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Les premiers rideaux de la TSR
De 19h30 à 21h00, la TSR fait la part belle à l’information de rapide à développée, contribuant à lui donner son excellente réputation. Mais les structures de certaines émissions, le « 19 :30 », « Mise au point », « Toutes Taxes Comprises », sont les mêmes d’un jour ou d’une semaine à l’autre, au point d’installer une certaine lassitude seulement combattue par l’intérêt personnel accordé au sujet.
Toutes Taxes Comprises
« Toutes Taxes Comprises » ( lundi 29 août 2011) n’aborde qu’un seul sujet, le franc fort, trop pour le tourisme et l’industrie d’exportation. Voilà qui doit éloigner ce sentiment un peu trop fréquent que le sujet commence vraiment quand les huit minutes sont écoulées. Bonnes remarques sur ces « sinistres » agences d’information qui jouent du « A » ! On y parle « spéculation » : l’exemple du jeu de bourse suffit-il à en faire comprendre le mécanisme prédateur ?

“Temps présent” reste l’émission phare de la TSR. Les gendarmes et les extraterrestres, un reportage de Jean Quaratino, présenté le 8 septembre 2011
A deux pour la médecine à deux vitesses
Deux heures sur le même sujet ( mercredi 31), les maladies extrêmement rares soignées avec des remèdes très coûteux Selon une décision politique du tribunal fédéral, le seuil au-delà duquel le remboursement n’est plus obligatoire pour les caisses est fixé à cent mille francs par an. La décision du TF contribue à créer une médecine à deux vitesses. « 36.9 » à travers des exemples ose offrir des moments de réelle émotion lucide. « Infrarouge » fait prendre conscience de positions contradictoires, tout en évitant pour une fois les polémiques spectaculaires.
Deux équipes différentes furent ainsi associées pour une amorce de soirée thématique de deux heures environ. C’est là formule rare mais enrichissante dont la réapparition un peu plus fréquente serait souhaitable.
Mise au point
L’émission du dimanche soir continue, en force, son chemin salué par le grand public. Elle est plus proche d’un « tj » développé que d’un « Temps présent » abrégé, d’où le sentiment que le sujet prend fin quand tout devient vraiment intéressant. A porter à son actif un sens parfois bien venu du contre-pied, sans jamais être systématique. Au soir du dimanche 4 septembre, voyage à New-York. Les documents sur le 11 septembre 2001 sont légion toutes chaînes comprises. A NewYork, Maria Pia Mascara y fait allusion mais insiste sur une préoccupation intense qui efface actuellement toutes les autres, y compris celle d’il y a dix ans : la situation économique.
Temps présent

Temps présent le 1 septembre 2011: “Enfants, otages du divorce” d’Emmanueelle Bresson Blondeau et Nicolas Pallay
Par un choix de sujets peut-être plus dociles qu’il y a quelques décennies, « Temps présent » reste tout de même l’émission phare de la TSR. Un titre comme « Enfants, otages du divorce » laisse croire que la souffrance sera plutôt celle des enfants, même si elle ne s’exprime souvent avec difficulté. Certains sont d’une lucidité éprouvante. Mais parmi les exemples choisis, on en vient parfois à ne s’intéresser qu’à l’attitude d’un parent qui ne comprend pas pourquoi il est plus ou moins soudainement privé de voir son ou ses enfants. Le contrat proposé par le titre n’est alors que partiellement rempli. Qu’à cela ne tienne : l’information portée par un regard reste de grande qualité. Même un « Temps présent » moyen reste honorable.
Le “19:30″ confond scoop et info !
Le canton de Neuchâtel aura vécu pendant des mois son « Affaire Hainard », du nom d’un éphémère conseiller d’Etat. Hors du canton, tout cela aura fait souvent sourire. Restaient à connaître les conclusions d’une commission parlementaire qui devaient être rendues publiques vers le 20 avril 2011.
Mais voici qu’au soir du 7 avril, le « 19 :30 » consacre un « deux minutes » qui n’apporte presque rien de nouveau, sinon que « Temps présent » a aidé la commission à comprendre le fonctionnement d’un Hainard hyperactif. C’est de l’auto-satisfaction. Alors quoi ? Le TJ de la TSR peut se vanter d’avoir lancé un scoop qui allait, bien entendu, être prolongé le lendemain dans la presse écrite, prise de vitesse par le média électronique.
Ce scoop aurait apporté une information importante si Frédéric Hainard avait été décrit en mouton blanc aussi pur que le noir du mouton de l’UDC. Le « deux minutes » aura pourtant donné indirectement une information sur l’existence d’une fuite ! D’où vient-elle ? Il serait intéressant de le savoir !
Un scoop sans valeur informative n’a strictement rien à faire dans le journal d’un service public généraliste. La TSR n’a ainsi rien offert au citoyen mais flatté le consommateur qui veut savoir tout-sur-tout-tout-de-suite et avant les autres.
La RTS tisse sa toile
À l’occasion de la récente sortie de l’application TSRinfo pour iPad, procédons à un petit tour d’horizon (non exhaustif) de la toile RTS et des nombreuses déclinaisons d’offres que la Radio Télévision Suisse met à disposition de son public.
TRSinfo sur iPad
L’application TSRinfo pour la tablette d’Apple vient d’être mise à disposition du public. Cette version évidemment gratuite propose une grande offre de nouvelles en vidéo. Vous pouvez l’imaginer, elle offre un grand confort d’utilisation sur un écran tactile de grande taille.
L’application TSRinfo pour iPad offre donc la possibilité de visionner le Journal de 19:30, les derniers flashes d’info ainsi que la météo. Le lecteur multimédia de type « Cover Flow » permet de feuilleter d’un seul doigt les reportages télévisés de manière inédite et ludique.
Outre le dernier téléjournal et toute l’information en texte, les utilisateurs « nomades » ont aussi accès aux prévisions météo sur cinq jours en vidéo et sous forme de cartes. Cette nouvelle mouture vient compléter la gamme d’applications TSRinfo déjà accessible aux possesseurs d’iPhone, de portable ou tablettes tactiles tournant sous Androïd. Et pour ceux qui n’auraient pas succombé à la déferlante Apple et Google, il reste le portail dédié www.tsrmobile.ch, atteignable via le navigateur web de votre téléphone mobile.
Et la Radio ?
La Radio Suisse Romande n’est de loin pas oubliée, puisqu’elle a été la première à exploiter la nouvelle tablette en proposant dès le 13 juin dernier une application (compatible iPad, iPhone, iPod touch) permettant d’écouter des programmes en direct ou à la carte, de suivre l’actualité en audio ou en texte et de consulter la météo avec, évidemment, un accès à tous les podcasts du site rsr.ch. Le portail http://mobile.rsr.ch vient compléter l’offre pour les utilisateurs d’autres appareils. Il est à noter que le flux d’informations exploité par les deux applications (RSR et TSRinfo) est commun, fruit de la réunion Radio Télévision Suisse.
Une multiplication des supports dans quel but ?
La consommation de nos médias de service public se diversifie. La Radio Télévision Suisse se doit de répondre aux besoins grandissants du consommateur en matière de mobilité et de flexibilité. Cette couverture de plus en plus développée s’appuie sur les canaux que sont la radio et la télévision pour offrir au public des contenus plus riches et insérés dans un véritable réseau, une toile d’information. En multipliant les plates-formes (rsr.ch, tsr.ch, sortir.ch, rsrsavoir.ch, tsrdecouvertes.ch…) et les supports (mobile…) sans oublier une incontournable présence sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter…), la RTS joue pleinement son rôle de médias de service public.
Je regrette que l’on regrette…
Dans le Médiatic no 153 du 12 mars 2010, page 3, on lit dans l’excellente rubrique intitulée « Il a aussi été dit que… » :
« On regrette la programmation de la série Scènes de Crimes le vendredi à 20h10 sur la TSR1 ».
Ah bon ? Mais, qui ça, « On » ? La majorité du Conseil du public après un vote ? Une ou quelques voix solitaires ? Et puis, on regrette quoi ? Renseignements aimablement obtenus, ceci : c’est la programmation en ouverture de premier rideau, chaque vendredi, qui fit problème à quelques-uns.
Scènes de crime en Suisse il est vrai aura ainsi remplacé durant près de deux mois le délicieux, dense Le Passager avec les rires spontanés de MM, qui aurait du laisser les deux vachettes à l’écurie. Il existe, pour ce genre d’émission assez pointue, rappelant des crimes sordides, des cases accueillantes, par exemple une fois par semaine aux environs de deux heures du matin quand se termine le second épisode de la dose hebdomadaire de 24 heures chrono.
Regretter est bien sûr un droit individuel. Mais les regrets auront ainsi masqué un élément très, très positif, surtout par sa rareté. Pour une fois, la TSR offre une mini-série fort bien faite à Zürich, Scènes de crime en Suisse et fort bien adaptée en français. L’« Idée suisse », dont il ne faut pas regretter l’existence même si rare dans les programmes, ne se réduit pas toujours à une idée régionale !
« Définition » du téléspectateur cultivé !
Enfin un critère pour mesurer le degré de culture du téléspectateur moyen, saisi au hasard d’une petite phrase, non pas cueillie par Dujany en faisant le trottoir, mais prononcée sentencieusement lors d’un débat sérieux sur le rôle des archives audiovisuelles (Tard pour Bar – 29 octobre 2009). Les Suisses (ou seulement les Romands ?) seraient, en règle générale, plus cultivés que les peuples qui nous entourent. Vint une preuve à l’appui : chaque jour, à Meyrin, on regarde une heure de moins la télévision qu’à Annemasse ! Donc, moins on regarde la télévision et plus on est cultivé. Regarder peu, c’est peut-être manquer de temps, ou en passer beaucoup sur internet, ou encore consulter longuement son portable. Mais c’est aussi fort souvent faire des choix dans l’abondance des offres, acte de culture, assurément. Reste une information à fournir plutôt que des commentaires à formuler. L’auteur de cette affirmation étayée par une preuve n’est autre que l’ancien responsable des programmes de la TSR redevenu téléaste, Raymond Vouillamoz !
Guerre froide à la TSR… en 1971
Trois propositions intéressantes sur le petit écran en chaînes francophones en ce début de juin 2009. Il fallait choisir. C’est fait !
D’abord une page d’histoire désormais lointaine, Un village français, six épisodes de cinquante minutes, présentés deux par deux (jeudis 4, 11 et 18 juin 2009 – France 3); le présent et l’avenir écologique de la planète, Home, en multimédia réunissant plus de cent pays, autour de documents du photographe Arthus-Bertrand (un peu partout, soirée du vendredi 05.06.09); un regard pertinent sur l’Histoire de la télévision, en 1971, Guerre froide à la TSR ( TSR 2 – Histoire vivante – 20h30 – dimanche 07.06.09)

Cinq des six expulsés de 1971, de haut en bas Marlène Bélilos, Pierre-Henri Zoller, Pierre Nicole, Jean-Claude Deschamps, Michel Boujut.
Tard pour Bar salue Guerre froide.
D’une émission de la TSR, Tard pour bar fait son sujet de discussion principal (Jeudi 04.06.09 – 22 :45). Pour bien suivre le débat, il faut avoir vu l’émission ce qui n’était pas possible! Assez intéressant. Mais de quoi s’agit-il? A l’automne 1971, six collaborateurs de la TSR sont abruptement congédiés, accusés – en gros – de subversion gauchiste. Avant cette décision brutale, des incidents mettent en cause le Canal 18-25 de Nathalie Nath qui profite d’une réelle liberté souvent en direct. Certaines émissions (dont on ne retrouve plus de trace dans les archives d’aujourd’hui) sont interdites. Frapper fort a alors ramené le «calme» mais divisé les esprits.
Qui aujourd’hui a plus de cinquante ans peut avoir en mémoire l’une ou l’autre des émissions de Canal 18-25. Pour les plus jeunes, l’émission de Nathalie Nath appartient à la mémoire de la télévision. Il n’en reste pas moins qu’une discussion de ce genre avec un “acteur”, Pierre Nicole, un témoin plus ou moins engagé, Francis Reusser, Eric Burnand, le journaliste qui signe le document avec le réalisateur Frédéric Zimmermann pose des questions intéressantes. Personne, semble-t-il, ne sait ce que sont devenues des émissions interdites d’antenne qui ne sont pas dans les archives. Des documents non publiés restent des éléments précieux d’information sur un état d’esprit. L’audace de l’époque fut heureusement prise en compte dans le mini-débat, limites rapidement atteintes. A peine Nicole fait-il allusion à un certain “talk-show” de la TSR où tout le monde parle parfois en même temps laissant le téléspectateur dans la confusion que Michel Zendali préfère passer à autre chose plutôt que d’avoir l’audace de lui demander à quoi il fait allusion.

Nathalie Nath, l’animatrice durant quelques années de «CANAL 18-25», une émission souvent en direct qui ne manquait pas d’audace. Jetée comme les cinq autres, elle fit plus tard son retour à la TSR, en partie grâce à Raymond Vouilllamoz.
Le jeune de service, journaliste à la TSR, François Roulet, qui n’était pas né en 1971, est appelé à parler de l’ « audace ». Certes, cette notion est élastique : elle l’est pas rapport à la société, ses limites et son degré de tolérance à chaque époque. Il affirme tranquillement qu’il y a autant d’audace aujourd’hui qu’hier. Mais on dévie alors sur internet où tout peut se passer ; encore s’agit-il de trouver ce qui prend parfois beaucoup de temps. A cet instant du débat, il serait intéressant, même pas audacieux, de demander à son invité de citer des exemples d’audace d’aujoud’hui. Point ne fut fait. Et Reusser d’ironiser en rappelant que l’audace, ce n’est en tous cas pas “votre journaliste” qui termine son « micro- trottoir » fièrement d’un « J’en ai plein le cul »! Et vive l’ « audace » esprit 2009 issue d’une caméra qu’on traîne dans la rue en collant un micro devant des gens chargés de dire si possible de grosses bêtises, au premier degré
« Guerre froide.. » : excellente « Histoire vivante »
Le document, signé Eric Burnand et Frédéric Zimmermann, est fort bien fait, dans un subtil mélange de sources différentes. A signaler la simplicité des entretiens récents, sur fond sombre, avec matériel de prises de vue et de son dans le champ et des bulles jaunes délicieusement criardes pour y enfermer d’anciennes citations. L’information proposée par «Histoire vivante», quarante ans plus tard, est d’un grand intérêt. Les incidents de 1971 se produisent à une époque où les autorités politiques sont promptes à s’indigner et à agir, parfois en coulisses. Des suisses en voulaient à d’autres suisses dans un climat digne de la guerre froide. Ils n’avaient déjà par tellement apprécié les frasques de Gulliver lors de l’Expo de 1964 et souhaitaient voir revenir l’ordre après les élans de la fin des années soixante dans maints pays, pas seulement le « mai 1968 » de France.

Mais oui, des «veinards» qui travaillaient pour la TVR osérent, en Suisse, en 1971, faire grève, ce qui était, par interprétation simplifiée de la «paix du travail» par une partie de la droite bien pensante, chose autant interdite que scandaleuse! Le suffrage féminin au plan fédéral venait à peine d’être accepté par le peuple le 7 février 1971. Micheline L.Béguin présidait le conseil général de la commune des Verrières tout en signant des textes consacrés à la télévision.
Problèmes internes tendus, diffusion de documents, grève inattendue, manifestations gauchistes dans la rue, mises en garde, contacts avec la direction générale à Berne, avec un puis deux conseillers fédéraux, avec la police genevoise et fédérale : tout ce mécanisme en partie inconnu est fort bien décrit. Certains témoignages reflètent aussi des inquiétudes qui se faisaient grandes dans quelques cantons. Ici ou là, directement ou non, l’autorité cantonale était prête à intervenir. Discrètes allusions y sont faites.
Il est bon de rappeler qu’au début des années septante, une série de « portraits » consacrés à chacun des cantons suisse, 25 fois la Suisse avait créé de sérieux remous à Neuchâtel. Le choix des films à mettre à l’antenne était limité : il suffisait qu’il soit interdit dans un canton pour que son passage sur le petit écran devienne impossible. Et en Valais, on interdisait souvent
Le rôle de René Schenker
Il y avait, en 1971, beaucoup d’audace dans le travail de l’équipe de jeunes autour de Canal 18-25. Insupportable, pour les dirigeants d’alors de la TSR ? Mais leurs réactions furent en partie provoquées par des pressions politiques venues de l’extérieur, d’un avocat valaisan à un conseiller fédéral. Les faits sont évoqués dans le document qui peut, en principe, être consulté sur le site de la TSR. Par contre, il est intéressant de s’interroger sur les limites atteintes par les informations données. Pour les jeunes, difficile de faire le tri entre ce qui se savait ou était pressenti en 1971 et ce qui ne l’était pas. Car il y a maintes informations nouvelles obtenues dans des conditions qui seront évoquées ci-dessous. Appel fut fait par le directeur d’alors de la TSR, René Schenker, à la direction générale de la SSR qui n’était pas encore une idée suisse et même à certains conseillers fédéraux. Il fallait bien obtenir un feu vert au moins officieux pour que la police fédérale ainsi que les unités de la police genevoise enquêtent sur ces dangereux conspirateurs prêts à faire sauter les installations de la Dôle! Cinq des six expulsés, le cas de Nathalie Nath étant resté à part, déposèrent plainte, se retrouvèrent devant un tribunal qui les acquitta faute de preuve : impossible alors de citer en justice des enquêteurs des polices “politiques” et des écouteurs de conservations téléphoniques.
La direction de la télévision d’alors était-elle seule responsable de toute l’opération ou aurait-elle été débordée par des détenteurs plus haut placés de pouvoir ? Le document ne tranche pas sur la responsabilité finale. En 1971, René Schenker venait, par exemple, d’ouvrir une porte en modifiant les liens entre la télévision et des cinéastes aux tempéraments assurément créatifs, les Alain Tanner, Claude Goretta, Michel Soutter, Jean-Louis Roy, Jean-Jacques Lagrange ensuite remplacé par Yves Yersin. Le Groupe des cinq aura alors contribué largement à faire connaître le cinéma suisse à l’étranger. Et ces réalisateurs apportèrent de remarquables contributions entre autres à « Temps Présent ». René Schenker fut-il à la fois docteur Jekyll et Mister Love ?
Ouvrir les archives
C’était il y a près de quarante ans. L’équipe qui signe Guerre froide à la TSR a eu accès à des archives qui n’étaient pas publiques – où, à la TSR, à Berne à la direction de la SSR, ailleurs encore ? Toujours est-il qu’elles ont été ouvertes, ce qui est bien. On peut même évoquer à ce propos une certaine audace.
Des témoins ou acteurs des événements ont été interrogés. Ils répondent entre très franchement ou un petit peu d’embarras. Un risque alors de les mettre tous dans le panier de ceux qui expulsèrent. Mais entre l’attitude souriante du policier qui mena des enquêtes trouvant que les « accusés » n’étaient vraiment pas très dangereux et des les réserves qui furent alors exprimées à propos de l’attitude d’un Claude Torracinta, les nuances manquent. Torracinta, pour les radicaux de Zürich et de Berne, passait pour un dangereux complice des gauchistes alors que nombre de ces derniers voyaient eu lieu un social traitre ! La guerre froide est époque de confusion.

Aux commandes de «Canal18-25», Gérald Mury et Nathalie Nath, souvent en vrai direct pour des sujets habillés de tabous.
Du passé, tout cela ? Oui, certes, mais ! Une émission terminée, qui ne provoque pas de discussion sur sa qualité, et qui est placée sur une étagère pour des raisons politiques, c’est assurément de la censure. Un Temps présent vient d`être récemment interdit d’antenne qui avait en partie pour sujet l’accès relativement facile aux drogues sans certains types d’établissement. Il fallait assurément couper court à une polémique de presse qui allait révéler qu’un caméraman s’était fait une ligne pendant le tournage. Ce qui fut fait avec habileté. A quel prix ? Au refus de présenter l’émission, là où il suffisait de parler d’un renvoi à des temps moins troublés. La censure reste la censure. On reviendra peut-être sur cet incident dans vingt ans !
Encore un peu d’audace
Dans ces années 60/70, l’audace se glissait un peu partout, puisque la télévision était faite par des réalisateurs et des journalistes qui croyaient même parfois contribuer à changer les monde. Puis est venue la télévision des producteurs et celles des programmateurs. Et l’audace créative a disparu peu à peu ! Deux ennemis sur son chemin : l’audimat qui mesure la présence du plus grand nombre à suivre sans le reconnaître, surtout utile pour vendre et facturer les espaces publicitaires et la téléréalité l’esprit se glisse franchement ou insidieusement partout, même dans les chaînes généralistes de service public, mais pesante que chez les commerciales, certes. Alors l’audace croire de solides concurrences.
Mais de l’audace, il en reste parfois un peu : dans le choix des sujets et l’ouverture des fournisseurs de la documentation ; dans les séries pointues pour le moment d’origine surtout américaine mais dont la programmation est tardive. Audace aussi dans des émissions particulières, parfois même pour leur forme. Mais la télévision « moderne » des chronométreurs a trop d’exigences de formatage ! L’audace est malade !









