Bêtisiers et « rétros »
Mercredi 07.01.15 à 17h00 : message pour sériophiles
1/ Apparition d’une hirondelle helvético-suisse!!!
Dès le jeudi 8 janvier, sur RTS1, à une heure d’écoute flatteuse (21h10!), « Le croque-mort », début de la version française d’une série qui cartonne sur le DRS ( troisième saison en cours).
2/ « P’tit quinquin »
Pour le moment, ce ne sera pas sur la RTS, mais sur grand écran, en particulier au « City-Pully », classé dans le « Top ten » de l’année « Cahiers du cinéma », toutes catégories audiovisuelles comprises, par les lecteurs de la revue, cinéphiles forcément minoritaires, papis tapis dans leur « niche ».
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Chapitres imposés
Qu’est-ce qui ressemble le plus au bêtisier d’une chaîne francophone ? Le bêtisier d’une autre chaîne francophone ! Il doit bien y avoir un peu partout une consigne claire ou sous-jacente : mettez de côté, durant toute l’année, des éléments qui pourraient nourrir la revue de fin d’année. Chose faite ou non : il y aura dans le bêtisier placé entre le 27 décembre et le 2 janvier des chapitres incontournables. Ce seront les maladresses verbales ou gestuelles d’un invité, mais bien vite on rentrera dans la niche pour y placer les difficultés verbales d’un collaborateur de la tv, d’une maladresse en répétition, sans oublier l’indispensable séquence des rires fous. Et cela touche au sublime si ce dernier est le fait du conseiller fédéral Merz ou du président Clinton ; ceci pour bien faire remarquer la richesse de certains souvenirs lointains. Il y a des traditions à respecter ; elles sont respectées. Courage, fuyons !
Même la futilité
Mais même cette fuite n’empêche pas une autre rencontre avec les rétrospectives multiples de fin d’année. Du genre de celle consacrée aux femmes qui peut passer assez tranquillement de quelques secondes accordées à Malala Yousafzai, adolescente pakistanienne, prix Nobel de la Paix à quelques secondes pour « Allo, non, mais, allo, quoi ? », aux virgules près citation espérée fidèle à celle que l’on nomme tout simplement Nabilla, pour bien nier tout jugement de valeur et rappeler qu’il faut de tout pour faire une « rétro », en prêtant même attention au vide absolu de la futilité.
Le sport prioritaire
On sait combien la SSR-SRG est fière d’être la chaîne généraliste de service public qui offre le plus de temps consacré au direct. Mais on ne sait pas forcément par rapport à qui. En 2014, les occasions furent belles avec le « mondial » de football, les JO d’hiver et la coupe Davis.
Un oubli toutefois : les championnats d’Europe d’athlétisme à Zürich, magnifiquement filmés, mais plus encore remarquablement accompagnés et commentés sur la RTS par des experts et invités de passage. Compliment mérité ; sincèrement ! Un peu le seul!
Vu le début de la « rétro » du « mondial » : au bout de deux minutes, après avoir entendu hurler « goal » à plusieurs reprises, je me suis enfui. Vu aussi des bouts de JO : aucune surprise, aucune émotion. Et comme si nous n’avions pas assez vu Federer couché sur le sol pour cacher ses larmes! Il est vrai que les journalistes sportifs, si souvent à l’antenne actuellement, ont chacun à son tour, fait savoir au téléspectateur qu’il ne fallait pas manquer ces rétros, lors de leur première diffusion, leur deuxième diffusion, leur troisième diffusion sans oublier la reprise sur internet pour les écrans d’ordinateurs et les tablettes.
En avant la musique….
Quel intérêt dans ces ralentis, ces accélérés, ces chapitres consacrés aux chutes en tous genres, ces charges à la bande, ces spectateurs qui se sachant filmés s’adressent à eux-mêmes un salut de complicité ? Le robinet à images coule. Mais pas seulement lui. Car un plus tente de donner à ces rétros un autre statut. En direct, sur la bande sonore, il y a un commentaire, parfois quelques bruits émanant du public ou propres à une compétition. Dans toute rétro, on y ajoute de la musique. Dès qu’il y a illustration musicale, on entre dans le monde de la créativité, même en documentation. La musique est censée « sublimer » le « réalisme » du spectacle d’images et sons directs. Il faut faire rêver, le reportage devenu spectacle de divertissement.
Il ne m’est souvent resté que la fuite, vers France 5, Mezzo ou ARTE, là où l’on peut, même en période de fêtes, recevoir plus que l’eau tiède qui sort du robinet à images des « bêtisiers » et autres « rétros.. »


