Damages : de Madoff à Tobin

« Damages », troisième saison en cours sur RTS Un, le vendredi soir, évidemment tardivement, en attendant les deux suivantes, c’est d’abord un personnage féminin fort, comme le sont souvent celles des meilleures séries. Patty Hewes, à la vie personnelle pas simple, grand avocate spécialisée dans l’obtention de dommages et intérêts ( des damages en langue d’origine), cyniquement efficace, poursuit rageusement ceux qu’elle traque, guère regardante sur ses méthodes pour obtenir des informations ou créer des situations favorables à sa cause. Ses collaborateurs, même les plus proches, doivent aussi s’accommoder de la rudesse de ses méthodes.

Glenn Close

Glenn Close dans un environnement très très coloré

A personnage fort, il faut grand interprète. Glenn Close, la soixantaine atteinte sans que cela soit évident, c’est  « Liaisons Fatales »  (A.Lyne), la Merteuil des « Liaisons dangereuses » ( S.Frears)  ou la Cruella des « 101 dalmatiens »assurément plus que le discret « Albert Nobb » du film de Rodrigo Garcia qu’elle tenait tant à inteprèter. Ce fut déjà belle présence en juge fédérale dans « A la maison blanche » présidentielle. Rose Byrne, en Ellen Parsons, est pour elle d’abord une ambitieuse collaboratrice et une redoutable adversaire.

Encore Glenn Close, changement de couleur ! Mais le reflet semble plutôt appartenir à Rose Byrne en Ellen Pearso

Six mois plus tard …

Curieuse, la construction dramatique de chaque saison, avec une nouvelle affaire qui débute quand le spectateur se trouve brusquement projeté six mois plus tard,  ou quatre et moins encore quand le temps défile. Lors de cette troisième saison, la découverte est faite assez rapidement du corps du plus proche collaborateur de Patty, Tom Hayes ( Tate Donovan), coincé dans un conteneur à ordures. Mais il est mort par noyade. Pas de surprise sur les faits, une belle ouverture sur le pourquoi de ce décès brutal, et la recherche des auteurs de ce geste. Cette complication temporelle est joue indiscutablement un rôle important dans l’intérêt que l’on porte au récit.

La réalité nourrit la fiction

Joe (Scott Campbell), fils de Louis, mais Tobin de la fiction et non Madoff !

Plus, dans cette troisième saison, voici assez claire allusion à l’affaire Bernard MADOFF, arrêté en décembre 2008  pour avoir escroqué des milliards à ses victimes mais aussi aux établissements bancaires qui crurent (naïvement ?) à sa pyramide dite de Ponzi. Une partie de sa famille fut chamboulée par l’affaire, un de ses fils conduit au suicide. Les Tobin, père,  épouse, fils font claire référence à Madoff. Le choix du patronyme rappelle ironiquement la taxe du même nom qui devrait « punir » des transactions financières spéculatives ! Mais l’escros par milliards n’intéresse pas tellement les auteurs de la série. Leur attention se porte et sur l’argent probablement dissimulé, où et connu de qui, et au comportement de la famille, celui du fils Joe en particulier, dont le personnage tend à effacer le père avec lequel il était en conflit. Mais la fiction finit par prendre le dessus sur la réalité sans l’effacer.

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