Taches d’encre
L’argent de poche de «Pipeules» ou le succès des plaideuses et plaideurs
Evoquer la presse « pipeule », c’est aborder un problème de communication en observant une certaine distance ; sinon on écrirait « populaire », mot tout à fait « honorable » ; lui ! Va pour »pipeule » : mettre en couverture ce qui parfois se passe sous les couvertures privées des « pipeules » est d’un bon rendement pour la presse dont les tirages ainsi se dressent.
Il existe dans ce domaine aussi une source de « bonus », oh, bien plus modestes que ceux de nos chers et souvent très coûteux banquiers et autres spéculateurs.
A force de procès ouverts devant une juridiction de France que l’on dit généreuse pour les plaignantes et plaignants, sources officielles citées, le « TélécinéObs » (du 27 mars au 2 avril), donne quelques informations numériques sur le montant obtenu en « dommages et intérêts » pour atteinte à l’image privée de discrètes personnes.
Laurence Ferrari a tiré143 mille euros lors de seize actions en 2008, auxquels on peut ajouter 75 mille autres euros gagnés par le père de ses enfants.. Claire Chazal accumule de 2006 à 2008 325 mille euros. Et ainsi de suite.
De bons avocats doivent ainsi faire de belles factures. Des œuvres de charité parfois en profitent. Pour ceux qui sont, comme tout le monde le sait, modestement payés au smig, cet argent de poche ainsi gagné est précieux. Il n’y a pas de petites recettes !
Mais ce n’est pas une information « suisse » où de pareils excès ne se produisent pas.
Je regrette que l’on regrette…
Dans le Médiatic no 153 du 12 mars 2010, page 3, on lit dans l’excellente rubrique intitulée « Il a aussi été dit que… » :
« On regrette la programmation de la série Scènes de Crimes le vendredi à 20h10 sur la TSR1 ».
Ah bon ? Mais, qui ça, « On » ? La majorité du Conseil du public après un vote ? Une ou quelques voix solitaires ? Et puis, on regrette quoi ? Renseignements aimablement obtenus, ceci : c’est la programmation en ouverture de premier rideau, chaque vendredi, qui fit problème à quelques-uns.
Scènes de crime en Suisse il est vrai aura ainsi remplacé durant près de deux mois le délicieux, dense Le Passager avec les rires spontanés de MM, qui aurait du laisser les deux vachettes à l’écurie. Il existe, pour ce genre d’émission assez pointue, rappelant des crimes sordides, des cases accueillantes, par exemple une fois par semaine aux environs de deux heures du matin quand se termine le second épisode de la dose hebdomadaire de 24 heures chrono.
Regretter est bien sûr un droit individuel. Mais les regrets auront ainsi masqué un élément très, très positif, surtout par sa rareté. Pour une fois, la TSR offre une mini-série fort bien faite à Zürich, Scènes de crime en Suisse et fort bien adaptée en français. L’« Idée suisse », dont il ne faut pas regretter l’existence même si rare dans les programmes, ne se réduit pas toujours à une idée régionale !
« Définition » du téléspectateur cultivé !
Enfin un critère pour mesurer le degré de culture du téléspectateur moyen, saisi au hasard d’une petite phrase, non pas cueillie par Dujany en faisant le trottoir, mais prononcée sentencieusement lors d’un débat sérieux sur le rôle des archives audiovisuelles (Tard pour Bar – 29 octobre 2009). Les Suisses (ou seulement les Romands ?) seraient, en règle générale, plus cultivés que les peuples qui nous entourent. Vint une preuve à l’appui : chaque jour, à Meyrin, on regarde une heure de moins la télévision qu’à Annemasse ! Donc, moins on regarde la télévision et plus on est cultivé. Regarder peu, c’est peut-être manquer de temps, ou en passer beaucoup sur internet, ou encore consulter longuement son portable. Mais c’est aussi fort souvent faire des choix dans l’abondance des offres, acte de culture, assurément. Reste une information à fournir plutôt que des commentaires à formuler. L’auteur de cette affirmation étayée par une preuve n’est autre que l’ancien responsable des programmes de la TSR redevenu téléaste, Raymond Vouillamoz !
Convergence sans et avec diversité
Dominique Warluzel
Dans la riche série de la présence des avocats genevois
- Dimanche 13 décembre 2009 : invité de Darius Rochebin, dans Pardonnez-moi, présence intéressante.
- Mardi 15 décembre 2009 : invité d’Esther Mamarbachi à Infrarouge pour parler banque, présence fort intéressante.
- Mercredi 16 décembre 2009, présentation d’une mini-série documentaire dont la première émission est consacrée à son ami Alain Delon et co-produite par Béatrice Barton
Dominique Warluzel et ses invités (photo : TSR)
Des minarets à la burka
- A Infrarouge :médaille d’OR toutes sauces Oskar Freysinger
- Dans les chaînes étrangères y compris arabes, médaille D’ARGENT Oskar Freysinger
- Pour sa contribution à la burqa, le minaret jugé insuffisant, avec l’ouverture vers les cimetières Christophe Darbellay. Contrairement aux apparences, ils n’appartiennent pas au même parti, du moins politique, mais au même canton.
Parts de marché convergeantes
On aime bien, à la TSR et ailleurs, se vanter de records audimatiques qui convergent vers les sommets. Ainsi pour Infrarouge,en tête l’émission après les événements d’une rencontre de football entre la Turquie et la Suisse et la récente et 34ième émission sur les minarets.
Un point commun : la Suisse est une victime, du fanatisme turc dans un cas, d’elle-même dans l’autre.
Le sens d’un sourire
Un portrait par la photographie dans un journal, sur une affiche, affiche donc un sourire plus ou moins large. Dès lors, une photo sans sourire intrigue, puisqu’elle est minoritaire.
En télévision, dans un débat animé et contradictoire sur un sujet sérieux ou grave, que devient le sourire ? Au soir du 17 novembre 2009, à l’Arena timide romand nommé Infrarouge, dirigé par Elisabeth Logean, on discutait caisse unique. Le président de Santé suisse, Claude Ruey, défendait bec et ongles le système actuel de concurrence entre caisses tellement plus adorable que la caisse unique que personne ne lui demanda pourquoi notre système est un des plus coûteux au monde, rapporté du produit national brut. Et joyeusement, comme un incontournable Valaisan, il interrompait les autres invités, faisant perdre le fil du débat en duos répétés. Manqueraient alors les SMS disparus qui eussent amusé la galerie ! Sur le visage de Claude Ruey, devant les arguments que ses adversaires parvenaient à faire passer, on pouvoir lire ou deviner parfois au moins l’esquisse d’un sourire ironique bien éloigné du sourire d’un « people » heureux d’être élu !
Rien n’est joué : Flaubert, pur réaliste ?
Le 16 octobre dernier, Madeleine Caboche, animatrice de Rien n’est joué, a su parier sur l’audace : parler de Flaubert et de littérature un vendredi à 11 heures sur La Première. Une émission captivante, un invité passionné, Pierre-Marc de Biasi, et une simplicité de dialogue ne pouvaient que charmer les auditeurs. Entre sérieux et anecdotes, tout un chacun a pu découvrir non seulement les grandes oeuvres de l’auteur, mais également le personnage, l’homme amoureux des chevaux, des femmes, et de l’écriture. Durant l’ensemble du reportage, l’auditeur a entendu « Flaubert, le réaliste ». Une question se pose cependant : dans une émission intitulée « Rien n’est joué », a-t-on le droit d’être aussi affirmatif ?
Bien plus que pur réaliste, Flaubert n’a-t-il pas en effet touché au romantisme, à l’autobiographie, au carnet de voyage, et peut-être même au fantastique?
L’émission de Madeleine Caboche fut certes passionnante, mais sans doute trop affirmative, trop absolue. N’oublions pas que « catégoriser » peut induire en erreur, et cantonner Flaubert au pur réalisme, c’est passer à côté d’une partie de son oeuvre. Rien n’est jamais totalement joué !
Convergence : définition
Il est beaucoup fait allusion à la convergence RSR/TSR ces derniers temps. De quoi s’agit-il? Larousse donne pour définition: action de converger (ben alors). Plus loin on peut encore lire: action de tendre vers un même but. Il y a encore trois autres définitions (neurologique, optique et mathématique) qui ne semblent pas entrer dans le domaine de la radio ou de la télévision. En consultant d’autres dictionnaires, on peut aussi lire: avoir le même objectif et les synonymes mentionnés pour converger sont: aboutir, affluer, concourir et tendre. Est-ce que le terme pour notre radio et notre télévision a été bien choisi? Il y a un domaine où c’est nécessaire et où ça pourrait se faire dans l’immédiat, c’est celui du tennis ! La TSR envoie un journaliste aux tournois de Sydney, de Roland Garros à Paris et de Wimbledon à Londres et probablement à celui de Flushing Meadows de New York pour la retransmission des matches des joueurs suisses et des autres rencontres importantes, ce qui est très bien.
Dans le même temps, la RSR envoie une journaliste aux mêmes tournois. Cette dernière, par ailleurs excellente, ne prend la parole que toutes les heures pour mentionner pendant 30 secondes environ lors des flashes info horaires, qui un résultat qui un petit événement! Est-il nécessaire qu’une «petite» TV et radio comme la nôtre se fende d’envoyer deux reporters aux antipodes? Pourrait-on demander aux journalistes de la TSR de réaliser ledit tour d’horizon horaire pour la RSR en délaissant pendant une minute leur reportage dont les images, par ailleurs toujours superbes, sont facilement compréhensibles pour tout un chacun, pendant quelques secondes, sans commentaire?
Ça, ça serait de la convergence, soit tendre vers un même but et surtout des économies «hénaurmes».
À vouloir parfois chercher trop loin, on en oublie la proximité
Vu ou entendu sur la TSR
Pendant les championnats du monde de hockey
- un consultant (Gilles Montandon) pas rasé avec une casquette à l’envers,
- un autre consultant (Larry Huras) qui parle si vite et si mal en utilisant des expressions et un vocabulaire peu si connus en Suisse romande que l’on ne comprend pratiquement rien de ce qu’il essaie de dire,
- des anglicismes à profusion (« on change de shift, c’est du power ou box-play, il est drafté par, il s’est fait checké, il a fait un slap, » etc…).
Lors d’une demi-finale de la Coupe d’Europe:
Un consultant, encore,(Léonard Thurre), pas rasé et utilisant le tutoiement avec son journaliste.
Bref, si les journalistes sportifs sont toujours ou presque excellents, le niveau des consultants est de plus en plus bas et le respect du téléspectateur sportif file à la vitesse grand V. Ce n’est pas parce que l’on ne se préoccupe que du sport que l’on doit être débraillé, mal soigné et ne pas châtier son langage. Doit-on vraiment faire dans la médiocrité pour se rendre passionnant?
Messieurs les très (trop) nombreux consultants du Service des sports, reprenez-vous, regardez et écoutez de temps en temps les chaînes françaises, ou même suisses-alémaniques. Merci pour notre belle langue française, merci pour nous
Tard pour un Bar enfumé
Lors de Tard pour Bar (TSR1) du 16.04.2009, les spectateurs ont constaté que les Sieurs Flütsch/Meury fumaient abondamment en réalisant des volutes importantes. Il s’agissait d’une provocation de Thierry Meury dont chacun sait qu’il milite contre l’interdiction de fumer dans les lieux publics genevois. Michel Zendali n’a pas su, ni osé, intervenir face aux monuments Flütsch/Meury craignant peut-être de se faire houspiller ou ridiculiser, et c’est bien dommage! Ça lui aurait fait un point de plus, ce d’autant que maintenant, il en aura un en moins!
Il n’en demeure pas moins que cette fumerie organisée était illégale et mal à propos. D’aucuns rétorqueront que la séquence était tournée dans un vrai bar à Lausanne où il n’existe pas encore d’interdiction. Mais, même enregistrée à l’extérieur, une émission se doit de respecter les obligations dont celle de ne pas montrer des gens qui fument. Point bar(re)! Interpellé à ce sujet, le Directeur général de la TSR a promis d’intervenir et de remettre les fumeurs à l’ordre.
Histoire d’une divergence
Dans ce contexte de débat lié à la « convergence » et aux craintes concernant un déménagement de la radio à Genève, il est bon de se rappeler qu’il y a une trentaine d’année, les inquiétudes étaient à peu près les mêmes lorsque les cars de télévision partaient s’installer définitivement dans la cité de Calvin. En feuilletant un ancien numéro de l’hebdomadaire L’Echo Illustré de 1961, je suis ainsi par hasard tombé sur une image qui prend aujourd’hui un sens tout à fait particulier. Le commentaire qui l’accompagne est particulièrement explicite : « Le Conseil fédéral ayant attribué le studio de la Télévision romande à Genève, les 4 cars de reportage ont définitivement quitté Lausanne pour le bout du lac. Ils étaient, à cette occasion, décorés avec … des couronnes mortuaires ! »




