La “Puce à l’oreille” ? Ratée, dommage!
« Illico », c’était plein d’imagination, d’inventivité, de surprises inégales. Son successeur, « Tard pour bar », un spectacle de mots sur des faits de société conduit par un Zendali en arbitre de boxe content de lui, aura déçu. Avant même la première, son substitut, « La puce à l’oreille », a surpris : personne de la RTS pour prendre en main à l’interne une émission d’informations culturelles, confiée dès lors à une entreprise privée, certes faite par des anciens de la TSR, David Rihs en producteur, Iris Jimenez en animatrice. Point Prod, l’externe fournisseur aussi des véhicules de matériel, reçoit tout de même des collaboratrices d’ « Espace 2 », habituées à parler de ce que l’on ne saurait voir.
Le concept a séduit le commanditaire. A l’actif annoncé:
- la décentralisation ;
- trois invités priés de s’en aller voir un spectacle, choisi ou imposé, on ne le sait pas, qui viennent ensuite en parler.
- la présence de « rubricardes » issues de la RSR.
Résultats : même pas des visages bien éclairés ! Mais que diable apporte la décentralisation, en l’occurrence à la Chaux-de-Fonds et Neuchâtel pour les deux premières L’émission est enregistrée en direct quelques jours avant son passage à l’antenne. Ainsi recommande-t-on une conférence sur Marylin Monroe qui a eu lieu…. le jour précédant la diffusion ! Chaque invité ajoute en direct quelques phrases à propos de son propre sujet. Presque pas de dialogue entre eux, chacun étant occupé à répondre aux questions de l’animatrice.

Le 14 avril, lors de la première à la Chaux-de-Fonds. Une découverte, le “Pandulum Choir” des frères Decosterd, natifs du Locle. Une construction de neuf plateaux en mouvements, chacun portant son chanteur d’opéra. Les images durent 23 secondes alors que le sujet s’étend sur plus de cinq minutes. Un exemple de convergence tv (vingt secondes d’images fascinantes et étranges) et un peu moins de cinq minutes de conversation radiophonique disons un peu mondaine.
Comment trouver plaisir à suivre une émission sur la culture dont la structure s’inscrit entre un Téléjournal et « Mise au point » ? Un divertissement issu de la culture devrait faire plaisir. Après rodage, qui sait …

Peut être serait-il temps (enfin) de faire appel à d’autres structures, sociétés ou maison de prod que les habituels prestataires qui commencent tous à pêcher en matière d’innovation, d’imagination et de renouveau. Ce qui est inévitable dans ce domaine. Dommage en effet de ne pas voir plus de volonté de la grande maison d’aller chercher, dénicher ces perles rares à même d’amener un souffle nouveau sur la prod extérieure.
NB: ce commentaire n’est nullement une demande déguisée pour « nous placer » pour de la prod, étant du métier, je tenais à le préciser. Travailler pour la TV n’est pas une finalité en soi pour notre société 😉