Emissions RTS

Cinéma suisse partout…et sur RTS Deux

A Locarno, plein de films suisses. Parmi ces films suisses, plein de films co-produits par la SSRSRG ou  la RTS. Dans cette offre, une première mondiale, « Moka » de Frédéric Mermoud, co-production entre la France et la Suisse (Bande à part). Et dès le 17 août, sortie dans les salles. Une première image:

 

 

Nathalie Baye et Emmanuelle Devos dans "Moka"

Nathalie Baye et Emmanuelle Devos dans « Moka » (Frénetic – Zürich)

Et une autre, à  Locarno puis sur les écrans suisses à mi-septembre 2016:

Le carnaval avec les boilles aiu sinistre contenu en la présence de l'interprète de Jacques Chessex ( Photo Vega film)

Un carnaval avec les boilles au sinistre contenu en la présence d’André Wilms, interprète de Jacques Chessex dans « Un juif pour l’exemple » de Jacob Berger : première à Locarno le mercredi 3 aoûr 2016 (Photo Vega Film)

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 14 juillet 2016, peu après 21h30, sur la deux: «Mérette» de Jean-Jacques Lagrange, le 21 «La dentelière» de Claude Goretta, le 28, «La salamandre»  d’Alain Tanner, le 4 août, «Romands d’amour» de Jean-Louis Roy: chaque réalisation audiovisuelle, pour éviter de distinguer «Film» et «Téléfilm» qui ne différent que par leur mode de diffusion, (la carrière sur grand écran commencée avant de rejoindre le petit) aura été suivie sur RTS Deux d’un ou de deux documents consacrés aux auteurs-réalisateurs. En fin de soirée, après minuit, combien encore de spectateurs?

Hommage au « Groupe 5 »

Ainsi la RTS rend hommage au «Groupe 5», en oubliant «Michel Soutter». Dès 1969 et pour une assez courte période, Lagrange, Goretta (alors employés de la jeune télévision romande), Tanner, Roy et Soutter, collaborateurs réguliers, forment un groupe uni par une idée efficace de production: la télévision sous l’égide de René Schenker accepte d’investir le prix d’une soirée dramatique (soixante mille francs) dans une production qui reste sous l’entière responsabilité du réalisateur qui est souvent aussi producteur.

Michel Soutter (1932-1991) devant l'affiche des "Arpenteurs" (1972) © ERLING MANDELMANN

Michel Soutter (1932-1991) devant l’affiche des « Arpenteurs » (1972) © ERLING MANDELMANN

Rappeler quelques titres du «Groupe 5», c’est souligner son importance: «Charles mort au vif» (Tanner), «James ou pas» (Soutter), «Le fou» (Goretta), «Black out» (Roy), «La salamandre» (Tanner), «Les arpenteurs» (Soutter), «Retour d’Afrique» (Tanner), «L’invitation» (Goretta). Ces films ont presque tous en commun d’avoir fait belle carrière en festivals, accumulé de précieux dossiers de presse. Certains ont rencontré un large public international.

Le rôle de la télévision dans l’opération? Le risque pris par le directeur d’alors et ses plus proches collaborateurs d’avoir osé dire «Oui» à une proposition qui revenait à passer un budget de théâtre filmé à la co-production d’un film.

La télévision  d’aujourd’hui rend hommage à quatre seulement des cinq, Michel Soutter oublié! Mais le «nouveau cinéma suisse» des années soixante n’est pas né avec le «groupe 5». Il y eut déjà des auteurs de films en Suisse romande avant, Henry Brandt, assurément. Michel Soutter, Claude Goretta, Jean-Louis Roy, Alain Tanner étaient de bons « cinéastes » avant la création du «Groupe 5» et Lagrange grand « téléaste »

Un coffret DVD

La cinémathèque, en co-production avec la RTS, vient de préparer un coffret DVD qui comprend deux longs-métrages de fiction restaurés à partir des originaux, «L’inconnu de Shandigor» de Jean-Louis Roy et «Les arpenteurs» de Michel Soutter et trois documents assez peu connus, mais rares et précieux, «Docteur B, médecin de campagne» d’Alain Tanner, «Les motards» de Claude Goretta et «La dernière campagne de Robert Kennedy» de Jean-Jacques Lagrange. Ces documents audiovisuels ont le mérite de rappeler qu’il n’y a pas de hiérarchie entre le cinéma et la télévision quand l’œuvre repose sur une volonté de créativité en toute liberté. Des bonus et des textes accompagnent les films numérisés.

Marie-France Boyer dans "L'inconnu de Shandigor" de Jean-Louis Roy, qui connait une nouvelle jeunesse dans sa version renovée par la cinémathèque

Marie-France Boyer dans « L’inconnu de Shandigor » de Jean-Louis Roy, qui connait une nouvelle jeunesse dans sa version renovée par la cinémathèque

On peut se procurer ce coffret auprès de:

www.cinematheque,ch/boutique

ou de:

https://boutique.rts.ch/35-dvd

pour le prix de 42 francs ( port en sus)

La promotion faite par la cinémathèque

 Dans le numéro 288, septembre/octobre 2016, en un petit format, avec des caractères souvent petits, la cinémathèque consacre une dizaine de pages à cette «Rétrospective». Sa publication pourrait prendre le chemin d’une intéressante revue historique sur le cinéma, dans laquelle on aimerait lire plus souvent des citations de critiques suisses.

Il était juste de profiter de l’occasion pour attirer l’attention sur des acteurs pas forcément déjà «célèbres» au début des années 7o, les Jean-Luc Bideau, François Simon, Bulle Ogier, Miou-Miou, Isabelle Huppert, Gérard Depardieu, Jean-Louis Trintignant, Jacques Denis, Michel Robin, Juliet Berto, Philippe Léotard ou Maurice Garrel. Ils furent parmi les «complices» de ce «Groupe 5» important mais éphémère dans sa durée, quelques années, mais qui ne s’oublie pas.

Jean-Luc Bideau et Jacques denis dans "La salamandre* d'Alain Tanner (1971)

Jean-Luc Bideau et Jacques Denis dans « La salamandre* d’Alain Tanner (1971)

Dans une sorte d’éditorial, Gille Pache, alors encore directeur des programmes de la RTS et Frédéric Maire, directeur de la cinémathèque, prennent la peine de signaler que l’hommage rendu à cinq «pionniers» genevois qui ont su trouver une reconnaissance internationale ne doit pas ignorer d’autres qui, parfois restés discrets, appartiennent à la même génération de cinéastes en suisse romande, les Yersin, Reusser, Edelstein, Butler, Amiguet, Champion, Schüpbach, Gonseth, etc.

Texte sur les sites de la RTSR et de la RTS

 Sur la page d’accueil de notre site RTSR, on trouve en bonne place une mise en valeur du programme actuel du «cinéma suisse à l’affiche de cet été», qui a donc un lien étroit avec le coffret DVD dédié au Groupe 5.

En cliquant sur:

http://www.rts.ch/fiction/7878083-le-groupe-5-nouvelle-vague-romande.html

on trouve quelques lignes intitulées en gros caractères

Il était une fois…

 L’introduction tend à faire croire qu’ils ne sont que cinq, désormais nobles représentants du troisième âge, en seuls “pères” du “nouveau cinema Suisse romand” des années soixante. C’est aller vite en besogne de citer les noms de ceux qui, quadragénaires ou proches de l’être, représenent la relève, les Ursula Meier, Lionel Baier, Jean-Stéphane Bron et Frédéric Mermoud, plutôt quadragénaires. Comme s’il n’y avait eu personne entre les deux générations, que la cinémathèque cite et que la RTS oublie.

Isabelle Huppert (Pomme) dans La dentelière - Claude Goretta (1977)

Isabelle Huppert (Pomme) dans La dentelière – Claude Goretta (1977)

La présentation, ensuite, de Jean-Louis Roy, d’Alain Tanner, Claude Goretta, Michel Soutter (pour le moment oublié par sur les écrans de la RTS), Jean-Jacques Lagrange est d’un meilleur niveau que l’introduction qui ressemble beaucoup à une “brève” dans l’esprit du “téléjournal” ou d’un réseau sur internet.

Et sur les différents écrans, que se passe-t-il?

( à suivre)

Et que dire de ces «vieux» films?

(A suivre)

« Eurofoot » : pendant les quarts .. et même après

Lundi 11.07.16 – 17h00 : Parts de marché

 «  C… dans l’air » (France 5), le vendredi 8 juillet 2016, portait comme titre «  Le vie en rose avec les bleus ». C’était un titre optimiste.

 Evidemment, un peu partout, les chaînes qui ont pu s’offrir les droits de retransmission se félicitent de certaines audiences. De records sont même battus, aussi en Suisse romande. Le sport est donc bien « rassembleur », ce qui n’est pas surprenant. Les parts de marché frisent parfois les 75 % : c’est énorme !

 Combien cela « leur » coûte. En France, BelNSport aurait versé soixante millions d’euros pour les cinquante-et-une rencontres,TF1 et M6, chacune vingt-cinq pour onze affiches. En Suisse ? « Secret d’entreprise » ?

 Lors de deux fins de semaine de suite, rencontrer sur les deux canaux romands du football, du tennis, de l’athlétisme, du cyclisme, c’est beaucoup. Trop… Mais qu’il est triste, ce lundi 11 juillet 2016 où il n’y a même pas les paysages du Tour de France en ce jour de repos sportif !

Photo RTS

Photo RTS

 Pourquoi ne lancer que des communiqués sur les audiences maximales ? Les autres, celles de cinquante-et-une rencontres, seraient tout de même aussi intéressantes.

 Et pourquoi ces communiqués sur les seuls « pics » d’audience ? Pour justifier le service rendu au public ? La minute de pub est-elle proportionnelle à d’audience ? Si six cents mille spectateurs regardent la pub à la mi-temps de la finale, la minute facturée à l’annonceur est-elle le triple de celle qui serait associée à deux cents mille ?

 A dire vrai, un certain malaise s’échappe de ces communiqués glorieux, et pas seulement des romands. Toujours ces informations sur la quantité. Jamais rien ou presque sur la qualité. Pas le moindre indice de satisfaction !

A propos de qualité : pas particulièrement passionnante, cette finale d’hier soir, bien dans la ligne de la cuvée 2016. Sauf le suspens après le but marqué par les portugais.

Dimanche 10 juillet 2016, 05h30

L’impression subsiste, depuis jeudi 7 juilllet 2016 vers 23h00 que l' »Eurofoot » a pris fin avec la belle victoire de la France contre  l’Allemagne, sort maudit en compétition importante enfin déjoué, sur des chaînes de télévision, dont la RTS, dans la presse, dans le rue, au volant des voitures bruyantes. Est-ce briser une joie légitime de rappeler qu’il reste à jouer tout de même un dernier match, la finale contre le Portugal, surtout si l’on se souvient du mauvais tour joué il y a quelques années par la Grèce à ce Portugal.

Photo RTS

Photo RTS : souvenir déjà lointain

Alors, en vrac, quelques paragraphes indépendants les uns des autres, sur cet « Eurofoot ».

Du « Temps » au « Monde »

Il y a quelques années, Le Temps » s’était fait gloire de ne rien dire ou presque du sport, comme si l’économie et la banque, et un petit peu la politique. étaient seules à mériter attention. Retour de lucidité bienvenu : « Le temps » désormais réfléchit et enquête sur le sport en dépassant largement la notion de reportage sur les événements qui viennent de se produire. « Le Monde », actuellement, consacre au moins deux pleines pages au moins presque chaque jour à cet « Eurofoot », accomplissant un effort encore plus grand que celui du « Temps », ne serait-ce qu’en temps de lecture! A plusieurs reprises, les lectures auront surpassé en intérêt quelques-unes des cinquante rencontres !

((J’aurais bien voulu pouvoir utiliser pour ces considérations trois couleurs, le rouge, le bleu et le blanc. Il faut se contenter d’une alternance rouge-bleu, avec pointe de noir!))

Série unitaire fastidieuse

Hier, seize équipes, aujourd’hui, vingt-quatre pour l’Eurofoot: une idée récente due à Platini, dont on ne parle plus guère depuis quelques mois. Un premier tour avec six matchs dans six groupes, ce qui fait trente-six, puis encore huit, quatre et deux : nous voici à cinquante. Encore un ce soir !

Oui, mais : il n’y a, parait-il, pas de petites équipes. C’est vrai. Mais il n’y a pas forcément plus de grandes équipes. Ce qui veut dire qu’il y a plus d’équipes moyennes honorables qui finissent par se ressembler les uns et les autres. D’où ce glissement, depuis quelques jours, opérés par plusieurs commentateurs, vers une compétition certes toujours d’assez bon niveau mais plutôt terne.

Comme s’il s’agissait d’une série unitaire composée de cinquante épisodes d’au moins deux heures chacun sur le même canevas racontant presque la même histoire.

Pour chaque rencontre, dès l’annonce y compris en promotion répétitive, puis les hymnes nationaux et ce qui va avec, la première mi-temps, la pause, la deuxième, éventuellement des prolongations avec tirs au but, les premières impressions de joueurs, les retours en studio pour décortiquer les phases principales, les rappels dans les téléjournaux, cela finit bien par faire une moyenne de trois-quatre heures par rencontre. Allons-y gaillardement : pas loin de deux cents heures, celles de ce dimanche y compris.

Photo RTS

Photo RTS : la hiérarchie

Sur un mois, entre sept et huit jours complets, le quart !!! C’est beaucoup. La SSR-SRG, donc la RTS, sont, du haut  de la hiérarchie, fiers d’avoir offert pareille temps d’antenne au foot. Trop ? ou Trop !

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 Vendredi 1 juillet 2016 : le premier tour, avec ses trente-six rencontres, est déjà loin. Les huit « huitièmes » aussi. Et même le premier quart qui a permis à un assez terne Portugal de se qualifier aux « pénaltys », grâce à un arrêt de son gardien. Voici bientôt la sortie du tunnel foot, mais déjà complété par Winbledon et attendant le « Tour de France » puis plus loin le JO d’été.RTS2 est actuellement chaîne sportive presque uniquement. Cette invasion du sports dit « fédérateur » est tout de même considérable ! Trop ?

Problème ouvert, mais pas par « L’hebdo » qui continue de s’interroger sur la SSR-SRG et la RTS, dans son édition du 30 juin, quatre pages sur « L’opaque opération de transparence de la SSR », certes intéressantes, mais assez étranges dans les angles d’attaque qui changent en cours de développement. Parler de coût –minute ? Pourquoi pas. Introduire enfin un indice de qualité qui ne doive en principe rien à la quantité des parts de marché ? Oui, pourquoi pas : mais quel poids pour les « 330 réponses prises en compte » ? En tous cas pas celui d’un sondage avec composante scientifique !

Photo RTSR

Photo RTSR : autre souvenir !

Notes du 18 juin

 Relu mes notes du 18 juin, conservées dans un « pipe-line » personnel.

Oui, on peut additionner à une rencontre de football une autre occupation, lecture, sudoku, jeu des ponts, sans perdre grand chose du spectacle télévisé. Les commentateurs à force de nous dire ce que nous voyons, parfois en retard, semblent n’avoir de soin que pour leur micro.

De plus en plus fréquemment, je décroche du direct des deux fois quarante-cinq minutes. Les résumés de mi-temps et de fin dans l’espace laissé libre de publicité, de sponsoring et de placement de produit, sont intéressants et peut-être bien suffisants pour avoir une idée de l’ensemble. Les résumés qui jouent sur les couleurs pour délimiter des zones du terrain et des joueurs enfermés dans des cercles blancs permettent d’observer des organisations stratégiques. Les résumés plus attirants que le direct souvent languissant.

Et puis, ces statistiques qui se multiplient : tirs cadrés, tirs en direction des buts, temps de possession de la balle, nombre de passes, et parmi elles les pourcentages de réussites, est-ce vraiment intéressant ? Les commentateurs et les experts doivent peut-être apprendre à les mieux utiliser.

Bonne place, dans ces notes, accordée à un certain Islande-Hongrie : les Hongrois dominent de leur but aux trente derniers mètres devant celui de l’adversaire. Les Islandais sont peut-être les seuls à donner l’impression d’avoir du plaisir à jouer. Ils le confirmeront quelques jours plus tard, contre l’Angleterre.

« Brexit » sur trois chaînes

Prochain sujet, début juillet :  E U R O F O O T, comme de bien entendu, selon la chanson à multiples couplets !

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Dans quelques années, il est probable que le «Brexit» aura laissé plus de traces que l’ «Euro 2016» et les records d’audience battus par la «Nati» battue, elle, à la loterie! On parle beaucoup plus d’ «Eurofoot» que d’ «Europe»

Brexit: qu’attendre de la tv ?

 Le vendredi 24 juin 2016, qu’attendre de n’importe quel média, radio, télévision, presse et pourquoi pas «réseaux sociaux»? De ces derniers, rien sinon tout et n’importe quoi. Il faut faire un choix personnel puisqu’il est impossible de tout faire. Ce sera la lecture et le petit écran!

Qu’attendre, en particulier de la TV? D’abord des informations, encore des informations, ensuite des informations avec amorce de synthèse, donc début des interprétations si possibles données non comme péremptoires, mais bien en affirmations de convictions personnelles ou hypothèses

Brexit - Carte parue dans "Le figsro"

Brexit – Carte parue dans « Le figaro »

De 17h45 à 21h30

 Pour répondre à ce besoin d’apprendre, pour recevoir une amorce pour comprendre, quelles réponses ?

Choix personnel, presque une habitude quotidienne:

France 5, de 17h50 à 19h30 «C..dans l’air» puis «C’est.. à vous»

RTS1, de  19h30 à 20h00 , «Le 19 :30»

ARTE, de 20h00 à 20h50, «28 minutes»

Pour France 5 et Arte, il était facile d’organiser un débat comme chaque jour sur un seul sujet. Première bonne surprise : excellente réaction de la RTS qui consacre presque l’entier du « 19 :30» au Brexit, puis organise dès 20 :15 un « Infrarouge » spécial. Dilemme : pitonnage personnel entre ARTE et RTS Un pendant trente bonnes minutes, ce qui a pour conséquence d’être plus attentif à la manière dont chaque chaîne réagit qu’aux propos qui y sont tenus.

"Infrarouge", édition spéciale du 24 juin 2916

« Infrarouge », édition spéciale du 24 juin 2916

Comparaison peut-être dangereuse : mais allons-y tout de même ! En temps ordinaire, « C…dans l’air » plus que « C…à vous » finissent par apporter une matière qui ressemble à trois/quatre pages d’un grand quotidien international comme « Le Monde ». ARTE tient une place équivalente à celle du national «Le Temps » sur une ou deux pages. Le « 19h30 » fait comme « 20 minutes » tout de même plus proche des textes à deux mille signes que des phrases à cent cinquante ! Bis : bravo à la RTS qui a su briser le cadre de la routine avec près de nonante minutes consacrées ce vendredi 24.06.16 au « Brexit ».

OUI ou NON

Le mérite d’un référendum est de proposer une réponse simple, un « Oui » ou un « Non ». Gagne celui qui dépasse d’au moins une voix l’autre ! Ce n’est pourtant pas un moyen aussi « démocratique » que l’on croit si la question posée est complexe ou compliquée par le débat y relatif.

On se souvient peut-être que l’an dernier le peuple suisse a accepté une modification de la méthode de prélèvement de la redevance alors que la campagne avait fini par tourner pour ou contre la DRS à Zürich, plus que de la RTS en suisse romande ou la RSI au Tessin. Les Britanniques viennent-ils vraiment de se prononcer sur la sortie de l’Europe ? Pas certain : il est fort possible que le problème de la migration ait pris une place imposante dans le débat, qu’il s’agisse des centaines de milliers d’Européens de l’Est qui sont arrivés sur les iles britanniques ces dernières années ou de ceux qui aspirent actuellement à rejoindre des proches. Une partie des votants s’est probablement exprimée sur la fermeture des frontières pour limiter l’immigration !

Carte APF établie d'après le commissioj électorale

Carte APF établie d’après le commission électorale

Et puis, un 51.9% pour le retrait et 48,1 % pour y rester, c’est somme toute un match nul. Il faut donc nuancer le résultat : ainsi a-t-on vu immédiatement apparaître une carte des iles britanniques à couleurs nuancées, l’Ecosse, l’Irlande du Nord, Londres, une partie du pays de Galles, d’autres grandes villes ont dit OUI à l’Europe. Mais après ? L’Ecosse pourrait à nouveau voter sur son indépendance qui lui permettrait de faire acte de candidature à l’Europe. L’Irlande du nord pourrait se rapprocher de celle du sud.

La presse, mieux que la télévision et la radio, peut aller plus loin dans l’analyse de la situation. Par exemple, en page 6 du Monde daté de dimanche 26 et lundi 27 juin, on peut lire un texte intitulé « Le référendum souligne les fractures profondes du pays », et en sous-titre « Le Royaume apparaît divisé entre ses nations, les jeunes et les vieux, les riches et les pauvres ». Le 60 % des plus de 65 ans a voté pour la sortie, le 73 % des moins de 25 ans pour rester dans l’Europe. Fossé inquiétant !

Les pourcentages qui concernent le vote d’une région, d’une ville, d’un quartier sont directement sortie des urnes. Le vote selon l’âge, ou selon l’appartenance à un parti, au sentiment religieux, au niveau de vie, à la formation viennent d’ailleurs. Probablement de « sondages » dit de « sortie des urnes ». Il manque alors une information importante, la marge d’erreur !

Le flacon

 Il n’est pas question d’évoquer le contenu de ces presque trois heures de télévision non-stop. C’est même impossible ! Il faut alors s’arrêter au flacon qui contient la boisson qui devrait conduire à l’heureuse ivresse de l’information.

Caroline Roux, qui succède à Yves Calvi pour "C..dansl'air" (France 5)

Caroline Roux, qui succède à Yves Calvi pour « C..dansl’air » (France 5)

« C..dans l’air » conserve sa structure d’un ou d’une animatrice recevant quatre invités, des experts souvent « habitués », et propose trois reportages « externes » de réalisation datée parfois du jour même. La structure de « C..à vous » reste d’une grande souplesse : elle permet de faire entrer un sujet dans plusieurs rubriques. Ils sont au moins cinq dans l’équipe qui reçoit les invités.

Avec Elisabeth Quinn et ses deux collaborateurs habituels, « 28 minutes », dans sa partie principale, reçoit trois invités pour le principal sujet du jour.

Le « 19 :30 » aura su accorder beaucoup de temps à ce « Brexit » faisant apparaître des informations de sources différentes.« Infrarouge » reste hélas engoncé dans son système de « pour » et de « contre », avec un seul animateur-maison, cette fois trois d’un côté de la table, « contre» et deux de l’autre, « pour » et contents de l’être, sans oublier un habitué du « 28 minutes » des vendredis, Jean Quatremer, de Bruxelles. Trop de monde, comme d’habitude !

Elissabeth Quinn, animatrice de "28 minutes" ( ARTE)

Elissabeth Quinn, animatrice de « 28 minutes » (ARTE)

L’animation

 Caroline Roux, à peine terminé le « C….dans l’air » que désormais elle dirigera plus souvent puisque Yves Calvi venait le jour précédent de faire ses adieux à l’émission qu’il a si fortement marqué, le temps de changer de tenue, la voici à « C…à vous », pour parler aussi un peu de son travail dans le dominical «  C…politique ». Elle y recevait une seule et même personne pendant plus de soixante minutes. Elle aura su insister sur l’importance de la durée, qui incite à ne pas suivre le « conducteur » pourtant soigneusement préparé à l’avance. Elle tient pour une vraie chance d’avoir souvent, en cours d’émission, appris ou compris des choses pour elle inattendues.

Il vaut la peine de noter que la bonne vieille TSR avait à l’antenne il y a très, très longtemps « Les grands entretiens » dont la durée était proche d’une heure, formule qui subsiste encore sous forme abrégée à vingt-cinq minutes environ dans le très intéressant « Pardonnez-moi » animé par Darius Rochebin, plus enrichissant qu’« Infrarouge ».

Caroline Roux, Yves Calvi certainement aussi, apprennent quelque chose en animant leur émission. Elisabeth Quinn écoute attentivement ses invités. Esther Mamarbachi consacre son temps à jouer les arbitres entre ses deux clans opposés sans avoir le temps de les écouter.

Beaucoup d' »Eurofoot » et un brin d’autre chose!

Mercredi 15 juin 2016 (08h00) : pitonné, hier, surtout en soirée,  attiré par la thématique d’ARTE (autour du Brexit) plus que par le foot. Pas tellement attentif aux propos tenus dans « Goodbye Britain? » :chacun explique plus ou moins bien les raisons de son prochain vote. Surtout retenu la qualité formelle d’un récit construit sur des témoignages qui devient à force de travellings et d’enchainements dans le mouvement d’un lieu à l’autre un agréable voyage en un pays lointain. Au passage, étonné par ce père et son fils, des paysans éleveurs de moutons (sauf erreur!), qui évoquent les enquêtes de l’Europe pour le subventionnement et doivent répondre à des questions sur la culture des olives!

Goodbye Britain ? : Image trouvée sur le site d'ARTE. La RTS inscrite dans le générique de fin...

« Goodbye Britain ? » : Image trouvée sur le site d’ARTE. La RTS a présenté ce remarquble document le 5 juin à 20:35 dans « Histoire vivante »

Retour au foot : toujours des scores étroits, toujours peu de  tirs au but, des stars pas tellement brillantes – au tour de Ronaldo d’être presque aussi effacé qu’Ibra! Cet ennui subtil qui conduit à ne regarder que de temps en temps ce qui se passe trois fois par jour, d’où vient-il ? Les ressemblances entre les équipes sont de plus en plus petites. Même la très défensive Islande ressemble aux autres. Il reste alors comme différences la couleur des maillots, la sonorité des  noms prononcés par les commentateurs. L’Europe semble savoir élever le niveau moyen du football un peu partout en gommant ce qui dépasse !

A bientôt, dans un site qui aura changé!

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Ouverture vendredi 10 juin 2016 : une sorte de jardin à la française, des dizaines de femmes habillées de belles couleurs en mouvement : une manière de célébrer le football comme une sorte de ballet endiablé, le « french cancan. Beaucoup de mouvements, couleurs vives plaisantes, peut-être tout de même parfois un certain manque de l’indispensable synchronisme

Dejà quelques jours de compétition, avec des scores serrés, des réussites dans les dernières minutes, et parfois en tout début de rencontre. Assez nette supériorité défensive sur les velléités offensives. Les  tirs direction cage sont rares – mais je ne suis pas un statisticien frénétique du foot ! Très peu de fautes méchantes, pas de longues stations douloureuses au sol, donc peu de « cinéma » comme disent les commentateurs. Mais on se tire joyeusement le maillot le maillot et même une fois au moins la culotte!

Un peu ennuyeux, dans l’ensemble ce jeu prudent, fermé. Le meilleur ? La première mi-temps des Anglais, à Marseille. Des exploits ? Sommer qui sauve les trois points de la Suisse – soyons chauvins !

France/Roumanie  et   Angleterre/Russie pouvaient être suivis sur RTS 2 et TF1, Belgique—Italie sur RTS2 et M6. Il fallait donc profiter de l’occasion avec, bien sûr, les mêmes images. Seule différence d’une chaîne à l’autre : le commentaire. Il me semble qu’on parle moins sur TF1 que sur RTS 2, et beaucoup plus sur M6 que TF1. Mais prudence : j’ai souvent envie de baisser le son pour ne pas trop souvent entendre décrire ce que l’on vient de voir. Les commentateurs français parlent très bien  de l’équipe suisse. Normal, c’est leur métier d’être bien informés.

A propos de la prise de son. On entend certes les élans du public, mais pas du tout les réactions plus « fines ». Il y aurait eu quelques remous contre Shaqiri et Behrami lors du Suisse-Albanie. Lu fréquentes remarques à ce propos. Rien entendu sur la bande sonore du petit écran : prudente, la prise de son ?

La RTS est très fière de proposer en direct les cinquante-et-une rencontres de cet Eurofoot, en y ajoutant des compléments « Plein cœur », de longues préparations d’avant et d’après-rencontre. Et c’est ainsi que RTS 2 est une chaîne sportive pour un bon mois. Oui, bon ! Le sport rassembleur ? Même quand joue le pays de Galles, l’Irlande du Nord, la Suède pour « Ibra » qui vient de « briller » plus dans une pleine page du « Monde » que sur le terrain! Mais ose-t-on des doutes devant cette abondance ?

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Deux séries….. malgré le foot !

Malgré le foot, que j’aime mieux comme téléspectateur qu’en observateur de la télévision, je trouve tout de même le temps de regarder deux séries de fort bon niveau. Manque de temps pour écrire à leur propos : alors, juste un signal !

L'affiche : deux frères, une soeur, une demi-soeurn et ..

L’affiche des « Héritiers »: deux frères, une soeur, une demi-soeur et ..

Sur ARTE (jeudis de 20h55 à 23h45 – par trios, ce qui est absurde !), « Les héritiers », série danoise dans le bas du haut de gamme, ( sept sur neuf au maximum, pourquoi toujours noter sur « SIX » ou « DIX) première saison de dix épisodes de cinquante-cinq minutes – l existe une deuxième saison de sept épisodes.

Sur RTS1 (vendredis de 22h30 à minuit dépassé), deux épisodes de « La Trêve », en haut du milieu de gamme ( catégorie six sur neuf – voir ci-dessus). Une première bonne raison de la suivre : on ne voit pas souvent des émissions belges francophones reprises par la RTS, et c’est peut-être regrettable. Evidemment, comme il s’agit d’une série récurrente, la case de diffusion,« Made in Europa », est tardive.

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 « L’hebdo » met la SSR sous pression

Pour « L’hebdo », dans son éditorial du 9 juin signé Alain Jeannet, c’est « L’heure de vérité » qui sonne. Une bonne demi-douzaine de pages viennent ensuite examiner le pourquoi et le comment de cette « mise sous pression de la SSR». Annonce est faite qu’il y aura une suite dans l’édition du 16.

A lire, donc, du moins par qui s’intéresse à l’audiovisuel suisse contemporain. Beaucoup de choses intéressantes, dans les pages du 9 juin. Qui laissent parfois un curieux arrière goût, difficile à exprimer.

Essai : les éditeurs suisses, surtout les grands, surtout en Suisse alémanique, n’aiment pas la SSR-SRG. Certains affrontements sont assez rudes. Ringier est un grand éditeur, qui a créé une grande régie publicitaire, Admeira, avec La SSR et Swissscom, mais sans Tamédia. Tamédia est un grand éditeur suisse. « L’hebdo » est édité par Ringier en Romandie…

La baignoire de Freysinger à « Infrarouge »

Mercredi 18 juin 2016, en premier rideau à 20h15, presque au sommet de la courbe quotidienne d’audience, un « Infrarouge » avec pour sujet: «Spécial votation – Asile: vers des renvois plus rapides?». Mix&Remix manque – me manque!

Indiscutable cacophonie! Un «Non très-à-gauche» se dispute avec un «Non très-à-droite». Il paraît qu’on mesure les temps de parole, égalité entre «Oui» et «Non», à trois contre trois. Pour cela, un nouveau truc: intervenir deux fois au nom de la parole citoyenne, puisque on peut ainsi glisser une question au camp en retard: astuce!

A quel titre Oscar Freysinger fait-il du Freysinger : Conseiller d’Etat valaisan ou notable de l’UDC? Il a parlé d’une baignoire qui risque de déborder, puisque le robinet coule à plein jet quand l’écoulement est difficile. La baignoire, c’est la Suisse qui se débat avec ses demandeurs d’asile forcément «illicites» en grand nombre. Un citoyen fait remarquer que la comparaison n’est pas du meilleur goût si l’on songe à ceux qui se noient en Méditerranée! Qu’à cela ne tienne: la baignoire, son robinet et l’écoulement reviendront en cours d’émission. Quand on tient son os…

L’émission accueillait, paraît-il, une conseillère fédérale parmi les invités, dont le temps de parole fut, probablement, démocratiquement, compté dans le camp des OUI. S’est-elle sentie à l’aise dans la pataugeoire?

S’énerver une fois encore, une fois de plus, contre cette émission qui repose sur une formule conduisant au désordre anarchique de débats sans tenue? Hélas, oui!

Autour de « Bouboule » de Bruno Deville

Mercredi 27 avril 2016, revu des bouts « Bouboule » : plaisir intact, que de retrouver déjà le souvenir d’un film à tout le moins intéressant. Générique de fin coupé. Le revoici, rapide, en final du débat d’ « Infrarouge » : bizarre!

Bonne idée que le principe d’une soirée thématique : faire suivre un film d’un débat sur ce qui apparaît comme son sujet principal, l’obésité chez les ados. On y évoque le pourcentage croissant de personnes en surpoids ou obèses dans certains pays, dont le nôtre. Mais pas un mot sur le calcul de l’Indice de Masse Corporelle (IMC, le poids divisé par le carré de la taille en mètres – trop compliqué pour le public en principe nombreux de 21h30 ?).

Pas de politiciens, que des « experts » : pas d’engueulades. Pour une fois, un « Infrarouge » qui ne donne pas envie de fuir. Evidemment, à sept, cela fait beaucoup. Evidemment, aucune allusion au « Temps présent » du jeudi précédent qui avait comme sujet un régime amaigrissant. Evidemment, il n’aura été que peu question du film lui-même, comme on pouvait le prévoir.  

Intéressant tout de même de comprendre que le réalisateur avait été un enfant en surpoids. Etonnant de savoir que le jeune acteur venu de Bruxelles va entreprendre, trois ans après le film, une sorte de cours pour perdre du poids.

Et puis, finalement, dommage de consacrer la seule vraie case en premier rideau pour un débat d’idée sur un fait de société dont on peut parler presque n’importe quand alors qu’il y a tant d’autres sujets d’actualité immédiate qu’il vaudrait la peine de chercher à mieux comprendre…

Donc, oui sans hésitation au principe de la soirée thématique. Mais partielle insatisfaction pour la concrétisation !

(jeudi 28.04.16 / 20h15)

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Jeudi 21 avril 2016, « Temps présent » s’arrête sur obésité, problème de société qui tend à prendre de plus en plus d’importance à se demander s’il existe une corrélation entre le surpoids et une chaîne mondiale d’alimentation. Mais le magazine de reportage n’a pas choisi « Macdo » pour son enquête organisée autour d’une expérience : l’invité se nomme « Weight Watchers », donnée comme une puissante société américaine dont le succès repose sur un régime assez draconien qui remet en cause son bénéfice (perte de poids, bien sûr !). En effet, quand on s’éloigne du régime, les kilogs perdus tendent à revenir. Un brin sectaire, l’organisation ! Il eut été intéressant de savoir davantage sur sa situation économique.

bouboule_lobby_28_5x19_0cm_300dpi_5413Bouboule  de Bruno Dcville

(Photo Filmcoopi/CabProduction)

Toujours est-il que le duo surpoids-obésité devient ainsi le sujet de plusieurs émissions concentrées de la RTS. Le mercredi 27 avril, dans la case tournante des magazines non-hebdomadaires, voici une des inventions récentes de la RTS. On prend un film, parfois co-produit par la RTS, et on le fait suivre par un débat à son propos. Enfin, ce n’est pas tant du film, de documentation ou de fiction, qu’il sera question, mais de son sujet. Et bien sûr, comme l’équipe d’ « Infrarouge » est presque la seule à être autorisée à animer régulièrement un débat, vogue la galère : on va ensuite parler obésité, en présence du réalisateur et de son acteur. On peut prendre sans trop de risque le pari qu’il ne sera guère question de cinéma et de la manière dont on procède pour faire un film permettant au final de traiter de manière intéressante un sujet, qui n’est du reste dans « Bouboule » de Bruno Deville pas seulement l’obésité, loin de là. L’idéal serait de perdre ce pari : on pourrait alors rêver de l’introduction de la culture (cinématographique) dans une soirée thématique s’appuyant sur l’insuffisant « Infrarouge ».

Chacun pour soi

« Temps présent » parle obésité, mais dans la présentation de l’émission, rien n’est dit de la soirée thématique « Bouboule » de la semaine suivante. Y aurait-il quelqu’un à la RTS qui puisse signaler aux responsables d’un secteur ce qui se passe chez l’autre ? Chacun pour soi : c’est ainsi que l’on ajoute parfois que les vaches sont bien gardées ! Mais les seconds mentionneront peut-être les premiers ! (Même pas! 04.05.16!!)

Roland Vouilloz dans *"La minute kiosque", une série mise en scène par Bruno Deville pour la RTS en 2007.(Photo RTS)

Roland Vouilloz dans * »La minute kiosque », une série mise en scène par Bruno Deville pour la RTS en 2007.(Photo RTS)

Alors, pour une fois, évoquons au moins un peu cinéma, avec deux textes signés fyly, le premier paru dans « L’Evènement syndical » ( page cinéma du 12 novembre 2014), le second dans « Le Médiatic » de la RTSR( 187- juillet/août 2015)

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Bouboule – Bruno Deville – Suisse/Belgique

 Bouboule est un très bon exemple de co-production réussie entre deux pays plurilingues , la Belgique (Versus production) et la Suisse (Cab production), avec passage en France pour la chanson de M.(Matthieu Chédid) et deux acteurs dans des rôles importants, Julie Ferrier et Swan Arlaud. Bruno Deville, proche de la quarantaine, est bi-national. Sa participation à deux séries de la RTS, « La minute kiosque » et surtout « Crom », la réalisation de plusieurs courts métrages lui ont permis de signer une première fiction de long-métrage d’excellent niveau. Le tournage s’est déroulé en Belgique, où est né David Thielemans, alors que l’écriture et les finitions eurent pour centre la Suisse.

Roland Vouilloz (Oscar) dans "Crom", une série mise en scène par Bruno Deville pour la RTS (2010)

Roland Vouilloz (Oscar) dans « Crom », une série mise en scène par Bruno Deville pour la RTS (2010)

 

Bouboule, douze ans, est obèse. Les cent kilos et les bourrelets mesurés sont montrés d’emblée, le risque de santé signalé : faire fonctionner un char d’assaut gros comme un éléphant avec un moteur de mobylette ! A cause du Nutella, entre autres (un « placement » de produit comme on l’écrit pudiquement à la télévision ?), Bouboule, à la fin du film, n’a pas perdu de poids. Mais il a changé, profondément, en gagnant l’estime de soi et le droit de s’approcher de la joie de vivre. L’obésité, qui a une origine autobiographique assumée, n’est pas le seul sujet du film.

Kevin vit avec sa maman, qui aime bien son « dindonneau », et ses deux sœurs pas particulièrement « gentilles » avec lui. Sa mère le tient éloigné de son père dont elle est séparée. Il a une petite amie, mais elle est suicidaire. Et même son plus proche copain, un temps, se détache de lui. Il va faire une rencontre importante, celle de Patrick, vigile de son état, qui dresse un chien d’attaque auquel il parle en allemand, langue qui convient bien à la donnée d’ordres !

Patrick serait un ancien « légionnaire » qui combattit en Côte d’Ivoire. Kevin se sent à l’aise en sa présence, prêt à le croire, s’adressant à lui d’un très respectueux « Monsieur » Il sera aussi poli avec le « Chef » de Patrick, d’un poids respectable, qui lui apprendra à boire de la bière et faire le guet lors d’un casse. Et Kevin ne saisira pas le second degré du nom du chien « Rocco », quand Patrick lui avoue son admiration pour un grand acteur, Rocco Siffredi.

Bouboule de Bruno Deville (Photos Filmcoopi-Cab Productions)

Bouboule de Bruno Deville
(Photos Filmcoopi-Cab Productions)

Dans chaque séquence du film, il se produit quelque chose, qui tient aussi d’une poésie empreinte de tendresse et de douceur. Mais beaucoup d’autres événements se déroulent entre les séquences. On devine bien le comment des pansements aux poignets de l’amie de Kevin. On n’a pas besoin de voir le casse plutôt minable organisé par Patrick et le chef pendant le guet nocturne effectué par Kevin. Il n’est pas nécessaire de montrer pourquoi la sœur de Kevin veut rentrer rapidement à la maison après un tête-à-tête dominical avec Patrick.

Paradoxe peut-être : mais quand un film est bien écrit, bien dialogué, quand les acteurs sont naturellement bons et bien dirigés, quand la bande sonore est porteuse d’une musique à la fois discrète et présente, quand le montage est fluide, il y a place aussi pour ce hors-champ qui vient compléter le récit de sa force de suggestion enrichissante contribuant à transformer le spectateur en un amical co-scénariste.

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Bouboule à la SRT-Neuchâtel

« Bouboule » est une co-production entre la Suisse majoritaire et la Belgique, tourné en Belgique et réalisé par un double national, Bruno Deville, formé et installé en Suisse. Il a du reste dirigé une intéressante série de la RTS, « Crom(2012). Pour voir le film, mardi 9 juin 2015: une centaine de personnes au cinéma BIO.

bouboule de Bruno Deville

Bouboule de Bruno Deville

Pourquoi offrir aux membres d’une SRT la une vision gratuite, ouverte aussi au public ?  Pour faire plaisir aux spectateurs, d’âge moyen plutôt élevé, composé en majorité de membres et en recruter de nouveaux. Pour mettre en contact ce public avec des professionnels du cinéma et de la télévision, éventuellement enrichir son information, l’entendre poser des questions et recevoir des réponses.

Première question, c’est quoi, un producteur ? Gérard Ruey et Jean-Louis Porchet, de CAB, ont parlé de l’organisation pour le tournage d’un film, des problèmes liés à son financement puis à sa diffusion. Ils ont en particulier souligné l’importance de la télévision comme partenaire d’une production indépendante, en présence de Françoise Mayor, responsable des fictions produites par la RTS.

Une œuvre audiovisuelle doit être un divertissement à valeur culturelle ajoutée. L’aspect économique et financier mérite d’être signalé. Information : CAB produit actuellement un film de fiction « historique » destiné à la télévision, tourné dans les montagnes neuchâteloises, abordant l’horlogerie, « Le temps d’Anna » de Greg Zglinski, déjà auteur du remarquable « Tout un univers sans feu ». En cash et en prestations, la RTS y investit environ deux millions deux cents mille francs, exemple rare de transparence dans l’information !

« Le temps d’Anna »: attachant téléfilm

C’eut pu être une série. Mais il faut quatre millions pour tourner six à huit épisodes de quarante minutes au moins (autour de quinze mille francs la minute). La RTS ne peut plus en produire actuellement qu’une par année ; c’est fort regrettable.

 Photos RTS / Philippe Cristin ; Anne Bichsel ; Anne Kearny

Photos RTS / Philippe Cristin ; Anne Bichsel ; Anne Kearny

Petit écran prioritaire

Ce projet s’est mué en un téléfilm de nonante minutes : aux alentours de vingt mille francs la minute, avec solide participation de la télévision (RTS, SSR, ARTE). C’eut pu être un film qui serait parti à la recherche d’un public de base dans les salles. Ce n’est pas le cas ; c’est peut-être regrettable. Parce que « Le temps d’Anna » est un beau film attachant. Un film d’auteur, certes, à rythme calme. Mais ce ne sont pas là éléments qui attirent aujourd’hui les foules dans les salles. Va d’abord pour une sortie sur le petit écran de RTS1 le mercredi 16 mars 2016, à une excellente heure, en premier rideau (20h15), avec risque heureusement pris de surprendre le public par un excès de délicatesse!

Tournage à Colombier, juin 2015

Tournage à Colombier, juin 2015

De Schaeren en Schaeffer

La scénariste et actrice, Noémie Kocher, a découvert l’existence d’une arrière grand-mère et d’un arrière grand-père horloger, créateur d’une entreprise, Mido, qui entre autres choses fit progresser l’horlogerie de la montre-bracelet étanche. Elle y raconte sans s’interdire d’être inventive une belle histoire d’amour entre Jean Schaefer et Anna von Rohr. qui aurait pu ne pas commencer, mais qui commence bien, entre autres avec quatre enfants, Louis, Emma, Charles et Marguerite, pour glisser vers des temps difficiles, ceux de la maladie d’Anna. Le fondateur de Mido, aujourd’hui dans le groupe Swatch, s’appelle Georges Schaeren. Schaeren, Schaeffer ? Entre similitude et différence, c’est peut-être signe de la famille découverte par la scénariste et de la vie réinterprétée. La mère du réalisateur d’origine polonaise Greg Zglinski était psychiatre, ses grand-mère et arrière grand-père horlogers. Une addition scénariste – réalisateur heureuse, avec un bel apport de sensibilité différentes pour revivre ce temps d’Anna et Jean.

Isabelle CAILLAT - Elisabeth Grimm

Isabelle CAILLAT – Elisabeth Grimm

Reconstitutions minutieuses

Du projet initial, la série, subsiste la durée, puisque le récit se déroule durant nonante minutes entre 1917 et 1933. Et l’histoire d’un couple s’appuie aussi sans ambiguïté sur une amie commune, Elisabeth Grimm. Costumes, intérieurs de fabrique, appartements confortables sont reconstitués avec minutie et fidélité souvent en décors réels. Avec Anna, qui monte son cheval avec facilité, on passe à la calèche tirée par aux automobiles décapotables. Dans chaque plan ou presque apparaît la minutie sans lourdeur de la reconstitution d’une époque.

Mathieu Simonet

Mathieu Simonet – Jean Schaeffer

Les silences d’Anna

Par quelques allusions en scènes plus ou moins longues, l’histoire est présente : contrebande de charbon contre des montres bracelets en 1917, allusion à des luttes ouvrières avec une réaction fort brutale d’un patron, difficultés financières des années trente. On y ajoute une allusion aux événements du 9 novembre 1932 où l’armée tira sur les ouvriers ( c’était à Genève). Il y a un peu de maladresse dans cette dernière intervention qui repose sur le montage. Les soins donnés à Anna permettent de fournir quelques indications sur la médecine associée à sa thérapie. La bande sonore associe d’étranges croassements sur l’image reprise d’un arbre solitaire, les accents du jazz accompagnent les débuts des années trente. Etranges, ces silences d’Anna, plus ou moins inquiétants, ou de brusques élans qui sont les premiers signes discrets de la maladie.

Le temps d'Anna Réalisation Greg Zglinski Avec Gaëlle Bona

Gaëlle Bona – Anna von Rohr

Un bouchon de champagne

La volonté de Jean, inventeur doué, la finesse de son acharnement de minutieux d’horloger permettent enfin d’obtenir une montre vraiment étanche et fiable, même s’il faut en passer par la forme d’un bouchon de champagne. La conquête du progrès par la recherche ne va pas sans douleur. Elle repose sur de nouvelles méthodes, la beauté et l’élégance des gestes. Effet collatéral inattendu : des milieux d’affaires chinois vont se servir du film pour faite connaître l’horlogerie dans leur pays !

Raconter un couple avec enfants, une recherche industrielle, un milieu médical, les suivre pendant près dans de vingt ans en évoquant des événements qui plongent le récit dans l’histoire demandait de s’appuyer sur une écriture solide, des paysages séduisants pour que la conduite du récit avec ses rebonds temporels offre une continuité sans heurts.

 

L’appétit du « Conseil du public »

Pour enricher la discussion sur les sujets choisis par le conseil du public qui aboutissent à la rédaction d’un rapport, des interventions portées à la connaissance du conseil peuvent être précieuses. Et pourquoi pas les faire connaître à travers ce blog.

C’est ainsi que le conseil du public se prononcera prochainement sur les émissions consacrées par la RTS à la cuisine. Thierry Murier, caissier de la SRT-NE,a donc pris la peine d’envoyer quelques remarques à un des membres du conseil du public pour éventuellement nourrir une prochaine intervention. Son texte , adressé en Cc à tous les membres du comité de la SRT-NE, m’a paru intéressant au point de souhaiter le publier. Ce que je fais ci-dessous avec l’autorisation explicite de son auteur ( temps de lecture, entre trois et quatre minutes).

L’occasion est belle aussi pour donner une suite au récent texte rédigé dans une certaine urgence à propos d’ “Infrarouge” au comité de la SRT-NE en formulant quelques remarques sur les Rapports et communiqués du Conseil du public . (Temps de lecture, 3 minutes)

(( Reste à trouver des images ??- dimanche 28.02.16 – 08:09 -fyly)

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En cuisine avec la RTS – Thierry Murier

Nombre d’émissions

 Elles seraient au nombre de quatre (« Al dente », « Cuisine de chez nous », « Pic assiette », « Descente en cuisine »). Alors que la culture ne dispose que d’une petite fenêtre et que les émissions religieuses font les frais des mesures d’économie, la RTS se paie le luxe de proposer quatre émissions culinaires (pas en même temps il faut toutefois le convenir) dans un paysage médatique déjà saturé de cuisiniers amateurs.  Je trouve cette répartition injuste vis-à-vis d’autres thématiques méritant aussi être défendues par une télévision de service public. A ce titre et dans le cadre des futures mesures d’économies, c’est par la réduction de la voilure des émissions qui couvrent à triple ou à quadruple une thématique qu’il faudrait commencer.

 Emissions

Je donnerai ici un avis général. La diffusion d’une seule émission est suffisante, le concept étant rigoureusement le même de l’une à l’autre…

 Je catégorise les quatre émissions en deux groupes (a) la création (« Cuisine de chez nous », « Pic Assiette » et « Descente en cuisine ») et (b) les opérations publicitaires/marketing (« Al Dente »).

 Je commencerai par la 2e catégorie. Pour procéder à la critique, connaître la répartition des coûts de production avec les partenaires commerciaux est nécessaire (le financement d’ »Al Dente » par la RTS est probablement moindre que pour « Cuisine de chez nous », je ne dispose malheureusement pas de cette information). Ce qui m’intéresse surtout est de savoir de quelle manière ces partenaires interviennent sur la ligne « éditoriale » de l’émission: si ce type de partenariat est financièrement intéressant pour la RTS, cela ne permet pas non plus de faire n’importe quoi sous prétexte que l’émission est sponsorisée. Il serait dès lors pertinent que le conseil du public aille au-delà de « Al Dente » et se penche sur la ligne éditorial/concept des émissions financées par des partenaires commerciaux.

 « Al Dente » : pour moi, le degré zéro de la télévision. Un concept qui n’évolue pas, du grand n’importe-quoi dans le jeu (partie 1 questions : une personne peut presser sur le bumper et dire n’importe quelle bêtise ; partie 2 : on dit aux enfants de ne pas jouer avec la nourriture – cela se passe de commentaires ; partie 3 : dégustation à l’aveugle – Comment humilier une personne ?). L’animateur n’est pas drôle (ses plaisanteries tombent à plat) et en fait trop (sa façon de jouer l’élément perturbateur en cuisine est usé).  Le seul élément que je sauverais de cette catastrophe en cuisine est les deux salariés de coop (les cuisiniers) qui font bien leur job, malgré les piètres interventions de l’animateur. Madame Dana Hastier devrait venir faire un stage à la RTS.

 Créations propres de la RTS

 « Cuisine de chez nous » :  l’idée de faire une émission couvrant toutes les régions linguistiques de la Suisse est intéressante. Le format de 45-50 minutes et le mélange de la cuisine avec d’autres aspects culturels est très bien aussi (permet de prendre un peu son temps). Pas de starification ce qui est un grand plus aussi. Le système de notation de me gène pas car cela débouche souvent sur de la critique positive ou constructive (contrairement aux émissions de TF1 dont le but est de flinguer les concurrents).  J’estime que ce concept devrait être maintenu MAIS en y sortant tout l’aspect cuisine (saturation du thème, voir commentaire plus haut) et en tendant vers quelque chose de plus culturel (« Culture de chez nous » ) où les personnes seraient amener à se prononcer sur des projets/initiatives/créations.

   « Pic Assiette » : une de ces émissions à la gloire d’un ou d’une journaliste. Personnellement, je ne la supporte pas et je zappe. Le concept est toutefois intéressant et j’aime bien les cadrages ainsi que la façon de filmer en accéléré, bien adapté pour ce genre d’émission.

« Descente en cuisine » : jamais vu.

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RAPPORTS ET COMMUNIQUES DU CONSEIL DU PUBLIC

Le communiqué du 26 février, « Infrarouge » (Temps de lecture : une minute)

Infrarouge a fait l’objet d’un échange récent entre les producteurs-animateurs et les membres du Conseil du public. L’émission est devenue depuis douze ans un rendez-vous phare du public romand : des débats plus ou moins animés sur des thématiques politiques, économiques, sociétales et, assez rarement, culturelles. Avec le temps, la forme a quelque peu évolué et le CP salue l’insertion de données statistiques et informatives, de reportages utiles à la relance ou à la continuité du débat, sans oublier les contributions de Mix & Remix, destinées à détendre l’atmosphère.

Un débat est constitué de confrontations pas toujours faciles à gérer. Le Conseil du public s’est fait l’écho auprès de l’animateur et de l’animatrice de situations tendues qui dérangent une partie des téléspectateurs. Il est vrai qu’en fonction des personnalités présentes, la maîtrise des expressions contradictoires est souvent difficile, s’agissant à la fois d’éviter une cacophonie de plusieurs voix simultanées tout en laissant aussi les passions s’exprimer et en faisant avancer le débat ! Il n’en reste pas moins que des améliorations pourraient être apportées dans la gestion des débats.

Le Conseil du public a donc émis un constat globalement positif tout en suggérant, en fin d’émission, l’apport d’une synthèse, voire d’un fact-checking par un-e journaliste n’ayant pas pris part à l’émission.

Remarques (Temps de lecture, maximum deux minutes)

Depuis plusieurs années, le conseil du public a donné plus d’ampleur à ses réflexions à propos de la radio et la télévision et de certaines de leurs émissions. Des petits groupes de travail, trois ou quatre membres du conseil, planchent sur un sujet, confrontent leur avis, confient à l’un d’eux la rédaction du projet de rapport ensuite soumis à l’appréciation du plénum qui peut proposer des modifications avant publication. Les responsables de l’émission sont invités à la séance où l’on examine le rapport. Celui-ci est ensuite accessible sur le site de la RTSR.

A maintes reprises, la lecture du communiqué donne l’impression d’être prudemment aimable avec le sujet du jour alors que le rapport ne craint pas de le malmener, certes et de loin pas systématiquement.

C’est un peu le contraire qui est apparu avec le récent débat sur “Infrarouge”. Le rapport déjà en ligne comprend près de vingt mille signes (temps de lecture attentive, au moins un quart d’heure). Le communiqué, reproduit ci-dessus, se contente de 1.300 signes.

Le rapport plus élogieux que réservé, les regrets sont énoncés comme des points pas très importants. La moitié du communiqué explique pourquoi il serait nécessaire d’améliorer au moins la gestion des débats.

Il est évident qu’une discussion dans un cadre restreint d’un comité cantonal comme celui qui nous a conduit à proposer presque dans l’urgence un texte sur le blog intitulé “Infrarouge au comité de la SRTNE” peut amener des remarques qui restent plus virulentes que si elles étaient écrites.

Le rapport complet parle d’”infrarouge” comme d’un rendez-vous incontournable qui retient l’attention d’un nombre important de téléspectateurs. Rappel de la moyenne annuelle de 2015 : 13 % de parts de marché avec 40 mille spectateurs, alors que la moyenne annuelle de la case entre 22h30 et 23h30 s’élevait en 2011 à 20 % pour soixante mille personnes. Pourquoi mentionner 2011? Ou bien l’information n’existe pas pour les années suivantes, ou bien elle est considérée comme un secret d’entreprise !! D’ailleurs, l’information chiffrée sur l’audimate moyen de 2015 ne figure pas dans le rapport.

« Infrarouge » : d’une semaine à l’autre vers 21h00

Même peu après 21h00, Infrarouge continue-t-il d’être proposé en direct différé de quelques heures ? Les invités ont-ils l’occasion de voir les dessins de Mix&Remix ? Ils pourraient alimenter d’une manière souvent impertinente le débat. Un certain recul provoquerait peut-être des surprises. C’est pourquoi nous insérons dans ce texte plusieurs des contributions de Mix&Remx.

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Changer une semaine sur deux « Infrarouge » donc améliorer l’émission ? On devrait imposer aux producteurs, animatrice et animateur de regarder régulièrement  » C…dans l’Air » et de s’inspirer de sa formule où l’on gagne beaucoup à se passer des pugilats entre politiciens !!! (08.02.16)

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1o février 2016

Un octogénaire ou célibataire n’est pas particulièrement intéressé par l’initiative populaire « Pour le couple et le famille – Non à la pénalisation du mariage ». Mais il peut être bon citoyen et avoir envie de s’informer. Dès lors, « Infrarouge » pendant une heure devrait être incontournable. Rendez-vous était donc pris au soir du mercredi 10 février à une heure beaucoup plus agréable (désormais peu après 21h00 ).

Ce fut sous la houlette Mamarbachi dans le genre traditionnel du « pour » un côté et « contre » de l’autre, à trois contre trois. Confirmation apportée qu’il y a en coulisses un chronométreur qui permet d’annoncer que le clan dirigé par Madame Darbellay ou Monsieur Moret avait trois minutes de retard sur l’autre. M.Darbellay en a peut-être profité pour répéter deux ou trois fois encore qu’il était indispensable de changer un texte qui attendait de l’être depuis plus de trente ans.

Assez rarement assisté à une telle suite de pugilats verbaux où tout le monde parle ensemble, au point que Mme Mamarbachi en vint à proposer sa place à Mme Moret ! Un sommet atteint ce 10 février dans les paroles coupées, les interventions qui s’additionnent ! Il y a heureusement une nouvelle rubrique qui permet de couper toute parole : un des invités doit répondre un texte lisible sur l’écran, porteur d’une question qui peut ressembler à un témoignage, ce qui n’améliore même pas le niveau du débat.

Les membres d’un gouvernement, l’un du Jura, l’autre de Neuchâtel, ont pour rude mission d’être porteurs de deux représentations, leur fonction et leur appartenance politique. Pourquoi pas ?

Au bout de soixante minutes, difficile d’en tirer parti pour se faire une opinion, autrement dit, pour décider éventuellement de son propre vote, afin de sortir de l’incertitude.

Il y a un moyen de s’en tirer. Ce jeudi matin, pris en main le petit document d’une cinquantaine de pages reçu dans l’enveloppe de vote et lu attentivement les pages 4 à 13, certes un peu ardues. Temps de lecture : douze minutes. Et cette fois, j’ai compris. Mon opinion flottante du mercredi soir après « Infrarouge » ne l’est plus !!!

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3 février 2016

Premier rideau (mercredi 3 février 2016 à 20h15)  pour le débat sur le deuxième tube routier sous le Gothard : à dire vrai, pour un tel sujet, la formule trois « pour » trois « contre » fonctionne assez bien, puisque le débat est assez bien « tenu » par l’animateur. Encore que trouver une place plus grande pour exprimer des doutes et poser des questions adressées autoritairement à un participant pourrait être un apport positif. (04.02.2016 -08h30)

Infrarouge 3 février 2016 - votations tunnel routier s-gorhard

                

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Depuis des années, « Infrarouge » et ses débats politiques, tout comme « La puce à l’oreille » à caractère culturel ou des séries récurrentes plutôt de haut de gamme, sont relégués, par la RTS, aux environs de 23 heures alors que les spectateurs se font rares. A moins que ceux-ci soient peu nombreux à cause des heures tardives. C’est le problème habituel de savoir si la poule fait l’œuf ou l’œuf la poule !

Bonne et même excellente nouvelle : voici désormais « Infrarouge » mieux mis en valeur dans le programme, les mercredis peu après 21h00. Il y a même quelques changements mineurs, questions tirées des réseaux sociaux ou commentaires demandés à propos d’un dessin de Mix&Remix.

27 janvier 2016

Le même schéma

 « Infrarouge » se déroulait et continuera de le faire à en juger par les émissions du 20 et du 27 janvier selon un schéma assez rigide : au centre, l’animateur ou l’animatrice avec ses qualités et défauts qui ne sont ici pas pris en compte, une table en deux parties avec trois invités « pour » le sujet du jour d’un côté et de l’autre trois « contre », un large appel fait aux politiques avec au moins un de droite, un du centre et un de gauche, quelques représentants de temps en temps de l’économie y compris avec syndicalistes, quelques rares experts ni « pour » ni « contre », plus d’hommes que de femmes.

Comme en football, en cours de rencontre on peut même changer quelques joueurs. « Infrarouge » qui n’est pas un échange repose sur la notion d’affrontement qui souvent vire au pugilat avec trop de monde pour que les participants puissent s’exprimer avec nuances, le « trop-de-chiffres » valables pour les seuls invités ! « Infrarouge » dans sa conception actuelle tient du spectacle avec composante assez forte de divertissement.

 

 

20 janvier 2016

20 janvier 2016

 Sujet du jour : l’initiative de l’UDC dite de mise en œuvre de son initiative pour l’expulsion des criminels étrangers. Sous les ordres d’Esther Mamarbachi, trois invités, deux UDC et un MCG, un policier genevois secondos proche des deux premiers, en face d’eux un radical, une économiste et une socialiste. C’est à ce titre que Mme Simonetta Sommaruga, démocratiquement assise dans le trio des « contre » fut dans un premier temps présentée. Centre et droite, cinq, gauche un, mais pas n’importe qui : la conseillère fédérale ! Vers la fin du débat, il fut question de redonner la parole à quelqu’un dont le temps était inférieur à celui des autres : cela se joue au chrono, en coulisses !

20 janvier 2016

27 janvier 2016

 Un grand invité, Johann Schneider-Amann, Président de la Confédération, mieux traité que sa collègue Sommaruga puisqu’il eut droit à une première partie en tête-à-tête avec Esther Mamarbachi. On en restera à deux fois trois : d’abord deux experts, une syndicaliste et un patron et une citoyenne chômeuse pendant une vingtaine de minutes puis un trio gauche-centre-droite qui ne manque pas de jouer au jeu des piques internes.

27 janvier 2016

L’affrontement, avec arbitrage plus ou moins bien assuré par l’animatrice, est une composante inscrite dans l’ADN d’ « Infrarouge ».

Faire autrement

Politiques et journalistes ne peuvent plus rester dans l’entre-soi pour discuter de choses supposées intelligentes et intéressantes. (Il faut) remanier le format de l’émission, ouvrir portes et fenêtres (…) et confronter la parole politique aux citoyens et à une exigence sur le contenu. (Il convient donc de trouver) un magnifique format qui permet d’être à la fois dans l’entretien politique et de se laisser surprendre par l’intransigeance des experts, et parfois celle des citoyens. ( Et c’est ainsi que l’invité principal ) se retrouve seul derrière un pupitre avec un scénario qu’il ne connaît pas. C’est un exercice nouveau (si) deux experts et deux citoyens complètent le plateau.

 « Infrarouge » pourrait s’ouvrir à l’alternance : une semaine selon son bon vieux schéma en place depuis sa création, une autre selon la description qui vient d’en être faite, un invité face à deux experts et à deux citoyens.

 

une première fois le 20 janvier 2015. Et le mardi 2 février pour accompagner un autre retour, celui de "La grande lessive".

…une première fois le 20 janvier 2015. Et le mardi 2 février pour accompagner un autre retour, celui de « La grande lessive ». Un peu troublant, cet accueil à-bras-ouverts…..Mais les bras sont refermés : « la grande lessive » est provisoirement suspendue. Le retour du retour aura lieu ailleurs…(03.02.2016)

Le « pourquoi » des italiques ?

 Les parties en italiques associées au précédent intertitre sont citations adaptées d’un texte fort intéressant paru dans « TéléObs » du samedi 30 janvier au vendredi 6 février 2016. Ce sont des remarques de Caroline Roux dont l’émission dominicale «  C politique » vient de changer de formule sur France 5. Une fois au moins par semaine, elle apparaît aussi dans l’émission d’Yves CALVI, « C…dans l’air » : Cette émission, c’est un miracle. Elle a rencontré son public à 17h50 puisqu’elle réunit parfois jusqu’à deux millions de spectateurs (..) Elle vous emmène au-delà de ce que vous avez préparé grâce aux invités.

 Ce qui se produit dans «  C…à dire » à 17h30, « C.. à vous » dès 19h00, ou « C…dans l’air » (17h50 avec reprise vers 22h30), cinq fois par semaine sur France 5, ce que Caroline Roux fait le dimanche avec « C politique », ce qu’Elisabeth Quinn fait sur ARTE cinq fois par semaine dans « 28 minutes » émission tout de même un peu engoncée dans un schéma varié mais respecté à la minute près pourrait nourrir d’idées « Infrarouge », seule émission de débats politiques par semaine sur la RTS. Ose-t-on rêver ?

20 janvier 2016

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PS qui n’a presque rien à voir: des femmes au pouvoir ?

Dans l’entretien cité, Caroline Roux se dit fière d’être une femme de quarante ans avec des enfants et qui fait des interviews politiques. (..) La crédibilité est souvent accordée aux costumes-cravates. Mais les choses bougent : ce sont des femmes qui sont à la tête de France Télévisions, d’Arte….

La RTS va donc devoir remplacer son responsable des programmes puisque Gilles Pasche vient d’annoncer son départ. Depuis les débuts de la télévision romande dans les années 50 du siècle dernier, combien de femmes à d’importants postes de direction ? Pas une seule, sauf si ma mémoire me trahit. Et si demain, en Suisse romande, on trouvait, à la direction des programmes, une femme, sans attendre 2050. Des noms ? On pourrait en citer….

 

 

Charlie

 « Je suis Charlie », depuis presque une année entière, a été répété des millions de fois. Cela ne signifiait que rarement, dans un premier temps, « Je lisais Charlie ». Fin 2014, « Charlie-Hebdo » était en crise financière. Différents appels, par exemple à « 28 minutes » (ARTE) permettaient à Charb d’annoncer que, grâce à différentes aides, son journal pouvait continuer de paraître. Ce dessin date de fin 2014 :

Dessin de Charb, fin 2014

Après la tuerie, le tirage du numéro 1178, du 14 janvier 2015, s’est élevé à presque huit millions d’exemplaires. Fin janvier, l’exportation, atteignait les 800 mille, pour quatre mille fin 2014. « Je suis Charlie », cette fois, sous-entendait aussi, souvent : je lis charlie et je regarde les dessins. C’était il y a un an….

La une du 14 janvier 2015 "Charlie-hebdo".

La une du 14 janvier 2015

L’effort de la RTS

Avec trois ou quatre semaines d’avance, la RTS publie sur papier vert une version de ses futurs programmes, généralement respectés. Mais l’avant-programme de la semaine no 1 de 2016 annonçait seulement : Le doc du lundi : A la recherche de Charlie de David André et Bruno Joucla, sur RTS 2, dès 20h05.

Les magazines spécialisés ont tout de même reçu des informations du service de presse de l’entreprise permettant de mettre en valeur le juste et digne effort de programmation qu’il faut saluer : une soirée entière, de 200h05 à 23h50, est consacrée à Charlie, avec trois propositions.

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 20h05 : « Les visages de la terreur » (RTS2, mais aussi à 22.10 sur France 3 avec reprise le 12 janvier à 03h20) :

« Ils sont français, Nés et élevés ici. Qu’avaient donc dans la tête le Coulibaly, Kouachi et maintenant ceux du 13 novembre, dont un ancien chauffeur de bus revenu de Syrie pour tuer au Bataclan »

( www.teleboy.ch)

charlie 2016

Ce document de Stéphane Bentura est une co-production Tony Comiti avec France 3 (photo France 3)

http://www.france3.fr/emissions/documentaires/diffusions/04-01-2016_445620

Il est précédé d’un autre document, dès 20h05, « Attentats au cœur du pouvoir » à 20h05 sur France 3 qui propose aussi une soirée thématique ce même lundi, ce qui peut mettre un téléspectateur dans l’embarras du choix.

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 21h45 : Du côté de vivants » de David André et Bruno Jouclat, que l’on peut aussi voir le mardi à 23 :10 sur France 2.

Ce document, vu sur le site de la RTS, parfaitement respectueux de l’attitude des survivants, provoque une émotion d’une grande dignité. Ségolène Vinson, chroniqueuse judiciaire, a survécu à la tuerie qui l’a conduit à revoir au Louvre « Le radeau de la Méduse ». Elle s’explique avec clarté sur la raison de cette visite.

"Le radeau de la Méduse -Géricault - LE LOUVRE associé à Ségoléne Vinson

« Le radeau de la Méduse -Géricault – LE LOUVRE

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22h45 : « La chambre vide, » de Jasna krajinovic – France/BelgiqueSahila s’interroge, avec d’autres, pour savoir comment son fils a pu, presque brusquement, partir en août 2013 en Syrie pour « faire le djihad » et y mourir….

La chambre vide (Photo Arte)

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« Temps présent » ( jeudi 7 septembre à 20:10) propose un document intitulé « Charlie Hebdo, trois jours de terreur ».

Arte et  France 5

Deux chaines généralistes proposent aussi des soirées entières à « Charlie ».

Arte, naturellement, consacre son  « Théma » traditionnel du mardi au 7 janvier 2015, avec « Paris est une cible » (20 :55), « Les armes des djihadistes » (21 :50) suivi d’un entretien, avant « La chambre vide ».

(http://info.arte.tv/fr/thema-spéciale-le-5-janvier)

France 5 n’est pas en reste. Un document, « Engrenage, la France face au terrorisme », (mercredi 6 – 20:45) sera suivi d’un « C…dans l’air » spécial (21:35). il faut noter que le débat animé en général par Yves Calvi a, en deux fois, battu son record en parts de marché l’an dernier, atteignant environ 2.5 millions de spectateurs, environ 16 %, ce qui est évidemment considérable pour une chaine dont la part de marché annuelle tourne autour de trois pourcents. C’est aussi une confirmation de l’importance culturelle de France 5, qui, avec « C..dans l’air », propose une émission de débat haut de gamme!

 

Place de la Bastille- une image d' ""engrenage", un document de Clarisse Feletin (France 5)

Place de la Bastille- une image d’ «  »engrenage », un document de Clarisse Feletin (France 5)

 

Et ailleurs ?

Toutes ces observations valent pour la soirée seulement, alors que la consommation de télévision atteint les sommets. TF1, M6, Canal+  ignorent « Charlie ». Un rappel est toutefois confié à des chaînes qui appartiennent au groupe, TMC (groupe TF1) y consacre sa soirée du mercredi 6 janvier, tout comme D8 (Groupe Canal+).

Rien trouvé, en lisant les programmes de 105 chaînes dans le magazine romand TV, en Suisse alémanique et au Tessin, ni dans les pays voisins. A noter toutefois que les programmes ne prennent pas en compte la Belgique.

C’est donc le service public généraliste, avec ou sans plages publicitaires, qui sait se saisir de l’importance d’un événement aussi grave et révélateur d’un monde qui se porte mal. Il n’a pas pour incessante priorité les parts de marché!

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Et pour se souvenir, autrement, la réaction de Coco en janvier 2015

Signé Coco

Signé Coco

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Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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