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Le nouveau PDG de la SSR : Roger de Weck

En février 2009, un groupe de personnalités lançait une idée qui fut interprétée comme une tentative de mettre sur pied un nouveau canal télévisé à forte dimension culturelle au niveau national, que d’aucuns nommèrent « Arte à la Suisse » voir texte à ce sujet. Ils furent à tout le moins maltraités par le futur PDG sortant de charge, Armin Walpen, qui vit en eux un groupe de délicieux « farfelus » qui eurent doit à une véritable fessée devant tant d’inconscience financière !

Roger de Weck

Parmi cette équipe réunie par Bernard Cathomas, on lisait par exemple les noms de Gilles Petitpierre, Jacques Pilet…. et d’un certain Roger de Weck. La nouvelle de sa nomination à peine tombée qu’on trouve sur le site d’un journal populaire romand un accueil ironique à un « gauchiste » dont il faudra se méfier !

Chose excellente, que cette nomination d’un grand journaliste, bon connaisseur de l’univers des médias, homme d’antenne aussi, proche de la radio et de la télévision. Il est actuellement animateur de « Sternstunden », émission de la télévision suisse de langue allemande, qui passe en amorce de deuxième rideau, aux environs de 23h00, probablement à cause de ses exigences culturelles. Roger de Weck est aussi sensible à l’économie, à la finance, au management.

Une excellente surprise !

L’argent de poche de «Pipeules» ou le succès des plaideuses et plaideurs

Evoquer la presse « pipeule », c’est aborder un problème de communication en observant une certaine distance ; sinon on écrirait « populaire », mot tout à fait « honorable » ; lui ! Va pour »pipeule » : mettre en couverture ce qui parfois se passe sous les couvertures privées des « pipeules » est d’un bon rendement pour la presse dont les tirages ainsi se dressent.

Il existe dans ce domaine aussi une source de « bonus », oh, bien plus modestes que ceux de nos chers et souvent très coûteux banquiers et autres spéculateurs.

A force de procès ouverts devant une juridiction de France que l’on dit généreuse pour les plaignantes et plaignants, sources officielles citées, le « TélécinéObs » (du 27 mars au 2 avril), donne quelques informations numériques sur le montant obtenu en « dommages et intérêts » pour atteinte à l’image privée de discrètes personnes.

Laurence Ferrari a tiré143 mille euros lors de seize actions en 2008, auxquels on peut ajouter 75 mille autres euros gagnés par le père de ses enfants.. Claire Chazal accumule de 2006 à 2008 325 mille euros. Et ainsi de suite.

De bons avocats doivent ainsi faire de belles factures. Des œuvres de charité parfois en profitent. Pour ceux qui sont, comme tout le monde le sait, modestement payés au smig, cet argent de poche ainsi gagné est précieux. Il n’y a pas de petites recettes !

Mais ce n’est pas une information « suisse » où de pareils excès ne se produisent pas.

Je regrette que l’on regrette…

Dans le Médiatic no 153 du 12 mars 2010, page 3, on lit dans l’excellente rubrique intitulée « Il a aussi été dit que… » :

« On regrette la programmation de la série Scènes de Crimes le vendredi à 20h10 sur la TSR1 ».

Le tueur au marteau ( 30 janvier 2010) - (Photo TSR)

Ah bon ? Mais, qui ça, « On » ? La majorité du Conseil du public après un vote ? Une ou quelques voix solitaires ? Et puis, on regrette quoi ? Renseignements aimablement obtenus, ceci : c’est la programmation en ouverture de premier rideau, chaque vendredi, qui fit problème à quelques-uns.

Scènes de crime en Suisse il est vrai aura ainsi remplacé durant près de deux mois le délicieux, dense Le Passager avec les rires spontanés de MM, qui aurait du laisser les deux vachettes à l’écurie. Il existe, pour ce genre d’émission assez pointue, rappelant des crimes sordides, des cases accueillantes, par exemple une fois par semaine aux environs de deux heures du matin quand se termine le second épisode de la dose hebdomadaire de 24 heures chrono.

Regretter est bien sûr un droit individuel. Mais les regrets auront ainsi masqué un élément très, très positif, surtout par sa rareté. Pour une fois, la TSR offre une mini-série fort bien faite à Zürich, Scènes de crime en Suisse et fort bien adaptée en français. L’« Idée suisse », dont il ne faut pas regretter l’existence même si rare dans les programmes, ne se réduit pas toujours à une idée régionale !

« Définition » du téléspectateur cultivé !

Enfin un critère pour mesurer le degré de culture du téléspectateur moyen, saisi au hasard d’une petite phrase, non pas cueillie par Dujany en faisant le trottoir, mais prononcée sentencieusement lors d’un débat sérieux sur le rôle des archives audiovisuelles (Tard pour Bar – 29 octobre 2009). Les Suisses (ou seulement les Romands ?) seraient, en règle générale, plus cultivés que les peuples qui nous entourent. Vint une preuve à l’appui : chaque jour, à Meyrin, on regarde une heure de moins la télévision qu’à Annemasse ! Donc, moins on regarde la télévision et plus on est cultivé. Regarder peu, c’est peut-être manquer de temps, ou en passer beaucoup sur internet, ou encore consulter longuement son portable. Mais c’est aussi fort souvent faire des choix dans l’abondance des offres, acte de culture, assurément. Reste une information à fournir plutôt que des commentaires à formuler. L’auteur de cette affirmation étayée par une preuve n’est autre que l’ancien responsable des programmes de la TSR redevenu téléaste, Raymond Vouillamoz !

Convergence sans et avec diversité

Dominique Warluzel

Dans la riche série de la présence des avocats genevois

  • Dimanche 13 décembre 2009 : invité de Darius Rochebin, dans Pardonnez-moi, présence intéressante.
  • Mardi 15 décembre 2009 : invité d’Esther Mamarbachi à Infrarouge pour parler banque, présence fort intéressante.
  • Mercredi 16 décembre 2009, présentation d’une mini-série documentaire dont la première émission est consacrée à son ami Alain Delon et co-produite par Béatrice Barton

Dominique Warluzel et ses invités (photo: TSR)

Dominique Warluzel et ses invités (photo : TSR)

Des minarets à la burka

  • A Infrarouge :médaille d’OR toutes sauces Oskar Freysinger
  • Dans les chaînes étrangères y compris arabes, médaille D’ARGENT Oskar Freysinger
  • Pour sa contribution à la burqa, le minaret jugé insuffisant, avec l’ouverture vers les cimetières Christophe Darbellay. Contrairement aux apparences, ils n’appartiennent pas au même parti, du moins politique, mais au même canton.

Christophe Darbellay et Oskar Freysinger (photo: TSR)

Parts de marché convergeantes

On aime bien, à la TSR et ailleurs, se vanter de records audimatiques qui convergent vers les sommets. Ainsi pour Infrarouge,en tête l’émission après les événements d’une rencontre de football entre la Turquie et la Suisse et la récente et 34ième émission sur les minarets.

Un point commun : la Suisse est une victime, du fanatisme turc dans un cas, d’elle-même dans l’autre.

Le sens d’un sourire

Un portrait par la photographie dans un journal, sur une affiche, affiche donc un sourire plus ou moins large. Dès lors, une photo sans sourire intrigue, puisqu’elle est minoritaire.

En télévision, dans un débat animé et contradictoire sur un sujet sérieux ou grave, que devient le sourire ? Au soir du 17 novembre 2009, à l’Arena timide romand nommé Infrarouge, dirigé par Elisabeth Logean, on discutait caisse unique. Le président de Santé suisse, Claude Ruey, défendait bec et ongles le système actuel de concurrence entre caisses tellement plus adorable que la caisse unique que personne ne lui demanda pourquoi notre système est un des plus coûteux au monde, rapporté du produit national brut. Et joyeusement, comme un incontournable Valaisan, il interrompait les autres invités, faisant perdre le fil du débat en duos répétés. Manqueraient alors les SMS disparus qui eussent amusé la galerie ! Sur le visage de Claude Ruey, devant les arguments que ses adversaires parvenaient à faire passer, on pouvoir lire ou deviner parfois au moins l’esquisse d’un sourire ironique bien éloigné du sourire d’un « people » heureux d’être élu !

Un nouveau décor pour le dimanche soir

Bien avant le dimanche 25 octobre 2009, le nouveau décor annoncé aura fait parler de lui pour mettre l’eau à la bouche. Pensez donc: les trois baronnies de sports, du «19:30» et des magazines font ménage commun!

Petit bout de décor no 1 avec un grand et modeste invité vedette. Dans l’esprit de certains concours, on dirait: si c’est Roger, tapez un, si c’est Rodgeur, tapez deux.

Bien, ce nouveau décor? Mieux que les anciens! Un balai neuf a pour mission de bien balayer. Plus fonctionnel, il devrait améliorer la mobilité et la décontraction, un peu comme dans le «19h45» de M6. Ma recherche d’une image d’ensemble du décor est restée vaine, peut-être par maladresse de navigation sur un site. Avec quatre parties de décors dans quatre images, l’imagination permet-elle de deviner l’ensemble? Par la même occasion, on observera les différences entre sourires, plus fémininement que masculinement éclatants. On se demandera ainsi si on ne joue pas avec la cravate du notaire genevois en coupant une image en quatre!

Sentiment d’étrangeté: rester planté devant son petit écran pendant deux heures et demi, c’est ressentir l’importance des plages publicitaires insérées entre 18h25 et 20h50. On s’en rend moins bien compte quand on a choisi de suivre une émission qui permet de ne pas se baigner, avant et après elle, dans les plages pub, où l’helvétique humour informatif ou promotionnel est plutôt rare.

Grand bout de décor no 2, avec un lointain Jean-François Rossé posant pour la postérité visage fermé.

Souffle nouveau sur les sports

Aux sports: un souffle nouveau, avec l’apparition d’un sujet magazine, lors de la première soulignant l’importance du sport en milieu carcéral pour deux détenus à visage découvert. Annonce est répétée de l’invitation d’une célébrité dont on lâche le nom vendredi, suspens terminé: Roger Federer est à la fois l’invité des sports et de «Mise au point» dans une rencontre avancée. Il n’y aura pas chaque semaine un aussi agréable «people», lucide et franc que celui que l’on nomme Rodgeur et qui s’écrit Roger sans «d» ni «u»!

«19:30» dominical, un peu plus court pour faire démarrer «Mise au point» au vingt-zéro-zéro: la tendance à moins de sujets un peu mieux développés est confirmée tous les jours. Il ne manque plus qu’une salve quotidienne de très brèves, comme un titre de rappel ou une photo légendée. Un ou deux changements à «Mise au point»: les meilleurs sujets restent tout de même ceux qui se terminent sur le sentiment de leur intérêt naissant.

Modeste bout de décor no 3: le sourire naissant d’Olivier Dominik pas encore très assuré.

Mise au point: de Kucholl à Troila

Dans l’ancienne formule, Vincent Kucholl détournait des images du téléjournal pour tenir un discours ironique ou impertinent, avec une saveur souvent acide. Trop pour subsister? Dommage. Le premier exemple de la rubrique de remplacement laisse vaguement songeur: est-ce vraiment une bonne idée que d’envoyer un comédien, Antonio Troila, en homme sandwich porteur de textes d’un chômeur français protestant à Genève contre la racaille d’Annemasse? Si on cherche à frôler l’émeute, alors OUI!

Les bons moments continuent de surgir de l’apport d’invités dans des dialogues sans langue de bois. Yvan Perrin, vice-président romand de l’UDC, n’a pas tellement apprécié le voyage en France de son conseiller national, frère en UDC, Dominique Baettig, qui réussit à aligner une bonne grosse bêtise à chacune de ses apparitions. Tout le monde ne peut pas égaler Freysinger dans l’exagération! Eprouvant le document sur les enfants dits illégitimes de prêtres, cachés par la hiérarchie religieuse qui ne «veut-pas-le-savoir». Où est Dieu, dans tout cela? Aux abonnés généreusement absents!

Assez grand bout de décor no 4: Les larges sourires (un brin forcés?) de Laurence Gemperle et Corinne Portier.

Le pouvoir se niche-t-il de plus en plus haut?

Durant les temps de l’ouverture du premier rideau (entre 18:00 et 20:00), la TSR ose sortir des chemins battus, avec «Couleurs locales» (en semaine à 19h00) et ce dimanche soir avec trois baronnies reliées par un nouveau décor. Qui prend la décision finale avant diffusion, ce que l’on appelle «final cut» – le montage final – en cinéma? Faut-il monter haut dans la hiérarchie pour le dimanche à la formule intéressante? Les bureaux régionaux ont-ils encore le pouvoir de décision finale sur les sujets plus imposés que proposés? Se préparerait-on à quelque crise quand la convergence risque de déplacer les pouvoirs de décision?

Grand format dans les «Téléjournaux»

Avertissement: les cinq images qui illustrent ce texte sont des «Photo TSR». J’aurais voulu illustrer ce texte avec des images d’Alinghi 5 en rade de Gênes ou de la récente campagne en vue de l’élection d’un nouveau conseiller fédéral. Ou bien je n’ai pas su les trouver sur le site réservé à la presse, ou bien elles n’existent pas (pas encore?). Il se pourrait donc que le multimédia dont on parle tant s’arrête juste avant la mise à disposition par la TSR de photos destinées à la presse qui se réfugie sur internet. Alors, remontons le temps. (Fyly)

* * * * * * *

Hypothèse: une épidémie met à plat les trois quarts du personnel de la TSR. Que se passerait-il à l’antenne? Abondance de séries, de feuilletons, de films, beaucoup en reprise! Pour les productions de l’entreprise? La météo, un bulletin de santé, des téléjournaux. C’est ce qui est prévu si la grippe frappe la masse! La TSR conçoit ainsi sa mission en cas de crise: l’information au quotidien prioritaire!

Oser dépasser les deux minutes

Presque partout, un téléjournal propose des sujets qui durent de soixante à cent vingt secondes; comme si tout se valait! Heureusement, en tenant compte de la multiplication des supports (l’«étrange lucarne» traditionnelle, en reprise sur internet, versions pour ordinateurs ou téléphones portables), on admet que la même information se décline en durées variables. On commence ainsi à rejeter le formatage tout puissant. Sous l’influence du nouveau chef de l’information quotidienne, Bernard Rappaz, le «19:30» accueille ce que l’on nomme «grand format», un sujet qui dépasse les deux minutes. Assouplir les durées est un net progrès!. «Couleurs locales» s’ouvre sur un sujet de trois/quatre minutes.

Ernesto Bertarelli et Darius Rochebin en mars 2003, en rade de Genève, après la première victoire d’Alinghi.

Que veut dire le «locales»?

«Couleurs locales» remplace depuis quelques semaines «Le Journal» de 19:00 qui était, à l’évidence, consacré à la Romandie et ravitaillé par les contributions des bureaux cantonaux. A qui appartenait le pouvoir de décision? Au début, aux bureaux régionaux qui disposaient de minutes cantonales. Ensuite, un partage devait s’effectuer entre les régions et la centrale de Genève. Il se pourrait bien que le pouvoir dépende maintenant de Genève, dès lors que le principe d’une heure d’informations presque continues s’impose de plus en plus. Est à l’étude une soirée dominicale qui irait de 18h30 – les sports – à environ 21h00 – «Mise en point» terminé. La coordination devient alors indispensable. A en juger sur quelques exemples parus dans «Couleurs locales» dans des modules dits «grand format» qui ne sont que des formats habituels «prolongés» jusqu’à quatre/cinq minutes, une question en tous cas se pose. Que faut-il entendre par le «locales» des couleurs?

Exemples plus ou moins troublants

Alinghi à Valence en 2007: c’était et c’est encore un beau bateau. Mais Alinghi 5, en rade de Gênes, en août 2009, c’est un bateau plus beau encore!

Quel lien avec le «local» quand on suit les évolutions d’Alinghi 5 aux environs de Gênes? (07.09.09). C’est un sujet qui se serait mieux inscrit dans le «19:30» avec amorce de développement dans «Mise au point».

En s’intéressant à la tournée du Cirque Knie (28.08.09) lors de sa première genevoise, ignorait-on la présence de cette entreprise nationale dans l’arc jurassien dès fin juin/début juillet? Le «local» vaut ici pour Genève! Le sujet est tout de même intéressant pour l’ensemble de la Suisse romande.

Sujet bien construit sur le co-voiture (17.09.09) entre Lausanne et Genève, pour éviter les trains encombrés et augmenter la moyenne des occupants d’une voiture, trois dans deux véhicules actuellement. Deux par voiture, cela éviterait peut-être bien des embouteillages. Prendre un exemple «local» où ce comportement sainement écologique entre timidement dans les mœurs est normal.

Tant à Genève qu’à Lausanne, crise du logement il y a, racontée par des étudiants qui passèrent des semaines à en trouver un, modeste, à leur convenance, prix y compris. (14.09.09). Sur les quatre universités romandes, deux sont prises en compte, Genève et Lausanne. Que se passe-t-il à Fribourg et Neuchâtel? Une réponse apparaît dans la presse régionale: tout de même moins mal que dans le bassin lémanique! Au point de se demander si le logement explique en partie la forte hausse des demandes d’accréditation à Neuchâtel. Belle occasion perdue pour couvrir l’ensemble de la Suisse romande dans un même sujet, amorce de synthèse! Mais «local» même coloré ne veut pas dire «régional». Il ne faut pourtant pas esquiver le point de vue romand surtout dans un «format allongé»?

Il se pourrait que le nom «Couleurs locales» ne soit pas très heureux.

Elections fédérales 1995: une équipe d’animateurs, Gaston Nicole, Jean Bovon et ElianeBaillif.

Accélérés et ralentis

Dans les années des débuts des contributions cantonales, l’équipe de Genève s’était fait une spécialité de cadrages penchés utilisés à quelques sauces pour faire jeune et donner un angle de vision inattendu à la réalité du quotidien. Inutile pour l’information.

On peut se demander si les accélérés plus nombreux que les ralentis dans certains sujets de «Couleurs locales» apportent vraiment un plus au plan formel, alors qu’ils n’ont strictement aucune valeur informative.

Amorce d’une histoire des TJ

Assurément, avec les formats allongés et les initiatives du vendredi, sous forme d’un petit pas accompli vers une «télévision d’auteur» par le «19:30», avec des durées semblables dans «Couleurs trois» et l’original regard de Massimo Isotta, qui animait avec sensibilité, humour et charme «Illico», apportent un lot de nouveautés. Avec une coordination plus étroite mais centralisatrice entre 19:00 et 20:00, en attendant l’extension dominicale, il se passe quelque chose d’intéressant et plutôt prometteur à la TSR.

Elections fédérales 2003: une invitée, Ruth Dreifuss, conseillère fédérale.

L’évolution des TJ en Suisse depuis les années 1980 a été marquée par des périodes placées sous le signe de l’urgence dans le désir de changement et de la lenteur tranquille pour les réalisations.

Il était urgent de remplacer le téléjournal national seulement commenté différemment pour chaque région par des journaux régionaux. Ce fut fait.

Il était devenu urgent de compléter les journaux linguistiques par des informations «cantonales». Avec l’ouverture de bureaux à Genève, Neuchâtel, Lausanne, Sion, Fribourg et Moutier, ce fut fait.

Et puis, le document télévisé devint accessible sur internet. Il fallait dès lors, au tournant du siècle, dire «tout sur tout tout de suite». Ce fut presque fait.

Aujourd’hui, devant la diversité des supports de diffusion, il est devenu indispensable de dire «tout sous toutes les formes dans tous les formats», immédiatement mais aussi en se donnant le temps de la réflexion. C’est en train de se faire.

Elections fédérales 2007 : un décor, celui de “Face aux partis”.

A quand la prochaine urgence et dans quel sens ?

Etranges Couleurs Locales

Le téléspectateur a la chance de pouvoir choisir son canal parmi des dizaines de chaînes qui lui sont offertes, de naviguer sur internet et de regarder au volant son téléphone portable. Faute de pouvoir tout couvrir, le chroniqueur doit faire des choix, celui de donner bonne place à la TSR, mais aussi de rester attentif à ce qui lui semble intéressant ailleurs.

Renforcer l’information quotidienne

L’information quotidienne reste un des programme télévisé les plus suivis. Les téléjournaux et équivalents subissent des modifications fréquentes alors que les supports de diffusion augmentent. L’information dépend aussi des convictions de ceux qui s’en voient confier la responsabilité. Sur M6, par exemple, le « Six ! » est devenu le 19:45 pendant dix-huit minutes assez séduisantes. A la TSR, sous l’impulsion du nouveau chef de l’information, Bernard Rappaz, entre 19 et 20 heures, des choses changent.

Le duo de présentateurs de la nouvelle *Couleurs locales” qui remplace depuis le 23 août 2009 l’ancien ”Journal de 19 heures” ( pour les noms, voir plus bas).

Une réelle volonté existe de renforcer l’unité des deux plages informatives en semaine, entre 19h00 et 20h00, en les rendant complémentaires. Mais il faut en rester à deux émissions aux titres différents, afin de pouvoir glisser entre elles quelques messages publicitaires rémunérateurs et faire de la bonne autopromotion.

Quel rôle pour les bureaux régionaux ?

Je me suis donc efforcé de suivre le plus souvent possible cette information renouvelée. En principe, la production des différents sujets qui alimentaient l’ancienne émission de 18h55 dépendait des différents bureaux régionaux de Moutier, Neuchâtel, Fribourg, Sion, Lausanne et Genève. On pouvait alors reconnaître l’origine de la majorité des sujets. Dans la nouvelle mouture d’un peu moins de vingt minutes, qui débute à 19h00 tapante sous le titre Couleurs locales, un petit drapeau à la fin des sujets les plus brefs fait allusion à l’origine cantonale. D’autres sujets, l’un d’eux, celui du début occupant parfois cinq bonnes minutes, proviennent de sources cantonales pas immédiatement identifiables.

Carine Jaggi : pour la main gantée d’or sur un tee shirt violet.

Qui est responsable des choix ?

Lorsque furent ouverts les bureaux, l’apport régional était identifiable, en soirées complètes ou plages de quelques minutes. La responsabilité du choix des sujets dépendait des rédactions régionales avec leurs équipes de terrain, information certes donnée à la centrale de Genève. Avec la disparition de la régionalisation minutée au profit d’une plus grande souplesse, il devenait difficile de savoir qui décidait qu’un sujet cantonal était intéressant. Avec la nouvelle formule, il est à peu près certain que le pouvoir appartient à la rédaction centrale de Genève, à la hiérarchie avec cadres renforcés depuis l’arrivée de Bernard Rappaz. Reste à savoir s’il s’agit vraiment d’un progrès. Un long sujet fut consacré récemment au cirque Knie, lors de la première à Genève. Aucune allusion au fait que Knie avait déjà passé dans l’arc jurassien à fin juin. La couleur locale était, en l’occurrence, genevoise.

Le titre même de l’émission évoque le local. Où est le local quand une équipe est expédiée à Gênes pour y suivre l’évolution d’un bel animal des mers, le nouvel Alinghi 5 ?

Un intéressant sujet sur le suicide qui tue plus que la route semble fondé sur des expériences valaisannes. Reste à savoir si l’information sur la proportion entre les suicides et les accidents mortels de la route est celle du Valais, de la Suisse romande ou même de la Suisse entière.

François Egger : dans l’environnement d’un studio, coincé par la technique de noir et violet stylisée.

Coincés dans des cabines de téléphone !

On peut se demander si l’idée de présenter les candidats au Conseil fédéral en les enfermant dans une cabine téléphonique surchauffée était vraiment une bonne idée pour habiller de spectacle les deux ou trois minutes permettant à celle ou ceux-ci de répondre à des questions censées résumer les grandes lignes de ses principales options.

Quelques bombardements en rafale de plans courts, des accélérés soulignent certains passages informatifs. Ces coquetteries formelles n’amènent strictement rien au plan informatif. Peut-être sont-elles destinées à appâter les jeunes spectateurs avec leur esprit clip!

Nouvelles formes pour plusieurs supports

Ces remarques pour le moment reflet d’une attitude réservée ne veulent pas être une condamnation après quelques jours seulement de croisière. Sous l’impulsion de Bernard Rappaz, la TSR veut procéder autrement et si possible mieux pour ravitailler en informations quotidiennes les différents supports, sur le téléviseur de salon, avec le report d’émissions sur le site www.tsr.ch , la déclinaison d’une même information pour internet ou même le téléphone portable. On part à la recherche de formes nouvelles. Les anciennes n’étaient pas toutes mauvaises.

Le logo de “Couleurs locales” : mais il n’y en a que deux ! Quatrième image, résultat du petit tour fait dans la photothèque du “service de presse de la TSR”. J’aurais volontiers illustré ce texte avec une image d’Alinghi 5 à Gênes ou celle d’un invité du cirque Knie. A part le logo bi-colore ci-dessus, il n’y a que les nouveaux présentateurs, du reste charmante et élégant. La personnalisation de l’information est un travers regrettable. On finit par croire que le choix des sujets d’une émission dépend de celui ou celle qui les présente. Ce qui est faux, mais s’inscrit dans la tendance “people” !

Locarno, 62ème: presse, télé, radio!

Alors, Locarno, du 5 au 15 août, c’était quoi, cette année, m’a demandé le cinéphile qui, d’un lointain voyage en Islande, ne revient pas bronzé, mais apaisé? Pour lui, j’ai découpé des textes dans des journaux. Et il saura trouver sur internet échos télévisés et radiophoniques.

Populaire et de qualité exportable

Tissé comme désormais chaque année: un tapis usé mais rouge de colère contre la section du cinéma de l’OFC. Le virus de l’empoignade sévit. Le trio Pascal Couchepin, Jean-Frédéric Jauslin, Nicolas Bideau reste calme. Le ministre bientôt sortant de la culture complète la cible posée devant le cinéma suisse, être «populaire et de qualité» d’un «exportable» pas très facile à atteindre.

Un léopard d”honneur pour le ministre de la culture sortant de charge. Une plainte en bonne et due forme contre l’OFS et sa section du cinéma ? Que les juristes se penchent là-dessus un peu plus que dix minutes, en bottant juridiquement en touche.( Photo TSR)

Long tapis rouge pour FM

Long tapis rouge devant Frédéric Maire, des Arts et Lettres de France, avant le festival, au début du festival, pendant le festival, à la fin de festival et bientôt encore en prenant le train avec Manuela Maury: après quatre ans de force tranquille, il quitte Locarno pour la cinémathèque qu’il rejoindra depuis Corcelles. Le bilan artistique est bon. Frédéric mérite que ce soit dit.

Pour Michel Piccoli, pas de tapis rouge : une photo noir/blanc suffit pour saluer un tout grand acteur du cinéma (dwillement - rsr)

Festival décevant mais indispensable

Pour «Le temps» incontournable, le bilan du festival comprend: palmarès contestable, programmation de la Piazza décriée, rétrospective Mango boudée, baisse de fréquentation, pas assez de jeunes. Du gris dans le tapis rouge! Mais un édito intitulé «Pourquoi il faut défendre le festival de Locarno» prend place sur la même page. Plus loin un «arrivederci» amical suivi d’un aimable «bienvenue» à Lausanne sont adressés à FM! Et Locarno doit être défendu contre les longues dents d’un festival de Zurich qui veut faire rimer glamour avec glamour en demandant à Roman Polanski de succèder à Sylvester Stallone. Polanski, nous l’avions raté pour un rendez-vous avec les participants de «Cinéma & Gioventu» au début des années soixante, alors qu’on découvrait son «Couteau dans l’eau» qui d’aucuns tentèrent d’interdire à notre jeunesse festivalière.

Un monstre à peu près cubique venu d’ailleurs domine la Piazza Grande et le public. (Photo dwillemin - rsr)

Info «manga» et «anime»

Enfin, tout de même, un «genre» de cinéma aura bénéficé d’une vaste information, le «manga» japonais, l’ «anime» quand il s’agit de films, trouve quelques envoyés spéciaux très attentifs à cette «exposition» (dans «Le monde» par exemple, «L’hebdo», ou encore «Le Temps» même avant le festival). On y apprend que les créateurs japonais et leurs partenaires se sont rendus nombreux à Locarno.

Shoko Nakagawa, pop star pokémon (dwillemin RSR) Le phénomène “pokemon” fait évidemment partie du manga. Il servit, sert et servira encore de parent du substitution pour les parents sur occupés ou débordés par l’attrait pour leurs enfants pour ces pokemons souvent considérés comme trop envahissants - une bonne affaire commerciale aussi !

Et la compétition ?

Tapis rose pour quelques films, à partir du 10/11 août. Petite priorité pour la compétition. Mais le jury n’a pas suivi les parieurs. Parmi un cinquantaine de papiers découpés, films soulignés en rouge : pas beaucoup de couleurs! Mais le rouge monte après le palmarès.

Radio et télévision.

La télévision et la radio? Tapé sur chacun des sites, dans la case recherche: «Festival de Locarno 2009». Télévision: une liste d’une trentaine de sujets apparaît, dans le désordre temporel, contenu résumé. Quelques réalisateurs parlent de leur film dont on découvre des extraits. Radio : une vingtaine de citations, sans mention du contenu. Donné du temps à l’écoute : ce pourrait bien être là la source d’infos la plus complète sur les films

Arnaud et Jean-Marie Larrieu réalisateurs du film Les derniers jours du monde (dwillemin RSR) De leur film passé à Locarno, peu de choses durant le festival. Beaucoup plus depuis quelques jours: il vient de sortir en France et est annoncé en Suisse romande.

 Ces remarques ne prétendent pas établir un classement entre presse, radio et télévision. Chaque média choisit son chemin pour parler d’une même manifestation et compte répondre aux besoins de ses clients. Chaque client devrait savoir formuler ses exigences et à partir de là, faire ses choix? On peut appartenir au groupe pour lequel les vraies vedettes d’un festival de cinéma sont les films qui ne restent pas au tapis!

Un grand petit événement: «Les Yeux de Simone»

Un film au moins aura été splendidement accueilli par la presse romande: «Les yeux de Simone» de Jean-Louis Porchet, consacré Pierre Blondeau, l’animateur aveugle des rencontres de Pontarlier, qui continue de savourer des films grâce à son épouse Simone qui lui raconte doucement les images à l’oreille. Sept minutes qui devraient faire son chemin, à tout le moins francophone. En tous cas, une belle idée.

A suivre

1/ Les films en compétition à Locarno ont souvent été très mal diffusés en Suisse. Et les films du palmarès n’ont de tous temps pas tellement été mieux traités. Pourquoi ? Nous tenterons d’y répondre prochainement en ouvrant une fenêtre sur une forme de diffusion à mieux explorer.

Dyana Gaye réalisatrice du film Un transport en commun. (dwillemin RSR) Moyen métrage de quarante-cinq minutes, impossible à exploiter sur grand écran (trop court pour un long et bien trop long pour un court qui accompagnerait un long!). Oui, mais co-produit par Arte, on pourra voir à l’automne ce “Transport en commun” africain dont Thomas Sotinel a dit grand, très grand bien dans “Le MONDE” du 12 août 2009.

2/ La sélection suisse pour les Oscars d’’Hollywood va prendre chemin vers le Jura dès cette année. Une bienvenue tentative de décentralisation.

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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