Emissions RTS
« Station Horizon »: prometteur!
Au vu des deux premiers parmi les sept épisodes de 48 minutes chacun, pas de doute, c’est prometteur. Tout produit audiovisuel peut entrer dans l’une des trois catégories suivantes: l’insignifiant où les défauts dominent, l’intéressant où qualités et défauts s’équilibrent et le bon avec ses qualités dominantes. A l’intérieur de chaque catégorie, le bas, le moyen et le haut. Ce qui fait neuf degrés différents pour exprimer une appréciation globale, qui n’est pas uniquement personnelle. Mais il ne suffit pas alors de cent soixante signes pour fonder une analyse.

Une moto, une station-service, un mât et deux drapeaux, le paysage de montagnes dites sublimes, le personnage principal, Joris Fragnière, à peine sorti de prison dans STATION HORIZON ( Photo Joy Louvin – RTS)
Juste à titre d’exemples: «Timbuktu» de Sissako, qui vient de rafler sept césars et «Américan Sniper» de Clint Eastwood se situent en milieu de haut de gamme. Par contre, «Cinquante nuances de gris» est à placer dans la bas de gamme, certes en haut pour ses qualités techniques. Ce qui ne suffit pourtant pas pour comprendre cet étonnant succès auprès du public féminin!
Dans ma hiérarchie établie pour les récentes séries de la RTS, «Station horizon» est aussi intéressant que «Dix», que j’hésite à mettre entre le haut du milieu de gamme et le bas du haut. Traduit en note sur 9, ce sera entre 6 et 7 à un demi-point près! «Crom» comme «L’heure du secret» (première saison) siègent en haut du milieu. Au début de «A livre ouvert», j’espérais ce haut de milieu, mais l’inspiration s’est vite dissipée pour frôler le bas de la gamme médiane.

Station horizon – Bernard Héritier, le fils ( Baptiste Gillièron – sa soeur s’appelle Lauriane!), personnage densément ambigu (photo Rebecca Bowring)
Les qualités
Deux fois l’an, au maximum, la RTS propose une série de fiction «maison». Il s’agit assurément d’un événement important. Entre l’idée initiale qui retint l’attention des responsables du programme et la décision de mettre la série en production, il se sera passé au moins deux ans. Et il aura fallu plusieurs mois avant de pouvoir tourner au cours de l’été dernier. Montage et finitions ont occupé des équipes bien plus légères que celles du tournage de septembre 2014 à janvier 2015. Une série de cette importance, pour une chaîne de télévision tout de même modeste, s’étend donc sur une période d’au moins trois ans. Normal, alors que l’investissement financier total se situe entre trois et quatre millions de francs, montant relativement modeste par rapport à des pays grands producteurs de séries de prestige, comme la Grande-Bretagne, la France ou le Danemark, assez loin derrière les Etats-Unis.
Roman Graf et Pierre-Adrian Irlé sont co-scénaristes, co-réalisateurs et co-producteurs de la série. «Station horizon» a donc deux auteurs associés à la série d’un bout de la chaîne à l’autre, ce qui est plutôt rare dans ce domaine. Ils font donc une apparition assez tonitruante sur ce marché de l’audiovisuel d’auteur où la série joue, depuis deux décennies environ, un rôle essentiel. La différence entre le cinéma et la télévision tend à s’effacer, chose qui n’est pas encore très largement admise ou comprise.
La diffusion, pour une fois normale – un épisode par semaine, le samedi en premier rideau – va donc durer sept semaines. On aura donc le temps de s’y intéresser sans trop s’occuper du résultat quantitatif, qui n’a que rarement un réel lien avec la qualitatif. Ce temps sera aussi mis à profit pour s’expliquer sur les qualités apparues dès les deux premiers épisodes.
Bonne structure de la construction d’ensemble, avec deux clans familiaux, les Fragnière et les Héritier, dans lesquels l’harmonie n’est certes pas parfaite, qui vont s’opposer avec vivacité lors du retour du fils plus ou moins prodigue, Joris Fragnière, qui sort de prison. Une dizaine de personnages importants sont entourés d’une vingtaine d’autres apparitions plus ou moins furtives. Rares sont ceux qui peuvent être caractérisés comme «tout-d’une-pièce»! Là réside un enjeu de taille: va-t-on s’intéresser, éventuellement s’attacher, à la majorité de ces personnages? Il faudra tout de même accepter quelques dialogues dont la verdeur pourrait bien être choquante pour des oreilles habituées aux dialogues lénifiants. Comme il faudra accepter qu’un homme puisse en embrasser un autre avec passion et que le curé du village soit assez peu conforme au rigorisme d’Ecône.
Le Valais…
Par la diversité de ses paysages, discrètement indispensables, le Valais est une mine d’or. La construction d’une autoroute, un des ressorts de la dramaturgie, y prend autant sinon plus de place quel la beauté des paysages alpestres. On reste souvent au fond de la vallée, en milieu rural – pas de ville à l’horizon! Ce qui va permettre d’imprimer au récit l’esprit du western par le comportement des personnages et leurs affrontements . Les scénaristes ont inventé un personnage qui s’intéresse aux chevaux, lesquels prennent moins de place que les motos et autres side-cars qui fascinent les amateurs d’espaces à parcourir. Les deux premiers épisodes mettent en place un défi motorisé à venir entre deux voitures qui devrait être fort différent des poursuites dans le centre d’une ville américaine.

Station Horizon – Joris et Charly Fragnière ( Bernard Yerlés et Gaspard Boesch ). Manque le « treize étoiles » sur le mât ( Photo Joy Louvin – rts)
Au passage, mais là aussi sans insistance, la Suisse est présente avec son système de surveillance après libération conditionnelle, la chasse à un travailleur clandestin menée par la police, les difficultés d’une radio locale à se faire entendre.
….et l’Amérique.
Qualité importante, pour qui souhaite qu’une série suisse romande ne ressemble pas trop aux autres séries, pas de ville importante, pas de mort violente, donc pas d’enquête avec fausses pistes pour découvrir un coupable.
On aura par la suite l’occasion de relever en quoi la série est aussi un hommage à un certaine Amérique, celle des espaces ruraux et montagneux, celle de personnages forts et contradictoires, celle d’une certaine sonorité qui passe aussi par la musique, qu’elle soit en situation dans le dancing local, issue d’un instrument «à- bouche» ou contribue à créer un climat.
«Station horizon» devrait confirmer le talent d’une équipe de trentenaires qui ont déjà quelques belles réussites à leur actif, (« Big sur », « All that remains », « Pixeliose » ) dans la cadre d’une jeune société qui va désormais compter dans la production cinématographique ambitieuse à partir de la Suisse romande.
Les débuts de « 26 minutes »
Très attendue, la nouvelle émission de la RTS, « 26 minutes » ( samedis vers 18h45 sur RTS 1 avec reprise le dimanche vers 20 heures sur RTS2), bien exposée, promotion bien faite, sous le signe de la nouveauté. Bien sûr, rappel fut fait du « Fonds de la corbeille », qui dura de 1989 à 2003. Il est donc permis d’ajouter au concert de l’auto-satisfaction du reste légitime, tout de même un «c’est-le-moment» !
Historique partiel
La satire en Suisse romande, selon Duja qui place sans surprise son micro sur le trottoir, ce n’est pas le satyre, « celui qui a une grosse bite », gag verbal dans son style, exemple de liberté d’expression que je ne me sens pas personnellement obligé d’admirer. La satire, évoquée lors de cette première de « 26 minutes » par Vincent Veillon et des invités, c’est donc « Le fonds de la corbelle », l’ex-« Saturne », « Vigousse », plus loin dans le passé « Ouin-Ouin », « Le bonjour de Jack Rollan », tout près « Mix-&-Remix » qui n’écoutait pas « La Soupe ». Quelques oublis : Zouc ou François Silvant ou encore le « Carabine FM » qui déjà quitta « Couleur3 » pour le petit écran avec impertinence et délire de 1987 à 1998.

Carabine FM qui naquit aussi survint « Couleur 3 » : Gérard Mermet – Lolita- Alain Monney – 1987-1998 –
émission souvent signée Gérard Louvin Souvenirs, souvenirs : excellents !.
« 120 secondes » a connu un immense succès radiophonique confirmé par sa version sur internet. Le spectacle a été vu par presque cent mille romands lors de nombreuses représentations en public. La télévision a donc « surfé » sur le succès de sa branche radio en introduisant une nouvelle émission sur le petit écran : excellente initiative.
Le passage à l’écran
La nouvelle émission commence par une rafale de plans courts à sujets multiples, puis se déroule dans un studio pas très moderne avec un présentateur qui annonce les différents sujets. Un générique à la « Temps présent » sert d’introduction à une édition spéciale hebdomadaire du « 19.30 ». On procède donc à un « détournement » d’émissions avec un Veillon et son faux sérieux et un Kucholl et ses personnages multiples.
Les possibilités offertes par la télé.
Sur le petit écran, on peut
+ filmer en direct un entretien en duo éventuellement complété par un invité, avec plusieurs caméras, sans quitter le studio ;
+organiser un duplex où le présentateur dialogue avec l’image de son interlocuteur, image parfois coupée en deux

« 26 minutes » : une des solutions pour la télévision : Veillon en studio et Kucholl projeté sur un écran, le premier dialogue donc avec l’image du second
+ construire par le montage un reportage qui peut se dérouler sans présentateur avec de nombreux personnages, joués par le seul Kucholl dans des lieu différents.
Le contenu de la première
Le bonjour du sponsor est suivi de la rafale du générique et du sommaire annoncé par le présentateur. Suivent Un reportage sur la neige artificielle (plusieurs personnages- 160 secondes), l’invité de la rédaction, Pierre-Yves Maillard rejoint par Ignacio Chollet, sorti du public ( direct, 360 secondes, trop long – difficile d’introduire de l’humour dans un entretien amorcé par des réponses sérieuses à des questions sérieuses), un survol de la satire (reportage, 135 secondes), un duplex avec un intégriste chrétien, Jean-Gabriel Cuenod (145 secondes), un reportage autour d’un constructeur valaisan de chalets (plusieurs personnages dans lieux différents – 160 secondes) et enfin un entretien en direct avec Meunard Galarotti de la BN ( 290 secondes).
Six sketches pour 1250 secondes, trois minutes et demi pas unité : « 120 secondes » était un titre même pas respecté en radio filmée pour internet. Qu’importe. Mais il manque cinq minutes pour en arriver à 27, sponsor compris.
La présence du public
Comment meubler les cinq minutes manquantes dispersées durant toute l’émssion ? Par les interventions du présentateur, plutôt trop sérieux, pas assez second degré faute d’avoir toujours avec lui son partenaire, et les incursions de Duja en trottoir.
Mais voilà le public, composé de spectateurs probablement heureux d’être reçus en studio. En une bonne dizaines de plans, ce sont des applaudissements, des cris, des sifflets : tout l’arsenal déjà déployé lors du « mondial » avec les représentants du football dit de talus dans « le club » !
Ce public réagit-il sur ordre d’un « chauffeur de salle » ? Impossible à dire puisque par sa fonction éventuelle, celui-ci est invisible !
Les rires
Une émission d’humour doit faire rire. S’il y a un public, il doit rire, car le rire est communicatif. Lors de ma seconde vision de « 26 minutes », j’ai posé au crayon un petit bâton, comme à la « Pomme », court pour un rire discret ( pas loin de la vingtaine), allongé pour un plus franc et sonore (trois seulement). Etrange, cette timidité, alors que ce public devait être heureux d’être invité. Or le rire est censé être communicatif.

Utile, le public, pour « 26 minutes »? Ce n’est plus de la radio, ce n’est pas le spectacle en salle… c’est de la télévision. Image prise lors du tournage d’une maquette en novembre 2014.
Revu, juste avant de rédiger ces lignes, pendant à peu près 26 minutes, plusieurs des « 120 secondes » sur internet. Ri tout seul, devant mon écran, à plusieurs reprises, franchement. Plus que durant « 26 minutes ».
Oui, sans réserve à l’existence d’une émission d’humour. Pas du tout séduit par la présence du public qui n’apporte pas grand chose au téléspectateur. Regret sincère d’être déçu ! Après rodage, cela peut changer…
Bêtisiers et « rétros »
Mercredi 07.01.15 à 17h00 : message pour sériophiles
1/ Apparition d’une hirondelle helvético-suisse!!!
Dès le jeudi 8 janvier, sur RTS1, à une heure d’écoute flatteuse (21h10!), « Le croque-mort », début de la version française d’une série qui cartonne sur le DRS ( troisième saison en cours).
2/ « P’tit quinquin »
Pour le moment, ce ne sera pas sur la RTS, mais sur grand écran, en particulier au « City-Pully », classé dans le « Top ten » de l’année « Cahiers du cinéma », toutes catégories audiovisuelles comprises, par les lecteurs de la revue, cinéphiles forcément minoritaires, papis tapis dans leur « niche ».
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Chapitres imposés
Qu’est-ce qui ressemble le plus au bêtisier d’une chaîne francophone ? Le bêtisier d’une autre chaîne francophone ! Il doit bien y avoir un peu partout une consigne claire ou sous-jacente : mettez de côté, durant toute l’année, des éléments qui pourraient nourrir la revue de fin d’année. Chose faite ou non : il y aura dans le bêtisier placé entre le 27 décembre et le 2 janvier des chapitres incontournables. Ce seront les maladresses verbales ou gestuelles d’un invité, mais bien vite on rentrera dans la niche pour y placer les difficultés verbales d’un collaborateur de la tv, d’une maladresse en répétition, sans oublier l’indispensable séquence des rires fous. Et cela touche au sublime si ce dernier est le fait du conseiller fédéral Merz ou du président Clinton ; ceci pour bien faire remarquer la richesse de certains souvenirs lointains. Il y a des traditions à respecter ; elles sont respectées. Courage, fuyons !
Même la futilité
Mais même cette fuite n’empêche pas une autre rencontre avec les rétrospectives multiples de fin d’année. Du genre de celle consacrée aux femmes qui peut passer assez tranquillement de quelques secondes accordées à Malala Yousafzai, adolescente pakistanienne, prix Nobel de la Paix à quelques secondes pour « Allo, non, mais, allo, quoi ? », aux virgules près citation espérée fidèle à celle que l’on nomme tout simplement Nabilla, pour bien nier tout jugement de valeur et rappeler qu’il faut de tout pour faire une « rétro », en prêtant même attention au vide absolu de la futilité.
Le sport prioritaire
On sait combien la SSR-SRG est fière d’être la chaîne généraliste de service public qui offre le plus de temps consacré au direct. Mais on ne sait pas forcément par rapport à qui. En 2014, les occasions furent belles avec le « mondial » de football, les JO d’hiver et la coupe Davis.
Un oubli toutefois : les championnats d’Europe d’athlétisme à Zürich, magnifiquement filmés, mais plus encore remarquablement accompagnés et commentés sur la RTS par des experts et invités de passage. Compliment mérité ; sincèrement ! Un peu le seul!
Vu le début de la « rétro » du « mondial » : au bout de deux minutes, après avoir entendu hurler « goal » à plusieurs reprises, je me suis enfui. Vu aussi des bouts de JO : aucune surprise, aucune émotion. Et comme si nous n’avions pas assez vu Federer couché sur le sol pour cacher ses larmes! Il est vrai que les journalistes sportifs, si souvent à l’antenne actuellement, ont chacun à son tour, fait savoir au téléspectateur qu’il ne fallait pas manquer ces rétros, lors de leur première diffusion, leur deuxième diffusion, leur troisième diffusion sans oublier la reprise sur internet pour les écrans d’ordinateurs et les tablettes.
En avant la musique….
Quel intérêt dans ces ralentis, ces accélérés, ces chapitres consacrés aux chutes en tous genres, ces charges à la bande, ces spectateurs qui se sachant filmés s’adressent à eux-mêmes un salut de complicité ? Le robinet à images coule. Mais pas seulement lui. Car un plus tente de donner à ces rétros un autre statut. En direct, sur la bande sonore, il y a un commentaire, parfois quelques bruits émanant du public ou propres à une compétition. Dans toute rétro, on y ajoute de la musique. Dès qu’il y a illustration musicale, on entre dans le monde de la créativité, même en documentation. La musique est censée « sublimer » le « réalisme » du spectacle d’images et sons directs. Il faut faire rêver, le reportage devenu spectacle de divertissement.
Il ne m’est souvent resté que la fuite, vers France 5, Mezzo ou ARTE, là où l’on peut, même en période de fêtes, recevoir plus que l’eau tiède qui sort du robinet à images des « bêtisiers » et autres « rétros.. »
« Games of Thrones » face à « Downton Abbey »
A saluer d’emblée comme enfin une programmation novatrice et audacieuse sur RTS 2, celle du vendredi 26 décembre 2014 : en reprise, dès 22h40 et jusqu’à vers 02h30, les quatre premiers épisodes d’une série haut de gamme à forte valeur ajoutée en même temps succès public mondial, la fantaisie médiévale puissamment complexe de HBO, « Game of Thrones », qui serait la série championne du monde au nombre de piratages ( pas loin de dix millions ? Faut-il être cul et chemise avec les grandes oreilles américaines pour le savoir ?).

Daeneryss Targaryen (Emilie Clarke), personnage « magique » de « Game of Thrones », invulnérable au feu et à la chaleur (HBO)
Dans le domaine des séries récurrentes, il n’y a que deux attitudes qui respectent leur conception : présenter les épisodes un par un pour faire fonctionner le suspens d’une semaine à l’autre ou choisir la rafale, au moins quatre à la fois sinon plus. En ce sens donc, RTS2 a parfaitement raison. Il est rare de trouver une raison de se féliciter d’une décision de programmation de la RTS, dans le domaine des séries. L’occasion n’est pas ratée. « Games of Throne », série de très, très haut niveau est de même importance que les films de Peter Jackson autour de l’œuvre de Tolkien, les trois « Seigneurs des anneaux » complétés par les trois « Hobbitt ». Et le tir en rafale se poursuit, en nocturne, jusqu’aux premières heures de 2015 !
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Révélatrice programmation sur l’ensemble RTS1 et RTS 2 le 26 décembre 2014 :
De 20h15 21h15
Qui du convivial et régional « Dîner à la ferme » ou du « Davos-Team Canada » attirera le plus de monde ? La proximité ou le sport ? Premier dilemme.
De 21h15 à 22h30 environ.
La série nord-américaine « Motive, le mobile d’un crime » en concurrence avec la coupe Spengler. Deuxième dilemme
De 22h40 à 00h30 environ
Encore un « Motive » de rab, le troisième, avant l’épisode 7 du remarquable « Downton Abbey » seulement vers 23h30 qui affrontent le début de la rafale de « Games oh throne ». Nouveau dilemme.

Downton Abbey – Mary, la comtesse veuve (Michelle Dockary) et deux soupirants, Brendan Patrick (Evelyn Napier) et Charles Blake (Julian Owenden)
Après 00h30
Les derniers résistants hésiteront entre l’épisode 8 de « Downton » et la fin du tir en rafale de « Games op throne ». Il sera alors plus de deux heures du matin
Ma soirée
Hockey-sur-glace au complet, peut-être un bout de « Motive » pour m’assurer de son insignifiance avant de passer au premier épisode de « Games », suivre au complet « Dowston » et … je verrai bien, dodo ou Thrones. Dix plans de « Motive » m’auront suffi pour m’en aller ailleurs, du cirque du Soleil ou d’un festival mondial, de la beauté et de la poésie par fragments, sur ARTE ( 26.12.14 à 15:
Votations fédérales : à chaud…
A propos de sondages :
Dans « Le Temps » de mardi 2 décembre 2014, en page 9, fort intéressant article signé Magali Goumaz et intitulé « Les sondages sont à nouveau cloués au pilori« . L’institut GFS annonçait le 19 novembre 2014 un rejet d' »Ecopop à 56 %; il s’est élevé en réalité à 74 % – 18 % d’écart, largement en dehors des marges d’erreur admises. Sur l’Or de la BNS, on y annonçait 47 % de rejet avec 15 % d’indécis. Le résultat s’est inscrit à 77 %. Certes, il y a un problème avec ces sondages assez éloignés du résultat. Leur accorder une si grande importance, sur les ondes et à l’antenne, mais plus encore dans la presse écrite qui oublie très souvent les marges d’erreur, serait peut-être à « punaiser » au pilori ! ( 02.12.14 à 10H30 – fyly)
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Me retrouver trois fois sur le plan fédéral dans le camp des vainqueurs ? Diable, qu’aurais-je fait de faux ? Suivi, plutôt attentivement, plus de 150 minutes de résultats et commentaires sur RTS1, ce dimanche après-midi 30 novembre 2014. Ce n’est pas la partie commentaire qui retient ici mon attention, mais la manière de les faire.
Trois éléments pour faire passer l’information et analyses personnelles :
- les textes écrits qui défilent au bas de l’image
- le décor
- les déclarations des invités, donc des mots portés par des visages
Les textes
Il ne s’agit pas des mots des invités mais des phrases écrites qui défilent au bas de l’écran. Peut-on être réellement attentif aux deux sources simultanées d’information ? Ce doublon est-il le reflet du « modernisme » ?
Les phrases qui défilent résument les résultats actualisés et la position de certains invités, dans le style « twitter »
Par écrit, la votation sur les forfait fiscaux qui était double à Genève, fédérale et cantonale, avait donné des résultats équivalents. Dans le décor, le non genevois sur le plan fédéral dépassait le cantonal de près de dix pourcent. Contradiction non corrigée !
Remarqué aussi qu’une prévision sur le résultat définitif était donné à des pourcentages arrondis, avec une adjonction « marge d’erreur 2 % ». Tiens, enfin cette indispensable précaution, qui consiste à mettre les informations numériques à leur juste place, dans une fourchette : voilà qui fait perdre tout sens au premier chiffre après la virgule affiché dans le décor.
Le décor
Il est très blanc, avec des rouges barres verticales plus ou moins larges et en mouvement latéraux comme dans le « Téléjournal » ! Elégant, mais les mouvements n’apportent pas grand chose.
Par contre, la couleur est importante. En rouge pâle, les résultats provisoires et des prévisions, en rouge vif, les résultats définitifs. Les couleurs changent au fur et à mesure que tombent les résultats. Mais il faudrait associer au rose des nombres entiers et au rouge vif la précision de la première décimale.
La place centrale est celle de l’animateur : à sa droite et à sa gauche, deux fois trois places. Donc en principe sept personnes en même temps, avec départs remplacés qui permettent ainsi d’élargir le nombre d’invités. Beaucoup plus d’hommes, autour de la dizaine, que de femmes, deux seulement.
Parmi les six, en permanence, un expert scientifique, et un collaborateur de la RTS. Ainsi l’animateur du débat est appuyé par un collègue qu’il peut interpeler. Celui-ci peut intervenir dans le débat et contribuer à le relancer par des questions et des remarques : intéressante contribution.
A «Infrarouge », son animateur ou son animatrice unique, doit souvent se transformer en arbitre d’un pugilat. Dans les « 28 minutes » d’Arte, l’animatrice est assistée de deux collègues et c’est à trois qu’ils font progresser le débat entre leurs trois invités qui n’ont dès lors pas souvent l’occasion de se livrer au plaisir spectaculaire mais rarement porteur d’information du pugilat.
Les mots
Dans ce type d’émissions consacrées à la politique, les invités ont en général la politesse d’écouter les autres sans pourtant mettre leurs idées en sourdine. Les différents commentaires, remarques et interprétations peuvent alors être suivis dans un climat de respect mutuel. On est heureusement éloigné du « ring » qui ferait, croit-on, le charme d’ «Infrarouge ».
La qualité de l’information a finalement tout à gagner de la dignité des comportements des invités. A l’opposé, on peut citer le comportement d’un dénommé Zemmour Eric lors du dernier « Infrarouge » : il ressemblait à un partisan d’Ecopop appartenant l’aile le plus dure de l’UDC. Quelques jours avant un important scrutin en Suisse, sa présence à «Infrarouge » fut une maladresse !
Aurait-on pu, dimanche entre 13h10 et 15h30, se poser le problème de la comparaison entre les sondages d’avant votation qui ont valeur de photographie à un moment donné et des résultats qui furent nettement différents, ? Il serait intéressant de s’interroger sur ce triple grand écart ? Cela permettrait de relativiser les sondages auxquels ont accorde tellement d’importance dans les médias….
Du logo rouge à Picasso
Chaque diffuseur dispose d’un signal d’alarme pour avertir qu’une émission n’est pas à la portée de tous les yeux et de toutes les oreilles, puisqu’elle risque de heurter certaines formes de sensibilités. Pour la RTS, le parfois hypocrite avertissement qui soulage les consciences du diffuseur, est le « logo rouge ». Encore ne faudrait-il pas l’utiliser comme une sauce à usage trop fréquent. Depuis plusieurs semaines, le logo est au rendez-vous durant plus de trois heures le dimanche soir avec deux duos, « Esprits criminels » et « New-York, unité spéciale ». Il s’agit de deux divertissements américains à caractère unitaire et policier, avec des personnages qui ne changent guère d’un épisode à l’autre.

Edie Falco (Jacky Peyton) dans « Nurse Jackie ».
Que fait-elle donc pour mériter son logo rouge ?
Elle se « pète » aux « médics » et elle a un amant : c’est « immoral »…. A ne pas oublier : c’est aussi une grande professionnelle aux méthodes parfois peu orthodoxes !
Record en septembre !
Durant quelques semaines, pire il y eut, le logo rouge affublant aussi l’impossible « Nurse Jackie » après minuit, durant plus d’un heure. Abusives, ces quatre heures de « logo » ! Pas très compatibles avec un service public qui aime bien son « grand » public ! Ou bien on use trop facilement du logo rouge, ou bien on revoit la programmation de ces séries policières américaines à cent balles la minute.
Depuis quelques semaines, moins de rouge : à minuit, la série « Silicon Valley » aborde un problème économique et de société sans tueur ou violeur en série. Plus de logo rouge ! Mais il est minuit : le très cher « grand public » fait dodo !

Un poster pour « Girls » (HBO).
De gauche à droite
:Jemima Kirke (Jessa), Allison Williams (Marnie), Lena Dunham (Hannah), et Zosia Mamet (Shoshanna).
RTS, dès le 09.11.14, à 00h15, donc le 10!
Question ouverte : une nouvelle série américaine, dont le première vertu est de ne pas être policière, « Girls », apparaît dès le 9 novembre, de 00h15 à 01h20, excellente case horaire pour lui assurer un large public dit de « niche » en compagnie de quatre jeunes femmes assez libres dans leur comportement amoureux. Avec ou sans ? Il y avait bien un logo rouge pour « Nurse Jackie ».
Masters of sex
Masters et Johnson ? Tout le monde (ou persque) connaît. La RTS propose cette série américaine de John Madden , sans criminels, produite par showtime, dès le lundi 10 novembre 2014 vers 23h30. « Notre » télévision serait-elle la première chaine généraliste francophone à le faire en Europe après la discrète OCS City en France ? Bravo. Dans quelle version ? Originale avec sous-titres français ou doublée ? Mais pourquoi continuer de proposer deux épisodes à la fois, ce qui met fin à la diffusion après une heure du matin ? Pour presque personne ? Programmation audacieuse, mais l’audace est démolie par l’horaire. Un par un, cela irait tellement mieux : mais l’audace manque pour changer des habitudes internes.
Avec ou sans logo ? On peut parier sur le « rouge » ….
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Rencontre avec Picasso
Or donc, à vingt-et-une heures, comme chaque dimanche, je fuis RTS1, ses polars unitaires américains et leur logo rouge de sang, souvent au profit de RTS 2 et de se documents. Le 26 octobre, au dernier moment, je consulte tardivement les programmes, pour me rendre compte qu’ARTE vient de consacrer quatre documents à Picasso à l’occasion de la réouverture du Musée à lui consacré à Paris.
Quelle formidable, belle et émouvante immersion dans la vie d’un créateur polyvalent, que ce « Picasso, l’inventaire d’une vie ». Une idée sert de fil rouge : l’œuvre retrace la biographie à travers ses femmes ou compagnes inspiratrices. Cet « inventaire d’une vie » est co-réalisé par Hugues Nancy et Olivier Widmaier Picasso, petit-fils du peintre, ce qui contribue à donner au document une sorte d’intime complicité.
Il vaut la peine de retenir quelques points qui montrent la richesse du document. Il ne faut pas réduire Picasso à des visages méconnaissables ou torturés. Les constructions d’œuvres avec des formes géométriques élémentaires, souvent des carrés, ne représentent d’une petite partie de l’œuvre. Picasso savait s’inspirer d’Ingres ou de Matisse pour parvenir aux « Demoiselles d’Avignon ». Vélasquez, Goya, Le Gréco furent pour lui des rampes de lancement.
Après le décès de Picasso en 1973, Maurice Rheims prit des années pour faire l’inventaire de toutes les œuvres, des esquisses aux plus grandes, que Picasso souvent conservait pour lui dans une de ses demeures. En plus de septante ans, ce sont cent vingt mille travaux qui furent recensés, entre mille cinq cents de deux mille par année, cinq par jour ; tous les jours ! L’absence de testament et des problèmes juridiques liés aux enfants naturels et aux autres rendirent complexe le partage des biens. Ministre de la Culture, André Malraux, habilement, fit voter une loi permettant aux héritiers d’un artiste de « payer » les droits de succession non en argent mais en œuvres. Sans cette loi, il n’y aurait pas beaucoup d’œuvres de Picasso dans les musées de France.
Vidéo indisponible
Il y a quelques années, la TSR devenue RTS donnait des informations sur des canaux de diffusion proches d’elle, « TV5 France, Belgique, Suisse », « Tv 5 Monde » et ses plus de deux cents millions de téléspectateurs potentiels. Il fut aussi souvent question de la proximité entre ARTE et la TSR à l’occasion de certaines collaborations.
ARTE, comme d’autres, propose de voir et revoir une partie de ses propositions sur son site « ARTE+7 », mises à disposition pendant sept jours. J’ai voulu revoir « Picasso, l’inventaire d’une vie ». Surprise d’apprendre que « Cette vidéo n’est pas disponible pour votre pays ».
La RTS aurait-elle fait l’achat de ce document qui serait mis en réserve pour une future diffusion plus ou moins lointaine ? ARTE ne dispose-t-elle des droits que pour la France et l’Allemagne ? Et ce n’est pas la première fois que la « porte » est fermée aux Romands. Mais à qui poser la question pour connaître la cause de cette « interdiction » d’accès ?
Vieillir demain : le boom des séniors
La RTS dépasse donc largement la notion déjà précieuse de « Soirée à thème » avec un imposant programme en télévision, radio et internet sous le titre « Vieillir demain : le boom des séniors », boom du reste aujourd’hui déjà esquissé. Un remarquable effort de promotion est fait en cette occasion. On en trouve le chemin sur ce site en notre page d’accueil : rts.ch/vieillir demain ).
Les émissions y sont présentées clairement dans l’ordre chronologique. Mais il y a plus. On trouve sur la colonne de gauche la possibilité de revoir d’anciennes émissions sur ces troisième et quatrième âges. Précieuse offre, que de permettre de savoir comment, hier ou avant-hier, on abordait ces problèmes. Un regret toutefois : il serait fort intéressant de savoir quand ces différents documents sont apparus à l’antenne. Mais peut-être que je n’ai pas su trouver cette information chronologique…
Un grand bravo à ceux qui ont eu cette idée somme toute audacieuse de programmation multimédia, Françoise Ducret, Mario Fossati, Jean-Marc Bégiun et Romaine Jean (fyly – jeudi 16 octobre – 10h30)
Temps présent : « Alzheimer à visage humain » (Jeudi 16.10.14 – 20h15)
Remarquable, cet » Alzheimer à visage humain », de Marc Wolfensberger en collaboration avec Marcel Schüpbach, ancien co-responsable de « Temps présent », ce qui n’interdira pas un participant à l’émission de traiter cette maladie de « saloperie ». Et elle l’est assurément, pour les proches du malade qui le voient quitter peu à peu ce monde pour se réfugier dans un ailleurs reconstitué auquel ils n’ont pas accès. La souffrance des proches est une évidence. Quelques-uns, parfois,, acceptent un certain humour, quand son mécanisme repose sur le sens détourné des mots. D’ailleurs, cet humour fait par instants partie de l’émission, pas comme une forme de défoulement, jamais au détriment du malade qui se « trompe » : en amicale complicité
Les exemples choisis, deux institutions en Suisse romande, un village entier en Hollande, Hogeweyr », mettent en évidence la grande attention pour ces malades qui oublient de plus en plus leur vie ancienne. Dans le village, il ont le droit si tel semble être leur désir à des « journées-pyjama ». Une certaine « sagesse » s’installe en eux qui efface en partie la peur de mourir. Et cette mort, dans cet environnement, est plus soudaine que dans les institutions à vocations multiples.
Les soignants sont en contact quotidien avec les malades et avec les proches qui doivent accepter cet « ailleurs » parfois dans la souffrance. Retenir certains témoignages de ceux qui se mettent à « parler Alzheimer » fait comprendre la nature de leur engagement. « Pour nous, c’est ce qui reste qui est important ». Et tant mieux si Monsieur X et Madame Y pensent qu’ils sont mariés.
La vie à l’envers – Anne Giafferi (Jeudi 16.10.14 – RTS1)
« Téléfilm » ou « Film » ? Une différence peut-être : un film est encore destiné à faire si possible carrière sur grands écrans. Un téléfilm est en principe entièrement financé par une ou des chaînes de télévision.A part cela, il s’agit d’une fiction à aborder comme telle.
Nina (Marthe Keller), 67 ans, perd la tête, autrement dit donne les premiers signes d’Alzheimer. Elle a trois filles, l’une trompée par mon amant, la deuxième séparée de son mari, la troisième pas très contente de son psy. Il faut trouver une solution pour s’occuper de maman : le personnel auxiliaire n’est pas de premier choix. Ce sera l’institution spécialisée. Mais cela est coûteux. Vendre ou non les biens de la famille: telle devient la question !
On l’aura compris : le récit porte plus son attention sur les problèmes de trois soeurs que sur la malade elle-même. Il s’agit plus d’organiser un nouveau mode de vie pour quelqu’un qui n’en ressent pourtant pas vraiment le besoin que de tenir compte d’elle.
On peut se dire que si la réalisatrice avait vu « Temps présent*, elle aurait probablement fait un autre film, plus intéressant. Un tel divertissement prend place dans un ensemble de sujets traitant du vieillissement, à travers des observatrices certes touchées de près par la maladie de leur mère, mais centrées sur leurs propres problèmes.
« A livre ouvert »: dès-enchanté !
Voir ci-dessous dans « Ainsi soient-ils : deuxième saison », une adjonction qui permet de comparer la programmation par la RTS d’ « Interventions », série médicale de TF1, avec celle d’ « Ainsi soient-ils », série proposée par ARTE.
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Lors de sa sortie et même avant, « A livre ouvert » a été plutôt bien accueilli par la presse qui s’intéresse à la télévision, qualifié ici et là de « jolie série. « Jolie », en effet ; c’était mérité en ses premiers épisodes. Mais pas plus que « jolie » !
Hélas, la suite est décevante. Certes, les acteurs restent plutôt bons, les dialogues assez incisifs, plutôt bons eux aussi. Mais pourquoi usent-ils presque tous d’une diction à la mitrailleuse, en alignant les mots les uns sur les autres ? On se croirait dans l’increvable série de France3 , « Plus belle la vie », dont on peut voir de temps en temps sans déplaisir un épisode mais sans me sentir obligé de les voir tous !
L’intrigue ? Elle avance, avec quelques surprises. Mais l’enquête sur les détournements de fonds n’est guère passionnante. Les petites combines de Régina et ses proches en spéculation immobilière sont peut-être plus amusantes à suivre que le million disparu. Cynthia, la fille de Michèle, coincée avec de la drogue qu’elle doit cacher pour rendre service à son petit ami Franck, est un brin inquiétante et inattendue. Mais les personnages les plus importants, quand on arrive à la fin de la série, ressemblent beaucoup à ce que l’on pressentait d’eux lors des deux premiers épisodes prometteurs. Edouard na guère de talent d’écrivain, mais le texte de Christiane est-il vraiment de grande qualité ? Et le lapin ? Il est vrai que mettre en scène un animal pose des problèmes de direction d’ « acteur » qui peuvent être amusants à résoudre. Finalement, il n’y a qu’un personnage à la fois trouble et un peu surprenant, Bruno.

A livre ouvert – pas tellement « délabrée », la bibliothèque de quartier ! Véronique Reymond et François Morel
Certaines séquences du cinquième épisode m’auront plongé dans la perplexité. Michèle est enceinte ; mais oui, à son âge et avec son expérience de vie. Elle supporte mal physiquement cette grossesse. De là à s’en aller en toute urgence vomir dans une corbeille à papier au vu des autres, il y a un pas dur à supporter. Et Bruno semble bien construire un parc pour bébé longtemps à l’avance avant de le détruire dans un acte de colère.
Dans chaque épisode, on a droit à des plans d’ensemble de Lausanne, sans surprise. Il faut bien que l’on reconnaisse la ville d’accueil de la bibliothèque de quartier. Mais chose frappante : les personnages n’apparaissent que rarement dans ces plans. On aurait pu filmer n’importe quelle ville de n’importe et raconter le même histoire. Les plaques de voiture et leurs occupants ont doit à une identification « VD ».
« A livre ouvert » avait assez de force pour s’installer durant trois ou quatre épisodes. Le sujet est un peu léger pour en faire six ! Dans le dernier épisode, apparaît une histoire de chalet de montagne de plus de cinq millions négocié à un prix de complaisance. On a revu le lapin blanc. La bibliothèque ne sera pas fermée. Mieux, elle sera transformée en fondation créée par la famille de Régina qui dirige une puissante régie immobilière. Un roman à fort tirage connaît un beau succès, mais ce n’est toujours par Edouard qui le signe. Les millions détournés sont un peu oubliés? Dutoit doit bien y être pour quelque chose. Mais on vient de trouver son corps, noyé. Suicide ? Meurtre ? Bruno et Michèle pourraient bien filer le parfait amour. « C’est toi » demande Michèle à Bruno. Pas de réponse ? Voilà qui laisse ouverte la porte à une autre saison….
Je suis sincèrement triste de ce « dès-enchantement » ! « Crom » et « L’heure du secret » restent, avec l’assez exceptionnel « Dix », supérieurs à ce « A livre ouvert » !
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Ainsi soient-ils, 2ème saison
Mais d’abord une remarque qui n’a rien à voir avec le sujet : depuis quelques semaines, le logo rouge « avertisseur » envahit TSR 1 le dimanche soir : 21:00, « Blacklist » (violences criminelles), 22h40, « New-York, unité spéciale* (crimes sexuels à N.Y), 00H15 : « Nurse Jackie » (à quoi l’impertinente, anarchisante et peut-être libertine infirmière Jackie tardive doit-elle cette mise en garde ?). Ce logo rouge, on le retrouve le lundi soir pour la VO sous-titrée de « The Knick », vers 22h45 (pour les opérations avec chairs coupées et sang qui coule?). Tout de même, cela fait beaucoup de « feu » rouge en peu de temps !!! ( fyly – 23.09.14 – 10h30)
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D’« Ainsi soient-ils » en « Interventions » !
La deuxième saison de « Ainsi soient-ils », est donc une splendide série commandité par Arte, tout en finesse dans la présentation de cinq séminaristes qui veulent devenir serviteurs d’une Eglise fortement préoccupée par le quotidien terrestre financier. La vente des Capucins se précise. Le père Fromenter (Jean-Luc Bideau) réapparait et sera finalement envoyé à Shanghaï. Son successeur, le père Bosco, ira enseignent la théologie à l’université de Louvain. La série se termine sur RTS 1 le 10 octobre et vient de débuter sur ARTE.

Ainsi soient-ils – saison 2
Pour rétablir la situation financière de l’Eglise de France, Monseigneur Poileaux veut vendre le séminaire des Capicins.
Mais la commissions prélevée par le Vatican pourrait dépasser les dix pourcent proposés à l’entourage du Pape!
Premiers plans d’une nouvelle série, « Interventions » : un accident de voiture, du sang, une jeune femme qui va accoucher conduite à la maternité. Le mari est mourant. Le samedi 4 octobre 2014 sur RTS 1, voici les deux premiers des six épisodes de cette série médicale en gynécologie, avec un super-héros, Delon, mais seulement Anthony, dans le rôle principal du Dr Roman Lucas. Il dit à une patiente de pousser très fort et le bébé apparaît presque immédiatement, cris de la mère remplacés par ceux du nouveau-né. Une autre maman rejette son bébé, mais le bon docteur Delon donnera de bons conseils à une collègue qui parviendra à modifier le comportement de Silvia. Les ficelles pourraient bien tenir de la corde ! Pas très prometteur !
Sur RTS1, « Interventions », série médicale anodine, produite par TF1, est proposée en premier rideau le samedi soir, peu après 20h00. « Ainsi soient-ils » apparaît le vendredi soir vers 23h00 pour se terminer peu avant 01h00. Une fois encore, sur le téléviseur, forme de diffusion qui reste la plus fréquentée, la RTS ressemble plus à « Tf 1 » chaîne généraliste commerciale, qu’à « ARTE », chaîne généraliste de service public à composante culturelle ! Ainsi en est-il des choix de programmation!
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Aussi bien que le première saison !
La saison 1 est apparue en septembre 2012, huit épisodes de la vie de futurs prêtres catholiques sous la direction du père Fromenter (Jean-Luc Bideau). Pas d’enquête policière, pas de meurtres dans cette production d’ARTE: un milieu rarement évoqué, sous deux angles et leur interférences, la vocation de futurs prêtres et le fonctionnement de l’Eglise catholique.
Le groupe des cinq

De gauche à droite, Emmanuel (David Baïot), Yann ( JulienBournich), José ( Samuel Jouy),Guillaume (Clément Manuel),Raphaël ( Clément Roussier)
On retrouve donc cinq jeunes hommes, Emmanuel, l’ex-archéologue, Yann en sa force de timide, Guillaume, qui doit s’occuper de sa famille, José, l’ex-taulard, Raphaël, qui veut se détacher de sa riche famille, au cours d’une formation qui doit les conduire vers la prêtrise, une « profession » qui se raréfie. Les doutes envahissants côtoient les certitudes, à des degrés différents chez les uns et les autres. La foi est lien et mais aussi problème entre Dieu et chacun d’eux. La 2ème saison s’inscrit bien dans la continuité de la première, avec un changement brutal pour José, peut-être condamné à rester coincé dans sa chaise d’infirme
Le fonctionnement de l’institution
A travers un personnage qui va prendre une certaine importance, le fonctionnement de l’Eglise comme institution va prendre une certaine importabce. Il importe assez peu de savoir s’il s’agit d’un personnage qui a un modèle dans la réalité : l’important est que le récit de fiction soit plausible.il l’est.
Monsiegneur Poileaux ( Jacques Bonanafé) doit devenir président de la conférence des Evêques de France. Mais ce prélat de Limoges ne se sent guère à l’aise à l’aise dans les grands espaces parisiens et plus encore dans son entourage de trois adjoints dont l’un au moins aurait tendance à lui expliquer comment il faut se comporter en public et en privé. Il doit en particulier trouver une solution pour les difficultés financières de l’Eglise de France. Il négocie un prêt avec une femme banquière qui pose de rudes conditions pour avoir une garantie, celle du Vatican. Que voilà une habile astuce de scénariste pour assurer une présence féminine dans un univers masculin. Sans justifier sa position, l’envoyé du Vatican explique mielleusement à MSR Poileaux qu’une démission prématurée pourrait être un bien pour l’institution.
C’est alors que le personnage un peu pâle s’affirme. Il refuse de se retirer de son poste qu’il considère comme un mission en quelque sorte « divine » à laquelle il ne saurait renoncer. Il en oublie de négocier avec son interlocuteur la garantie financière de Rome. Qu’à cela tienne : il y a un moyen, l’austérité, dont il se faut le héraut, l’austérité. A commencer par son entourage immédiat, un au moins de ses proches conseillers étant de trop.
Entretiens de discernement psychologique affectif.
Tout cela n’a qu’un lointain rapport avec les problémes de conscience des jeunes futurs prêtres. Le père Bosco (Thierry Gimenez), atteint d’un lourd cancer, devrait succéder au père Fromenger, (Jean-Luc Bideau dans le nom au moins subsiste au générique) coupable d’une gestion financière douteuse, s’il fut un vrai chef spirituel pour les cinq jeunes séminaristes. Il doit désormais décider de l’avenir des futurs prêtres, conduire avec eux des « entretiens de discernement psychologique et affectif » , qui dévient assez rapidement vers une sorte d’interrogatoire sur la sexualité des séminaristes. C’est une manière aussi astucieuse de soulever indirectement le problème du célibat des prêtres. Certains des jeunes supportent d’autant plus mal certaines questions sur l’amour que le Père Bosco adopte alors une attitude qui crée un réel malaise, comme s’il avait à régler un problème personnel.
Il est évident que « Ainsi soient-ils » va continuer de retenir notre attention non par l’inventivité et les surprises de la mise en scène, mais s’appuyant sur un solide scénario, des dialogues incisifs et des interprètes plausibles. « Ainsi soient-ils » conserve donc les qualités romanesques d’une grande série récurrente bien installée dans le haut de gamme, avec tout de même une préférence pour les prêtres et un certain humanisme progressiste plutôt que de privilégier les tourments temporels financiers de l’église de France et les conflits avec la hiérarchie du Vatican.
PS :
La RTS prioritaire
Cette deuxième saison est offerte par RTS 1 sur son premier canal, depuis le vendredi 19 septembre 2014, par duos durant quatre semaines, avant son passage sur ARTE qui est pourtant le commanditaire principal de la série. Une fois encore, la RTS bénéficie d’une priorité, ce qui doit lui permettre de compter sur une part de marché au moins correcte. Mais encore et une fois de plus, l’heure de diffusion est regrettablement tardive, peu avant 23h00 pour se terminer largement après minuit. Sur ARTE, ce sera aussi en duos, dès le 2 octobre, mais dès 20h50 !
La pub en plein milieu !
Que la SSR-SRG soit une chaîne publique généraliste à financement mixte (70 % par la redevance, 30 par d’autres sources, la principale étant le publicité) est une situation de fait. Mais interrompre par une plage publicitaire le premier épisode de la 2ème saison d’ « Ainsi soient-ils » environ vingt minutes après le début de sa projection tient de la provocation… ou d’une erreur technique. Il y a place pour ces spots entre deux épisodes. S’agit-il d’une nouveauté règle interne permettant d’introduire la publicité durant la diffusion d’une fiction de moins d’une heure ?
(Réponse du service de presse de la RTS : c’est une regrettable erreur !!!!)
A livre ouvert
Mise en ligne du 28.08.14 : dans le texte « Que fait la télévision du football? », on trouve « Parler et encore parler! (28.08.14), « Contre-pied, un petit bijou » (04..09.14) et enfin « Pour en finir avec le « Mundial » (07.09.14(,
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Une série romande de six épisodes, présentée six samedis durant par RTS1 à 20h10, dès le 30 août 2014.
1 / Première approche (27.08.14 )
2/ Informations numériques
Coté « part de marché » !
Il est intéressant de savoir comment le public réagit face à une proposition tout de même exceptionnelle de la RTS: il n’y a en principe que deux séries de fiction produites par la chaîne chaque année.
Le 30 août 2014, 142 mille romands regardent le premier épisode sur RTS1 quand 8 mille suivent RTS2 et que 470 mille regardent alors la télévision : 30 % de PDM est une assez bonne part de marché un samedi à cette heure.
Le 6 septembre, 82 mille pour le deuxième épisode pour 158 mille liés à la RTS alors que 400 mille sont devant un petit écran : PDM à un peu plus de vingt pourcent. Baisse de régime ? La concurrence du tennis à New-York joue un rôle.
Un départ correct qui ressemble à ceux plus anciens des deux saisons de « L’heure du secret » et de «Port d’attache ».
Coût-minute
Proposer une série produite par une société suisse sur un sujet suisse représente un gros investissement dans notre pays, 4,2 millions dont venus 3,2 de la télévision. Le million « extérieur » provient en bonne partie des sources traditionnelles, section du cinéma de la Confédération, fondation romande. Durée totale de la série : six fois cinquante-deux minutes. Le coût à la minute s’élève ainsi à environ 13’500 francs, dont 10’200 à charge du service public. Montant élevé ? Non, plutôt modeste : voici deux exemples !

François Morel, Edouard, l’ancien directeur qui n’était pas très regardant sur les dépenses (A livre ouvert, épisode 1)
Une chaine généraliste d’Ecosse avec la BBC, section américaine et l’ARTE franco-allemande viennent d’investir environ six millions, en francs suisses équivalents, pour les 220 minutes dans « Fleming, l’homme qui voulait être James BOND » une curieuse et fort intéressante série : on se trouve alors à environ vingt-sept mille francs la minute : le double du prix suisse. Et le coût-minute de cette série à majorité européenne est inférieur à bien des réalisations américaines !
Autre exemple : se tourne actuellement dans les Grisons une nouvelle version de « notre » Heidi nationale, une coproduction entre l’Allemagne et la Suisse. Huit millions engagés pour peut-être cent minutes ? Quatre-vingt mille francs la minute.
Autre information « chiffrée » : le tournage a eu lieu du 3 juillet au 13 septembre 2013, durant 57 jours. Cela représente environ cinq minutes et demi par jour de tournage, alors que le cinéma « normal » en réalise deux à trois par jour.
En effet, plutôt modestes en comparaison internationale, les moyens de la RTS, et plutôt élevé, le rendement quotidien !
( A suivre, des considérations sur la présence de « France 2 » au générique de « A livre ouvert ». Il faudra aussi s’arrêter à une réflexion sur la qualité !!)
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1/ Première approche
Fin août 2014, importante semaine pour la RTS : deux événements à « trois millions » (de francs !). Avec le nouveau décor fort élégant pour l’actualité, dont le « 19.30 », la présentation est gagnante ; l’information elle-même le sera-t-elle aussi ? L’apparition d’une série de fiction de la RTS, de six fois cinquante-deux minutes, est un événement qui se produit deux fois l’an. Il repose en partie sur la créativité, pas sur des avancées techniques formelles.
Le sam’di soir après l’turbin….
Six jours sur sept, chaque semaine, entre 19 et 21 heures, la RTS fait confiance à ses émissions propres d’information, de réflexion et parfois de culture. Mais le samedi pose problème. On vient de suivre, six semaines durant, les « estivales » animées par Alain Morisod qui fait gagner voitures et voyages, opération signalée comme « promotion de produit » : part de marché en moyenne, 25 %, avec cent mille spectateurs environ. « A livre ouvert » doit faire aussi bonne part, comme les deux saisons de « L’heure du secret ».
Mais le samedi soir n’est propice, ni à la réflexion, ni à la culture. « A livre ouvert » a pour mandat de divertir le plus grand nombre possible des téléspectateurs. Cela devrait être possible.
Parmi les bonnes séries romandes
Vu les deux premiers épisodes : « A livre ouvert » se situe au même niveau que « Crom » ou « L’heure du secret » no 1, un peu plus séduisant que la fin de « L’heure du secret » no 2, nettement supérieur à « T’es pas la seule » ou « Port d’attache ». Pour mémoire, la meilleure série romande de ces dernières années reste « Dix » de Jean-Laurent Chautemps. A noter que « France2 » a procédé au pré-achat d’ « A livre ouvert », amorce d’une ouverture à l’international.
Deux auteures
Fort souvent, l’équipe qui écrit sous la direction d’un « showrunner » n’est pas celle qui assure la mise en scène. Ici, et c’est chose originale, le duo Stéphanie Chuat et Véronique Reymond, connu pour sa réussite de « La petite chambre » avec Michel Bouquet, est au travail depuis fin 2010, responsable de l’écriture, des dialogues, de la mise en scène et en partie des finitions, le choix du groupe suisse « The Animen » par exemple.

Véronique Reymond, co-auteure mais aussi actrice dans le rôle de Christiane (RTS/ Photo Philippe Christen)
L’histoire, sans cadavre, se développe sur six épisodes, donc en un peu plus de 300 minutes – cinq heures. Il faut laisser au spectateur le plaisir de découvrir l’intrigue, ses rebondissements, tournant autour d’un détournement d’argent, qui a de vagues ressemblances avec les folies d’un chirurgien du CHUV passionné de livres rares, qui publia un répertoire de ses collections sous le pseudonyme anagrammatique de Lukas Jesus von Bollgy. Le fil de l’histoire se déroule avec une réelle fluidité. Les dialogues vont de la simplicité au brio parfois cynique ou amusant. Dans l’ensemble, les interprètes sont à la fois bien choisis et bien dirigés. Et l’on prend ainsi plaisir à faire connaissance avec des personnages amusants, plaisants, pour certains d’entre-eux attachants. Mais à chacun les siens !

Isabelle Gélinas, Michèle, la nouvelle directrice de la blbiothèque de quartier
(RTS/capture d’écran)
Voici donc quelques raisons certes sommaires pour prendre le train et passer en revue les wagons d’un divertissement du samedi soir de bon niveau.
















