Que de surprises, bonnes (Paju, Spécimen) ou mauvaises…
J’aime que la télévision me surprenne, plus par la forme que le sujet, que ce soit en bien – avec les séries pointues hélas généralement tardives – et un peu paradoxalement, aussi en « mal » – ces sports trop envahissants ( mais bon spectacle divertissant lors de la rencontre Porto-PSG au soir du 3 octobre 2012). Avec les « TTC », « A bon entendeur », « 36.9 », « Temps présent », « Mise au point », excellentes émissions coincées dans des formes ronronnantes, les surprises sont rares si l’on ne tient pas compte du fond.
Passe-moi les jumelles
Bonnes surprises, souvent, avec « Passe-moi les jumelles » qui n’est certes pas de première jeunesse mais offre à ses collaborateurs une belle liberté de ton. Quel plaisir, lors de l’émission du 28 septembre, placée sous le signes de « Saveurs et sabots » inscrits sur une ballade Dent-de-Vaulion-Vallée-de-Joux avec deux splendides sujets. Blaise Piguet réalise le portrait de German Herrero qui « Danse avec les chevaux » sans éperon. Manuela Maury conduit un reportage avec Philippe Ligron qui enseigne la cuisine plutôt que de diriger un restaurant. Et il y en eut bien d’autres, plaisantes, avant…Et aussi une fort bonne, plus récente, celle du 5 octobre
Document ou reportage ?
A la lecture du générique de fin, une petite surprise : Blaise Piguet est crédité d’une « réalisation » et Manuela Maury signe un « reportage ». Quelle différence ? Un reportage implique une immersion dans un sujet conduisant à une partie de pêche de tout ce qui se passe sans influencer l’événement. C’est au montage et parfois dans la hâte que nait le reportage. La réalisation d’un téléfilm qui tient alors de la documentation suppose que le tournage obéisse à quelques choix préalables, une amorce peut-être de mise en situation. Le montage n’est plus découverte, mais confirmation ( ou négation) de ce que l’on pressentait. Le reportage est sur une première marche, le document sur la deuxième. La troisième, un film, suppose la prise en compte de la responsabilité de la diffusion en salles sur grands écrans.
Fiançailles radio/tv ratées
Mauvaise surprise avec « C’est la jungle » du lundi soir : il s’agit probablement d’une allergie personnelle à l’humour chybaesque. Mauvaise surprise aussi avec « Pl3in le poste » : l’allergie vient, entre autres, de la voix qui tombe du ciel et fait rire au moins la présentatrice.
Allergies mises à part, on peut se demander si ces deux émissions ne procèdent pas en partie du même esprit, dans une certaine volonté de marier radio et télévision, qui vaut surtout pour « Pl3in le poste », le titre déjà faisant penser au poste… de radio. Tentative honorable. Reste à se demander si le ton libre, impertinent, provocateur et parfois un brin salace de « Couleurs 3 » supporte vraiment l’image. Pas sûr..
Il se pourrait aussi que les deux émissions aient l’ambition de satisfaire un public très fuyant, les jeunes, qui auraient ainsi un humour à leur portée et la musique moderne qu’ils aiment. Les cinéphiles et autres téléphiles, eux, continueront d’attendre une émission de réflexion autour de la fiction et de la documentation, que ce soit au cinéma et en télévision.

Photo-famille de « Borgen » en début de deuxième saison. Le premier épisode a pour thème l’armée danoise engagée en Afghanistan, le second la désignation d’un commissaire européen. Mais entre personnages, les liens se nouent et se dénouent…
Profitons de l’occasion pour signaler que « Borgen » en sa deuxième saison confirme les qualités de la première, que « Homeland » est vraiment une imposante série sur l’Amérique d’après septembre 2001. Et signalons aux téléspectateurs – il doit bien en exister un ou deux – qui s’intéressent à la fois à « Homeland » et à « Ainsi soient-ils » qu’ils n’ont plus à se demander que regarder le dimanche soir à 23h00 ils peuvent désormais suivre le père Fromenger sur ARTE, le jeudi soir, et en début de soirée ( dès le 11 octobre 2012)

Jean-Luc Bideau en grande forme pour faire vivre le bel esprit non-conformiste du Père Fromenger dans * »Ainsi soient-ils » à voir désormais le jeudi sur Arte puisque le dimanche soir TSR 1 oppose à cette série européenne « Homeland »
Un salut en passant à « Spécimen »
Mais, super bonne surprise, ce que la RTS offre de mieux, depuis déjà assez longtemps, se nomme « Spécimen » et passe le mercredi soir de temps en temps. Splendide – et « émouvant », « L’instinct maternel » du 12 septembre. Trop tard pour en dire plus ! Mais volonté d’être attentif prochainement.


