Chronique d’une mort oubliée
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Pierre Morath consacre un document d’une grande dignité à la découverte en mai 2005 d’un corps vingt-huit mois après sa mort. Un débat de grande valeur suit la projection de « Chronique d’une mort oubliée » (RTS 1 – 16.01.2013) découvert à « Visions du réel » à Nyon en avril 2012. La télévision sait alors se faire indispensable pour contribuer à éviter de laisser des personnes dans une immense solitude. De Janvier 2003 à janvier 2013, il y a dix ans….
En mai 2005, un corps d’os et de poussière est découvert dans un appartement d’un immeuble locatif de Genève. Quelques jours plus tard, avec un texte paru dans la « Tribune de Genève », tombe une nouvelle stupéfiante. La mort se serait produite il y a 28 mois. Le gouvernement genevois commandite ensuite une enquête en imposant une condition de confidentialité.
Le cinéaste Pierre Morath se lance dans une longue investigation qui aboutit, en avril 2012, à la présentation de « Chronique d’une mort oubliée » au festival de Nyon où il reçoit un accueil digne de ses qualités. Huit mois plus tard, la RTS présente le film en premier rideau qui sera suivi d’un débat d’un remarquable niveau.
Comprendre les mécanismes d’un oubli
Avant 2005, les proches du défunt n’ont rien entrepris pour trouver les raisons de son absence. Les institutions, publiques ou privées, n’ont pas davantage fait preuve de curiosité. Mais le document de Pierre Morath ne se fait pas du tout accusateur : il cherche à comprendre et y parvient souvent comment un tel oubli a pu s’installer.
Impossible ou presque qu’un document puisse permette de comprendre les raisons d’une décès dans de telles conditions. Il y a peut-être un côté suicidaire volontaire ou non dans une telle solitude. Ce renoncement à vivre pourrait bien avoir précédé la mort physique. Le document ne se hasarde pas à poser à une telle question laissant quelques-uns, parfois, à leurs regrets personnels.
Contribuer à briser des solitudes
Par contre, le débat qui suivit la projection du document aura fait apparaître des ouvertures qui devraient contribuer à briser des solitudes. Pour les institutions, une meilleure collaboration entre elles apparaît indispensable. Pour les personnes, une plus grande attention à l’égard des isolés s’impose comme un devoir de solidarité active.
Une clause de confidentialité
Vingt- huit mois ont séparé la mort de la découverte du corps. Le conseil d’Etat genevois, en demandant une enquête à un expert, réagissait positivement à cet oubli. On peut toutefois s’étonner d’une clause de confidentialité qui, à en croire un participant au début, n’est que partiellement levée actuellement.
Pierre Morath s’est ensuite lancé dans une longue investigation qui lui a permis, en avril 2012, de présenter son film dans un festival qui aura contribué à attirer une première fois l’attention sur un mort longtemps oublié. Il a fait, répétons-le, un remarquable travail. Le début s’est montré digne du film. A noter que la publicité télévisée ne s’est exceptionnellement pas glissée entre le document et le débat!
Mieux vaut tard que jamais
Mais d’avril 2012 lors de la présentation en public à Nyon à janvier 2013 avec un « Infrarouge » en deux parties, il y a près de neuf mois. Et de janvier 2003 à janvier 2013 il y a dix ans. Or l’impact sur des milliers de téléspectateurs, après celui provoqué par des articles de presse et des informations audiovisuelles, peut être important, pour contribuer à éviter de trop grandes solitudes. Il aura fallu attendre longtemps pour que la télévision fasse assurément œuvre utile, grâce à une prise de position de l’équipe des « Docs » sur un sujet qui aurait peut-être aussi pu retenir l’attention de « Temps présent ». S’il est une occasion d’utiliser le cliché du « mieux vaut tard de jamais », c’est bien celle-ci !


J’aimerais bien savoir où et quand nous pourrions encore voir ce film sur un mort oublié?
Merci de votre réponse.
Le producteur du film doit certainement pouvoir répondre à votre question.
Voici son adresse mail
info@pointprod.ch
Cordialement
fyly
Magnifique film documentaire! qui dit quoi? que rien n’a changé depuis longtemps… Je suis la petite soeur d’un monsieur qui a mené une vie, disons assez marginale et pas toujours dans la légalité. Après une longue période de maladie, sachant qu’il vit à Genève, je recherche le contact via l’assistant social qui gère son dossier. Pas de difficultés pour arriver jusque là, mais là, fin de non recevoir. Je parle au téléphone à un certain M. Daniel -est-ce bien lui l’assistant social- qui me dit de façon peu amène que je n’ai pas intérêt d’insister. Voilà, mon frère pourrait, aurait pu être ce monsieur, héros malgré soi, d’une grande misère sociétale. Bien sûr que si quelqu’un lisant mon témoignage à une suggestion à m’offrir, je prends.