a quelques mois déjà, le brexit provoque la surprise. Il y a deux semaines, l’élection de Trump provoque la surprise. Il y a une semaine, Fillon en tête de la primaire de la droite en France et l’élimination de Sarkozy provoquent la surprise. Chaque fois ou presque, des considérations sentencieuses sur le pelé, le galeux de la fable, celui d’où vient tout le mal: le dénommé «sondage» qui-n’a-rien-vu-venir! Mais que feraient les médias, de nos jours, si les sondages n’existaient pas?
Avant le brexit, les sondages donnaient un résultat assez serré. Avant la présidentielle américaine, les sondages donnaient un résultat assez serré, plutôt en faveur de Clinton. Avant la primaire de la droite, on attendait Juppé en tête. Après? Les «sondages» sont coupables de nous avoir trompés! Mais on emploie parfois le mot sondage dès que dix personnes donnent leur avis sur n’importe quoi!
Mieux vaudrait s’arrêter à la notion de «sondage d’opinion», effectué sur un sous-ensemble (un échantillon ) qui représente le mieux possible l’ensemble (la population) auquel on pose des questions auxquelles il doit être possible de répondre de manière assez simple, voire d’un binaire OUI ou NON. Ce «sondage d’opinion» obéit à quelques formules statistiques mathématiques. Il donne, à un moment précis, une photographie d’un sous-groupe qui reflète le mieux possible l’ensemble. A cette mesure est associée une marge d’erreur, qui crée un intervalle dans lequel le résultat final a de bonnes chances de se trouver.
La présidentielle américaine
Dans la dernière ligne droite, on a parfois donné Clinton/Trump à 51/49%. Pas une seule fois, je n’ai entendu (à la télévision) ou lu (dans la presse) la marge d’erreur. Supposons que celle-ci soit de «plus ou moins deux pourcent» (hypothése plausible). Très sommairement, cela peut signifier, arrondis à l’unité, 53 à 47, 52 à 48, 51 à 49 ou 50 à 50 et même 49 à 51. Autrement dit trois fois la victoire du premier, une fois le match nul et une défaite. Si on prend l’image du pari sportif, ce seront trois «1» pour une fois «x» ou une fois «2». A 51 contre 49, Trump avait une chance de gagner: ce n’est de loin pas négligeable!
Si l’élection américaine avait pour base légale le nombre de voix obtenues dans l’ensemble des Etats-Unis, Clinton a obtenu, aux dernières nouvelles deux millions de voix de plus que Trumb, quelque chose comme soixante millions contre cinquante-huit, presque du 51/49!
Mais la manière dont des médias se sont servies de ces sondages a fini par escamoter une information essentielle: le principe du vote à deux étapes, la première désignant dans chaque état des «grands-lecteurs» qui formeront ensuite le décisif collège électoral. Or un «grand électeur» représente aux USA beaucoup moins d’habitants d’un état à forte population qu’un autre à la plus petite. Sans marge d’erreur, sans information sur l’échantillon, un sondage perd qui porte sur les voix seulement n’a qu’une valeur toute relative.
La primaire de la droite en France
Intéressante page du «Monde», dans son édition du 18 novembre 2016, tout de même clairvoyante. Déjà son titre annonçait une «finale» à trois, Juppé/Sarkozy/Fillon, alors qu’on en était partout à attendre Juppé en tête devant Sarkozy». Une enquête électorale, menée par un centre de recherches politiques de Science Po en collaboration avec «Le Monde», a pris en compte vingt mille personnes durant presque toute l’année 2016. La dernière enquête, réalisée entre le 8 et le 13 novembre auprès de 18200 personnes en aura retenu 1337 qui se déclaraient certaines d’aller voter à la primaire. On a ainsi suffisamment d’informations sur la composition de l’échantillon pour fixer le pourcentage entier de chaque candidat. Pour les trois principaux est donnée une indication sur les «indécisions du vote». Par exemple, pour Alain Jupé, crédité de 36 pourcent, le score du potentiel bas au potentiel haut allait de 29 à 43 pourcent. Cet intervalle joue ainsi le rôle d’une sorte de marge d’erreur plausible. Le potentiel haut de Fillon – 28 – était équivalent au bas de Juppé (29) et dépassait celui de Sarkozy (25). C’était là une indication de «surprise» possible.
Un sondage, à un jour fixe, l’échantillon décrit, la question connue ne donne donc qu’une photographie instantanée. Il ne permet pas de prédire l’avenir. Mais la même enquête, faite en janvier, mars, mai, juin, septembre, octobre et novembre (première quinzaine) permettait de suivre l’évolution, non seulement du trio final, mais d’un quatuor, Bruno Le Maire dépassant en début d’année François Fillon. La ligne de Juppé descend lentement d’une enquête à l’autre, celle de Sarkozy d’abord légèrement montante, s’incline dès septembre vers le bas. Le Maire quitte lentement son 17 pourcent de mars pour s’arrêter un 7 pourcent en novembre, Fillon stagne jusqu’en août autour de dix pour prendre un élan à forte pente positive. On en est, début novembre à Juppé 36, Sarkozy 29, Fillon 22, le Maire 7.
En formulant l’hypothèse que les variations récentes se poursuivent dans le même sens, Fillon dépasse clairement Juppé qui dépasse Sarkozy, Le Maire aboutissant dans le groupe de petits scores, finalement même de peu dépassé par Nathalie Kosciusko-Morizet.
Surprise? Pas pour qui avait passé une bonne vingtaine de minutes sur l’information contenue dans cette page du «Monde». Mais nous vivons le temps de l’information en cent quarante signes – deux lignes dans une page de journal!!!
Autres ilots de résistance prudente
Dans « C…dans l’air » (France 5 – chaque jour vers 17h45 avec reprise aux environs de 22h30), on cite, bien sûr, bon nombre de sondages. Mais dans le quatuor qui entoure les animateurs (Caroline Roux ayant succédé à Yves Calvi avec une force tranquille), on note souvent la présence d’un «sondeur» qui sait dire pourquoi il faut interpréter avec prudence tout «sondage», le sien y compris.
Il faut enfin rappeler une règle mise en place par la SSR-SRG ( ou la seule RTS, je ne sais plus): dans un Téléjournal, toute allusion à un «sondage d’opinon» doit donner la taille de l’échantillon, la date de l’enquête et la marge d’erreur. Cette règle est bien respectée. Elle est importante.
Au jour le jour (une semaine en novembre 2016)
Plutôt que de «pondre» de longs textes avec des paragraphes qui peuvent être lus séparément, ne serait-il pas mieux de ravitailler ce blog chaque jour, comme hier, non avant-hier, il était possible de tenir chronique tv sur papier-journal de trois à cinq fois par semaine?
La tentation existe. Cela permettrait de proposer une amorce de réflexion, sur une manière de se divertir sans mal de tête (regarder du sport), découvrir ce qui se fait de mieux dans l’audiovisuel contemporain (souvent désormais sur le petit écran à travers les séries récurrentes) et de surtout trouver dans reportages et documents de création la réponse à une sorte de besoin que les années ne fait pas diminuer, celui d’apprendre quelque chose, avec un plaisir d’autant plus grand si la forme est originale ou au moins soignée.
En survolant la semaine précédente, cela donne «Fais-toi Mâle» (1.100 signes), puis «Primaire de nos voisins»(700), «Westworld» (1.400) «TV8 mieux que les jumeaux TélétopMatin et TVGuide» (1.450), ce qui est encore assez loin de l’idéal des sujets à 140 signes de je ne sais quel réseau social qui ne donne pas mal à la tête et le ton qui va avec!
Fais-toi Mâle (mercredi 16 et dimanche 20)
«Spécimen» reste, pour combien de temps encore?, l’une de ces émissions à tout le moins originale par le choix des sujets et d’une partie de la forme qui font de certains mercredis soirs de la RTS des soirées «titillantes». Ainsi en alla-t-il de la dernière, tournant autour de la «masculinité» peut-être en crise, avec des expériences intéressantes à suivre autant qu’elles furent excitantes à inventer.
Une surprise toutefois: absence presque totale de la notion de virilité sexuelle, qui est tout de même une composante non négligeable de la masculinité.
Aperçu dans le montage quelques plans attribués à un intéressant document expérimental, «Le souffle du désert» de François Kohler, qui place treize hommes dans un désert tunisien accompagnés d’un animateur et de chameliers. Ce film aborde des thèmes liés à la masculinité.
Il existe donc un lien entre le «Spécimen» du mercredi 16 novembre et le doc du dimanche 20. Il eut été possible d’attirer l’attention sur ce lien, dans une « bande de lancement » ou sur Internet. Rien de cela! Inattention personnelle? Discrétion des secteurs de la RTS chargés de la promotion des émissions? Absence de coordination entre équipes différentes?
Primaire de nos voisins (fin d’étape le dimanche 20)
Gros dispositif de France 2 pour suivre heure par heure la primaire de la droite avec ses sept candidats. Peu avant minuit, on en savait presque plus du résultat qu’en lisant tôt lundi matin la presse écrite. Mais, à travers des textes de réflexion, la presse reprend l’avantage sur la télé avec ses interventions de nombreux invités, souvent courtes. Le journaliste passe son temps à les pousser à abréger.
Entendu ce dimanche une candidate parler de l’univers numérique. Puis cela repart pour une semaine. France 3, lundi soir, change son programme pour s’en aller voir ce qui se passe autour de Macron, qui pratique le ni-ni (de droite-de gauche) mais parle lui aussi « numérique». Les autres baissent les impôts, suppriment des postes dans la fonction publique, améliorent la sécurité. On tricote dans la nuance! Toutefois, pas encore compris comment les postes supprimés dans le public contribueront à faire diminuer le chômage?!!?
Westworld (lundi 14 et 21)
Il se pourrait que quelque chose ne fonctionne pas très bien. Les humanoïdes sont tellement physiquement ressemblants aux humains qu’il est difficile de distinguer le personnel du parc, les acteurs des visiteurs, les spectateurs. On peut même se demander si pour le patron Koch certains collaborateurs scientifiques en sont aussi (Bernard ?).
Trop chercher à savoir qui est qui finit par lasser. Les signes de différences sont peut-être trop discrets, sauf dans l’atelier de réparation de l’usine. Et, à de rares exceptions, ceux de la fabrique restent confinés dans leur espace ultra-moderne, pour se livrer à leurs jeux de pouvoir. Certaines scènes spectaculaires sont d’une violence extrême, parfois au ralenti, mais le fait de savoir les victimes réparables ne «justifie» pas ces excès. Recours est aussi fréquemment à des duos qui s’entretiennent en gros plans ou plans rapprochés, qui ont le mérite de mettre à disposition des monteurs du temps d’antenne pas trop coûteux.

Rodge Santori en Hector Escator, tout en noir donc le « méchant ». Humanoïde ou Humain ? (PHOTO HBO)
Reste le mérite de la programmation, immédiatement après la sortie aux USA. Le sous-titrage impose une heure de projection naturellement tardive. Mais c’est aussi un moyen pour la production de diminuer l’ampleur d’un piratage qui n’a que peu de secrets pour les jeunes générations.
Alors, où placer «Westworld»: pas plus haut que dans le bas du haut de gamme. Ou plutôt au haut du milieu? La déception pointe…. Et comment se porte l’audimate? Aux USA, semble-t-il, pas très bien…A la RTS???
TV8 mieux que les jumeaux Télétop et Guide TV
Une mouche m’a piqué, dimanche 21: comparer l’offre de grands éditeurs dans le domaine de la tv. Les romands, moins de deux millions d’habitants, disposent de trois magazines qui se veulent complets. TV8, édité par Ringier-Romandie, comprend chaque semaine une centaine de pages, avec une bonne vingtaine de contributions rédactionnelles, parfois frôlant la réflexion critique. Les deux autres obéissent à une assez semblable maquette: ce sont des jumeaux issus du centre «Tamédia» de Lausanne, une trentaine de pages chacun. Le «Guide TV» est encarté dans la «Tribune de Genève», «24 heures», «La Liberté» et «Echo magazine». «Télétop Matin» accompagne «Le Matin-Dimanche». Une page avec cinq sujets accompagne les programmes de chaque jour. Elles se ressemblent parfois beaucoup, dans l’un ce sont de «Immanquables» du jour, dans l’autre «Le top», du jour lui aussi. Les «immanquables» passent souvent à peu près à la même heure. Il faudrait parfois cinq écrans pour n’en manquer aucun.
On trouve en kiosque les 30 pages de «Télétop» pour 3,50 SFR: environ 12 centimes la page.
On trouve en kiosque les 100 pages de «TV8» pour 3.50 SFR: environ 3,5 centimes la page.
Chère, la page de programme chez «Tamédia», la maison-mère qui déteste par SSR. Abordable, la page de programme de «Ringier», qui entretien un rapport assez amical avec la SSR. Pas très étonnant que la magazine Ringier soit mieux fait que le jumeau «Tamédia»!



























