Jeudi 18 avril 2013
Il en aura fallu du temps pour qu’une série récente , de haut niveau, intelligente, bien faite, riche de sens ait droit, sur RTS 1, à une heure de diffusion digne de ses qualités. Les qualités de « Homeland » furent saluées dès la première saison, en septembre 2012
Pourquoi cette apparition, peu après 21 heures plutôt que 23 ? Faut-il l’attribuer à l’insistance du Conseil du Public qui aura su sensibiliser le Comité Régional de la RTSR ? Des regrets individuels souvent exprimés ici n’eurent probablement guère d’effets. Voici en 2ème saison de douze épisodes montrés deux par deux pendant six semaines, « Homeland » accessible au plus grand nombre. Tant mieux et bravo !!
Claire Danis – Carrie Mathison face à elle-même (Fox-RTS)
Se faire concurrence à soi-même : Homeland contre « The killing » et « The killing » contre « Hung »
Il y un « mais » ! Sur RTS 2 démarre à 22h45, une série de bon niveau, la version américaine de « The Killing » d’origine danoise alors que « Homeland » se termine après 23 heures. Un grand bravo, ironique cette fois, pour cet art difficile de se faire concurrence à soi-même.
Et ce soir-là, on n’a pas raté l’occasion d’en rajouter. Alors que « The killing » se déroule sur TSR 1 DE 22H45 à 00H20, voici sur RTS 2 « Hung », une série amusante, coquine qui démarre à juste après minuit pour prendre fin à 01h00.
Il arrive souvent que le secteur des sports, vice-roi de la RTS, donc aussi de la SSR-SRG, se trouve face à des doublons. Tout est alors fait pour en informer le public, annoncer largement à l’avance un différé, envoyer ce public sur internet ou sur un autre canal suisse avec commentaire en français. Assurément, il est plus facile de suivre deux compétitions sportives en pitonnant de l’une à l’autre que de sauter d’une série à l’autre. Les responsables des sports, eux, respectent leur public en multipliant les informations données par les commentateurs. Ceux et/ou celles qui s’occupent de diffuser les séries de fiction remplissent des cases horaires sans se poser aucune question !
A tout prix, précéder la concurrence française
Un robot suffirait pour prendre la responsabilité d’une partie de la programmation des séries à la RTS. L’important, pour ne pas dire l’essentiel, c’est de programmer une série parfois un jour ou deux avant son passage sur une chaîne francophone concurrente. Audimate et part de marché obligent ! Cela conduit à certaines aberrations comme par exemple avec « Le silence des Eglises » (Nous y reviendrons).
Ce robot posséderait la liste des séries prêtes à être diffusées. Il se procurerait les programmes des chaines françaises dès que possible pour montrer sur RTS1 ou RTS2, à n’importe quelle heure, les séries annoncées en France. Les généralistes commerciales comme TF1 et M6 ont un goût très prononcé pour lancer les uns après les autres non pas deux mais parfois trois ou plus épisodes d’une série. Bien entendu, on imite les voisins dans cette étrange attitude qui consiste à faire d’une série dont on ne devrait déguster qu’un épisode d’environ une heure par semaine, pour retrouver la durée du cinéma avec des longs métrages.
Concurrence indirecte faite à Arte ?
Face à « Homeland », « The Killing » et « Hung »,le sériophile trouve le jeudi soir pour quelques semaines encore une série suédoise de très grande qualité, « Cent pour humain », qui aura passé sur le tête des acheteurs de la RTS. »Sur Arte, « Real Humans »apparait de 20h50 à 22h50 alors que « Homeland » se déroule donc sur RTS1 entre 21h20et 23h10 ». Que faire ? Enregistrer une des deux séries ? Profiter le l’offre sur internet pendant les sept jours qui suivent la projection, ce qu’Arte annonce largement vouloir faire ?
De quel droit parler de concurrence faite à Arte ? Que diable, la RTS n’a pas à tenir compte des opérations de prestige conduites par Arte qui aura enregistré de très bonnes audiences, largement supérieures à sa moyenne, tant avec « Ainsi soient-ils » que « Real Humans ».
Les liens sont étroits entre la SSR-SRG et Arte, en particulier associées dans de nombreuses co-productions, surtout dans le documentaire. Impossible d’imaginer les partenaires du secteur documentaire se livrant à une petite guerre les uns contre les autres. En fiction, dans les séries, la RTS pratique l’art du n’importe quoi, même quand elle se décide à mieux exposer une série qui va certainement tenir ses promesses.



