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TSR, RSR: démodés ! RTS: branché !
Éviter dans le titre le «Out» et le «In» attendus et remplacés par des équivalents plausibles traduits assez bien l’esprit de la convergence mise en place depuis près de deux ans. Le nouvel habillage unitaire avec «un» et «deux» est lettres est élégant. La bascule vers la haute définition est immédiatement en place pour une partie des abonnés.
Un seul site
Satisfaction générale de tous les intervenants, récemment à Genève lors de la conférence annuelle. Pour l’ensemble de la Suisse romande, la radio, «RTS la Première» reste nettement la meilleure en parts de marché. La télévision maintient un 27 % durant 24 heures sur 24 et 33 sur la tranche 18/23, malgré un léger tassement. C’est sur internet que la nouveauté est le plus immédiatement perçue :les sites RTS, TSR et RSR ne forment plus qu’un, celui de la RTS. Et les visites ou consultations de documents sont en forte hausse.
Restons dans les sigles: RTSR ( Radio Télévision Suisse Romande) subsiste en quatre majuscules alors que le trio fait la paire télévisée ou le quatuor radiophonique. Sur certaines pages du nouveau site, miraculeusement en lettres assez grandes pour qu’elles soient visibles sans recourir à une loupe, la RTS salue l’organisation institutionnelle avec l’ancien complément longtemps discret de “représentation du public”.
Presque une chaîne sportive
Oui, mais voici déjà deux états dans l’État, “RTS-Info” et “RTS-Sports” ; triomphants ! Par exemple, en cette année de jeux olympiques d’été, il y aura plus de deux mille heures de diffusion, donc plus de quatre-vingts jours entiers, pas loin d’un quart bon an. Mais de quoi s’agit-il ? De télévision seule, de radio seule ou de télévision et radio convergées ?
“RTS deux” confirme ainsi son statut de chaîne presque sportive considérée comme du divertissement plutôt que de l’information. Mais les “petits” sports trouvent au moins la petite place qu’ils ne trouvaient pas encore il y a quelques mois.
Le sport est à tout le moins bien traité sur les canaux de la RTS. Trop bien ? Personne ne semble s’interroger sur cette invasion! A se demander si la solution pour un meilleur équilibre ne passe pas par une troisième chaîne.
Bilan partiel par secteur
Les magazines de premier rideau de l’ex-TSR tiennent bien le coup.Il faut rappeler que cette mise en valeur remonte aux années soixante du siècle dernier. Ceux qui font la télévision aujourd’hui et qui parfois répètent que les choses changent, ce qui est vrai, savent-ils ce qu’ils doivent à leurs ancêtres ? “Continents sans visa” existait avant leur naissance ! Notre télévision tire une bonne partie de son excellente réputation internationale grâce aux programmes qu’elle ose montrer en premier rideau après l’incontournable champion qu’est le “19 :30”.
Les “Docs” audiovisuels sont en très bonne santé. L’équipe est aussi efficace dans les productions propres, les coproductions, les achats que la programmation. On devrait le dire plus souvent.
La fiction cinématographique est toujours dominée par les sources américaines. “Box-Office” rend hommage à l’audimat qui mesure les succès commerciaux qui ne sont pas forcément en corrélation avec la valeur culturelle. Mais le processus que l’on s’était amusé à dire de “macdonaldisation de la fiction sur les chaînes francophones” il y a plus de dix ans subsiste.
Un progrès évident: une meilleure présence du cinéma suisse, qui reflète un meilleur budget pour les coproductions. La SSR met dans le cinéma suisse d’auteur autant sinon plus que la Confédération. Mais la plupart des films de fiction sont programmés en fin de premier rideau ou plus tard, alors que dans les années septante on pouvait voir Godard, Tanner, Soutter ou Goretta en début ou milieu de premier rideau.
Les séries malmenées
Il faut se répéter. L’écart entre le cinéma et la télévision de fiction est en train de s’effacer, avec les séries qui rendent à l’audiovisuel une des dimensions essentielles de la notion de récit littéraire. Une série de dix fois cinquante minutes, c’est l’équivalent littéraire d’une saga de cinq cents pages. “Mad men”, “Boardwalk empire”, “Deadwood”, “Les sopranos” et tant d’autres c’est la suite du cinéma de “Autant en emporte le vent”, “Lawrence d’Arabie”, “Le pont de la rivière KwaΔ ou de certains écrits de Balzac, Dostoïski, Tolstoï, Dumas. Ce sont des spectacles populaires, littéraires, visuels qui méritent d’être proposés au plus grand nombre, pas de se retrouver confinés en deuxième rideau. Mais une bonne exposition donnée à la culture semble aux yeux des programmateurs de la première décennie du XXIe siècle moins importante que l’audimat.

« Skandal » est un journal fictif à cancans qui accompagne la diffusion de « Borgen » sur ARTE. Il s’y publie des caricatures de la première des ministres qui a, comme n’importe quel gouvernement, des problèmes… avec les avions de combat !!
Alors, on doit poser une question: imaginons que durant une dizaine d’heures réparties sur le même jour d’une dizaine de semaines la part de marché diminue de cinq points, avec par exemple un “Mad men” présenté à 21h00, quelle serait la baisse de la moyenne annuelle ? Invisible, ou presque. Il faudra revenir sur ce type et calcul et rappeler que le grand patron de la SSR, Roger de Weck, avant d’entrer en fonction, avait tout de même dit que pour améliorer la présence de la culture, on pourrait parfois sacrifier un petit bout de part de marché.
Et encore “Borgen”…avant d’y revenir
Aucune raison de craindre de se répéter. Pourquoi des séries produites par la RTS ne tendraient-elles pas vers le niveau atteint au Danemark, l’accord étant facile à se faire sur l’intérêt et la qualité de “Borgen” ? Il est vrai que plusieurs facteurs entrent en ligne de compte. On y reviendra quand on saura combien coûte la minute de la série danoise, combien de minutes utiles sont tournées et montées par jour, quelle est la réponse du public du pays, avant même de prendre acte de l’importance d’une diffusion internationale. Questions plus ou moins bien posées en public lors de la conférence de presse, qui méritent des réponses.


