Séries TV

Cinéma « suisse »

Esen Isik, née en 1969, est double nationale turque et suisse. Elle vient de tourner «Köpek» uniquement à Istanbul un film qui couronné du quartz meilleur film «suisse» de l’année.

Mano Khalil, né au kurdistan syrien, vit en suisse et vient de tourner dans le kurdistan irakien «L’Hirondelle», un excellent film «suisse».

Bon, alors, c’est quoi un film «suisse»? La nationalité est en général associée à la nature de sa construction financière. L’argent venu majoritairement du marché suisse, le film est considéré comme suisse en premier!

 

"Köpek" d'Esen Isik, "quartz" du meilleur film suisse 2016

« Köpek » d’Esen Isik, « quartz » du meilleur film suisse 2016, sur les écrans en juin 2016 (Photo Cineworx)

L’argent? C’est sous sa suprématie que «Frame magazine», publication associée au Festival du Film de Zürich et à la très sérieuse NZZ publie une long texte traduit par «L’Hebdo» dans son édition du 17 mars 2016, probablement pour être en concordance avec la récente remise des quartz du cinéma suisse le 18 mars 2016.

Subvention et investissement

Première page de la traduction: «Les films les plus subventionnés sont alémaniques». Enquête. La Confédération, la SSR et la Fondation zurichoise soutiennent aujourd’hui les productions suisses à hauteur de 60 millions de francs par an. Voici les réalisateurs qui touchent le plus. Au-dessus, une image du téléfilm «financé à hauteur de 5,73 millions par la SSR: Gothard».

 Une page plus loin: trois visages de Sabine Boss, Tobias Ineichen et Markus Imboden avec des millions «glanés» : 15,34 puis 10,81 et enfin 7.09 pour le «Top 3 des réalisateurs suisses qui ont le plus reçu». Quatre réalisateurs romands sont loin derrière, Ursula Meier la meilleure avec 3,69 millions.

Isabelle Huppert dans Home

Isabelle Huppert dans Home d’Ursula Meier

Certes, la Confédération par son Office fédéral de la culture subventionne le cinéma, tout comme la Fondation zurichoise. Mais les participations de la SSR-SRG sont d’une autre nature: ce sont des investissements, qui reviennent à effectuer l’achat d’un droit de diffusion. Pour le producteur, car c’est lui qui est responsable de la gestion financière d’un produit audiovisuel, l’argent de la SSR-SRG est «commercial».

La SSR-SRG et ses entreprises se sont engagées, le 8 mars 2016, à investir annuellement ces prochaines années un peu moins de trente millions dans l’audiovisuel suisse de création, un apport important en cofinancement commercial mais qui, notons-le en passant, représente le 2 % du budget global de la radio et télévision de service public.Donc mieux vaudrait ne pas confondre subvention qui vient de la Confédération et du Fonds zurichois et investissement issu de la SSR-SRG

Plus de deux milions investis par la télévision dans un film qui sera va en Chine, mais pas dans les salles suisses ! Isabelle CAILLAT - Elisabeth Grimm

Plus de deux millions investis par la télévision dans un film qui sera vu en Chine, mais pas dans les salles suisses ! Tout de même un peu étrange ! Isabelle CAILLAT – Elisabeth Grimm

Comparaisons régionales

 Entre 2006 et 2015, l’étude reprise par l’Hebdo publie un tableau pour la répartition des subventions par régions linguistiques de 351 millions donnant  à la Suisse alémanique 65%, à la Suisse romande 25.9% à la suisse italienne 8,5 et 0,6 à la Suisse romanche.? C’est le résultat d’observations pendant dix ans portant sur 3835 paiements! Un très grand travail.

La comparaison est faite avec les pourcentages de population: 65,6 + 22.8 + 8.4 ce qui donne 96,8. Il y aurait donc 3,2 romanches! Bizarre. On peut d’ailleurs s’interroger sur ces pourcentages, comme si les frontières entre régions linguistiques étaient rigides.

Mais il y a plus grave. Le cinéforum romand, qui distribue actuellement environ dix millions de subventions annuelles, existe depuis mai 2011 seulement. Certes, on trouve bien une allusion à son existence: pour dresser un bilan complet, il aurait fallu intégrer Cinéforum. Les enquêteurs de Frame expliquent la raison de leur abstention: nous voulions que nos observations portent sur une période de dix ans, afin qu’elle soient pertinentes.

 Ne pas tenir compte de 30 à 40 millions de subventions du Cinéforum, de 2011 à 2015, rend l’enquête beaucoup moins «pertinente». Il est fort probable que les interventions du Cinéforum ont joué en faveur de producteurs et de réalisateurs romands. Manque de sérieux ou reflet d’une sorte d’ «orgueil» zurichois traduit par «L’hebdo» sans le moindre sens critique?

Films et téléfilms

 Au niveau de la démarche créatrice, il n’y a plus guère de raison de distinguer le film qui serait d’abord vu sur grand écran dans une salle avant de passer sur le petit de celui passerait uniquement sur le petit écran de la télévision et ses désormais multiples diffusions annexes (internet, réseaux sociaux).

Mais économiquement, la diffusion mérite d’être prise en compte. Là encore, le texte paru dans «L’Hebdo» provoque une nouvelle surprise. Un tableau donne le «top 10» des films les plus subventionnés: en tête un inédit, «Gothard», une production qui ne sera présentée qu’en décembre 2016 sur les petits écrans suisses. Seront-ce nonante minutes subdivisées en deux parties ou fois nonante minutes ?

Parmi les dix films cités, il n’y a qu’un romand: «Le temps d’Anna» et ses 2,37 millions qui ne sera pas montré sur grand écran. Et on y trouve six fois «Tatort», une série policière germanophone, Allemagne et Autriche associées, ayant renforcé leur collaboration avec la Suisse à travers la DRS depuis 2011.

TATORT aujourd'hui en Suisse. Une jeune fille est mort. Les enquêteurs font leur travail. Foto: ARD Degeto/SRF/Daniel Winkler

TATORT aujourd’hui en Suisse. Une jeune fille est morte. Les enquêteurs font leur travail.
Foto: ARD Degeto/SRF/Daniel Winkler

Et c’est ainsi que neuf des dix productions audiovisuelles suisses, la plus ancienne datant de 2011, les plus coûteuses sont suisses alémaniques. Et seules deux ont passé sur un grand écran (Schellen-Ursli en 2015 et Stärke en 2012).

Les séries romandes «oubliées»

Or, ces dernières années, la RTS a apporté au moins le 75 % du financement d’opérations audiovisuelles de grande envergure, des séries comme «Station horizon», «Port d’attache», «A livre ouvert» ou encore «L’heure du secret» I et 2, chaque fois avec des budgets aux alentours de quatre millions, destinées pour le moment au seul petit écran romand. Ces séries romandes ont-elles été reprises à Zürich et au Tessin? Ou vont-elles l’être? Un marché international est-il en train de s’ouvrir pour elles? Pour l’industrie audiovisuelle et par la qualité de leur réalisation, ces séries n’existent pas dans l’étude faite à Zürich et reprise aveuglément par un grand hebdomadaire romand. Dommage!

photo de famille des personnages de STATION Horizon ( RTS)

Photo de famille des personnages de STATION Horizon ( RTS). La série romande n’existe pas dans l’enquête de Frame!

Pourquoi «Le croque-mort», série suisse alémanique reprise par la RTS, c’est-à-dire ayant franchi la fameuse barrière de «roesti» qui semble bien existante dans le domaine audiovisuel vu de Zürich, n’apparaît-il pas dans les dix «films» les plus subventionnés ?

Avec la confusion entre subvention et investissement, sans s’intéresser à la nature de la diffusion, en omettant l’importance du Cinéforum romand, l’enquête de Frame traduite pour L’Hebdo donne une image fortement déformée de la réalité du monde audiovisuel suisse, avec oubli presque total du Tessin, souligne l’existence de grandes différences entre régions linguistiques, le fossé hélas bien réel entre Suisse alémanique et Suisse romande.

 

Séries de la BBC sur ARTE

 Introduction: Pour mon égoïste plaisir, j’accumule soir après soir documents de haute volée dont la première vertu est de disposer de temps (au moins cinquante minutes) pour aborder et correctement traiter un sujet ou suivre des séries en m’en tenant au haut de gamme ou presque.

 Alors que «Vinyl» continue de développer sa folle énergie pas seulement de rock’n’roll sur RTS Un les lundis soirs vers 23h00 (une prochaine occasion permettra d’y revenir – encore cinq épisodes à partir du lundi 21 mars), il vaut la peine de s’arrêter sur ARTE qui consacre ses jeudis soirs à un acte de résistance culturelle, proposer des séries de haut niveau qui ne soient pas américaines, faisant ainsi place méritée à l’Europe. Et parmi celles-ci, la prochaine, «Peaky Blinders» ( brève présentation- temps de lecture une minute), puis la plus récente, «Le mari de la ministre» ( sur ce sujet, temps de lecture trois minutes), les deux exemples insérés dans une politique récente survolée (temps de lecture une minute). Ces trois sujets peuvent être lus indépendamment les uns des autres.

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Peaky Blinders

Birmingham, début des années 1920, dans le climat qui suit la fin de la grande boucherie de 14-18 laissant des traces derrière elle. Un gang familial se forme, sous la direction de Thomas Shelby, qui a réellement existé, pour mettre la main sur des armes, parier sur les courses et nouer parfois des liens avec des mouvements politiques, par exemple en Irlande. Ils disposent entre autres d’une arme inattendue, des lames de rasoir cachées dans les visières de leurs casquettes. La violence et la brutalité règnent, comme si la guerre continuait autrement, cette fois au profit de groupes qui veulent sortir d’une certaine misère sociale. Mais cette volonté s’exprime à travers une forme de photo luxueuse et une réalisation formelle rigoureuse. Aucune gratuité dans cette ultra-violence insérée de manière plausible dans l’après-guerre de 14-18 et qui rappelle, côté USA, des films ou séries comme  «Gangs de New-York» ou «Boardwalk empire», tous deux de Scorsese.

Le gang, dans sa seule composition masculine (Photo SRTE/Tiger ASPET)

Le gang, dans sa seule composition masculine
(Photo ARTE/Tiger ASPET)

Face au Shelby se trouve un chef de police qui ne lésine pas sur les méthodes de combat, l’officier Campbell rappelé de Dublin où il a combattu les irlandais sécessionnistes. Il rend compte de son action au ministre de l’intérieur, un certain Winston Churchill.

Dans cet univers d’affrontements violents entre hommes se glissent des présences de femmes lucides assurément, qui font preuve d’une inattendue délicatesse, de tendresse, voire d’une réelle grâce empreinte de sérénité.

Arthur (Paul Anderson) et Tommy Shelby (Cilliam Murphy)

Arthur (Paul Anderson) et Tommy Shelby (Cilliam Murphy)

La première saison, sortie en 2013 au Royaume uni, a reçu un bel accueil critique. Elle fut suivie par des audiences oscillant dépassant deux millions de personnes, parfois jusqu’à deux millions et demi. Dans la deuxième saison dont on dit grand bien, les «Peaky Blinders» vont tenter de se faire une place à Londres (jeudis 17 et 24 mars, en deux rafales de trois épisodes). Le tournage d’une troisième saison est annoncé pour 2016.

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Le mari de la ministre

 «Borgen», série danoise, est devenue une référence à tout le moins européenne sinon mondiale. Cela se mesure à un fait anodin : une série met-elle en scène une femme de pouvoir, appartenant à un gouvernement, qu’on l’inscrit dans son sillage. Ainsi vient-on de le faire avec une série de la BBC2, qu’Arte vient au présenté en rafale – les trois épisodes le même soir du 10 mars 2016. Jouons aussi de cette référence: «Borgen» est une série de haut dans le haut de gamme, «Le mari de la ministre» se situe dans le bas du haut, autrement dit dans une catégorie qui dépasse largement la moyenne des innombrables séries accessibles!

D’abord, il y a un duo d’acteurs connus et imposants: David Tennant fut récemment le torturé inspecteur principal Alex Hardy des deux saisons de «Broadchurch». Emily Watson, à l’imposante filmographie, fut pour les cinéphiles rares qui s’en souviennent, le personnage principal d’un des premiers films de l’imposant cinéaste danois Lars von Trier, la Bess de «Breaking the waves» (1996). Tennant est moins impressionnant ici que sa partenaire qui le domine, certes à travers le personnage, mais plus encore par la force de son interprétation.

Le couple face aux médias ( photo arte)

Le couple face aux médias ( photo arte)

De quoi s’agit-il? Ministre du commerce dans le gouvernement dit de Sa Majesté la Reine d’Angleterre, Aiden Hoynes donne sa démission, en désaccord sur la politique de migration du premier ministre qu’il voudrait, lui, généreuse. En fait, il aimerait bien le remplacer! Raté. Et voilà que Freya Gardner, son épouse, secrétaire d’Etat à l’éducation, formant avec son mari une couple de politiciens remarqué, elle dans un premier temps semblant se tenir dans son ombre, accède à un ministère plus visible. Hoynes se retrouve simple député. Elle a très bien mis en application les deux règles dictées par son mari: Règle numéro 1: pour rester maîtresse du jeu, tu vas sans doute devoir libérer la garce qui est en toi, Freya. Il ne faut surtout pas avoir peur. Règle numéro 2: relire la Règle numér0 1. »

Emily Watson

Emily Watson

 La politique dans cette mini-série? Le temps s’est écoulé qui permet de montrer une version doublée sur ARTE et d’y avoir trouvé une case pour une série anglaise. Rien à voir, dans la politique actuelle du premier ministre Cameron qui a permis d’installer la frontière franco-britannique à Calais plutôt qu’à Douvres. La série date de 2013, son écriture d’au moins deux ans avant. Le problème de l’immigration seulement cité. La politique s’efface rapidement devant des intrigues politiques, les liens qui se tissent un temps entre personnes différentes, les ambitions personnelles, bref une cuisine d’affrontements entre personnes qui ne produit pas de plats très onctueux.

David Tennnan (Aiden Hoynes), Emily Watson (Freya Gardner) et Ed Stoppard (Bruce Babbish)(Photo BBC2) ( Photo arte)

David Tennnan (Aiden Hoynes), Emily Watson (Freya Gardner) et Ed Stoppard (Bruce Babbish)(Photo BBC2)

L’épouse d’abord apparemment modeste relègue son mari presque dans l’anonymat. Aiden va tout perdre, femme, enfants, confidents ou apparents amis. Va-t-elle gagner? Une femme sacrifiée se venge-t-elle de ses années de soumission? Et puis, ce conflit entre un mari désormais effacé et sa femme ambitieuse devenue ministre manque totalement d’épaisseur humaine. Ces personnages laissent indifférents. Mais c’est évidemment troussé avec une grande habileté qui laisse perplexe devant une mécanique si parfaitement réglée que l’on en vient surtout à admirer la manière dont la scénariste-dialoguiste a construit son histoire. Voici pourquoi on se trouve dans le bas du haut de gamme….

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Les jeudis d’ARTE

Arte réserve sa soirée du jeudi à une série non-américaine proposée en rafale, durant presque trois heures, autrement dit avec en principe trois épisodes alignés les uns après les autres

P'tit quinquin, rappel d'un plaisir qui subsiste : A l'assaut....(photo ARTE)

P’tit quinquin, rappel d’un plaisir qui subsiste : A l’assaut….(photo ARTE)

Ainsi vient-on de voir l’intéressant et esthétiquement réussi «Wolf Hall» (21et 28 janvier 2016- Royaume-Uni – BBC2) construit autour Thomas Cromwell. «Au cœur de l’hiver» (4 février) inscrit la Finlande parmi les producteurs scandinaves de série avec deux femmes subissant la lourde tentation du suicide. «Trépalium» (11 et 18 février- France – Production ARTE) ne tient pas les promesses des premiers épisodes dans son univers futuriste mieux inscrit dans «La Ville» que dans «La Zone». La reprise du génial «P’tit Quinquin» ( 25 février et 3 mars – France – Production ARTE) permet une curieuse expérience, se replonger dans l’univers de Bruno Dumont entre d’autres visions pour s’y retrouver en un rien de temps parfaitement à l’aise, les visions précédentes solidement inscrites dans la mémoire. Parce que, décidément, avec cette série française, on est dans le haut du haut gamme, dans ce qui se fit de mieux dans l’audiovisuel en 2014. Il faut enfin rappeler les deux séries récentes, «Le mari de la ministre» et «Pinky Blinders» qui viennent du Royaume-Uni (BBC2).

Après la découverte d'un cadavre, l'autopsie du contenant... (Photo ARTE)

Après la découverte d’un cadavre, l’autopsie du contenant… (Photo ARTE)

Il ne serait ni stupide, ni déshonorant que la RTS s’inspire, en partie au moins, de la programmation d’ARTE et accorde aux séries de haut de gamme une heure de programmation moins tardive.

« X-files », « Anomalia » : fin(s) de saison

X-files : c’était mieux hier ?

Souvenirs agréables, assurément. Il serait peut-être intéressant de retrouver ce que je pouvais bien en écrire il y a plus de quinze ans, entre 1993 et 2002, sur l’un ou l’autre des 202 épisodes de 43 minutes de la série de Chris Carter. «Aux frontières du réel» a été diffusé intégralement sur RTS 1 ou RTS 2. Encore faudrait-il avoir un peu d’ordre dans mes dossiers.

Parmi les récits unitaires (un sujet par épisode), il y a ceux qui peuvent être vus réellement pour eux-mêmes, le ou les personnages principaux n’évoluant guère de l’un à l’autre :  exemples du genre, «Navarro» ou «Les experts» d’où qu’ils proviennent. Il en est d’autres dont le ou les personnages récurrents ont le mérite d’être suffisamment attachants pour provoquer le plaisir de les revoir. Cela se passait avec «Dr House». Et évidemment avec «X-files»!

Quel « étrange » couple que celui formé par Fox Mulder (David Duchovny) et Dana Scully (Gillian Anderson). Attirés l’un par l’autre, ils campent sur leur position: Mulder-Duchovny croit que les frontières du réel sont dépassées alors que Scullly-Anderson tente de rester le plus possible dans ce réel qu’il s’agit d’expliquer et de comprendre. Ils auront peut-être vécu en couple, sait-on jamais, entre 2002 et 2016, au moment où Carter vient de les ressusciter.

Fox Mulder (David Duchovny) et Dana Scully (Gillian Anderson) reprendront du service. [ - 20th Century Fox / The Kobal Collection] (Photo rts)

Fox Mulder (David Duchovny) et Dana Scully (Gillian Anderson) ont repris  du service. (Photo Fox-RTS)

Mélange de réel et de fantastique! Mais le second s’inscrit parfois en images très concrètes dans le premier. «X-files» se nourrit de l’imagination de Carter et de son équipe avec une certaine tendance à ne pas complètement s’inscrire dans l’invention pure. Car il y a peut-être un sous-entendu: et si derrière tout cela, il n’y avait pas le gouvernement américain qui tente de maintenir son emprise mondiale?

Et au soir du vendredi 4 mars 2016, c’en sera terminé de ce retour. C’eût été mieux durant six semaines, les épisodes un par un, plutôt que trois, en duos, pour faire croire qu’il s’agit du long-métrage avec entracte!

Les souvenirs du passé son flous. Et puis, entre les deux époques, il y aura eu, pour Duchovny, son personnage de «Californication» qui a transformé une série «unitaire» – la conquête du jour! – en une récurrente de groupe, Hank, Karin, Moody, Charlie et Marcy, Hank toujours amoureux de Karin et réciproquement.

Plaisir pourtant réel à suivre cette dixième saison. Mais sans effacer un brin de déception. Peut-être bien du fait que les plans où Duchovny et Anderson sont vraiment ensemble sont rares, le montage jouant habilement en champs et contre-champs. Un tournage décentralisé au Canada aurait-il limité les journées de présence de deux interprètes?

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Anomalia: en baisse!

Très bonne impression initiale: les paysages, la découverte d’un milieu hospitalier en pleine campagne, son fonctionnement professionnel, un personnage principal attachant, Valérie Rossier (Natacha Régnier). Des couleurs vives bizarres vont-elles ouvrir une piste originale vers l’étrange?  Et puis, à la fin du troisième épisode, un léger doute sur les personnages secondaires un peu escamotés.

Valérie, excellente chirurgienne,  se découvre des dons de guérisseuse,  sent des choses étranges autour d’elle, va plonger dans un lointain passé familial avec sorcière malmenée.

Scène du cachot avec Isabelle Caillat et Maurice Aufair

Scène du cachot avec Isabelle Caillat et Maurice Aufair

Oui, mais: tout tourne autour de Valérie. Certes, il y a son ex-mari Nicolas avec lequel les conversations téléphoniques sont nombreuses. Le professeur Wassermann, orgueilleux, est en fin de carrière: sa main tremble. Il va se passer quelque chose avec Baptiste l’ami d’enfance, passionné de spéléologie:  ce sera dans un lit lors du 7ème épisode.

L’hôpital privé sis en pleine montagne s’équipe, grâce à des aides privées, d’un merveilleux appareil chirurgical qui permet d’audacieuse opérations, y compris organisées pour un public de donateurs. On passe assez rapidement sur les performances de l’appareil.

Lucas, le fils de Valérie, va s’intéresser aux légendes sur la sorcière. Il s’en ira rechercher des plantes qui soigneront son ami Jacques. Seul dans le paysage enneigé, il répétera «Madame» au moins trois fois.  Attaché près d’un gouffre, ce sera, bien sûr, la chute!

Valérie rêve beaucoup: ils sont mis en scène, longuement, et avec trop de réalisme. L’étrange est plus percutant s’il est suggéré plutôt que reconstitué. Autour d’elle, les personnages, même les plus proches, n’apportent guère de surprises. Ils sont conformes à ce que l’on avait pressenti ce qu’ils étaient.

Peu de surprises de la part d'un ami d'enfance de Valérie, Alex (Baptiste Coustenoble) Baptiste Coustenoble

Peu de surprises de la part d’un ami d’enfance de Valérie, Alex (Baptiste Coustenoble)

Et puis, d’où vient donc ce sentiment de déjà vu. Il m’aura fallu une aide extérieure pour me rendre à l’évidence: on retrouve dans «Anomalia» bien des ressemblances avec «L’heure du secret».

Les parts de marché des trois premiers épisodes passent par  23 à 20 puis 14 pourcent, le nombre de spectateurs les ayant vus en direct, en reprise ou sur internet en une semaine glissent de 158 mille à 99 en passant par 134. Signes annonciateurs de la suite? Il faut attendre pour savoir les quantités mesurées par l’audimat!

Les promesses du début, peut-être interprétées  avec trop d’optimisme, ne sont pas tenues. Avec un texte trop fragile fondé sur un seul personnage important entouré d’autres qui ne surprennent guère, l’ennui s’est installé. Et avec lui la déception.

« Vinyl » dès lundi 15.02.16 en VOST

Belle semaine pour les amoureux des séries exigeantes: il y a l’apparition de « Vinyl » présenté ci-dessous et le grand retour de « X-Files – La vérité est ailleurs » de Chris Carter, la dixième saison en six épisodes, avec les « anciens » Gillian Anderson et David Duchovny qui portent la récurrence de ces unitaires (RTS Deux – vendredi 19 février dès 20h50 – heure accessible à tous!).

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Martin Scorsese? Un des plus grands réalisateurs contemporains: dernier succès public, «Le loup de Wall Street».

Mike Jagger? Chanteur britannique co-fondateur des «Rolling stones»

Terence Winter? Scénariste co-responsable de séries comme «Les sopranos», «Boardwalk empire»

Lequel des deux premiers est le plus connu? Leur notoriété dépasse certainement celle d’un scénariste.«Shine a Light», chanson du groupe des «RS» de 1972 est aussi un film de Martin Scorsese en 2008.

Terence Winter a travaillé avec Scorsese pour «Boardwalk empire» et «Le loup de Wall Street»

HBO a mis ensemble Scorsese, Jagger et Winter: cela donne une série de dix épisodes intitulée «Vinyl», matériau plastique à base d’éthylène pour les bons vieux disques de grand-papa.

Bobby Cannavale (Richie Finestra) et Olivia Wilde (Devon Finestra) Photo HBO Photo HBO

Bobby Cannavale (Richie Finestra) et Olivia Wilde (Devon Finestra)
Photo HBO

De quoi s’agit-il?

Les américains découvriront le premier épisode de presque deux heures le dimanche 14 février. Le 15, OCS City présente «Vinyl» en version originale sous-titrée à 20h55. La RTS fait la même proposition le même jour à 22h20. Le premier épisode dure pratiquement deux heures: Scorsese le réalise lui-même, confirmant qu’il n’y a plus de frontière entre cinéma et télévision.

Sur son site, voici comment le service de presse de la RTS présente la série:

Plongée dans le New York musical des années 1970 à 2000. La dernière-née des séries-événement, «Vinyl», sera diffusée sur RTS Un, 24 heures après les Etats-Unis, en version originale sous-titrée. Trois pointures du rock et de la scène, Jagger, Scorcese, Winter, et un p’tit dernier nommé James Jagger dans le rôle d’un punk qui monte. C’est le deuxième rôle de James Jagger après son apparition dans «Sex, drug and rock n’roll» de Matt Whitecross. Un registre qui semble convenir comme un gant au fils «Rolling Stones».

A New York, dans les années 70, Richie Finestra est le patron de la division Artists et Répertoire au sein du fameux label American Century Music. En perte de vitesse, il doit absolument découvrir de nouveaux talents, de nouveaux sons. Marié à Devon, ancien mannequin, les excès en tout genre rythment sa vie et la quarantaine qui pointe son nez n’arrange rien à l’affaire…

Bobby Carnnavale Photo HBO/RTS

Bobby Carnnavale
Photo HBO/RTS

Côté presse

Bien sûr, on peut naviguer sur internet. Encore faut-il qu’un signe ait provoqué ce besoin d’en savoir davantage. Il arrive encore que la lecture soit un bon moyen pour attirer l’attention sur une série qui va certainement s’inscrire dans le haut de gamme.

Ce qui suit n’est pas une revue de presse; c’est seulement un reflet de mes lectures.

Dans «Le Temps», ( 12 février 2016), l’attentif Nicolas Dufour s’intéresse à cette «promesse à 33 tours».

«TV 8» fait un considérable effort en page 41: un entrefilet de 400 signes! Dans le «Guide TV», en page 25, parmi les «immanquables du lundi», c’est «le grand retour du Vinyl»: 500 signes environ. «Télétop Matin» fait nettement mieux que ses rivaux avec une page entière dans son édition du 14 février 2016.

Côté France: sans surprise, «Le Monde» (14-15.02.16) consacre presque une page aux « Souvenirs rock’n’roll de Martin Scorsese »

Dans «TéléObs»  du 13 au 19 février, trois pages bien tassées: «Martin Scorsese retrouve la niaque» en rock’n’roll.

Dans «Télérama» du 10/02/16, trois pages bien tassées, «Quand le rock a le blues».

A coup sûr, en voici assez pour signaler l’existence de ce qui sera un grand moment de dix semaines en télévision, annoncé dans ce blog par trois mille signes et deux images. Ensuite? Y revenir…

 

« Trépalium »et autres séries récurrentes

 Arte consacre ses jeudis soirs aux séries récurrentes qui proviennent d’un peu partout dans le monde, peut-être même en se passant volontairement des productions américaines. C’est là aussi qu’on y rencontre des séries produites par la chaîne franco-allemande, comme « Trépalium » . Profitons-en pour rappeler le lumineux souvenir du « P`tit quinquin », une des belles surprises audiovisuellles, donc cinéma et télévision confondus, de l’été 2014.

P'titQuinquin - une série signée Bruno Dumont Arte, 18 et 25 septembre 2014

P’titQuinquin – une série signée Bruno Dumont (Eté 2014 – Photo Arte)

Le visionnement du premier épisode de « Trépalium », production ARTE, permet d’être assuré de l’intérêt de cette série d’anticipation. Une citation de Ray Bradbury ouvre la série : « Il faut sans cesse se jeter du haut d’une falaise et se fabriquer des ailes durant la chute ». Elle donne une assez bonne idée des risques pris par les auteurs de la série sur laquelle nous reviendrons.

Voici quelques extraits tirés du site

http://www.arte.tv/magazine/trepalium/fr/trepalium-la-serie-danticipation-trepalium

Thriller d’anticipation ambitieux servi par un casting de prestige, la série « Trepalium » tisse des destins romanesques dans un monde futuriste où 80 % de sans-emplois font face à 20% d’actifs.

Dans ce monde, deux espaces sont séparés par un Mur d’enceinte imprenable. D’un côté la Zone, de l’autre la Ville. Cédant à une menace terroriste, le gouvernement impose aux salariés d’employer un quota d’« Emplois Solidaires » triés sur le volet. La famille de Ruben Garcia, un ingénieur en pleine ascension, est contrainte d’embaucher la Zonarde Izia, qui rêve d’offrir un nouveau destin à son jeune fils Noah.

Nadia PASSERON (Ronit Elka Betz), première ministre, avec son mari, Monroe Meretti ( 99, ministre de travail et sa fille Zoey, responsable de la communicatio .

Nadia PASSERON (Ronit Elka Betz), Première Ministre, avec son mari, Monroe Meretti, ministre de Travail et sa fille Zoey, responsable de la communication . (Trépanium – photo ARTE)

 

Le sériophile qui préfère les séries récurrentes aux unitaires, qui est même ravi de rencontrer des séries non américaines qui ne proposent pas des meurtres sanguinolents en grand nombre, n’est certes pas majoritaire. Le cercle des« fanas » du genre, qui parle «haut de gamme » ou « forte valeur ajoutée », va de quelques membres du conseil du public de la RTSR à certains rédacteurs de revues de cinéma plutôt pointues en passant par de rares spécialistes de la télévision. Ce milieu est plutôt en phase de croissance. Et puis, il y a tous ces jeunes mordus qui savent se débrouiller pour tout voir dans n’importe quelle version avant tout le monde, insaisissables par les mesureurs d’audience.

Actuellement sur la RTS

Le sériophile, qui continue de regarder sur son écran d’une dimension supérieure au téléphone portable et à la tablette, est parfois tout de même resté fidèle à « notre » RTS! Ces temps, il n’est guère gâté, depuis la fin de « The Knick ». Il y a « Anomalia » ( RTS1- samedi soirs vers 21h00 avec reprise les lundis sur RT2 vers 20h00). Il y a eut tout de même la fin de la troisième saison de « Masters of sex » ( lundi 8 février en deuxième rideau vers 23h00), où les deux chercheurs mettent un peu trop du leur dans des recherches scientifiques objectivement sexuelles. On peut aussi suivre « Boardchurch » en deuxième saison (sur RTS 2, mercredis vers 23h00, deuxième saison déjà vue ailleurs) ou « Downton Abbey » (les vendredis vers 23h00, sixième saison déjà vue ailleurs). Même en seconde mains, propositions honorables, à condition de ne pas insister sur les heures tardives réservées à des publics très minoritaires.

Dr William Masters (Michael Sheen) et Virginia Johnson (Lizzy CAPLAN9 dans "Masters of sex", fin de la 2ème saison le marci 9 février à 00h15 sur RTS1

Dr William Masters (Michael Sheen) et Virginia Johnson (Lizzy CAPLAN9 dans « Masters of sex », fin de la 2ème saison le marci 9 février à 00h15 sur RTS1

L’approche par la lecture

 Une information sur les prochaines sorties, qu’il s’agisse de cinéma ou de télévision, ou même de spectacles ou lectures en général, passe par une phase d’informations préalables. En fiction télévisée, pour les séries qui font l’objet de ces réflexions, la lecture de la presse spécialisée est plus féconde que les lancements offerts par les chaînes qui vont les diffuser. Les sources sont plus riches dans la presse française qu’en Suisse romande où la réflexion à propos de la télévision n’est pas très intense.

« Le Monde », dans son édition dominicale (7/8 février) sur quatre pages (une par jour pendant toute la semaine) met l’eau à la bouche.

Une page entière pour « Baron noir », une série politique prometteuse, sur Canal+ crypté, deux épisodes par soir, dès le 8 février : « la meilleure série politique française produite à ce jour ». On trouve aussi des approches de la série sur Télérama et même en Suisse ( Tribune de Genève des 30 et 31 janvier 2015 / Le Temps, 6 février).

Philippe Rickwaert (Kad Mehrad) et Francis Laugier (Nils Arestrup) à la conquête du pouvoir (Photo Canal +)

Philippe Rickwaert (Kad Mehrad) et Francis Laugier (Nils Arestrup) à la conquête du pouvoir (Photo Canal +)

 Une demi-page présente « American crime », Canal+ séries, « sans doute la grande série de ce début d’année, avant que ne sorte le 15 février, la très rock « Vynil » qui réunit Martin Scorsese. Mick Jagger et Terence Winter ».

 Un bas de page est consacré à « Trépalium » ( Arte, les jeudis 11 et 18 février, dès 20h55, en rafale de deux fois trois épisodes), largement commenté aussi dans Télérama » et présenté dans la « Tribune de Genève » ( 6 et 7 février), considéré comme un « Bijou d’anticipation » par Télétop-Matin (7 février).

On risque bien d’attendre longtemps avant de les voir apparaître vers 23h00 sur la RTS !

 

A N O M A L I A (II)

Vu donc, à domicile, les trois premiers épisodes sur un petit écran d’ordinateur. Revu (samedi 16 à 20h40 sur RTS1 – autre visionnement possible le lundi 18 à 20h10 sur RTS2) sur un un peu plus grand écran de téléviseur le premier épisode. Ce n’est tout de même pas la même chose : les détails sont mieux saisis, les sons plus finis, la mise en scène plus précise ! D’ailleurs, l’industrie du téléviseur tend vers l’écran le plus grand possible installé en appartement. Belle occasion de se demander ce que « voit » et « entend » un mordu du téléphone portable !!!!

Rappel : un premier texte a permis souligner l’importance économique d’une telle série télévisée pour l’audiovisuel romand: un investissement de 4,3 millions, dont 3,8 proviennent de la RTS, le solde à charge du producteur « Point prod ». Il s’agit donc d’une nouvelle étape du Tour de Romandie des séries télévisées, avec station dans le canton de Fribourg sur horizons enneigés de la Gruyère. L’importance de Valérie Rossier, neurochirurgienne, personnage principal, a été mise en évidence. A noter une incursion brève vers des scènes dominées par le violet !

Ambiance tournage au Rosaire le 05/03/2015 Avec Raphael Roger Levy, Natacha Régnier et Baptiste Coustenoble

Ambiance tournage au Rosaire le 05/03/2015
Avec Raphael Roger Levy, Natacha Régnier et Baptiste Coustenoble

Les personnages secondaires

 La durée du récit disponible, presque cinq heures et demie pour « Anomalia » en huit épisodes enfin présentés un par un, doit permettre de donner crédible existence aux personnages principaux et de soigner les silhouettes. Il ne fait pas de doute que Valérie et son fils Lucas sont d’emblée présentés dans leur complexité, faite aussi bien de nuances que de contradictions. Qui sont les ancêtres même lointains de Valérie ? Lucas parviendra-t-il à comprendre le comportement de Jacques, son ami ? Le professeur Wassermann, en fin de carrière, surprend par ses sautes d’humeur inattendues.

Ces dons, troublants même pour Valérie, vont trouver peu à peu leur origine dans un passé qui repose en bonne partie sur le pouvoir des plantes. Mais, hier, ce don de guérir était assimilé à sorcellerie, dont condamné par la société religieuse.

Ambiance tournage au Rosaire le 05/03/2015 Avec Pierre Monnard (réalisateur)

Pierre Monnard (réalisateur)

Une auteure solitaire

Valérie et ses multiples problèmes portent toute la série. Les personnages secondaires, après les trois premiers épisodes, apparaissent un peu « carrés», sans beaucoup de nuances. On pressent un peu trop rapidement que les retrouvailles avec Alex, l’ami d’enfance et copain de classe, ne se limiteront pas à quelques brasses dans une piscine….

Mais il faut aussi prendre acte de solutions d’écriture parfois fort élégantes. Valérie est séparée de son mari avec lequel elle entretient des contacts corrects : cela se passe au « portable », excellente utilisation d’un moyen de communication disponible en tout temps et en tous lieux. Ainsi apprend-on que Nicolas est « nettement plus doué comme ami que comme mari ».

A l’origine du texte, scénario et dialogues, il y a une seule auteure, Pilar Anguita-Mackay, qui doit maîtriser une durée équivalente à trois longs-métrages de cinéma ! C’est lourd, pour une seule personne. Est-ce un choix budgétaire de production ?

 

A N O M A L I A

Dans le titre déjà de la nouvelle série de la RTS, un premier signe de son étrangeté, la barre oblique du N majuscule est montante et non descendante.

L'affiche ( photos RTS /Laurent Bleuze)

L’affiche (Natacha Régnier)  ( photos RTS /Laurent Bleuze)

La nouvelle série proposée par RTS1 (dès le samedi 16 janvier 2016 à 20h40) est ainsi la plus importante production audiovisuelle suisse romande produite et terminée en 2015 : au générique, une quarantaine de noms des différents responsables de la réalisation, de l’écriture aux finitions, étalonnage y compris, une dizaine d’acteurs pour les personnages les plus présents, une quarantaine encore de figurants. Ce sont ainsi entre trois et quatre millions de francs investis dans l’audiovisuel. L’existence d’une telle série est aussi un poids lourd économique. Il est d’autant plus important de le signaler qu’une seule série sera, dès 2016, réalisée pas année, la hache de coupes budgétaires ayant fonctionné sans conduire à des pétitions protestataires. Freiner la production dans le domaine des séries, c’est aller à contre-courant d’un mouvement presque mondial qui va augmenter les offres, y compris sur internet seulement, Netflix et autres devenant de sérieux concurrents des chaînes de télévision.

Nouvelle étape du « Tour de Romandie »

Ces dernières années, la RTS a entrepris une sorte de Tour de Romandie à travers ses principales séries, Genève (« Dix », « Port d’attache »), Vaud (« Crom », « A livre ouvert », … ), Valais (« Station horizon »), Neuchâtel (« L’heure du secret »). Voici venu Fribourg, en Gruyère ( après des incursions d’ « Heidi » en ville). Ainsi fut faite, en général, une assez bonne utilisation du paysage. La neige et son fameux blanc manteau est fortement présente dans « Anomalia », avec un certain bonheur qui fait parfois penser, sans tempête, à celui des « Huit salopards » de Tarentino sur grand écran super-large.

La neige : décors Rosaire

La neige : décors Rosaire

On peut aussi se poser la question de l’enracinement dans la société de la région. Le lien établi dans « L’heure du secret » avec l’horlogerie, plus solide dans la première saison que la seconde, fut tout de même masqué par un certain nombre de cadavres avec intrigue policière. Dans l’existence d’une clinique privée de luxe en Gruyère montagneuse, il n’y a pas de lien particulier avec la société fribourgeoise. D’ailleurs, cet enracinement n’est pas indispensable pour la réussite d’une série. Est-ce au moins un bonus ? Peut-être même pas. Une bonne histoire suffit….

 Ces premières remarques reposent sur le visionnement des trois premiers épisodes. Les résumés du dossier de presse permettent prudemment d’espérer ne pas devoir les modifier exagérément en cours de route.

Valérie Rossier

 Les huit épisodes de la série, pour un récit qui dure un peu plus de cinq heures, reposent fortement sur le personnage principal, Valérie Rossier, prometteuse neuro-chirurgienne séparée de son mari, qui revient avec son jeune fils Lucas dans sa Gruyère natale pour y exercer son métier dans une clinique privée haut de gamme. Elle y retrouve le professeur Wassermann, son lointain mentor versatile. L’univers réaliste médical est un bon reflet du secteur privé, d’où qu’il puisse être. L’existence d’un robot de haute technicité pourrait bien jouer un rôle important.

Alors même que la voiture de Valérie roule sur une petite route enneigée, un coup de frein intempestif survient. Il y avait un obstacle sur la route, que l’image ne montre pas. Mais Lucas s’étonne : il n’a vu personne. C’est le premier signe de ce qui va transformer Valérie : une lointaine parente fut, il y a fort longtemps, brûlée comme sorcière, laquelle sorcière était aussi guérisseuse. Les plantes peuvent guérir, mais tout autant un don qui permet de sentir des éléments invisibles conduisant à soigner mystérieusement des maux, sans qu’il soit question de miracle religieux. Ce don, Valérie découvre, étonnée, troublée, qu’elle pourrait bien le posséder.

C’est ainsi qu’elle comprend qu’un bras paralysé s’explique par la séparation d’une sœur jumelle morte en couche. Elle expliquera aussi pourquoi un opéré se met à parler dans une langue qu’il n’est pas censé savoir. On va donc, à travers le personnage attachant de Valérie, osciller entre le présent presque ultra réaliste d’une clinique moderne et l’univers imaginaire étrange des guérisseurs qui, en remontant dans le temps, tenait de la sorcellerie. Il y aura des rêves cauchemardesques de Valérie, des visions qui s’inscrivent dans la réalité, des images sous-marines fantasmées, des présences qu’elle est seule à voir, ce qui pose un problème de mise en scène. Quels sont ces liens créés par la mise en scène, par exemple avec une utilisation de la couleur violette dans des scènes médicales, ce même violet réapparaissant dans des visions ? Elément étonnant à signaler en passant puisqu’il dépend d’une décision de mise en scène en toute fin de processus créatif, le travail sur les couleurs lors de l’étalonnage.

Pour le violet -Isabelle Caillat.... dans une grotte à Vallorbe Isabelle Caillat

Pour le violet -Isabelle Caillat( Iseut)…. dans une grotte à Vallorbe

La question de l’écriture

 Dans les trois premiers épisodes, Valérie occupe assurément au centre du récit. Au détriment des autres personnages, un peu trop « carrés » ? Peut-être ( à suivre)

 

Ecrans de fêtes

Pour qui attend du petit écran plus qu’une distraction offerte par le robinet à images sans surprise, les périodes de fêtes ne sont pas très séduisantes. Que découvre-t-on en pitonnant, même pas au hasard, mais d’un canal à l’autre parmi ceux que l’on suit assez régulièrement – RTS1, RTS2, Arte, France 5, France 3, France 2, Mezzo ?

Les rétros, en tous genres, s’y trouvent un peu partout. Rencontré sur la RTS : un digne et triste rappel du massacre de janvier autour de « Charlie » ; un digne et triste rappel du 13 novembre, entre autres. Et pour conclure: le caleçon coloré en diagonales de Wawrinka à Roland-Garros! Mais oui !

Dans mon dos, alors que je fais une recherche sur mon ordinateur, récepteur allumé, j’entends donc une rétrospective de meilleurs moments sportifs. Elle est riche, diablement riche, la bande sonore : il y a des cris en tous genres, appuyés par les élans des experts et commentateurs avec souvent sempiternelles répétitions. C’est bruyant !

Et voici les « variétés » avec multiplication de vedettes dans des décors luxueux saisis par des caméras volantes devant un public prié de manifester sa satisfaction. Ce qu’il fait parfois avec des applaudissements ou en criant. Brailler : est-ce cela, la complicité, la joie partagée ; mieux, l’interactivité ? !

Glissons : « 26 minutes » s’est fait place solide en parts de marché sur RTS1 le samedi soir. Les deux Vincent restent excellents, au point d’arriver à nous faire croire que l’un surprend l’autre qui peine alors à retenir son rire. Ce public invité que se met à brailler à la fin d’un sketch souvent de bonne qualité augmente-t-il les parts de marché en milliers de spectateurs?!

Glissons encore : que le public invité à « Infrarouge » applaudisse quand commence l’émission peut être pris comme une moyen de remercier d’être accueilli sur le plateau. Mais comment interpréter les applaudissements finaux ? Comme un jugement sur la qualité des débats et de leurs animateurs ? « C..dans l’air » (France 5) ou « 28 minutes » (Arte) font quotidiennement mieux sans public pour applaudir, parfois bien timidement!

C’est aussi le temps des « bêtisiers », qui font bien rire ceux qui se plantent, qui permettent de faire croire que la télévision se moque d’elle-même. Rires et humour ne sont pas forcément communicatifs !

Lots de consolation

 Oui, mais tout de même, on peut trouver de bons moments sur en petit écran en cette période de fêtes.

Borschberg et Piccard

« Les coulisses de l’événement » (RTS1, mercredi 23), avec André Borschberg et Bertrand Piccard et leur rêve à plus de cent cinquante millions, le vol déjà à moitié réalisé, çà a bien plus belle allure que le précédent un peu tristounet avec un dirigeant du football mondial.

Roberto Alagna

Passer en musique une bonne soirée avec Roberto Alagna et ses amis ( France 3, jeudi 24 décembre) apporte des moments de plaisir et même d’émotion dont il faut souligner la dignité.

Downton Abbey

Personnage dominateur et ultra-cosnervatrice, mais combien délicieuse dans ses remarques, la douarière ( )

Dominatrice et ultra-conservatrice, mais combien délicieuse dans ses remarques, la douarière, Maggie Smith (HBO/TMC )

« Downton Abbey », en sixième saison, touche à sa fin ( dernier épisode sur TMC le 2 janvier 2016). Julian Fellowe, acteur, écrivain, scénariste, membre de la chambre des lords côté conservateur, s’est fait l’auteur d’une imposante saga familiale dont le thème tourne autour de la sauvegarde devenue de plus en plus difficile d’un imposant château. En sixième et dernière saison, pas la moindre usure!

Miss Fisher enquête

Miss Phryne Fisher (Essie Davis), chapeau assorti à la robe, en change souvent dans le même épisode...

Miss Phryne Fisher (Essie Davis), chapeau assorti à la robe (Photo France 3, épisode inaccessible sur internet en notre territoire – A qui doit-on cet « Interdit »?)

Il faut bien avoir le droit de se contredire. « Miss Fisher enquête » est une série dont le premier mérite est de venir d’ailleurs, d’Australie. Miss Fisher y conduit avec bonheur une rapide enquête dont les ficelles sont parfois un peu grosses. Mais c’est l’occasion de rendre visite à des milieux différents, par exemple un magicien sur scène ou un camp militaire (dimanche 27 décembre- France 3). A l’élégance de la mise en scène s’ajoute celle, vestimentaire, de Miss Fisher qui porte au moins six tenues différentes dans chaque numéro.

Rétrospective Tati

Mon ooncle et quelques-uns de ses accessoires, avec son nevau (Photo Arte)

Mon oncle et quelques-uns de ses accessoires, avec son neveu (Photo Arte)

C’est définitif : le ciné-club a changé d’écran. Il ne convoque plus sur le grand, désormais remplacé par les multiples offres de chaînes qui se donnent tout de même une composante culturelle. Ainsi en va-t-il d’Arte et de sa rétrospective Tati, avec « Les vacances de Monsieur Hulot » et Trafic » ( lundi 21 décembre), « Mon oncle », « Jour de fête » et « Play time » ( 28 décembre). Certes, les films un par un du bon vieux ciné-club, c’était tout de même une meilleure manière de déguster un œuvre que par rafale – sur Arte, la soirée du 28 commence à 20h50 et se termine à 02h10 !

 

Retour sur séries : « The Knick »

Voici l’adresse d’un site permettant d’en savoir beaucoup sur la saison (05.01.16)

http://www.cinemax.com/the-knick/season-2/20-this-is-all-we-are.html

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 Rien sur les séries, depuis septembre ! Et pourtant, un bon tiers au moins de mon temps consacré au petit écran est réservé aux séries, pour rencontrer le plaisir issu d’un récit ample et romanesque. Ce qui veut donc dire qu’il n’y a guère de temps à perdre devant les séries unitaires, qui repartent à zéro à chaque épisode, genre « Les experts » et autres polars, souvent américains, souvent violents, souvent à New-York, souvent bien troussés, mais sans surprise, sinon l’histoire du jour, souvent expédiée au maximum en cinquante minutes. Par contre, « The Knick » est une parfaite réussite du genre récurrent.

Le réalisme de "The Knick" en salle d'opération (RTS/HBO)

Le réalisme de « The Knick » en salle d’opération (RTS/HBO)

Bien sûr, ce qui enrichit l’audiovisuel et en même temps l’espace de la culture, ce sont les séries récurrentes inscrites en centaines de minutes, dans lesquelles on retrouve la force de la littérature qui s’étend sur des centaines de pages. Il s’agit bien de « la puissance de la fiction, donc de la littérature » selon Joseph Campbell, cité dans « Télérama » (19 au 15 décembre 2015), dans un de ces multiples textes sur « Star war » publié avant la sortie du film, sous bonne garde de la police disnéenne qui a su mettre tous les médias à ses ordres, l’index sur la couture du pantalon du respect ! Dans ce texte, on y glane aussi une idée qu’il serait intéressant de creuser : en salle, le cinéma «  peut créer des héros, alors que la télévision, que l’on voit chez soi, ne produit que des célébrités « .

 Face à la série récurrente, force inventive de la télévision qui s’affirme depuis une bonne décennie, me voilà en grand âge à savourer à nouveau mais autrement cette littérature que je dévorais ado ou jeune adulte !

A quelques exceptions près, ces séries récurrentes de haut vol, on les retrouve sur chaînes francophones plutôt en fin de soirée. Ce qui fait glisser vers un autre problème : il y a souvent d’excellents producteurs en télévision qui savent faire appel à de grands scénaristes mis en scène par de talentueux réalisateurs, avec d’excellents acteurs, appuyés au final par des artisans techniciens créatifs qui savent donner rythmes et émotions aux récits.

Tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes télévisés s’il n’y avait les programmateurs guidés par les parts de marché qui permettent de prendre allègrement une information quantitative pour un jugement qualitatif. Une série récurrente demande plus d’attention qu’une unitaire. Donc les bonnes heures en premier rideau pour les plus « rassembleuses »!

Un bon exemple du travail sur la lumière (RTS/HBO)

Un bon exemple du travail sur la lumière (RTS/HBO)

The Knick en fin de 2ème saison

Et d’abord des considérations pratiquement absentes de la grande majorité des réflexions sur le petit écran. De « The Knick », dès les premiers épisodes, une chose frappe : la beauté des images, les équilibres de couleurs, le travail sur les lumières. Mais il ne vient presque à personne l’idée d’évoquer cette notion de beauté devant ces milliers de minutes d’images qui coulent sur un téléviseur. Et sur un portable, quelqu’un se rend-il compte qu’il y a des images qui peuvent être plus belles ou plutôt moins banales que les autres ? Et bien, cette fois, sans le grand écran qui lui continue de savoir faire la différence entre une belle image ou une autre banale, on y est : « The knick », visuellement, c’est beau. Mais évoquer la « beauté », c’est aussi devoir s’accommoder des scènes d’opérations médicales, souvent à la limite du supportable, où le sang coule d’entre les chairs coupées.

Même petite, cette image est-elle belle ? ( The Knick - RTS/HBO)

Même petite, cette image est-elle belle ? Elle donne au moins une idée sur la lumière…( The Knick – RTS/HBO)

Résultat d’une lecture : pour la précision chirurgicale de ces scènes, un spécialiste de l’histoire de la médecine a été requis, qui assure l’authenticité des méthodes nouvelles d’interventions « expérimentées » par Thackery alors même que les sédatifs n’étaient guère efficaces.

Soderbergh superviseur

Se pourrait-il que cela soit du à l’influence de Steven Soderbergh ? Il est crédité, dans une fiche technique, de la réalisation, de la photographie et du montage (source Wikipédia), de tous les épisodes des deux saisons. Soderbergh n’est pourtant pas responsable à cent pour cent de la série, puisqu’il ne participe pas à la phase essentielle du genre récurrent, l’écriture, mais il supervise donc tout le reste. On peut donc lui attribuer entièrement la réalisation et la mise en scène d’un texte du reste génial signé Jack Amiel et Michael Berger.

Les personnages au féminin

 On pourrait s’arrêter à l’ensemble des personnages importants, alors que les secondaires sont toujours bien présents. Le choix est ici fait de souligner le force tranquille et la subtile densité de trois personnages féminins, Lucy, l’infirmière dévouée, efficace, amoureuse de Thackery, Cornélia, l’épouse grande bourgeoise qui ose s’engager dans des actions non- conformistes et enfin l’étrange nonne rejetée par sa communauté, avorteuse par charité qui risque la prison.

Cornelai Robertson (Juliet Relance) (HOB/RTS)

Cornelia Robertson (Juliet Relance) (HBO/RTS)

Au début de XXème siècle, la société bourgeoise démocratique européenne ou américaine n’était pas particulièrement féministe, reléguant la femme à son rôle d’épouse, de mère ou de maîtresse. Ces trois femmes doivent leur existence à l’écriture, toujours parfaitement servie par les interprètes et le travail de Soderbergh.

Les problèmes de société

 Bien entendu, la chirurgie au début du XXe fait des progrès, qui reposent autant sur des hommes audacieux que sur les progrès scientifiques, qui vont permettre de voir des éléments de plus en plus petits. La vie d’un hôpital du secteur privé, alors même que le public était pauvre, est bien racontée, en particulier à travers des problèmes de financement imposant du rendement.

La photographie au service de la chirurgie (Alnergon)

La photographie au service de la chirurgie (Dr Algernon Adwards – André Holland)

La deuxième saison, parfaitement inscrite dans la ligne ouverte par la première, lui est peut-être même supérieure par son ouverture sur le monde extérieur avec des décors plus nombreux. L’argent y règne en puissance provocatrice  avec son cortège de combinards et d’escrocs, même s’il est difficile de bien comprendre quel était le pouvoir d’achat par exemple d’un seul dollar. Le racisme est d’autant plus présent qu’Edwards est un grand chirurgien dont la carrière reste freinée par la couleur de sa peau. Et la sexualité, la drogue, le besoin de dominer sont désormais bien installés au cœur de la série.

L'activité commerciale installée dans la rue

L’activité commerciale installée dans la rue

Audacieuse mais tardive programmation en VOST

Rappelons que la RTS continue de diffuser chaque épisode immédiatement après sa sortie américaine, en version originale sous-titrée. C’est un risque de programmation, qui devrait être pris plus souvent par une chaîne de service public qui tente de rajeunir son public. Et qu’importe les parts de marché soient bonnes, moyennes ou faibles. Le service public doit occuper certaines « niches » programmatiques pour que, sur le durée, ces niches cessent d’exister. Présenter rapidement une série en version originale sous-titrée est chose audacieuse, l’audace tout de même atténuée par une programmation trop tardive.

La rentrée des séries

(Illustrations suivent)

Pas très « sexy, les programmes tv, l’été, avec des « vacances » qui durent au moins huit semaines, beaucoup de reprises avec mises à jour, du divertissement. Pourtant, en cette période de l’année, la ménagère de moins de cinquante ans, toujours la même depuis vingt ans, est parfois plus disponible . Début septembre, c’est la rentrée. Dans la presse un peu sérieuse qui s’intéresse à la télévision, autrement dit dans celle qui ne se contente pas de faire la promotion plus ou moins commentée de multiples programmes, on célèbre cette rentrée comme un espoir. Pour être dans le vent, rien de tel que de rendre hommage aux séries qui prennent de plus en plus de place, non pas dans les programmes, c’est chose acquise depuis longtemps, mais dans la presse sérieuse, laquelle prend réellement conscience du haut de gamme

TéléObs

Dans le numéro de fin août, en première, ces séries « vont créer l’événement, (c’est) pourquoi on les attend ». Suivent six pages d’énumération, « Attention,avalanche » avec brèves réponses à trois questions, C’est quoi ?, Pourquoi on attend ?, C’est pour qui ? Idée intéresssante, ajouter un « indice d’impatience, qui oscille entre 6, pour « Au service de la France » et « Mentalist » et 10, pour « The affair » et « The Loftlovers

Sont abordées quatorze propositions, huit américaines et six européennes. Mais parmi celles-ci, il y a une anglaise, une française en anglais, « Versailles », une franco-hollandaise, et trois franco-française ( * »Au service de la France », « Les revenants » et « Un village français ». Manque un brin d’ouverture sur toutes les autres provenances, les scandinaves, bien sûr, mais pas seulement

Autre indice intéressant qui concerne la France, donc indirectemeent la Suisse romande et peut-être la Belgique francophone : cinq des offres sont accessibles sur une chaîne généraliste gratuite (Tf1, France3, W9 et deux fois ARTE). Il faut payer pour les 9 autres un abonnement (Netflix , Canal + et Canal Séries).

Sur la RTS, dont la programmation devrait tout à la fois ressembler à celle de TF1, France 2 et 3, France5 et Arte, exigences surréalistes, mais qui ressemble plus souvent à TF1 qu’à France 5 ou Arte, on a vu « Homeland » (indice d’impatience 7) « Mentalist » (6), « L’Affair » (10), sauf omission. On en verra peut-être d’autres peut-être parmi les nouveautés…

« Le monde »

Six éditions du dimanche/lundi ( des 19 et 29 juillet 2015 au 23 et 24 août) furent consacrées à une série de six pages ayant pour thème « L’Europe des séries », places faites dans l’ordre à La France, l’Italie, l’Allemagne, l’Espagne, le Belgique, la Suède(et ses voisins).

La Suisse est encore un peu trop « courte » pour intéresser les collaborateurs du « Monde ». Mais peut-être bien que les Wallons savent mieux se faire connaître à Paris que les Romands !La TSR dispose tout de même d’une case régulière, « Made in Europa », à la programmation souvent intéressante, mais rejetleé à des heures tardives ( entre 22h30 et 01h00 selon les semaines)

Télérama

Télérama aère sa partie réflexive en doublant de cinq à dix la pagination pour passer de « votre semaine télé » à un « magazine » : « Vous regardez la télé autrement, nous aussi », ceci pour « vous faire aimer ce trésor d’ouverture sur le monde ». Rien que cel ! Encore un petit effort, et l’on y accordera plus de place aux séries peut-être sous-estimées dans cet excellente publication culturelle.

L’hebdo

Le 8 août 2015, « L’hebdo » consacrait son édito au « modèle danois » dans le secteur des séries. Ensuite, sur sur trois pages, on se demandait « si la Suisse devenait le nouveau Danemark » qui évoquer largement le problème des séries européennes dont on vient de voir un exemple intéressant qui ne s’inscrit pas encore dans le haut de gamme, « The team » présenté par la RTS puis par ARTE (nos 7 et 8 sur 8 ce jeudi 10 septembre 2015).

On y reviendra !

 

 

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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