Cinéastes à la télévision
Avis aux sériophiles : à ne pas manquer, à 20h45 sur France 3, les mardis 8,15, 22 et 29 octobre, ainsi que le 5 novembre, la cinquième saison d’une des dix meilleures séries que l’on puisse voir en francophonie ces cinq dernières années, UN VILLAGE FRANCAIS, douze épisodes proposés deux par deux et suivis de témoignages.
La RTS s’efforce, souvent avec un indéniable succès, de présenter bon nombre de séries avant les chaînes françaises. Ce n’est pas le cas ici. Alors, quoi : essayé, pas pu ? ou oublié d’essayer ? ou essayer au moins pour les deux prochaines saisons ?( fyly – 01.10.13 – 08h00)
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Même les revues de cinéma pourtant peu portées à s’intéresser à la créativité de la télévision prennent enfin conscience de l’importance des séries dans l’audiovisuel contemporain. C’est ainsi que «POSITIF », la meilleure revue en langue française, (numéro 632 – octobre 2013) tient rubrique de seize pages, sous le titre « Cinéastes à la télévision », saluée dès l’édito du « red-en-chef » Michel Ciment. On peut commenter cette contribution aussi bien d’un « Consécration méritée » que d’un « Enfin ! » que je lui préfère. Trois sujets y sont développés.
« Top of the lake » – Jane Campion
« Top of the lake », abordé en quatre pages avant d’en proposer quatre autres d’entretiens avec la réalisatrice Jane Campion, a déjà été remarqué dans des festivals de cinéma. Et c’est en voyant « Mad men » que la réalisatrice a choisi son interprète principale, Elisabeth Moss. A la question « Vous saviez depuis le début que ce serait une série ? », Jane Campion répond « Oui, je voulais écrire un film moderne, même si je ne sais pas si cela vous semble moderne ».

« Top of the lake » – Jane Campion ( BBC – USA – Australie/Nouvelle Zélande)
Elisabeth Moss dans le rôle de Robin Griffin. Sur ARTE les 7 et 14 novembre à 20h50.
« House of cards » – David Fincher
Trois pages sont consacrées à « House of Cards » de David Fincher, la première saison d’une série télévisée de treize épisodes, qui porte la responsabilité de la série entière, en ayant réalisé lui-même les deux premiers épisodes qui donnent le ton à l’ensemble.

Kevin Spacey et Robin EWright dans « House of Cards », une série dirigée par David Fincher ( Photo Canal +)
L’image manquante » – Rithy Panh
C’est sur ARTE qu’apparaît le dernier film de Rithy Panh, « L’image manquante », avant même une éventuelle sortie sur grands écrans. Cette première a lieu le mercredi 9 octobre à 20h50. Cette priorité accordée à une chaîne de télévision qui co-produit le film et s’occupe de sa diffusion est à souligner comme un événement qui est encore rare, mais ouvre à une œuvre des portes nouvelles que le grand écran est parfois avare d’offrir.
Ici, la notion de série prend une forme différente des deux premières. Rithy Panh poursuit sa réflexion de documentariste sur la tyrannie exercée au Cambodge par les Khmers rouges qui a déjà connu deux étapes, « S21, la machine de mort Khmer rouge » ( 2003) et « Duch, le maître des forges de l’enfer » (2011), où il donnait la parole à un tortionnaire. Cette « Série » est une contribution essentielle pour qu’un génocide ne tombe pas dans l’oubli.


