« Borgia » et « The Borgias »
Deux séries sur le même sujet, c’est tout de même une de trop! Mais laquelle ?
En amorce, quelques comparaisons.
Un PS sur « Dexter » : photo TF1 – évidemment !
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Le lundi 17 février 2013 s’est terminée sur RTS1 la première saison d’une imposante série, « Borgia », produite par « Canal + », douze fois cinquante minutes. La seconde saison est semble-t-il terminée. On devrait la voir en mars sur Canal + et plus tard, forcément, sur la RTS. C’est une série européenne, tournée à Prague, écrite par Tom Fontana, producteur et scénariste américain auquel on doit l’imposante série « Oz », en 56 épisodes de 55 minutes entre 1997 et 2003.
Une autre série, titre au pluriel, « Les Borgias », sous la houlette du cinéaste irlandais Neil Jordan, en est déjà à sa troisième saison. La RTS a présenté la première fin 2011. Cette production internationale fut attribuée au Canada, (Showtime producteur), à l’Irlande (Jordan réalisateur) et à la Hongrie où eut lieu une bonne partie du tournage. C’est pourtant une série nord-américaine.
Il doit bien se trouver quelque chercheur peut-être universitaire pour comparer les deux « Borgias » et vérifier leur conformité historique. Ce n’est pas facile à faire, étant donné que deux ans séparent la vision des deux séries.
L’arbre généalogique
(emprunt à wikipédia)
La pratique du célibat des prêtres laissait alors à désirer !!
Prudentes comparaisons
Les remarques qui suivent mériteraient donc d’être vérifiées. Il me semble que « Borgia » introduit plus de nuances que « Les Borgias » dans le comportement du clan familial d’origine espagnole. Rodrigo devenu Alexandre VI, pape de 1492 à 1503, est le père de Juan le « soldat » et Cesare le prêtre, deux frères qui se détestent. Sa douce fille Lucrézia, aux liens incestueux avec Cesare, devient une créature démoniaque obsédée par le plaisir sexuel. L’autorité papale prend parfois le pas sur le père qui défend sa famille et hurle à la mort de Juan. Tant dans le mysticisme religieux que par des comportements personnels à la recherche du pouvoir, pratiqués avec excès, «Borgia » va plus loin que « Les Borgias »
Les tenues des cardinaux, telles qu’on les voit actuellement portées par d’éventuels candidats à la papauté en 2013, ressemblent à celles du XVème siècle. La richesse dans la reconstitution des costumes, des intérieurs permettent d’affirmer que les Européens savent désormais rivaliser avec les américains.
Le pouvoir temporel plutôt que le royaume de Dieu
L’essentiel, ce n’est pas la foi ni le royaume de Dieu, c’est le pouvoir temporel qui donne puissance et richesse. Le pape défend bec et ongles ses propres enfants : on ne parlait guère alors du célibat des prêtres.
Je ne saurais dire quelle est la plus violente des deux séries, qui ne reculent devant aucun meurtre ou torture punitive. Les scènes d’amour recouvrent une grande variété qui tient de kamasutra en duos variés. Peut-être que « Borgia » aurait mérité deux logos rouges romands alors qu’un seul suffisait pour « Les Borgias ».
L’ensemble des turpitudes parfois décrites avec grande précision (un peu complaisante) par la mise en scène dépasse largement les bornes de la bienséance. Cà fornique ferme, çà s’entretue joyeusement, çà torture l’adversaire, çà emprisonne dans des conditions sordides. Oui, mais un peu hypocritement, il y a la caution de l’Histoire. Est-ce vraiment ainsi que cela se passait ? Qu’importe, il est plausible de le supposer. Et les deux séries sont fondées sur les mêmes sources historiques.

Cesare Borgia version « Les borgias » : l’acteur François Arnaud et un portrait attribué à Altobello Melone
La télévision commerciale cryptée, largement reprise par toutes sortes de chaînes y compris des généralistes de service public, s’est installée dans le grand spectacle, faisant ainsi concurrence à l’équivalent cinématographique des « blockbusker ». Esthétiquement, la qualité est garantie, comme ce fut déjà le cas avec « Roma » ou les « Tudors ». Mais deux séries sur la même famille, c’est tout de même une de trop ! Diable, ce ne sont pourtant pas les sujets qui manquent !
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PS qui n’a presque rien à voir : pires que « Dexter » ?
Il y a quelques années, le responsable des programmes d’alors, Yves Menestrier, avait estimé qu’une télévision de service public ne pouvait pas présenter une série aussi sanguinolente que « Dexter » laquelle montrait un tueur en série, policier dans sa fonction de médecin légiste qui, dans la nuit, trucidait des tueurs en série que la police n’était pas parvenue à arrêter.

Dexter Morgan en quatrième saison -photo TF1, évidemment!
Rappel : on vit aussi Michel C.Hall dans « Six feet under
Officiellement, la RTS était moralement fière d’avoir rejeté « Dexter », montré partout, mais série souvent considérée à juste titre comme de grande qualité. Il ne s’est trouvé presque personne pour oser dénoncer l’hypocrisie d’une mesure qui s’en prend à un tueur en série dans une série parmi d’autres séries qui mettent en scène des tueurs en série. Dexter est un justicier qui se donne le droit de réparer des oublis de la justice. Pas de recherche d’enrichissement, pas d’attirance pour le pouvoir, pas de violence gratuite ! Mais la justice d’un « justicier » solitaire pose en effet problème !
Une programmation cohérente aurait du, selon le critère de refus de « Dexter », conduire aussi à rejeter tant « Borgia » que « Les Borgias ». De plus, la RTS prétend que son public n’aime pas les séries historiques. Mais peut-être que la programmation, évidemment très tardive selon les bonnes traditions romandes, est une manière d’accueillir les tueurs en série sur « notre » télévision. Nul ne se sent obligé de faire des bêtises du passé ostensiblement table rase !!





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