Les « Insupportables » : Gregory House et Frédéric Caïn
Condition nécessaire pour la réussite d’une série : disposer d’au moins un personnage fort, qui s’impose aux autres en les faisant réagir, plus du genre insupportable que mieilleux. Gregory House, docteur de son état, de retour sur la RTS pour sa huitième et dernière saison( jeudis soirs), en fait assurément partie. Frédéric Caïn vient de quitter France 2 après une première saison qui aura mis l’eau à la bouche. Caïn, cet officier de police paralysé des deux jambes se conduit systématiquement aussi mal que Gregory. Bien entendu, difficile d’imaginer pouvoir rencontrer dans le monde réel deux pareils personnages issus de l’imagination délirante de scénaristes
Gregory en sa prison
J’ai raté la fin de la septième saison. Je crois avoir compris lors d’une lecture que sa présence en prison était due à un accident volontaire avec son automobile. Amusant de ne pas faire de recherche pour savoir si la huitième saison fera comprendre la raison de son emprisonnement !
Toujours est-il que House tente de jouer des caïds en prison avec sa rouerie, sans grand succès. Il doit donc se plier à certaines « épreuves » pour continuer de trouver ses pilules et bénéficier d’une certaine tranquillité : sans grand succès non plus. Bien entendu, il va exercer son sens du diagnostic contre la hiérarchie et finir par avoir raison, trouvant une nouvelle admiratrice dans la jeune femme médecin qui officie dans la prison
A la tête d’une équipe réduite
Il semble bien devoir à son ancien collaborateur qui fut souvent sa victime, le Dr Forman, sa sortie de prison. Mais le voici à la tête d’une équipe composée d’une seule jeune femme transférée dans son hôpital pour avoir giflé son chef de service en neurologie. Voilà qui vaudra à sa nouvelle équipière une réelle admiration de sa part, inexprimée, bien entendu !
House ne change pas. Il souffre de sa jambe malade, déteste tout le monde, ne s’intéresse pas aux malades, rabroue tout un chacun, même ses proches et lui-même. Seul compte pour lui le diagnostic et pas n’importe lequel, le juste. Confirmation : House n’a qu’un seul modèle, et pas dans le milieu hospitalier. C’est, rappelons-le, Sherlock Holmés. La série continue d’être un habile mélange de polar et de médical, mais les cadavres sont ceux de malades qui n’ont pas pu être soignés. Il reste quelques belles soirées encore à passer avec lui,oh miracle à la RTS, avant 23 heures ( jeudis soirs).
Frédéric en sa chaise d’infirme

Autour de Frédéric Caïn ( Bruno Debrand), la lieutenant lucie Delambre ( Julie Delarme), le Dr Elisabeth Stunia, médecin légiste (Smadi Wolf) et le commandant Jacques Moretti (Frédéric Pellegeay) ( Photos France 2 )
Dans le monde réel de la police, existerait-il un Frédéric Caïn, officier de police et enquêteur cloué dans une chaise d’infirme suite à un accident de moto dont on comprend peu à peu qu’il n’est pas totalement disons honorable » ? On peut en douter. Il s’agit donc d’un personnage de pure fiction, mais qui permet de brillants développements. Infirme, il a su apprendre à maîtriser son moyen auxiliaire de déplacement avec une rapidité déconcertante. Il le quitte même, certes avec difficultés, parfois pour rejoindre une compagne d’un soir ou la femme dont il est séparé pour faire joyeusement l’amour. Il profit de son handicap pour se mettre au-dessus des lois qu’un enquêteur doit respecter et se moquer de toutes les convenances. Dans son métier, il est efficace, lucide, intuitif.
Des ressemblances avec House
Avec son entourage, il se montre insupportable d’ironie mordante, en particulier avec sa plus proche collaboratrice, la lieutenant Lucie Delambre (Julie Delarme) qui lui résiste … en finissant par lui ressembler en partie. Ses prises de bec avec la médecin légiste devraient lui valoir condamnation pour harcèlement sexuel verbal. Il bénéficie de la protection de son supérieur hiérarchique excédé souvent par son comportement. Il aime encore sa femme dont il est séparé et lui rend la vie dure par jalousie. Et son fils de seize ans lui cause bien des tourments, les parents séparés parfaitement d’accord sur les « leçons » à lui donner. Le personnage et son proche entourage sont fort bien réussis.
Oui, mais dans chaque épisode de cinquante minutes, il y a une affaire policière à résoudre, qui permet certes d’entrer dans différents milieux aussi troubles les uns que les autres. Sur le plan du récit policier, de l’enquête, c’est parfois un peu court, bien sommaire et sans grand intérêt. Ma foi, un peu partout, la bonne série devra apprendre à se passer des cadavres trop nombreux et trop envahissants.
On peut attendre avec curiosité la prochaine saison. Il conviendra alors d’y revenir dès sa réapparition. Caìn est tout de même un personnage plus puissant que Navarro et quelques-uns de ses anciens confrères trop envahissants.



